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Full text of "Les races de l'Europe .."

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EU 30M D 415 r 



HARVARD UNIVERSITY 




LIBRARY 

OFTHB 

PEABODY MUSEUM OF AMERICAN 
ARCHAEOLOGY AND ETHNOLOGY 

TRANSFERRED FROM 

Harvard Collège Llbrary 
Re<^.ca ^y 27, 1950 



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H\^ 



^^^A.'^^^.-k.^HiuH»^ *i#-' 



ASSOCIATION FRANÇAISE 

P- tirL^ L*AVANCEMENT DES SCIENCES 

L'ASSOCJATION SCIENTIFIQUE DE FRANCE 

BecûQiiites d^atUité publique 

CONGRÈS DE LYON uj^^^ 

35' Session 19 6 ^*ÎÎKwvlo"* 

MAY Jt7 m 



n 



LES 



VCES DE L' EUROPE 



II 



LA TAILLE EN EUROPE 



DENIKER 



PARIS 

M] SECnKTAUÎAT DE l/ASSOCJAÏION 
SS, Bne Serpenta, S8 

1908 



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1 




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;i 1 






ASSOCIATION FRANÇAISE 

j'OUR L'AVANCEMENT DES SCIENCES 
I Fusionnée aoec 

L'ASSOCIATION SCIENTIFIQUE DE, FRANCE 

(Fondée par Le Verrier en 1864) 



CONGRÈS DE LYON — 1907 



LES RACES DE L'EUROPE 

II 

LA TAILLE EN EUROPE 

(sauf les Lapons, les Finno-Ougriensp les Turco-Tatars et les Caucasiens) 

PAR 

J. DENIKER 



INTRODUCTION 



En 1899, l'Association Française pour l'avancement des Sciences a 
eu la générosité de publier mon premier mémoire sur les races di^ 
l'Europe, concernant l'indice céphalique (1). 

Le mémoire que je publie aujourd'hui, toujours avec le gracieux 
concours de l'Association à laquelle j'exprime ici toute ma reconnais- 
sance, est la continuation de ce travail. Consacré à l'étude de la taille 
en Europe, il est conçu et exécuté d'après le même plan que le précé 
dent et forme le 2® livre du grand ouvrage que j'ai eu l'audace d'entre 
prendre et qui doit embrasser l'étude complète et détaillée des races de 
TEurope. 

(1) Congrès de Saint-Etienne, 26* session 1897. Les races de l'Europe, L Indit^e 
céphalique par J. Deniker, Paris (au secrétariat de rAssociation, 28, rue Ser- 
pente), 1899, 118 pages avec une carte coloriée, 23 centimètres. 



Digitized by VjOOQIC 




ASSOCIATION FRANÇAISE POUR L* AVANCEMENT DES SCIENCES 



CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR LA TAILLE ; DIVISIONS ADOPTÉES. 



Ce n'est pas la place ici de discuter la valeur de la stature comme 
caractère ethnique. Mon point de vue à ce sujet est résumé dans mon 
livre. [Deniker (900)] (1), p. 37-39, où je donne cette conclusion, que 
malgré les influences indiscutables du milieu sur l'accélération, le 
retard ou même l'arrêt de la croissance, la taille reste néanmoins un 
bon caractère de race. Jamais, par exemple, la taille moyenne des 
mineurs Écossais ne pourra être abaissée par la seule influence du 
milieu, en dehors des croisements, au point d'égaler celle des Sardes, etc. 

Cette déclaration faite, je présente dans mon mémoire la répartition 
des tailles moyennes en Europe par unités territoriales telles qu'elles 
ont été délimitées dans mon travail sur l'indice céphalique [Deniker 
(899)] p. 2. Le réseau de la carte ci-jointe est le même que dans le 
travail précédent (2). 

Je ne m'occupe dans ce mémoire que des tailles moyennes, tout en 
me réservant de me servir pour établir mes comparaisons des données 
fournies par les sériations et par les chiffres de la taille médiane et de 
la taille la plus fréquente (qui diffère généralement peu de la moyenne). 

La plupart dés chiffres que je cite ont été obtenus sur les conscrits, 
les recrues incorporées, ou les soldats. On a beaucoup discuté la ques- 
tion de savoir si ces chiffres représentent réellement la taille de la 
population masculine adulte d'une région donnée ? Il est impossible de 
répondre à cette question d'une façon générale, mais les nombreuses 
recherches que j'ai faites, m'ont conduit à des conclusions qui suivent. 

On sait que dans différents pays on n'admet comme soldats, autrement 
dit on n'incorpore dans l'armée, que des conscrits ayant dépassé un 
certain minimum de taille (3). 



(1) Les noms des auteurs imprimés en petites capitales, renvoient à la «liste 
bibliographique » qui se trouve à la fin du volume, et où ces noms sont classés 
alphabétiquement. Les chiffres en italiques, qui suivent ces noms entre paren- 
thèses indiquent les trois derniers chiffres de Tannée de la publication du 
mémoire : ainsi {900) veut dire 1900. 

(2) Une réduction de cette carte a déjà paru à la suite de ma conférence faite 
à Londres [Deniker {904}]^ mais elle ne contient pas les corrections que j'ai faites 
depuis. 

(3) Ce minimum est, ou était (car on a récemment aboli le critérium déduit 
de la taille dans plusieurs pays) de 1 m. 57 6 1 m. 67 (suivant les corps de troupes) 
en Allemagne; de 1 m. 57, en Suède ; de 1 m. 54 à 1 m. 56 en Espagne ; de 1 m. 54, 
en France et en Italie ; de 1 m. 55, en Autriche, etc. 



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L 



J. DBNIKBR. — LES RACES DE L EUROPE. — LA TAILLE EN EUROPE 3 

Les statistiques de recrutement donnent le plus souvent la taille de 
ces incorporés seulement, à l'exclusion des individus n'ayant pas 
atteint la taille réglementaire ; mais certaines d'entre elles donnent au 
contraire la taille moyenne de tous les conscrits y compris ceux qui 
ont la taille au-dessous du minimum réglementaire. De là les diffé- 
rences et l'impossibilité de comparer les chiffres provenant de ces deux 
sources sans avoir fait une correction. C'est ce que j'ai tenté et voici 
comment je m'y suis pris : J'ai constaté tout d'abord, en comparant les 
travaux de GiTAMPOuiLLaN (868) et Doubre (882) pour la France, de 
P. RiCARDi (882) et de Livi (905), pour l'Italie, de Lebedev (894) pour 
la Russie, de Key (885) et Forsberg (899)^ouv la Suède, de Lorenz 
(895) pour la Suisse, que la taille augmente pendant une année de 
1 centimètre au moins chez 75 à 85 p. c. déjeunes gens de 20 à 21 ans. 
Ensuite (après 22 ans), elle augmente aussi légèrement (de 1/2 à 
1 centimètre) jusqu^à 25 ou 28 ans environ, mais cette augmentation est 
compensée plus tard, dans la masse de la population, par la diminution 
de la taille (de 1/2 à 1 centimètre) observée chez les hommes ayant 
dépassé la cinquantaine. Par suite de cette compensation on peut 
considérer la taille des jeunes gens de 22 ans comme représentant la 
véritable taille moyenne d'une population donnée. 

Ceci établi, reste à savoir comment déterminer la taille de toute la 
population à cet ôge, étant donné que presque toutes les données sur la 
taille sont fournies en général par les mesures des conscrits de 20 à 
21 ans, tantôt avec exclusion de ceux d'entre eux qui sont au-dessous de la 
taille réglementaire (sélection), tantôt en comprenant ces derniers. 
Enfin il faut aussi considérer les données, plus rares il est vrai, obtenues 
d'après les mesures sur les soldats de 22 à 23 ans, c'est-à-dire sur des 
individus sélectionnés. Or, d'après les calculs auxquels je me suis livré 
pour différents pays, il m'a été possible d'établir que la taille des 
incorporés (c'est à-dire des conscrits reconnus bons pour le service, 
ayant tous la taille au-dessus de la limite réglementaire) représente en 
général, à peu de chose près, la taille moyenne de la population mâle 
adulte dans laquelle ils sont pris. En effet, d'une part ces incorporés, 
âgés en général de 20 à 21 ans, vont encore grandir de 1 centimètre 
environ et, par conséquent, ont une taille de 1 centimètre inférieure à 
celle des adultes ; mais d'autre part, leur taille moyenne est d'environ 
1 centimètre supérieure à celle des jeunes gens de leur âge en général 
parce qu'ils sont sélectionnés (les individus de petite taille étant 
exclus de leur nombre). Ces deux différences de taille agissant dans les 
sens contraires, se compensent mutuellement et la taille de ces incor- 
porés représente pour ainsi dire ce que deviendra, au terme de son 
accroissement intense, à 22 ans, la taille de tous les jeunes gens de 



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4 ASSOCIATION FRANÇAISE POUR L' AVANCEMENT DES SCIENCES 

leur â^e d'une population donnée, qu'ils soient au-dessus ou a\i-dessous 
de la taille réglementaire exigée pour le service militaire. Voici comme 
exemple le calcul que j'ai fait pour la France. D'après les chiffres du 
recrutement de 1859-68 la taille moyenne du contingent était de 
1653 millimètres. Les exemptés pour défaut de taille (c'est-à-dire ceux 
qui avaient moins de 1 m. 56) représentaient alors 5,3 p. c. des hommes 
examinés. Supposons donc que nous avons 100 de ces hommes du 
recrutement de 1859-68. Parmi eux 95 p. c. (les incorporés) ont la taille 
de 1 m. 65 ; le reste, 5 pi c. doivent avoir en moyenne î m. 50, car ce 
groupe comprend des hommes ayant 1 m. 56 à 1 m. 35 (limite raison- 
nable de la taille mininia pour un adulte normal français). La taille 
moyenne de 100 hommes réunis (95-j-5) sera donc de 1642 millimètres. 
Mais» d'après ce qu'il a été démontré par Champouillon (868) pour les 
soldats français de cette époque, 78 p. c. de ces jeunes gens allaient 
grandir d'un centimètre jusqu'à 22 ans; et comme d'autre part il y 
avait tout lieu de croire que les non-incorporés (5 p. c.) allaient grandir 
encore au moins d'autant, si non plus, la vraie moyenne pour les 
100 hommes arrivés au terme de leur croissance presque définitive 
(22 ans) serait donc de 1642 mm. -}-10mm. = 1652 mm., égale à un 
millimètre près à la moyenne du contingent, 1653 millimètres (1). 

La comparaison directe de la taille des conscrits avec celle des incor- 
porés confirme ce calcul, comme on peut s'en convaincre en considé- 
rant le tableau placé en tête de la page suivante. 

En conséquence de ces calculs je me suis posé les règles suivantes : 

1" Ajouter un centimètre à la taille moyenne quand elle est donnée 
d'après les mesures sur tous les conscrits ou appelés, y compris ceux 
qui ont la taille au-dessous du minimum réglementaire, pourvu qu'ils 
soient âgés de 20-21 ans ; 

2^ Rien ajouter à la taille moyenne quand elle est donnée d'après 
les mesures sur les incorporés ayant la taille au-dessus du minimum 
réglementaire et âgés de 20 à 21 ans, ou bien quand ces mesures sont 
prises sur les civils ne formant pas un groupe sélectionné ; 

3° Retraficher un centimètre de la taille moyenne quand elle est 
donnée d'après les mesures des soldats ou autres individus sélec- 
tionnés au point de vue de la taille et âgés de 22 à 25 ans. 

Il faut noter que, comme je le disais il y a neuf ans [Deniker (897)], 
cette règle générale souffre des exceptions suivant l'âge des cons- 
crits; suivant la variation de la limite réglementaire de la taille dans 

(1) En refaisant le même calcul d'après les chiffres de Bertillon (885 et 886) 
qui donne pour le contingent de 1858-67, la taille médiane de 1641, et le nombre 
des exemptés = 9,7 p. c. du contingent, on obtient le chiffre de 1637 millimètres 
qui diffère de 4 millimètres seulement de la médiane. 



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J. DENIKER. — LES RACES DE l' EUROPE. — LA TAILLE EN EUROPE 



DÉPARTEMENTS 


TAILLE MOYENNE EN MILLIMÈTRES 


DIFFÉRENCE 
par rapport 
aux appelés 


des appelés 
d'après 

COLLIONON & AtOIBR 


des incorporés, 
d'après Ely 


Vienne 


1.659 
1.650 
1.646 
1.643 
1.643 
1.642 
1.638 
1.635 
1.631 
1.628 
1.623 


1.656 
1.650 
1.645 
1.653 
1.655 
1.645 
1.650 
1.643 
1.631 
1.636 
i.633 


— 3 


- 1 
10 
12 

3 
12 
8 

8 
10 


Indre 


Charente-Inférieure 
Basses-Pyrénées.. . 
Hautes-Pyrénées. . . 
Gironde 


Manche 


Charente 


Landes 

Haute-Vienne 

Dordogne 


Différence moyenne 5,4 



différentes armées et même suivant la race à laquelle appartiennent les 
gens mesurés, car la marche de la croissance peut varier d'un peuple 
à Tautre. Cependant, presque toujours la différence tourne autour de 
1 centimètre. Ainsi, pour la Suisse, par exemple, les moyennes sont 
données d'après les mesures sur les conscrits de 19 ans, qui gran- 
dissent de 2 à 3 centimètres jusqu'à 22 ans ; j'aurais donc dû ajouter 2 cen- 
timètres, maisTintroduction des ajournés de 20 à 22 ans dans le calcul 
de ces moyennes m'ohlige de n'en ajouter que 1 centimètre (voy. 
d'ailleurs, p. 37). En Suède et en Norvège, je me suis guidé sur les 
calculs d'Arbo, de G. Retzius, de Hultkrantz, etc., et j'ai trouvé 
encore la différence aux environs de 1 centimètre qui confirme ma 
règle, malgré que l'âge des appelés est de 21 au lieu de 20 ans (1). 

Je viens de dire que, dès 1897, je formulais des réserves à ma règle 
et j'ai agi en conséquence en établissant des moyennes. Partout où 
les conditions d'âge et de la limite réglementaire sont les mêmes, la 

(1) Les conscrits suédois mesurés par Hultkrantz {897), ont la taille de 
1695 millimètres; les incorporés mesurés par Retzius (902) ont 1709 millimètres; 
la différence est donc toujours de 14 millimètres, c'est-à-dire d'environ un centi- 
mètre, avec un demi-centimètre de tolérance. 



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6 ASSOCIATION FRANÇAISE POUR l' AVANCEMENT DES SCIENCES 

règle peut s'appliquer à un demi-centimètre près en plus ou en moins 
quand il s'agit des individus dont la taille dépasse ou se trouve aux 
environs de la taille moyenne générale (1650 mm.]. Pour les groupes 
ethniques ayant une peti^ taille, environ 1625 millimètres et au-des- 
sous, il faudrait ajouter 2 centimètres à la taille des appelés : i^ parce 
que la limite réglementaire de la taille fait exclure du contingent 
un nombre d'individus dépassant sensiblement celui que j'ai admis 
comme moyenne des exclus par défaut de taille (5 à 10 p. c.) (1); 
2** parce que les conscrits de petite stature augmentent après 20 ans, 
non plus de 1, mais de 2 ou 3 centimètres (voy. plus haut) (2). 

Ce qui vient d'être dit fait justice de la critique hâtive de M. Guif- 
FRiDA-RuGGiERi (905 et 906), Cet auteur, en effet, a trouvé en com- 
parant les tailles moyennes des conscrits italiens par provinces, que 
les différences entre ces tailles et celles des recrues dépassent dans 
plusieurs provinces non seulement 1 centimètre, mais même 2 et 
3 centimètres. Gela n'est pas étonnant, car la plupart de ces 
moyennes sont inférieures à 1640. 

M. Guiffrida-Ruggieri compare les conscrits de tout âge (avec les 
ajournés, etc.) des classes 1854-58 (1874-78, suivant la nomenclature 
française), aux recrues ou incorporés ayant 20 ans de la classe 
1859-63 (1879-83). S'il avait comparé au contraire à ces recrues les 
conscrits des classes 1859-63 (1879-83) (c'est-à-dire les mêmes indi- 
vidus dans la majorité des cas) et surtout les incorporés de tovs les 
âges, il aurait obtenu le tableau qui suit et où la colonne 1 est établie en 
ajoutant 2 millimètres à la taille des conscrits de 1854-59, comme 
l'indique Rossi (903) dans son travail, p. 49, où la moyenne de la 
période 1859-63 est de 2 millimètres supérieure à celle de la période 
de 1854-58. La colonne II est prise dans le tableau V bis de l'ouvrage 
de LiYi (893), p, 266-267. 

Il est facile de s'apercevoir, d'après ce tableau (voy. p. 7), que mes 
chiffres, que je crois plus exacts que ceux de G.-Ruggieri, accusent une 
différence constamment moindre de 4 millimètres en moyenne que ces 
derniers; que la différence en général de la taille des conscrits d'avec- 



(1) Ainsi d'après Rossi (903) p. 543, la proportion des conscrits ayant moins 
de 1 m. 54 de taille est de 17,3 p. c. du nombre total en Sardaigne (où les incor- 
porés offrent une taille moyenne de 1619 millimètres). Pour le Basilicat, les chiffres 
sont analogues : 15 p. c. (taille moyenne 1627 millimètres). Voyez aussi ce qui 
est dit h propos des Polonais (p. 99). 

(2) Il n'en est pas de même pour les incorporés. D'après Livi (II, 9Q5), la taille 
des incorporés de haute stature (au-dessus de 1 m. 70) augmente de 7 millimètres 
et demi seulement, et celle des conscrits de petite taille (au-dessous de 1 m. 60) 
de 12 millimètres seulement en deux années. 



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J. DENIKER. — LES RACES DE l' EUROPE. — LA TAILLE EN EUROPE 



PROVINCES 


I 

TAILLE 

des incorporés 

d'après Livi 

tableau V hU 

(p. 266-7) 


II 

TAILLE 

des conscrits 

problable 

d'après 

les cnifTres 

des dasseï 4859-63 


DIFFÉRENCE 

en moins 

des conscrits 

d'après les 

colonnes I et II 


DIFFÉRENCE 
d'après 

M. GUIFFRIDA- 
RudOIB^I 


Vénétie 


Millimètres 
1.666 
1.656 
1.655 

1.653 
.1.653 
1.649 

1.643 
1.642 
1.638 

1.635 
1.635 

1.632 
1.635 
1.631 
1.627 
1.619 


Millimètres 
1.655 
1.641 
1.638 

1.634 
1.641 
1.629 

1.625 
1.628 
1.625 

1.612 
1.605 

1.609 
1.610 
1.596 
1.591 
1.593 


1,1 
1,5 
1,7 

1,9 
1,2 
2 

1,8 
1,4 
1,3 

2,3 
3 

2,3 
2,5 
3,5 
2,6 
2,6 


1,3 
1,6 
2 

2,2 
1,5 
2,3 

2,1 
1,8 
1,6 

2,7 
3,4 

2,7 

2,9 

4 

3,8 

3 


Toscane 


Ligurie 

Lombardie 

Emilie 


Piémont 


Latium 


Ombrie 

Marche 

Campagne 

Puglies 


Abrnzzese. 

Molise 


Sicile 


Calabre 


Basilicate 

Sardaigne 


Différence 


moyenne 


2 


2,4 







celle des recrues s'accroit à mesure que la population devient plus 
petite de taille. Les différences pour les populations qui ont une taille 
moyenne de 165p millimètres et plus, dépassent à peine un centimètre 
et demi en moyenne, c'est-à-dire qu'elles rentrent dans ma règle, 
puisque suivant moi, et comme M. Guiffrida-Ruggieri l'admet lui- 
même, il faut ajouter 1 centimètre à la taille des conscrits pour avoir 
la taille des recrues et de la population adulte en général, avec un 
demi-centimètre d'erreur possible en plus ou en moins. Quant aux 
groupes ethniques, dont la taille est petite (1625 mm. et au-dessous chez 
les conscrits), la différence est de 2,5 millimètres en moyenne, ce qui 
me donne raison aussi, car il faut ajouter 2 centimètres aux conscrits 



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. ^^^-^' 



8 ASSOCIATION FRANÇAISE POUR l' AVANCEMENT DES SCIENCES 

de petite taille pour avoir la taille moyenne de la population et des 
recrues, toujours à un demi-centimètre près en plus ou en moins. 

D'ailleurs, je n'ai jamais eu la prétention de donner le chiffre absolu 
de la taille. Je sais que les comparaisons faites en France par Ely et 
Bertîllon, en Italie par de Rossi (903), en Hollande par Van den 
Bursch, en Norvège par Arbô, en Suède par Rezius et en , Autriche 
par Myrdacz, accusent le relèvement de la taille des conscrits à chaque 
période décennale ou quinquennale, depuis le commencement ou 
le milieu du xix® siècle. Toutefois, cette différence est négligeable, car 
la plupart des mesures de détails que je donne se rapportent aux indi 
vidus des classes 1875-1895, et la différence pour la période de 20 ans 
atteint au maximum un demi-centimètre. Inutile de rappeler ici que 
je ne m'occupe que de la taille des hommes et ne donnerai les chiffres 
se rapportant aux femmes qu'occasionnellement. D'ailleurs la règle 
établie par Topinard (876) et d'après laquelle il faut retrancher 
12 centimètres à la taille des hommes pour avoir celles des femmes, 
garde toute sa valeur et peut être appliquée à tous les groupes 
ethniques pour avoir la taille approximative des femmes. 

Un mot à propos de la nomenclature que j'avais adoptée. Gomme 
les hautes tailles sont beaucoup plus fréquentes en Europe que les 
petites, la nomenclature générale de Topinard est mal aisée à appli- 
quer, car elle ne comprendrait que trois termes. Comme je distingue, 
sur ma carte, par des couleurs ou nuances diverses, les tailles de 
2,5 centimètres à 2,5 centimètres, j'obtiens des catégories auxquelles 
j'applique la nomenclature suivante : 

Tailles excessivement petites 1599 et au-dessous 

— très petites 1600 à 1624 mm. 

— petites 1625 à 1649 — 

— moyennes 1650 à 1675 — 

— hautes 1675 à 1699 — 

— très hautes 1700 à 1724 — 

— excessivement hautes 1725 mm. et au delà. 

Je passe maintenant à l'étude de la taille suivant les différents pays 
et les régions diverses. 

Je m'occupe surtout dans ce travail et je n'indique sur ma carte que 
la taille moyenne, car c'est la seule qui prête à des comparaisons 
faciles et rapides. La taille médiane et la taille \di plus fréquente sont 
certainement des éléments d'étude très précieux, mais, comme la 
sériation, dont elles font d'ailleurs partie, elles ne peuvent être 
considérées qu'à titre de renseignement auxiliaire. Étant essentielle- 
ment de nature analytique, elles ne peuvent jouer, un rôle prépondé- 



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J. DENIKER. — LES RACES DE L EUROPE. 



LA TAILLE BN EUROPE 



9 



rant dans, un ouvrage synthétique comme celui-ci. Il ne faut pas d'ail- 
leurs s'exagérer l'importance des renseignements fournis par la séria- 
tion et il faut les manier avec soin et circonspection. Les courbes à 
double sommet, qui doivent soit disant révéler l'existence de deux 
races dans une population donnée sont très souvent des trompe- 
l'œil, comme l'avaient démontré Livi (895) et Ammon (899), 
deux autorités dans la matière. Je conseillerai à tous ceux qui s^oc- 
cupent de l'anthropométrie de lire et de méditer ce que dit, par 
exemple, Livi è propos de la taille moyenne et de la sériation dans 
son magistral ouvrage (896), p. 25 et suivantes. Je ferai remarquer 
d'ailleurs que pour les tailles moyennes ou hautes, la médiane est 
presque toujours à peu près égale à la moyenne. Par contre, pour les 
petites tailles, la moyenne est presque toujours supérieure d'un centi- 
mètre à la médiane. 

Livi l'avait constaté pour l'Italie. Pour la France, la différence est 
de 1 centimètre en moyenne au détriment de la taille médiane. C'est 
ce qui ressort de la comparaison des chiffres publiés par Ely (878) 
pour la taille moyenne et par J. Bertillon (886) pour la taille médiane. 
Si l'on groupe les 89 départements d'après la hauteur de la taille on a 
le tableau suivant : 







DIFFÉRENCE 


TAILLE MOYENNE 




en faveur 

de la 

taille moyenne 






Millimètres 


30 départements de haute taille (t. moyenne 1.656 à 1.674). 


7,8 


20 — de taille in ter m. — 


1.650 à 1.655). 


11,8 


39 . — de petite taille — 

Moyenne générale .... 


1.631 à 1.649). 


11 


10,1 





Comme en Italie, les tailles élevées offrent moins de différence que 
les petites. 



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10 ASSOCIATION FRANÇAISE POUR L* AVANCEMENT DES SCIENCES 



France 

Il s'en faut de beaucoup que Ton connaisse la répartition géographique 
de la taille en France par arrondissements et par cantons. Gomme 
pour rindice céphalique, la première place parmi les anthropologues, 
qui ont travaillé à fournir des données numériques dans cette direction, 
appartient à mon excellent ami et collègue le D' R. Gollignon. Dans 
une série de travaux {890 à 896) il a publié les données précises et 
variées sur la taille dans les départements du Nord-Ouest (Manche, 
Gôtes-du-Nord, Ille-et-Vilaine) et du Sud-Ouest de la France (Basses 
et Hautes-Pyrénées, Landes, Gironde, Gharente-Inférieure, Dordogne, 
Gorrèze, Greuse, Haute Vienne). Dans les départements adjacents, 
les chiffres analogues ont été fournis par Bertrand (865) pour l'Indre, 
par Atgier (899) pour ce même département et pour la Vienne (898), 
par Ghassagne (881) y Lecarguet et Topinard (888) pour le Finistère, 
par Carlier pour l'Eure (892 et 893) et par Ghopinet (901) pour une 
partie des départements de la Haute-Garonne et de TÂriège. 

De cette façon la moitié Ouest de la France se présente comme étant 
bien étudiée au point de vue de la répartition de la taille par petites divi- 
sions territoriales. Par contre, la moite Est de la France se trouve dans 
une situation beaucoup moins favorable. On n'y trouve des données par 
arrondissements que pour quelques départements. Ges données sont 
fournies par Ghervin (885) pour la Seine-Inférieure, par Antony (884) 
pour la Marne, par Garret (882) pour la Savoie, par Lietard (898) 
pour les Vosges, par Manouvrier (888), et Papillault (902) pour 
Paris, par Hovelaque et Hervé (894) pour la Nièvre, par Bouche- 
ron et Mayet (905) ^onr le Rhône, par Bourdin (898) pour l'Ardèche; 
ce qui fait un groupe de départements entre la Seine, la Loire et le 
Rhône-Savoie. A part cela il n'y a que des données pour quelques 
départements isolés : pour la Haute-Loire par Parron (868), pour 
l'Hérault par Lapouge (894), pour l'Aude par de Perny (867). Si l'on 
ajoute à cela les quelques données éparses sur certains cantons isolés 
des Alpes-Maritimes par Hovelaque (896), de l'Ain par Aubert (888), 
de l'Aveyron par Durand et Lapouge (897-898) ; ou des indications 
sans chiffres précis comme ceux de Boucheron (899) pour le Puy-de- 
Dôme et l'Allier, on aura épuisé tous les renseignements détaillés, 
directs ou indirects, sur la taille moyenne dans l'est de la France. 

Les renseignements que donnent les nombreuses éludes publiées 
dans le Recueil (puis Archives) de médecine militaire, concernant le 
nombre d^exemptés pour défaut de taille, par cantons et arrondissements. 



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J. DBNIKBR. — LES RACES DE l'eUROPE. — LA TAILLE EN EUROPE 11 

ont été pris également en considération. Les plus importants sont ceux 
de Duché (866) pour le département de l'Yonne, de Longuet (885) 
pour la Haute-Savoie, de Bertrand (865) pour l'Indre, de Pérny (867) 
pour l'Aude, de Mouillié (867) pour la Haute-Loire. 

Tels sont les documents que j'ai compulsés. Voyons ce qu'ils nous 
donnent comme résultat final. La taille moyenne des Français oscille 
autour du chiffre de 1650 milliipètres. Dans les contingents, qui se sont 
succédés dans la première partie du siècle passé, la taille moyenne des 
incorporés a varié entre 1653 (période 1855-59) et 1656 millimètres 
(période de 1830 à 39). Depuis 1865, la limite de la taille exigée pour le 
service ayantété abaissée de 1 centimètre (1 m. 55 au lieu del m. 56) on a 
vu la moyenne du contingent tomber à 1644 ; elle s'est relevée ensuite un 
peu, et malgré un nouvel abaissement de la taille exigée (1 m. 54), elle 
a atteint en 1895 le chiffre de 1648 millimètres. 

La taille médiane des conscrits établie par J. Bertillon (885 et 886) 
est un peu plus basse : 1641 millimètres. D'autre part A. Bertillon 
(889) a trouvé sur une catégorie de la population civile française 
(plusieurs milliers de criminels et vagabonds) la taille moyenne de 1648. 

Si Ton considère la distribution par départements ^ des tailles moyennes 
des « incorporés », on voit que c'est le département de l'Isère qui accuse 
la taille la plus élevée (1674 millimètres), et le département des Landes 
la taille la plus basse (1631 millimètres). L'amplitude des variations 
est de 43 millimètres. 

Si l'on prend, au contraire, la taille médiane on voit le Doubs occu- 
per la première place avec 1667 millimètres de taille et la Haute- Vienne 
la dernière place avec la taille de 1617 millimétrés. L'amplitude de varia- 
tion est de 50 millimètres. On remarquera que, comme presque toujours, 
la médiane est de 1 centimètre environ inférieure à la taille moyenne. 
Enfin la carte manuscrite de la France, dressée par A. Bertillon (<9^9) 
représente le département de la Haute-Marne comme ayant la plus 
haute taille moyenne (1670 millimètres) et celui du Tarn comme en 
ayant la plus basse (1626 millimètres). Dans cette dernière statistique 
la différence est de 44 millimètres, et les chiffres extrêmes occupent 
une situation intermédiaire entre les extrêmes de la taille moyenne et 
ceux de la taille médiane. D'après tous les trois documents, la différence 
entre les plus hautes et les plus basses tailles est à peu près constante : 
43 à 50 millimètres et la position des départements qui donnent les 
extrêmes est également la même : les hautes tailles sont à TEst, les 
petites au Sud-Ouest. 

Voyons maintenant la répartition géographique plus détaillée de la 
taille en France. L'on savait déjà, par les cartes représentant la répar- 
tition soit de la taille médiane par départements, soit des exemptions 



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s%^. 



12 ASSOCIATION FRANÇAISE POUR l'aTANCEMENT DES SCIENCES 

par défaut de taille, soit la répartition des grandes ou des petites tailles 
[cartes de Broca (860 et 868), de Bertillon (885), de Boudin (857 
à 865) et celle de Turcan reproduite par Boucheron et Mayet (905)], 
qu'au point de vue des statures on peut partager, grosso modoy la 
France par une ligne allant de la base du Gotentin à Marseille, en deux 
parties ; la région des grandes tailles au Nord-Est de cette ligne, et la 
région des basses tailles au Sud-Ouest. On se rappelle que d'après 
rindice céphalique la séparation est établie au contraire par une ligne 
allant dans le sens inverse, des Ardennes aux Pays Basques avec les 
dolichocéphales au Nord-Ouest et les brachycéphales au Sud- Est 
[Deniker, (899)]. 

Mais ce tableau est trop simpliste. Même en examinant les cartes 
citées plus haut on s'aperçoit qu'il y a des exceptions à la règle. Il faut 
voir ce que disent les moyennes. J'ai dressé pour mon usage person- 
nel deux cartes des tailles moyennes par départements, l'une d'après 
les chiffres d'ELY (874), l'autre d'après les données de A. Bertillon, 
qui ont figuré à l'exposition de 1889. En examinant ces cartes on 
aperçoit d'abord ce détail qu'une zone de petites tailles existe dans 
la région Alpine et qu'en outre la grande taille se dessine sur le 
littoral de la Méditerranée. Mais si l'on va plus loin dans l'analyse de 
la distribution géographique, mettant à profit les données des auteurs 
cités plus haut et se rapportant aux arrondissements (ou même à des 
cantons), pour une trentaine de départements, on a la tableau suivant 
(voy. la carte). 

La région dite des'(( hautes tailles » et qui au fond est la région des 
(( moyennes tailles » (1675 à 1699 millimètres) reste toujours à l'Est de 
la ligne tirée de Cherbourg à Marseille, seulement elle déborde cette 
ligne (sans compter les crochets insignifiants) dans les départements de 
la Sarthe et de l'Indre-et Loire pour pénétrer, plus au Sud, dans la 
région des petites tailles par deux coulées. L'une de ces coulées, celle 
de l'Est, est constituée par les arrondissements d'Issoudun et de La 
Châtre, du département de l'Indre (taille moyenne 1663 et 1670 milli- 
mètres) et par les arrondissements de Boussac et d*Aubusson dans la 
Creuse ; Fautre, à l'Ouest prend tout le département de la Vienne et 
les régions avoisinantes (plus au Sud) de la Charente (arrond. de 
Rufïec et de Confolans) et de la Haute-Vienne (arrond. de Bellac et la 
partie Nord de l'arrond. de Limoges). En plus, la zone des« moyennes 
tailles » dépasse la ligne conventionnelle au Sud, s'étendant sur presque 
tout le littoral Méditerranéen (où l'on ne compte que deux points à 
petites tailles ; les arrondissements de Montpellier et de Perpignan) (1). 

(1) Dans le département de l'Hérault et de l'Aude, les arrondissements du 
littoral abritent les hautes tailles, ceux de l'intérieur les petites. 



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J. DENIKBR. — LES RACES DE l'BUROPE. — LA TAILLE EN EUROPE 13 

Cette bande de tailles relativement élevées, large de 50 à 150 kilo- 
mètres, s'étend d'ailleurs plus loin dans toute la région Pyrénéenne. En 
effet, le long de la frontière espagnole il n'y a qu'un seul arrondissement 
de petites tailles (Argelès, Hautes Pyrénées, t. m. 1640 millimètres). 
Puis la zone continue sur le littoral Atlantique jusqu'à l'embouchure 
de la Loire, interrompue seulement sur un point (N.-O. des Landes 
et S.-O. de la Gironde). Cette zone de (( moyennes tailles » coïncide 
assez bien avec la zone de la dolichocéphalie modérée ou de la mésocé- 
phalie, signalée dans mon travail sur l'Indice céphalique, et marque, 
conjointement avec la pigmentation très foncée et d'autres caractères 
encore, l'emplacement delà race que j'appelle Atlanto-Méditerranéenne. 
Elle touche à Ruffec, une des coulées des populations à moyennes 
statures du Nord de la France, careictérisées, elles, par leur pigmenta 
tion relativement claire. Pour terminer avec la région de la France à 
(( moyennes statures » il faut dire qu'on y trouve des îlots de haute 
taille véritable (1675 à 1699 millimètres), notamment, dans le Nord- 
Est, la moitié Est du département de la Marne (arrond. de Chàlons- 
sur-Marne, Saint-Menehould et Vitry-le-François); dans l'Est, une 
partie du département des Vosges (arrond. de Neufchàteau et de 
Saint- Dié) ; et enfin au Sud, dans le département de l'Isère (sauf 
quelques cantons au Nord et au Sud). De plus, on y trouve trois îlots 
de basse taille. Le premier est situé dans la basse vallée de la Saône ; 
il est formé par la partie Est du dép. de Saône-et-Loire (arrond, de ' 
Châlon-sur Saône, Louhans et Môcon) et de l'arrond. de Trévaux 
(Ain). Le second est à l'embouchure de la Seine (arrond. du Havre, 
Yvetot et Rouen) dans la Seine-Inférieure (1). 

Enfin le dernier, le plus considérable des trois, se trouve dans la 
région alpine ; il est formé de la partie Est du département de la Savoie 
(arrond. de Saint-Jean-de-Maurienne et l'arrond. de Moutiers), de la 
partie Nord, montagneuse, des Basses-Alpes et de l'est du dép. de la 
Drôme (arrond. de Dié et de Nyons). Cette région prolonge la zone des 
« petites tailles » du Piémont et sépare les grands brachycéphales au 
Nord, des mesocéphales à taille moyenne au Sud. 

Passons maintenant à la partie Ouest de la France où domine la 
petite taille. Cette région déborde la ligne conventionnelle Cherbourg- 
Marseille jusqu'à la limite Est du département du Cher, puis jusqu'à la. 
rive gauche de l'Allier et suit enfin la vallée de la Haute-Loire jusqu'à 
la région des sources de ce fleuve (partie montagneuse du département 
de l'Ardèche, taille moyenne 1 m. 62 et Im. 63). Ce territoire de petites 
tailles offre deux régions distinctes, séparées par deux coulées des 

(1) Voyez pour les détails, Chervin [885). 



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:^»r* 



14 ASSOCIATION FRANÇAISE POUR l' AVANCEMENT DBS SCIENCES 

tailles moyennes (dép. de la Vienne, etc.). L'une d'elles occupe le 
Plateau Central et les Gévennes, débordant, à l'Ouest, jusqu'à la zone 
Océanienne des moyennes tailles dans l'Angoumois, le Périgord, le 
Quercy, la Gascogne, et au Sud dans le Languedoc et le Roussillon où 
elle parvient -en passant à travers la zone méditerranéenne des tailles 
relativement élevées, à, pénétrer jusqu'à la mer sur deux points (voy. 
plus haut p. 12). Toutefois il faut distinguer dans cette région la partie 
Ouest de la partie Est; la première est en général peuplée de gens à 
taille plus petite que celle des habitants de la partie Est. 

On y remarque notamment deux gros noyaux de population de très 
petite taille (1 m. 60 à 1 m. 62), l'un dans le Limousin et le Périgord, 
l'autre dans l'Est des Landes; ce dernier est peut-être justiciable des 
mauvaises conditions d'existence (1). Mais en ce qui concerne le pre- 
mier de ces gros noyaux, il faut y voir une influence ethnique. En 
effet, il correspond à la zone de distribution des dolichocéphales, tandis 
que le pays à l'Est et au Sud, où les tailles sont relativement plus 
élevées, quoique encore petites (1 m. 625 à 1 m. 649), est déjà dans 
la zone la pins brachycéphale de la France et peut-être de l'Europe 
entière. 

Ainsi donc ces deux parties du Centre et du Sud-Ouest de la 

France peuvent être considérées comme les territoires respectifs de la 

race Ibéro-Insulaire (très petite, dolichocéphale, très brune) et de la 

'race Occidentale ou Cévenole (petite, brachycéphale, brune ou châtain). 

La deuxième région des basses tailles occupe la Bretagne et 
s'étend un peu sur les portions adjacentes de la Normandie, ainsi que 
dans le Maine, l'Anjou et le département des Deux-Sèvres. La partie 
centrale de cette région, le véritable- axe de la Bretagne, est même un 
paysde « très petites tailles ))(! m. 60 à 1 m. 625), tandis que sur les 
côtes il y a çà et là (pointe de Raz, Brest, etc.) des envahissements de 
tailles relativement élevées. 

Si maintenant on veut avoir un aperçu sur la taille des Français 
dans chacune des subdivisions ethnique et linguistique, on aura le 
tableau suivant (en y introduisant les Corses et les Basques, dont il 
sera question plus bas) : 

Les Basques français, les Champenois, les Lorrains, les Dauphinois 
sont presque tous de grande taille (probalement 1 m. 67 à 1 m. 68). 

Les Limousins, les Périgourdins, les Corses, les Bretons sont 
presque tous de très petite taille (probablement 1 m. 62 à 1 m. 63). 

(1) Il est possible que la môme race qui dans la Chalosse, assez riche, atteint 
un maximum de croissance, reste au-dessous dans la partie Est des Landes 
proprement dites, plus pauvres. 



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ÎÏ-: 



J. DENIKBA. ~ LES RACBS DE L' EUROPE. — LA TAILLE EN EUROPE 15 

Les Flamands français sont probablement de taille moyenne 
(1 m. 66), ainsi que les Catalans français du Roussillon (1 m. 66), et 
les anciens italophones des Alpes-Maritimes (1 m. 66). 

Les Tourangeaux, les Angevins, les Berrichons, les Gascons, les 
Auvergnats sont de petite taille (1 m. 63 à 1 m. 64), tandis que les Ven- 
déens, les Normands, les Picards, les Béarnais, les Provençaux, les 
Bourguignons, les Francs-Comtois sont de taille moyenne. 

Les habitants du Languedoc sont en partie petits (1 m. 63 à 1 m. 66) 
et en partie de taille moyenne. 



Iles Normandes 

D'après les mesures sur 110 hommes adultes prises sur les Jerséens 
par DuNLOP (893)^ ces insulaires auraient 5 pieds et 7 pouces et demi 
comme taille moyenne, ce qui correspond à 1712 millimètres. Mais ce 
chiffre doit être réduit, puisque Fauteur dit que plusieurs individus ont 
été mesurés sans avoir quitté leurs chaussures et la taille des autres a 
été donnée d'après le livret militaire, ce qui prouve qu'on a ici affaire, 
en partie au moins, à une « série sélectionnée ». En évaluant à 2 centi- 
mètres ou 26 millimètres la hauteur des talons et le surplus de la taille 
chez les sélectionnés, la taille vraie des insulaires en question revient à 
1690 millimètres ^t même peut-être à 1685 millimètres environ. Aussi 
ai-je donn'é sur ma carte à l'île de Jersey la teinte correspondante à 
cette taille. 

Je ne possède aucun renseignement sur la taille des insulaires de 
Guernesey. 



Basques 

X«a taille des Basques français nous est connue par les travaux de 
GoLLiGNON (894 et 896) qui a mesuré 1305 hommes adultes de ce 
peuple et leur a trouvé une taille moyenne de 1658 millimètres. Mais, 
comme la série est composée de tous les conscrits appelés (y com- 
pris ceux qui ont moins de 1 m. 54), il faut augmenter cette moyenne 
de 1 centimètre (voy. p. 4). La taille ressort donc à 1668 millimètres, 
c'est-à-dire rentre dans notre catégorie de « tailles moyennes », avec 
tendance vers la grande taille, puisque la proportion des individus 
ayant la stature au-dessus de 1 m. 70 est assez notable ; elle varie 
entre 22 et 35 p. c, suivant les cantons. 



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16 ASSOCIATION FRANÇAISE POUR L' AVANCEMENT DBS SCIENCES 

On peut donc dire avec Collignon (895), p. 29, que dans le pays 
basque français, la taille est très élevée par rapport à Tensemble de 
notre pays. Cette population prise en bloc est celle où ce caractère se 
présente avec la plus grande constance et la plus grande régularité. Il 
y a lieu, en outre, de remarquer que cette élévation de la stature doit 
être considérée ici strictement commp un (( caractère de race », car le 
pays est plus pauvre que les cantons français avoisinant et où cepen- 
dant la taille est beaucoup plus petite. 

Pour les Basques espagnols, nous avons deux sources de renseigne- 
ments. Aranzàndi (889), p. 5, a mesuré 250 soldats basques en gar- 
nison à Alcala de Henares, âgés de 20 à 22 ans, provenant en majorité 
(216) de la province de Guipuzcoa (1), et leur a trouvé la taille moyenne 
de 1641 millimètres (variant de 1541 millimètres à 1772 millimètres). 
Puisqu'il s'agit ici de soldats de 20 à 22 ans, il faudrait, suivant la 
règle (p. 4), réduire ce chiffre de 1 centimètre; mais il faut tenir 
compte de cette circonstance, mise en évidence par Oloriz (896), que 
les soldats espagnols sont plutôt plus petits en moyenne que les civils, 
à cause de l'existence du système de rachat dont profitent les plus 
riches et par conséquent les plus élevés de taille à l'âge de 20 ans. Aussi 
je laisse le chiffre tel quel. Je trouve encore dans mes notes, le chiffre 
de 1638 millimètres obtenu par Aranzadi d*après les mesures sur 4.894 
Basques des trois provinces (Guipuzcoa, Biscaye et Navarre), mais je 
ne sais d'où me vient cette note. Ho vos et Aranzadi (849, «Nachtrag», 
du résumé allemand) donnent aussi pour 186 individus des provinces 
Basques et de Navarre la taillé médiane de 1626 millimètres (qui 
correpond probablement à la taille moyenne de 1640 mm.); tandis 
qu'ÛLORiz (896) fournit les chiffres suivants : 268 individus de la pro- 
vince de Guipuzcoa : 1645 millimètres, 96 sujets Basques et Espa- 
gnols de la province de Navarre, 1636 millimètres. En considérant 
tous ces chiffres, je crois qu'on ne sera pas loin de la vérité en attri- 
buant aux Basques espagnols la taille moyenne de 1640 millimètres. 
Les habitants de Biscaye paraissent être beaucoup plus grands, mais 
le chiffre de 1675 millimètres est fourni par une série assez faible et qui 
provient peut être en majorité de la partie Sud-Ouest de la province où 
il n'y a plus de Basques aujourd'hui. En tout cas, je maintiens sur la 
carte la coloration bleu pâle correspondant à la taille 1674 millimètres 
pour la partie Ouest de cette province. 



(l) Le reste vient de la partie de^ la Biscaye située à l'Est de Guernica et de 
Durango, plus 2 individus de Pampeloune. 



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J. DENIKER. — LES RACES DE L'EUROPE. — LA TAILLE EN EUROPE 17 



Espagne 

M. Oloriz a mesuré plus de 8.000 Est)agnols, tant civils que mili- 
taires, de toutes les classes de la société. Les chiffres moyens qu'il a 
obtenus, par province, pour les 6.072 individus de cette série, â^és de 
19 ans et plus, peuvent servir pour ma carte, un peu corrigés et com- 
plétés par d'autres renseignements. Gomme je l'ai déjà dit (p. 16), d'après 
Oloriz il n'y a pas de différence sensible entre la taille des soldats et 
celle des civils en Espagne; sa série est donc assez homogène sous 
ce rapport et peut être considérée comme représentant la taille moyenne 
vraie des Espagnols. En effet, si elle contient beaucoup de sujets de 
19 à 22 ans, susceptibles de grandir, elle est formée aussi de pas mal de 
personnes de classes aisées, qui certainement sont plus grandes que les 
gens de basse extraction dont les mesures composent par exemple les 
séries (par grandes régions) d'AaANZADi et Hoyos (894, Nachtrag), 
formées d'après les fiches des juges d'instruction et lès signalements 
des individus sur les mandats d'amener (voyez à ce sujet Oloriz, 1. c, 
p. 50) (1). 

M. Oloriz a aussi compulsé les registres du service militaire et en 
a extrait les données relatives à la taille au-dessus de 1 m. 70 et au-des- 
sous de 1 m. 56. 11 a donné une carte de répartition par provinces, de 
la proportion des sujets de haute taille (1 m. 70 et au-dessus). En com- 
parant cette carte avec celle que j'ai dressée pour les tailles moyennes, 
d'après le texte d'Oloriz, on constate quelques contradictions sérieuses, 
signalées en partie par le savant espagnol lui-même. Mais j'ai calculé 
aussi, d'après le tableau d'Oloriz, la différence entre la proportion des 
grands (au-dessus de 1 m. 70) et des petits (au-dessous de 1 m. 56), et 
j'ai obtenu ainsi une carte de la répartition de ces différences concor- 
dant presque complètement avec celle des tailles moyennes. 

Les divergences de ces deux cartes sont les suivantes : La province 
de Malaga qui, par la différence entre les grands et les petits occupe 
la jiremière place (8,2 p. c. en faveur des grands), n'offre qu'une taille 
moyenne de 1624 millimètres, ce qui est évidemment trop peu. Étant 
donné de plus que ce chiffre est provient d'une série relativement faible 
(67 individus), je ne vois aucun scrupule de le relever d'un millimètre 
et de faire passer ainsi cette province du compartiment des « très 

(1) Il est à noter que 857 prisonniers, mesurés par Oloriz, ont une taille 
moyenne de 2 centimètres moindre que celle des hommes libres; de même, la 
moyenne de la série d'A. et H. (1620 mm.) est de 2 centimètres moindre que 
celle que trouva Oloriz (1640 mm.) pour les Espagnols en général. 

2 



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18 ASSOCIATION FRANÇAISE POUR L*AYANGBMBNT DBS SCIBNCKS 

petits )) dans celui des « petits ». Mais il me semble queron peut mieux 
faire pour marquer la différence de renseignements, sur la carte : 
c'est de diviser la province en une partie Est qui prolonge la zone 
des petites tailles de Grenade, Murcie, etc. (tailles moyennes 1640 mil- 
limètres à 1649 millimètres, excès des petits sur les grands 0,9 et 
20,3 p. c), et, en une partie Ouest, adjacente à la zone des grandes 
tailles constituée par les provinces de Huelva, Cadix, Séville (taille 
moyenne 1651 millimètres, 1655 millimètres et 1665 millimètres; excès 
des grands sur les petits : 6,5, 4,5 et 0,9 p. c). 

De môme, la taille moyenne de 1642 millimètres pour la province de 
Barcelone, déduite d'une faible série de 43 individus, ne correspond 
plus à la place qu'occupe cette province par le nombre de hautes tailles 
qui sont en excès (0,9 p. c.) sur les petits ; de plus, dans les autres pro- 
vinces de la Catalogne qui, dans son ensemble, figure comme ayant la 
taille la plus élevée de toutes les régions de l'Espagne dans le tableau 
d'Aranzadi et Hoyos, et où, au contraire, les petits sont en léger excès 
sur les grands (Lerida 3,8, Gerrone 8,4, et Tarragon 16,2 p. c.) (1), 
les tailles moyennes sont de 1662etJ663 millimètres respectivement, 
déduites il est vrai des séries très faibles de 9 à 34 personnes. Je marque 
donc provisoirement la province de Barcelone, comme toute la Cata- 
logne, sur ma carte, avec la couleur conventionnelle répondant aux 
tailles moyennes (de 1650 à 1674 millimètres). Des contradictions plus 
sérieuses existent pour la région de Valence : Par l'excès des petits sur 
les grands, les provinces qui la composent, celle de Castellon (excès 
de 12,7 p. c), Alicante (14,3) et Valence (16,6), doivent fournir une 
taille plutôt petite, tandis que la moyenne d^Oloriz, déduite, il est vrai, 
des séries peu fortes (17,57, et 81 sujets respectivement), les donnent 
comme peuplés d'individus à taille moyenne et môme grande (1659, 
1643 et 1675 millimètres respectivement, soit une moyenne de 1663 mil- 
limètres pour les 155 sujets réunis). D'ailleurs, la région prise en 
entier figure dans le tableau d'Aranzadi parmi celles à population de 
taille très petite (1614 millimètres), venant immédiatement après 
la région où la taille est la plus petite de tout le royaume, celle de 
Galice (voy. p. 19). Tout en signalant cette différence, je laisse provi- 
soirement les provinces de Castellon et d' Alicante dans la catégorie 
où les place leur taille moyenne, je ramène la province de Valence 
dans la catégorie coloriée « bleu pâle » (1650 à 1674 millimètres), ce 



(1) Pour Tarragon, il y a lieu de suspecter une erreur, comme le dit Oloriz 
(1. c. p. 32), dans le chiffre excessif de 46 pour cent d'exemptés par défaut de 
taille. Il est possible qu'en rectifiant, on arrive au chiffre de 3 pour cent comme 
différence entre les grands et les petits. 



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L 



J. DBNIKER. -^ LES RAGES DE L EUROPE. — LA TAILLE EN EUROPE 19 

qui nécessite la réduction d'un millimètre seulement sur la taille 
moyenne donnée par Oloriz. 

Ces corrections faites et en ajoutant aux renseignements déjà cités 
ceux que donne F. Aragon (902) sur les Maragates (distr. d'Astorga, 
province de Léon) et d'ÂRANZADi sur la taille de la province de Caceres, 
voici le tableau général de la taille que Ton obtient pour l'Espagne. 
La taille moyenne des Espagnols serait de 1635 millimètres, d'après 
les mesures d'Oloriz (1. c, p. 27 et 61) sur 3.586 hommes de 
21 ans et plus. Ce chiffre est de 2 centimètres environ supérieur à 
celui (1621 millimètres) qu'avaient trouvé Aranzadi et Hoyos (893, 
Nachtrag), d'après les mesures sur 1.690 sujets, tirées des feuilles de 
police judiciaire. 

J'ai déjà dit (p. 17) à quoi on doit attribuer la différence entre ces 
deux données. Mais si l'on fait abstraction de la différence absolue, on 
trouve un parallélisme presque complet entre les chiffres des deux 
auteurs, dans les successions des grandes régions de l'Espagne (sauf 
la Navarre et les provinces Basques), si on les dispose dans Tordre 
décroissant de la taille de leurs habitants, comme on peut le voir d'après 
le tableau ci-joint (p. 20). 

En effet, sauf les chiffres contradictoires pour les provinces de 
Valence, Estremadure et peut-être de Murcie, qui peuvent s'expliquer 
par la faiblesse des séries, surtout chez Aranzadi, les autres régions se 
rangent à peu près dans le même ordre : « les tailles moyennes » en 
Catalogne, Murcie et probablement en Andalousie ; les (( très petites 
tailles » en Asturie, Galice et probablement les Deux Gastilles ; enfin, 
entre les deux groupes « les petites tailles », en Grenade, Aragon et 
Léon. 

Ce groupement des très petites tailles au centre et dans le Nord- 
Ouest du pays et des moyennes tailles dans TEst et le Sud, ressort 
encore plus clairement de l'examen de la distribution par province 
(voy. la carte). En effet, si on tire une ligne de Saint-Sébastien au . 
point où les limites des provinces de Badejos et de Huelva se ren- 
contrent avec la frontière portugaise, on s'aperçoit que les « très petites 
tailles » sont groupées à l'Ouest de cette ligne (25 provinces, dont 19 où 
la moyenne est inférieure à 1 m. 63), tandis qu'à l'Est se trouvent les 
c( moyennes tailles » (23 provinces, dont 18 où la taille est supérieure 
à 1 m. 63). Le fait ressort avec la même clarté si l'on considère la 
carte de la distribution des hautes tailles publiée par Oloriz. 

Voyons maintenant plus en détail chacune des parties, des deux 
côtés de la ligne conventionnelle. Dans la partie Ouest, la région 
Galaïque se distingue par l'extrême petitesse de la taille. Des quatre 
provinces qui la composent trois rentrent dans la catégorie de « très 



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20 



ASSOCIATION FRANÇAISE POUR L* AVANCEMENT DES SCIENCES 



RÉGIONS 



Valence 

Catalogne 

Murcie. 

Andalousie 

Grenade 

Vieille Castille . . 
Nouvelle Castille 

Aragon 

Léon 

Galice 

Estremadure 

Asturie 




155 
106 
115 
165 
1.285 
705 
807* 
142 
143 
241** 
224 
79 



1.661 

1.654 

1.654 

1.651 

1.641 

1.635 

1.633* 

1.632 

1.632 

1.623** 

1.620 

1.618 



ARANZ. et HOYOS 



Nombre 



87 
182 

27 
137 
420 

92 
104 

92 

87 
182 

28 

47 



Taille 
eD mm. 



1.614 
1.636 
1.631 
1.618 
1.624 
1.615 
1.619 
1.624 
1.624 
1.600 
1.631 
1.619 



petites tailles » et la province de Pontevedra peut leur être jointe aussi, 
car Ja taille moyenne y est à peine supérieure (1628 mm.). D'ailleurs 
cette moyenne n'est déduite que de 38 observations et peut prêter à la 
critique. D'autre part, si le nombre de (( petites tailles» (au-dessous 
de lm.65) y est moins élevé que dans les trois autres provinces 
(32 p. c. au lieu de 41,6 à 52,5 p. c.) l'excès des petits sur les grands 
(29,2 p. c.) est encore considérable. On peut donc dire que toute la Galice, 
ainsi que les régions adjacentes, l'Asturief province d'Oviedo), le Nord 
de Léon et presque toute la vieille Castille, appartiennent à la zone des 
(( très petites tailles ». Dans la province de Léon (qui occupe la partie 



(*) Avec la ville de Madrid (2265 observations) la taille moy. est de 1619 mm. 

(**) Chiffres d'Oloriz et de feu Ferraz de Magedo réunis. Ces dentiers étant 
inédits, je donne le détail de mes calculs. 



PROVINCES 



Gorogne 

Lugo 

Pontevedra 

Orenze 

Galice en général 



Ferraz de Macbdo 
Nombre Taille eo mm 



25 
25 
25 
25 



100 



1.610 
1.642 
1.619 
1.612 



1.621 



Oloriz 
Nombre Taille en mm. 



33 
72 
13 
23 



141 



1.623 
1.619 
1.653 
1.625 



1.6 



LES DEUX REUNIS 

Taille en mm. 



58 
97 
38 
48 



241 



1.618 
1.624 
1.628 
1.618 



1.623 



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J. DRNIKER. — LES RACES DE L' EUROPE. — LA TAILLE EN EUROPE 21 

Nord de la région de Léon) se trouve cependant un pays, à l'Ouest 
de la ville d'Astorga, comprenant les montagnes de Manzanal, Fonce- 
bada et Pobladura où sont cantonnés les « Maragates », population 
spéciale, formée de colporteurs et commerçants ambulants. Elle a été 
bien étudiée par Aragon (902), qui la croit d'origine berbère. Cette 
population se signale par sa taille relativement élevée (1650 millimètres, 
d'après les mesures d!Aragon sur 80 hommes) et par de nombreux 
autres caractères excepté Tindice céphalique (77,3) qui eât presque le 
môme que dans les régions avoisinantes. C'est peut-être aussi à 
l'influence des populations spéciales qu'est dû le relèvement relatif de 
la taille dans le Sud de la région de Léon (province de Zamora 1629 
millimètres, celle de Salamanque 1644 millimètres). En dehors du 
canton d'Astorga il n'y a dans toute la partie Ouest de l'Espagne que 
deux provinces, Bourgos (N.-E. de la Vieille-Castille) et Alava, qui se 
distinguent par la taille relativement élevée (1651 et 1654 millimètres). 
Mais cette dernière entre en partie en composition de la région Basque 
pour laquelle on a déjà (p. 15) le départ entre les petites et les moyennes 
tailles. 

Quant à la partie de l'Espagne située à l'Est de la ligne fictive de 
démarcation mentionnée plus haut, on j distingue nettement : 1° une 
trainée de provinces à taille relativement élevée, le long de la c6te de 
la/ Méditerranée, de Gerone (1667 millimètres), à Valence (1674 milli- 
mètres), avec le prolongement dans l'intérieur du pays constitué par le 
reste de la Catalogne (province de Lérida) et par les provinces d'Alba- 
cete et de Jaen; 2° l'Andalousie, où toutes les provinces, sauf une 
(Cordoue), se rangent dans la catégorie des « moyennes tailles » : de 
1651 millimètres (Huelva) à 1665 millimètres (Séville). 

Ces zones de tailles relativement élevées, coïncident avec celles où 
l'indice céphalique est moins bas que dans le reste de l'Espagne ; elles 
indiquent l'emplacement probable d'une race distincte que j'appelle 
Atlanto-Méditerranéenne. Il est possible que l'élévation de la taille en 
Murcie est due également à la présence de ra môme race ou bien au 
mélange de l'élément Maure, car on sait que cette région est restée 
le plus longtemps (8 siècles environ, jusqu'en 1491) sous la domination 
des Arabo-Berbères. Il est curieux de constater que la zone des tailles 
élevées de. l'Andalousie se prolonge en Portugal, où elle couvre la 
partie Sud et Est de la région de d'Alemtejo (voy. p. 24). 

Les très petites tailles ne sont représentées à l'Est de la ligne conven- 
tionnelle que dans la Nouvelle Castille et, en partie, dans l'Aragon 
(prov. de Sarragosse) et la Vieille Caslille (prov. de Soria). 

Pour terminer j'attire l'attention sur l'extrême petitesse des gens de 
la province de Madrid (1613 millimètres, moyenne de 1.666 observa - 



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22 ASSOCIATION FRANÇAISE POUR L* AVANCEMENT DES SCIENCES 

tions), et aussi sur ce fait, qui est en contradiction avec la théorie 
d'Ammon et de Lapouge, que la taille des citadins de la Capitale 
(1611 millimètres)' est plus basse que celle des campagnards de la pro- 
vince de Madrid (1620 millimètres). 



Portugal 

Je n*ai eu à ma disposition que deux sources de renseignements sur 
la taille de l'ensemble de la population du Portugal. La première 
source est manuscrite : ce sont les chiffres que m'avait envoyés feu 
D' Ferraz de Macedo (897) ; ils se rapportent à la taille moyenne de 
100 hommes adultes par chacune des huit grandes provinces du 
royaume. En tout 800 hommes, plus 100 hommes « des îles », âgés de 
20 à 70 ans (âge moyen 33 ans) (1). 

La seconde source est la thèse de Sant'Anna Marquez (898), 
contenant les données sur les tailles moyennes des Portugais répartis 
par district (département), déduites des séries variant de 33 (distr. 
d'Evora) à 105 sujets (distr. de Santarem). 

En ajoutant à ces données celles qu'avait publiées Goncalves Lopez 
(900) d'après les mesures sur 108 sujets de la province de Beira Bajà, 
et sur 143 sujets du distr. de Guarda (prov. du Beira Alta), ainsi que 
les mesures de 110 individus de la province de Minho publiées par 
FoNSECA Cardoso (899) et celles de 4.184 conscrits du district de 
Porto (Douro) avec la région avoisinante des districts de Braga (Minho) 
et d'Aveiro (Douro) (classées par « conselho administrative » ou arron- 
dissement) que cet auteur a bien voulu me communiquer en manuscrit 
avec une carte (900), j'ai pu constituer le tableau ci-contre (voy. p. 23) 
où celles des moyennes, que j'ai déduites moi-même d'après les diffé- 
rents auteurs, sont soulignées. 

Les quelques faits et considérations que j'expose plus bas découlent 
• tout naturellement de l'examen attentif de ce tableau et de son inter- 
prétation cartographique (voy. la carte). 

La taille moyenne des Portugais est de 1645 millimètres d'après les 
1.444 individus mesurés par Sant'Anna Marquez ou de 1637 millimètres 
d'après les 800 sujets mesurés par Ferraz de Macedo. La moyenne de 

(1) M. Ferraz de Macedo avait joint h ce tableau un renseignement relatif à la 
taille de 900 femmes portugaises et que je reproduis ici h titre documentaire : 
12,6 p. c. de ces femmes avaient la taille au-dessus de 1 m. 62; 54 p. c. entre 
1 m. 62 et 1 m. 52; et 33,3 p. c. au-dessous de 1 m. 52, ce qui confirme la petitesse 
de la taille des Portugais en général. 



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J. DENIKBR. — LES RACES DE L' EUROPE. — LA TAILLE EN EUROPE 



23 



RÉGIONS 



Province de Minho 

District de Vianna 

— Braga 

Provincb-de Douro 

District de Porto 

— d'Aveiro 

— de Coïmbrc 

Prov. de Tras-08-Montes. 
District de Viila-Real 

— Bragança 

Province de Beira-Alta.. 
District de Garda 

— Vizen 

Prov. de Beira-Baja (Dis- 
trict de Castello-Branco). 

Province d'Estremadoura. 
District de Leiria 

— Lisbonne 

— Santarem 

Province d'Alemtbjo 

District de Portalegre 

— d'Evora 

— de Beja 

Prov. d'Algarve (Olst. deFaro) 
Portugal 



S. A. Marquez 
Nonbre Taille 



85 
48 
37 

28î 
81 
100 

100 

SOO 
100 
100 

200 
100 
100 

100 

305 
100 
400 
105 

173 
47 
33 
93 

100 



1.444 



1.6S0 
1.660 
1.584 

i.636 
1.644 
1.634 
1.632 

1.633 
1.632 
1.634 

1.660 
1.645 
1.674 

1.651 

1.639 
1.643 
1.632 
1.642 

1.657 
1.645 
1.661 
1.663 

1.646 



1.645 



F. de Macbdo 
Nombre Taille 



100 



100 



100 



100 



100 
100 



100 



100 



800 



1.6 



1.645 



1.630 



1.647 
1.635 



1.625 



1.633 



F. Cardoso 
et G. LoPBZ 

Nonbre Taille 



110 



50 



4.184 



1,646 
1.650 
1.640 

1.634 

(excep.p.Bragaet 

ATciro,coteH.S60 

inter. : 4.630) 



143 



108 



1.640 



1.640 



MOYENNE 
générale 

Nombre Taille 



295 
108 

87 

381 
4.Q65 



300 



300 
243 



308 
405 



273 



QOO 



6.749 



1.631 

1.650 
1.616 

1.640 
1.635 



1.637 



1.650 
1.642 



1.646 
1.638 



1.644 



1.640 



1.640 



2.244 individus des deux séries réunies ressort à 1642 millimètres, chiffre 
presque identique à celui que j'obtiens (1640 miljimètres) en y ajoutant 
les 4.184 conscrits de Porto (taille moyenne 1634 millimètres, majorée 
de 12 millimètres par Fonseco Gardoso lui-même comme ayant été 
prise sur des sujets de 20 à 21 ans), et les 140 sujets des deux Beira, 
mesurés par Goncalves Lopez : total général 6.749 sujets. 

La taille moyenne des Portugais est donc la même que celle des 
Espagnols et rentre dans les « petites tailles ». Elle varie peu de province 
à province (de 1631 millimètres dans Minho à 1650 dans Beira-Alta) 
et même de district en district, où le minimum (1632 millimètres, dans 
Coïmbre, Villa Real, Lisbonne) (1) diffère à peine de 42 millimètres 
du maximum (1674, Vizen).. 

(1) J'exclus le chiffre de 1616 millimètres pour le district de Braga s'ôloignant 
trop du minimum suivant et surtout parce que la série de S. A. Marquez qu 
^ donne la taille excessivement petite, de 1584 millimètres, ne se compose que de 
37 individus (voy. le tableau). 



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24 ASSOCIATION FRANÇAISE POUR l' AVANCEMENT DES SCIENCES 

Quant à la répartition géographique, voici ce que Ton peut dire en 
attendant des renseignements plus nombreux (voy. la carte). 

Sur un fond général de population à petite taille, il se dégage en 
Portugal une région de très petites tailles et deux régions de « tailles 
moyennes ». La première de ces régions se compose du district de 
Braga (1616 millimètres d'après 87 sujets), dans la province de Minho 
et probablement en général de tous les arrondissements montagneux 
et non maritimes de cette province, qui est en somme le prolongement 
du pays de Galice. Quant aux deux régions de taille relativement assez 
élevée, l'une d'elles est constituée par le district de Vizen (ouest de la 
province de Beira-Alta), (t. moy. 1674 millimètres) ainsi que par le 
district de Vianna (Minho) avec la taille moyenne de 1650 millimètres, 
et le littoral du district de Porto (taille moyenne 1660 millimètres, 
tandis qu'à l'intérieur elle n'est que de 1630 millimètres). La seconde 
région des tailles élevées est constituée par les deux districts de l'intérieur 
de la province d'Alemtejo : Evor^ (taille moyenne 1661 millimètres, 
mais avec quelque doute puisque déduite d'une faible série de 33 sujets 
seulement) et Beja (1663 millimètres). Cette dernière région semble 
prolonger à l'ouest la zone de hautes tailles de l'Andalousie en Espagne. 

Ainsi donc au sud du Portugal les tailles relativement élevées se 
rattachent à celles que l'on constate en Espagne, absolument comme 
dans le nord de ce pays les « très petites tailles » se rattachent à celles 
de Galice espagnol. Ces deux déviations de la taille généralement 
(( petite » en Portugal s'expliquent par les mêmes causes : influence 
celtique dans le nord, influence arabe- maure-berbère dans le sud. Là- 
dessus mes conclusions sont d'accord avec celles de Da Costa Ferreira 
(904), L^élévation de la taille sur les côtes des provinces de Douro et 
de Minho peut s'expliquer par la présence de la race Atlanto-Méditer- 
rannéenne. Reste à expliquer la taille relativement élevée de l'Ouest de 
Beira-Alta. 

Iles Açores et Madère 

Dans le tableau manuscrit que m'avait communiqué M. Ferraz de 
Macedo se trouvait le chiffre de la taille moyenne de 100 Portugais 
« des îles ». Je supposo^ qu'ils proviennent des Açores et de Madère. 
Leur taille moyenne est de 1651 millimètres (hommes de 32 ans en 
moyenne); ils sont donc un peu plus hauts que la moyenne des Por- 
tugais. M. Chaves, directeur de l'observatoire météréologique de 
Funchol, aux Açores, dans une conversation que j'ai eue avec lui 
en 1900, m'avait confirmé que le chiffre indiqué doit représenter la 
taille réelle des Açoriens. 



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J. DBNIKBR. ~ LBS RACES DE L'EUROPE. — LA TAILLE EN EUROPE 25 



Italie 

Gomme j'ai donné dans mon premier travail une carte de l'indice 
céphalique en Italie par circonscriptions, il m'a fallu donner les tailles 
réparties d'après les mêmes divisions territoriales. Or le grand ouvrage 
de Livi (896), source la plus complète de renseignements, ne contient 
que les moyennes de la taille par province ou par des divisions encore 
plus vastes (compartiment). J ai dû donc, tout en utilisant les chiffres 
de ce savant, chercher ailleurs les moyennes réparties par circonscrip 
lions. Heureusement c'est encore Livi qui m'a servi de guide dans 
cette occasion. En effet, il a fait jadis un autre travail sur la taille 
des Italiens (882-3) où il donne les tailles moyennes des conscrits 
appelés, par circonscription. C'est donc d'après ce dernier travail 
surtout que j'établis ma carte, ayant soin, comme il s'agit de conscrits 
appelés de toutes les tailles (depuis 1 m. 20) d'augmenter, d'après 
la règle que je me suis imposée (p. 4), d'une certaine quantité les 
chiffres de ce savant. Dans le cas présent l'augmentation doit être 
de 10, 15 ou 20 millimètres, suivant qu'on a affaire à la taille des 
conscrits entrant dans les catégories suivantes : 1^ au-dessus de 1635 
millimètres; 2° entre 1625 et 1685 millimètres; 3<* au-dessous de 
1625 millimètres, sans s'arrêter aux différences de 1 à 2 millimètres 
quand il s'agit d'harmoniser les résultats avec le tableau général et la 
répartition de « grandes » et de « petites » tailles (voy. p. 6). En 
prenant pour base ces données et en les comparant aux données par 
province et par compartiment on arrive au tableau général suivant, 
d'après les mesures sur 1.350.799 conscrits appelés des classes 
1875-79 (nés en 1855-59) (1) et sur 299.355 recrues (incorporés) de la 
classe 1883. J'y joins les considérations tirées du travail de Rossi 
(903) qui récapitule les chiffres du recrutement des classes depuis 1875 
jusqu'à 1898. On trouvera chez Livi (896)\di bibliographie des travaux 
partiels sur la taille des Italiens, antérieurs à. l'apparition de son 
ouvrage. 

La taille moyenne des Italiens en général ressort à 1624 millimètres 
pour les conscrits (appelés) de 1875-79 [Livi (^^5)], ce qui correspond à 

(1) En Italie, on désigne les classes d'après l'année de naissance des individus 
mais, pour faciliter les comparaisons, je garde la désignation, usitée en France 
et dans d'autres pays, par l'année d'appel. C'est pourquoi la classe que Livi 
appelle 1855-59 est désignée ici sous le nom de la classe de 1875-79. D'ailleurs, il 
est facile de passer d'une désignation à l'autre en ajoutant 20 unités à la dési- 
gnation italienne et en retranchant 20 unités de la nôtre. 



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26 A'SSOCtATXON FRANÇAISE POUR l' AVANCEMENT DES SaENCES 

peu près à 1640 millimètres pour la population adulte (1); elle est de 
1645 millimètres pour les recrues (incorporés) de 1879-1893, Livi (896)^ 
chiffre qui correspond probablement mieux à la taille des adultes en 
général. Dans le premier groupe 2 p. c. de sujets ont la taille au 
dessous de 1 m. 45, 12 p. c. sont réformés pour défaut de taille (c'est- 
à-dire ont moins de 1 m. 54 ?) et 15 p. c. ont la taille au-dessus de 
1 m. 70. Dans le second groupe 18 p. c. de sujets ont la taille au- 
dessous de 1 m. 60; 35 p. c. entre 1 m. 60 et* 1 m. 65; 29 p. c. 
de 1 m. 65 à 1 m. 70 et 18 p. c. au-dçssus de 1 m. 70. 

Soumettant à une analyse plus serrée les chiffres contenus dans les 
tableaux de recrutement et en prenant une période de temps beaucoup 
plus grande (25 ans) Rossi (903) arrive à des conclusions très intéres- 
santes en ce qui concerne surtout l'augmentation de la taille depuis un 
demi-siècle. Je reproduis ici le tableau de la page 49 de son mémoire 
en faisant remarquer que cet auteur comprend sous le nom de taille 
médiane la taille qui se place dans la série de telle façon qu'il y a, à peu 
près autant d'individus de taille au-dessus de celle-là qu'au-dessous ; 
tandis qu'il appelle taille normale ou typique, la taille la plus fréquente, 
c'est-à-dire celle qui groupe le plus grand nombre d'individus def la série 
et à partir de laquelle les nombres se rapportant à chaque taille (de centi- 
mètre à centimètre) vont diminuant à peu près symétriquement. Cette 
taille correspond à la valeur du maximum de densité de Fechner (2). 

Elle a été désignée sous le nom de médiane par beaucoup d'anthro- 
pologistes et notamment par Livi. Il faut dire aussi que la valeur de la 
taille normale a été calculée par Rossi d'après la méthode de péréqua- 
tion de Wittstein, appliquée une seule fois avec cinq termes (3), tandis 
que celles des tailles moyennes et médianes sqnt des moyennes arithmé- 
tiques ordinaires. Mais la différence, d'après cet auteur, est insigni- 
fiante avec les chiffres qu'on obtiendrait en faisant la péréquation pour 
ces deux catégories de tailles. 

Enfin il faut observer que c'est seulement à partir de 1894 que les 
feuilles de recrutement donnent séparément, à côté de la taille de tous 

(1) Puisqu'il faut ajouter de 1 â 2 centimètres à la taille des conscrits suivant 
a région (voy. p. 25) soit en moyenne 15 à 16 millimètres. 

(2) Cf. Gabaglio, Teoria générale délia statistica, Milano, 1888, vol. II, p. 301. 

(3) La moyenne d'une série par péréquation est obtenue ainsi qu'il suit dans le 
cas des cinq termes seulement. Au lieu des termes d'une série a, b, c, d, e..., x, 
y, z, on prend les termes suivants : 

3a + 26 + c , 2a + 36 + 2c + rf a + 26 -f 3c + 2rf -f e 
a = g ; 6= ^ ; c = : 

x + ly + Zz 
■■■" = 6 



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J. DENIKER. — LES RACES DE l' EUROPE. — LA TAILLE EN EUROPE 27 



TAILLES 


CLASSES 
(entre parenthèses d'après la nomenclature italienne) 


1874-78 
(1854-58) 


1879-83 
(1859-63) 


1884-88 
(1864-68) 


1889-93 
(1869-73) 


1894-98 

(1874-78) 

Totalité 
de sujets 


1894-98 

(1874-78) 

sujets de 

20 ans 

seoleiieit 


Taille normale en mm. 

(ou la plus fréquente) 

Taille moyenne. . 
Taille médiane. . . 


1.625 
1.623 
l\620 


1.625 
1.625 
1,621,5 


1.630 
1.628 
1.624 


1.630 
1.628 
1.623,5 


1.630 
1.632 
1.627 


1.640 
1.632 
1.629 



les appelés, encore celle des inscrits seulement pour raison de leur 
âge (20 ans) à l'exclusion des ajournés (capilista) qui sont ègés de 
21 ans et plus. Aussi pour cette période voit-on deux colonnes dans le 
tableau : une pour tous les conscrits, comme dans les périodes précé- 
dentes et Tautre pour les conscrits de 20 ans seulement. Ce tableau a 
un intérêt non seulement pour l'anthropologie italienne, démontrant 
l'augmentation progressive de la taille d'une période à l'autre et donnant 
la mesure de cette augmentation (5 à 9 millimètres en un quart de 
siècle, suivant qu'il s'agit de la taille moyenne médiane ou normale), 
mais il offre encore un intérêt général parce qu'il indique les diffé- 
rences entre les diverses méthodes d'estimer la taille. Ainsi, à deux 
exceptions près, la taille normale (c'est-à-dire la plus fréquente) est 
supérieure à la moyenne (la différence est de 2 à 8 millimètres) et 
à la médiane (la différence est de 3 à 5 millimètres). D'autre part on 
voit qu'en séparant les individus âgés de 20 ans des ajournés, plus 
âgés mais souvent plus petits de taille, on obtient pour les premiers 
la série identique de celle des seconds comme moyenne mais plus 
élevée comme médiane et surtout comme normale. Il est vrai que 
cette constatation n'est faite que pour une seule période et mérite 
confirmation. Quoi qu'il en soit, la taille moyenne des Italiens peut être 
estimée d'après les chiffres de Rossi pour la période actuelle (1894-98), 
à environ 1647 millimètres (1632+15) chiffre un peu supérieur à celui 
que j'ai mentionné d'après Livi (1645 mm.) et à ^eine inférieur à la taille 
moyenne des Français (en 1895) : 1648 millimètres (voy. p. 11). Mais si 
la moyenne est presque égale à celle que l'on trouve en France la dis- 
tribution par régions est plus variée et les écarts sont plus considérables. 
Si Ton considère les six grandes divisions historiques (comparti- 
menti) de l'Italie on voit que la taille des « incorporés » y varie de 
1619 millimètres (Sardaigne) à 1666 millimètres (Vénétie); la taille des 



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28 ASSOCIATION FRANÇAISE POUR L* AVANCEMENT DES SCIENCES 

(( appelés » de 1874-78 (sans augmentation) de 1589 millimètres (Basili- 
cate) à 1653 millimètres (Vénétie), et celle des appelés de 1894-98 de 
1589 millimètres (Basilicate) à 1663 millimètres (Vénétie). On voit par 
ces chiffres que le coin Nord-Est de l'Italie est une région de tailles 
relativement élevées, tandis que dans le Sud-Ouest, ainsi qu'en Sar- 
daigne se trouvent des foyers de tailles excessivement petites, les plus 
basses que l'on connaisse comme moyennes des régions un peu éten- 
dues de l'Europe (sauf pour les Lapons, les Samoyèdeset les Vbgouls). 

La succession des régions par ordre décroissant de la taille est 
d'ailleurs presque la même, que l'on considère les incorporés ou les 
appelés sauf deux ou trois exceptions. 

Si Ton considère les appelés seuls, la succession pour la période 
de 1894-98 est la même que pour 1879-83 ( voy. p. 7), sauf une exception : 
les N'arches (Marche) y précédent l'Ombrie. 

Sur la carte la répartition par grandes régions se présente ainsi qu'il 
suit (1) : 

D'une façon générale la taille diminue graduellement et presque 
régulièrement du Nord au Sud; de plus, dans la haute Italie elle dimi- 
nue de l'Est à l'Ouest ; et daijs le reste de la péninsule elle diminue plus 
vite (en allant vers le Sud) sur la côte adriatique que sur la côte de la 
Méditerranée Occidentale. 

A ce tableau très net mais aussi trop général il faudrait ajouter un 
autre présentant plus dé détails. Or M. Livi en donne deux; l'un 
représente la répartition des tailles moyennes des incorporés par « pro- 
vincii )) correspondant à nos départements (Livi II, Atlas, pi. XII), 
l'autre la répartition des appelés par (( circondarii » correspondant à 
nos arrondissements (Livi (885), pi. III) (2). 

C'est cette seconde carte qui m'a servi de base pour construire la 
mienne (voy. la carte) comme je l'ai déjà dit plus haut. En examinant 
ma carte on peut constater : 1° la confirmation de ce qui a été déjà dit 
à propos de la taille en allant du Nord au Sud. La ligne tirée de l'île 
d'Elbe à Ancone sert ici de limite conventionnelle entre les tailles 
grandes et moyennes au Nord, et les tailles petites et très petites au 
Sud. 

Mais dans chacune de ces deux parties il y a des régions spéciales à 
considérer. 

Dans le Nord il y a deux centres de grandes tailles : à l'Est, la 

(1) Ce qui suit est le résumé de l'examen comparatif des cartes dans le texte de 
Livi (II, p. 8) et deRossi(p. 5i7), qui deviennent identiques (sauf deux provinces: 
Marches et Campagne), si l'on ajoute 1 centimètre aux chiffres de Rossi. 

(2y II en donne en outre la répartition des grandes et des petites tailles 4)ar 
« circondarii » et par (( mondamenti » (cantons). 



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J. DBNIRBR. — LES RAGES DE L' EUROPE. — LA TAILLE EN EUROPE 29 

province d'Udine avec deux distr. adjacents (1), ayant la taille la plus 
élevée de toutes les provinces du royaume (1673) ; et à l'Ouest, sur la 
côte Méditerranéenne, la province de Lucques (1669 millimètres) avec 
un circondario (arrondissement) adjacent, celui de Castelnuovo-di- 
Garfagniano de la province de Massa, qui offre le maximum de la taille 
(1673 millimètres) de tous les arrondissements de l'Italie. Quoique ces 
trois régions soient toutes dans la limite de mes « tailles moyennes )) 
(1665-1674) la stature de leurs habitants se rapproche cependant telle- 
ment de la catégorie des « grandes tailles » que je n'ai pas hésité, vu 
surtout que presque partout en Italie il faut augmenter la taille des 
conscrits de plus d'un centimètre (les chiffres précédents sont donnés 
sans augmentation pour Lucques et Udine comme provenant des incor 
pores (2), et avec augmentation de 1 centimètre pour Castelnuovo comme 
provenant des appelés), que je n*hésite pas de les forcer un peu et de 
teindre de la couleur plus foncée, correspondant à la taille de 1676 milli- 
mètres, les trois régions territoriales en question, ce qui fait mieux 
ressortir ces centres de taille relativement élevée de Tltalie. 

Si au lieu de représenter par teintes différentes les tailles de 25 milli- 
mètres à 25 millimètres comme je le fais, on reportait les teintes de 
10 millimètres à 10 millimètres on verrait comment graduellement, en 
ondes harmonieuses, la taille diminue partant du centre d'Oudine, en 
se répendant dans la Vénétie (l^* onde : Trévise 1665 millimètres, 
Belluno 1667, Vicence 1671; 2« onde : Venise 1661 millimètres, 
Padoue 1664, Rovigo 1652 et Vérone 1663) ; et puis, en Emilie (3* onde), 
où la taille se maintient partout entre 1650 et 1658 millimètres, sauf 
trois îlots isolés, notamment Tarrond. de Borgo-San-ï)onnino (prov. 
de Parme) 1644 millimètres à l'ouest, et ceux de Vergato (prov. de 
Bologne) 1645 millimètres et de Pavullo (prov. de Modène) 1645 milli- 
mètres, au Sud. 

Cette troisième onde se répand dans la Lombardie orientale pour se 
briser en§n contre les îlots des (( petites tailles » de la vallée de Po (3). 

(1) La région Vénôtienne est la seule pour laquelle M. Livi n'a pu donner, pour 
la taille des appelés, aussi bien que pour celle des incorporés, que les chiffres 
moyens par « province » et pas par « circondarii » par suite de la façon spéciale 
d'opérer des bureaux de recrutement. 

(2) En faisant l'augmentation de 1 centimètre pour les appelés on a le chiffre 
suivant : Oudine, 1667 millimètres; Lucques, 1670 millimètres. 

(3} Ces îlots sont les suivants : !• le circondario de Salo (1644 mm.) près du lac 
de Garde, adjacent à la zone de petites tailles du Tyrol italianisant; 2» les circon- 
darii de Chiari (province de Brescia) 1641 millimètres, de Crema (province de 
Crémone) 1643 millimètres, Treviglio (province de Bergame) 1643 millimètres, de 
Lodi (province de Milan), 1644 millimètres et de Pavie (province de Pavie), 
1642 millimètres, qui forment un groupe compact au point de rencontre de cinq 



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30 ASSOCIATION FRANÇAISB POUR t' AVANCEMENT DES SCIENCES 

Mais le flot contourne ces îlots pour pénétrer dans le Piémont qui, lui, 
est peuplé de <( petites tailles » dans sa plus grande partie (1636 à 1649 
millimètres) et se rattache à la région de petites statures de la Savoie, 
des Hautes-Alpes et du Nord des Basses-Alpes. On y trouve même un 
circondario (Aoste) de très petite taille (1623 millimètres) et qui, chose 
à noter, est peuplé en majorité par les « Valdesi » parlant français et 
probablement apparenté aux populations de nos départements limi- 
tfopheâ. 

^ Quant au second centre de dispersion des tailles relativement élevées, 
celui de Lucques-Gastelnuovo, il est facile à se convaincre, qu'il en 
part une zone de tailles moyennes le long de la Méditerranée, dans 
deux directions : au Nord jusqu'à la frontière de la France où cette 
zone se soude à une zone similaire qui longe toute notre côte Méditerra- 
néenne et se prolonge même en Espagne; au Sud, jusqu'à la vallée du 
Tibre. .Dans cette dernière direction la zone littorale s'amincit consi- 
dérablement, et si encore les provinces de Pise (1656 millimètres) et 
de Libourne, avec Tîle d'Elbe (1957 millimètres) y appartiennent en 
entier, dans les provinces plus au Sud, ce ne sont que les cantons 
littoraux qui peuvent être comptés parmi les (( tailles moyennes ». En 
effet la prov. de Grossato et les arrondissements littoraux de la prov. 
de Latium offrent en bloc une population de taille assez basses, 
quoique encore rapprochée de la « taille moyenne » (Grosseto 1644 milli- 
mètres, Civita-Vechia 1646 millimètres, Rome 1647 millimètres) ; mais 
si Ton y considère la taille par cantons (mandamenti) on voit d'assez 
grandes différences entre les cantons de la côte et ceux de Tintérieur. 
Je n'ai pas, il est vrai, de chiffres pour la moyenne de la taille par 
cantons, mais l'excellent ouvrage de Livi (1, et Atlas) fournit les 
données sur le nombre de « grandes tailles » (au-dessus de 1 m. 70) et 
de (( petites tailles » (au-dessous de 1 m. 60) pour chaque canton ce qui 
permet de les classer dans telle ou telle de mes catégories de taillés. 
Ainsi dans la province de Grosseto, les cinq cantons • maritimes 
comptent 17,5 pour cent de hautes tailles et 14 pour cent Se petites, 
tandis que la proportion est presque exactement renversée dans les 
cantons de l'intérieur où lesjchiffres correspondants sont : 15,4 et 18,4. 
Dans l'arrondissement deCivlta-Vecchia, la chose est moins évidente ; 
il y a là mélange de deux populations ; les deux cantons du Nord 
(Corneto et Tolfo) ont en moyenne 14,8 p. c. de grands et 18,1 p, c. 
de petits, tandis que le canton du Sud (Givita-Vecchia) offre une pro- 

provinoes différentes; enfin, 3" de l'îlot formé par le circondario de Bobbio (pro- 
vince de Pavie) 1644 millimètres, qui se rattache plutôt à la partie du massif 
des petites tailles du Piémont entamé par la vague des « tailles moyennes » 
venue de la Lombardie. 



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J. DBNIKBR. ~ LBS RAGES DE L' EUROPE. — LA' TAILLE EN EUROPE 31 

portion renversée : 20,9 et 14,3 p. c. Mais dans Tarrondissement de 
Rome, le tableau reparaît; les cantons littoraux (Rome et Albano) 
offrent la poprortion de (( grands » (21,9 et 28,2) beaucoup plus forte 
que celle des autres cantons, situés dans les terres (de 8,5 à 20) et une 
proportion de petits beaucoup plus faible (13,2) que dans l'ensemble 
des cantons terriens (18 en moyenne). Dans l'arrondissement suivant, 
celui de Velletri, il n'y a presque plus de différence dans la proportion 
de hautes et de petites tailles entre les cantons de la côte et ceux de 
l'intérieur. 

Je me crois donc autorisé, d'après l'examen de ces chiffres à teindre 
sor ma carte en couleur bleue représentant les « tailles moyennes » les 
cantons littoraux de la province de Grosseto et de l'arrondissement de 
Rome, ainsi que l'un des cantons littoraux de l'arrondissement de 
Givita-Vecchia, laissant en rouge (petites tailles) tout le reste des deux 
provinces, Grosseto et Latium. 

La région des tailles élevées se propage aussi de Lucques et de Pise 
dans les arrondissements adjacents des provinces de Florence et de 
Sienne, ainsi que dans la province d'Arezzo (1651 millimètres), tandis 
que l'arrondissement méridional de Sienne (Montepreliano, 1642 milli- 
mètres) se rattache au bloc des « petites tailles » de l'Italie centrale. 
L'arrondissement le plus oriental du départ, de Florence (Rocca San 
Casciano, 1644 millimètres) forme, avec l'arrondissement de Forli, du 
départem. du même nom (1648 ?), un îlot de petites tailles qui sépare les 
dolichocéphales de taille moyenne du littoral méditerranéen et de la 
Toscane des brachycephales de taille moyenne du littoral Adriatique. 
Ces derniers peuplent la partie maritime des provinces de Forli, de 
Pesaro etd'Ancona (1). 

Passons maintenante la région de basses tailles, au Sud de la ligne 
fictive Ancona-Elbe. 

Au lieu de suivre seulement le versant oriental des Appenins comme 
on l'observe dans la région précédente, la zone de basses tailles s'étale 
sur toute la péninsule et il n'y a même pas de partie tant soit peu 
notable d'un seul circondario occupée par les hautes tailles. 

Sur ce fond unique se dessine cependant une zone assez nette de 
« très petites tailles » qui commence par l'arrondissement de Teramo 
(1621 millimètres) dans la province de même nom et se continue presque 
sans interruption d'abord sur le versant oriental des Appenins puis, 
couvrent ces montagnes et l'étroite bande littorale en entier, jusqu'à 

(1) Par leurs tailles moyennes les provinces de Pesaro (1643 mm.) et d'Ancona 
(1644 mm.) rentrent dans les petites tailles, mais les cantons maritimes y accusent 
une telle proportion de grandes tailles (de 17 à 23 p. c.) que je me vois obligé de 
reporter ces cantons dans la zone des tailles moyennes. 



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32 ASSOCIATIOM FltANÇAISE POUR L* AVANCEMENT DBS SCIENCES 

l'extrémité ou la pointe de la « botte ». La petitesse de la taille atteint 
son point culminant dans Tarrond. de Melû (1599 millimètres) dans la 
Basilicate. 

Cette zone envoie des prolongements sur la côte Adriatique qui 
couvrent l'arrond. de S. Severo (prov. de Foggia, 1620 millimètres) et 
celui de Bari. On remarquera que ces deux arrondissements sont aussi 
montagneux, le premier se terminant par le promontoire de Gargano, 
le second formant la partie la plus élevée des collines de la Fouille. Le 
fait que l'on trouve, au Sud comme au Nord de la ligne conventionnelle, 
les tailles les plus basses dans les régions montagneuses a 'conduit 
M. Livi à une étude spéciale sur la taille par canton en rapport avec 
l'altitude du chef lieu du canton (I. c. 1, p. 39). Il s'en suit que, sauf 
quelques exceptions dans le Piémont et la Sardaigne, la taille va en 
diminuant tandis que l'altitude augmente, et cela pour toute Tltalie. Il 
y a donc là une influence du milieu, quoique la race joue toujours un 
rôle prépondérant. 

Le fait que dans le Nord de l'Italie la taille diminue surtout dans les 
arrondissements situés sur le versant oriental des Appenins, tandis que 
dans le Sud elle diminue sur les deux versants, est resté sans mention 
dans l'ouvrage de Livi. Cependant, associé avec cet autre fait que les 
arrondissements de petites tailles fournissent presque toujours des 
brachycephales dans le Nord de l'Italie, mérite d'arrêter notre atten- 
tion. Il est fort probable qu'on est là en présence de la race Occidentale 
dans le Piémont et sur le versant Nord et Est des Appenins, tandis 
que le versant Sud et Ouest de cette chaîne est occupé par la race 
Atlanto-Méditerranéenne (taille moyenne mésocéphalie) répandue sur 
le littoral ligure et se prolongeant en Toscane, etc. D'autre part la 
race Adriatique (grande et brachycephale), si nettement représentée 
dans le Vénétien, vient s'éteindre aux pieds des Appenins : elle 
n^occupe qu'une lisière de la côte Adriatique et disparaît entièrement 
passé Ancone. Enfin le Sud de l'Italie, surtout la Basilicate et la 
Calabre, pays fort accidentés de montagnes, abritent à toutes les 
altitudes la même race Ibero-Insulaire (petite et dolichocéphale), 
qu'on rencontre dans l'Espagne et dans les Iles de la Méditerranée, 
auxquelles je passe maintenant. Mais avant, deux mots des colonies de 
peuples qui continuent encore, en Italie, à parler leur langue originaire. 

Les (( Vaudois » francophones de Pinerolo (Piémont) sont plus 
petits (12 p. c. de grands contre 18,6 p. c. de petits) que les italophones 
de ce même circondario (18,6 p. c. de grands contre 15,9 de petits), 
dont la taille est cependant petite. 

Les germanophones des sept communes (prov. de Vicence, man- 
dement d'Ariago) sont de haute stature et se distinguent par ce cârac- 



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■ «t '■^■.•'* ; 



J. DENIKBR. — LES RACES DE L* EUROPE. — LA TAILLE EN EUROPE 33 

tère des Vénétiens qui les entourent qui sont cependant d'une taille 
élevée. La proportion de « grands » chez eux (41,1 p. c.) n*est égalée 
dans toute l'Italie que par le canton de Torcento (41,3) dans le Vénétien, 
tandis que la proportion de « petits » (4,9) ne descend aussi bas que 
dans un seul canton, celui Ampezzo (4,3), également en Vénétie. 

Livi ne donne pas de renseignements spéciaux sur la taille des habi- 
tants germanophones des treize communes (dans le mandement de 
Grezzano, province de Vérone). 

Les ^laves, encore assez nombreux dans les Abruzzes (surtout dans 
le circondario de Larino) ne paraissetit guère différer par leur taille, 
comme par les autres caractères d'ailleurs (voy. Deniker (899), p. 30 
et Livi, II, p. 163) de leurs voisins les Italiens de cette province et 
cependant ils ont pour ancêtres des Dalmatiens, très grands. 

Les colonies grecques de Fouille, dans les arrondissements de Lecce 
et de Gallipoli, n'ont pas été étudiées séparément pour la stature par 
Livi. Cependant elles ne restent peut être pas étrangères à l'élévation 
de la taille dans ces arrondissements. 

Quant aux Albanais (de la subdivision des Tosques), si nombreux 
dans la terre d'Otrante (circondarii de Lecce et de Taranto), dans la 
Basilicate (cir. Melfi, Potenza et Lagonegro) et en Calabres (dans tous 
les cantons sauf un), leur taille égale celle des populations avoisinantes 
dans les deux premières provinces et est un peu plus élevée dans la 
troisième (voy. Livi II, p. 174). Les Albanais de Sicile, dit Livi (1. c. 
p. 175) sont plus grands que les Siciliens de Corleone (1619) et plus 
petits que les Palermitains (1648 millimètres) ; leur taille serait donc 
approximativement de 1634 millimètres. 

Pour les Italiens de la Suisse et de l'Autriche avec les Frioulans 
(voy. p. 37 et 97). 



Iles de la Méditerranée Occidentale 

(Baléares, Corse, Sardaigne, Sicile,) 

Les Iles Méditerranéennes, sauf les Baléares, abritent une popula- 
tion de petite taille, et peuvent être classées ainsi qu'il suit : Corse 
(taille moyenne 1643 millimètres), Sicile (1635 mm.), Sardaigne 
(1619 millimètres). Par contre, la petite île de Pantelleria, située 
presque à égale distance de Sicile et de la Tunisie, abrite une popu- 
lation de taille assez élevée . 

La taille moyenne des incorporés de la Sardaigne est de 1619 milli- 
mètres, comme je l'ai dit plus haut; celle des conscrits, majorée de 
2 unités, est de 1611 ou 1613, suivant les années. Si l'on considère la 

3 



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34 ASSOCIATION FRANÇAISB POUR L'avANGBMBNT DBS SGIBNCB8 

répartition de la taille par arrondissements (cirôondarii), on est frappé 
d'une certaine uniformité ; sauf l'arrondissement de Tempia Paiisania 
dans le Nord, dont la moyenne est de 1645 millimètres, et qui contient 
pas mal d'immigrés, dans tout le reste de Tile la population est de très 
petite taillé, variant de 1605 à 1619 millimètres suivant les arrondisse- 
ments. L'on y trouve même un arrondissement, celui de Lanusei, sur 
la côte Est, où la taille moyenne descend jusqu'à 1579 mm., chiffre 
le plus faible parmi ceux de toutes les unités territoriales de l'Europe (1). 

A noter aussi, comme le fait Livi, que les arrondissements où la taille 
est la plus petite offrent également l'indice céphalique presque le plus 
bas et la pigmentation la plus foncée, ce qui indique que la race Ibero- 
insulaire s'y est peut-être conservée dans toute sa pureté. Les habi- 
tants de la ville d'Alghero, où l'on parle encore Catalan, ne diffèrent 
pas, au point de vue de la taille, des Sardes de la région avoisinante, 
tandis que leur indice céphalique, presque le plus élevé de toute l'île, les 
rapprocherait des Catalans d'Espagne (voy. Denirer(<999), p. 32). Par 
contre, les habitants de Carloforte ou San Pietro, petite île de la côte 
Sud-Ouest de Sardaigne, descendants des Ligures de l'île Tabarca en 
Tunisie, émigrés en 1737, se distinguent par une stature plus élevée 
(38,6 p. c. de grands, 14,3 p. c. de petits, mais d'après 14 observa- 
tions seulement) ; ils sont aussi moins foncés et ont la tête plus 
arrondie que les Sardes. 

En Sicile, la taille quoique plus élevée qu'en Sardaigne, est encore 
très petite dans toute l'île ; elle augmente un peu sur la côte Est et dans 
la partie occidentale de la côte Nord, où l'élévation est due surtout à la 
présence des grandes ville^. La taille est au maximum dans les arron- 
dissements de Palerme (1648 millimètres) et de Trapani (1641 milli- 
mètres). L'un des arrondissements où la taille est au minimum, 
Piazza Armerina (1606 millimètres), se trouve dans la partie orientale 
de la côte Nord. 

Pour les Albanais de la Sicile, voy. p. 33. 

Pour la Corse, nous avons l'excellent travail du 'D' Jaubert (896), 
résumant tous les précédents et donnant la répartition de la taille par 
régions et cantons. La taille moyenne des Corses est de 1648 milli- 
mètres, d'après le tableau de recrutement [(Ely [80]], Par contre, le 
D' Jaubert trouve, après avoir mesuré 17726 appelés des classes 
1873-89, une taille plus basse, 1633 millimètres. La différence est 
assez sensible, 14 millimètres. Le chiffre de Jaubert se rap- 



(1) L'arrondissement du continent qui vient après est celui de Melfl (Basili- 
cate); la taille moyeitne y est de 2 centimètres plus élevée que dans le Lanusei. 



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J. DBNIKBR. — LES RACES DB L* EUROPE. — LA TAILLE EN EUROPE 35 

proche de la taille médiane (1626 millimètres) que donne J. Bbrtillon 
(885), Cette taille ne paraît pas s'accroître beaucoup avec l'ôge, car 
116 réservistes de 26 ans, mesurés par Jaubert ont donné la moyenne 
de 1647 millimètres, supérieure d'un centimètre à celle (1637) que ces 
mômes individus avaient à 21 ans. De même, les 88 dispensés de la 
classe 1881, remesurés en 1891, ont donné à Jaubert, comme taille 
moyenne : au moment de la conscription 1627 millimètres, et 10 ans 
plus tard 1639; de 20 à 30 ans, leur taille s'est élevée de 12 millimètres 
seulement. Si je cite en détail ces chiffres, c'est parce qu'ils confirment 
pleinement ma règle, de n'ajouter qu'un centimètre à la taille des indi- 
vidus de 20 ans non sélectionnés. 

La taille moyenne varie peu d'une région à l'autre de l'île. Elle 
atteint son maximum (1636 millimètres) dans la 8® région de Jaubert, 
comprenant Ajaccio et les cantons avoisinants où certainement il y a le 
plus d'éléments étrangers. La Bologne (Galvi et côte Nord-Ouest) la suit 
de très près (1635,8). Le minimum de la taille (1626 millimètres) s'ob- 
serve dans la 3* région, c'est-à-dire sur la côte Est (de Borgo à Pru- 
nelli). La différence est juste d'un centimètre "et tous les arrondisse- 
ments et régions se trouvent dans la limite des petites tailles, ce qui 
explique l'uniformité de la teinte sur ma carte. Toutefois, il existe une 
région de l'île qui mérite d'être examinée à part et sur laquelle j'attirai 
Inattention encore en 1899, à propos de l'indice céphalique. Je veux 
parier du plateau de Niolo, que je dénommai alors «la véritable citadelle 
de la raœ corse », tout en regrettant d'avoir fort peu de renseigne- 
ments au sujet de ses habitants. 

Mon appel fut entendu, et des travaux spéciaux ont été faits dans 
cette région. M, Bloch (912) a signalé à nouveau, d'après Jaubert, 
l'existence des individus de type blond en Corse et la discussion qui a 
suivi sa communication à la Société d'anthropologie a provoqué le 
travail de M . Mahoudeau (906), comme ma phrase de 1899 a servi de 
point de départ, d'épigraphe, suivant l'expression de l'auteur même, au 
mémoire du D' Girard (905). 

Voyons maintenant quelle est la taille du Niolins. Pour le canton de 
Galacuccia, qui coïncide presque exactement avec la région de Niolo, 
Jaubert donne la sériation des tailles de 295 sujets, d'après laquelle je 
trouve la taille moyenne de 1639 millimètres, la médiane de 1635 et la 
normale ou la plus fréquente de 1 m. 66 (1). 

M. Girard trouve au contraire, sur 25 sujets mesurés, une taille 

(1) Le contrefort ouest du plateau situé dans l'arrondissement d' Ajaccio corres- 
pond à peu près au canton de Evisa qui me donne, d'après les 279 sujets mesurés 
de la série Jaubert, la moyenne de 1637 millimètres, supérieure de 4 millimètres 
à la moyenne du canton voisin, celui de Soccia. 



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36 ASSOCIATION FRANÇAISE POUR L' AVANCEMENT DES SCIENCES 

beaucoup plus élevée, 1662 millimètres (avec deux maxima de fré- 
quence à 1 m. 63 et à 1 m. 68) et je calcule d'après ses chiffres la 
médiane = 1655 millimètres. Quant à M. Mahoudeau,- il ne donne pas 
de moyennes, mais seulement la séria tion de tailles prises sur 60 habi- 
tants de Niolo et sur 33 habitants des versants Ouest et Est de ce pla- 
teau. D'après mes calculs, les chiffres de cet auteur donnent le résultat 
suivant : Taille moyenne des 60 montagnards de Niolo, 1654 milli- 
mètres; leur taille médiane 1665 millimètres; taille moyenne des 
33 habitants des contreforts du plateau, 1650 millimètres, et la médiane 
1655 millimètres. Les 93 sujets réunis donnent la taille moyenne de 
1653 millimètres et une médiane de 1665 millimètres. La taille 
moyenne de 154 habitants des autres régions de la Corse mesurés par 
Mahoudeau serait, calculée de la même façon, de 1630 millimètres 
(chiffre voisin de celui de Jaubert, 1636 millimètres). En joignant à ces 
93 sujets les 25 mesurés par Girard, je trouve pour 118 sujets la taille 
moyenne 1660 millimètres, et la médiane 1660 millimètres également. 
Ce chiffre est de 2 centimètres supérieur à celui de Jaubert. Réuni à 
ce dernier il offre, d'après 413 sujets, une moyenne de 1646 millimètres, 
c'est-à-dire supérieure de 1 centimètre à celle des Corses d'Ajaccio où 
nous avons vu la taille la plus élevée de toutes les régions de Tile. 

En excluant les 33 sujets des contreforts, on obtient une série de 380 
sujets^ presque exclusivement des Niolais, qui donne la taille moyenne 
de 1646 millimètres, identique à la précédente. 

En somme le chiffre de 1646 millimètres plus élevé que celui de 
Tarrondîssement où est situé Niolo (1632), ne permet pas de consi- 
dérer, comme le veulent Mahoudeau et Girard ; la population de Niolo 
comme (( grande », tout au plus peut-on la considérer comme petite, 
mais se rapprochant des (( moyennes tailles ». D'ailleurs la proportion 
des (( grands » (au-dessus de 1 m. 70) varie suivant les séries : Mahou- 
deau donne 40 p. c, Girard 20 p. c. et Jaubert 13 p. c. seulement; 

inversement le nombre des petits est respectivement de 15,16. et 
23 p. c.(l). 

La population des Baléares aurait la taille moyenne de 1678 milli- 

(1) Dans mon travail sur l'indice céphaliqufe en Europe [899] p. 31, je donne 
l'indice céphalique de Niolo (73,3) d'après une moyenne insuflûsante de 6 sujets 
mesurés par Fallot ; Mahoudeau en a mesuré 60 et je calcule, d'après sa séria- 
tion, l'indice céphalique de 74,8; Jaubert en a mesuré 20 et a trouvé un indice 
céphalique un peu plus élevé (75,5), tandis que Gérard donne un indice encore 
plus élevé (76,1), d'après les mesures de 25 sujets. Avec les 5 sujets précédents, 
la moyenne de 115 serait de 75,2. Il y aurait donc là un îlot de population de 
taille presque moyenne et hyper-dolicocéphale et de plus du type « châtain clair » 
avec des yeux gris-bleuâtres (Jaubert 1. c. p. 87). Tous ces traits la distinguent 
des autres Corses, petits et dolicocéphales (i. c. moyen de 1129 sujets de Fallot, 
Jaubert, Mahoudeau et Collignon : 76,6) et très bruns. 



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J. DBNIKBR. — LES RACES DE l' EUROPE. — LA TAILLE EN EUROPE 37 

mètres, d'après 23 sujets mesurés par Oloriz (896), et de 1626 milli- 
mètres d'après les 13 sujets que citent Aranzadi et Hoyos [894, Nach- 
trag); mais comme le chiffre de ces derniers doit être augmenté de 
2 centimètres environ pour être comparable, la moyenne des deux 
observations pour 36 sujets ressort à 1667 millimètres. Apparentés aux 
Catalans au point de vue linguistique, ces insulaires ont presque la 
même taille que ces derniers (environ 1666 millimètres) et se distin- 
guent nettement des habitants des trois grandes îles de la Méditer- 
ranée occidentale qui, d'ailleurs, sont aussi dolicocéphales. Ceci nous 
porte à croire que les insulaires des Baléares, surtout ceux de 
Majorque qui sont presque sous dolicocéphales (i. c. 77,9), appartien- 
nent probablement à la race atlanto-méditerranéenne, tandis que ceux 
des trois grandes îles ont une forte dose de sang ibero-insulaire dans 
leurs veines. 



Suisse 

Les rapports du recrutement suisse contiennent les donùées sur la 
taille : 1** des hommes de la classe ayant 19 ans et demi; 2® des classes 
antérieures, âgés de 20 à 23 ans, c'est-à-dire ceux qu'or» appelle en 
France les ajournés. 

De plus, ils fournissent les mesures de la taille de tous les conscrits, 
depuis les nains de 1 m. 16, et même moins, jusqu'aux géants de 
1 m. 90 et plus. La taille moyenne du recrutement de chaque année, 
est donc inférieure à la taille moyenne de la population adulte de tout 
ce dont sont capables de grandir les jeunes gens de 19 ans et demi 
(formant les deux tiers des recrues), et les gens de 20 ans et demi à 
23 ans et demi, pour atteindre la taille définitive. L'accroissement des 
individus de 19 ans et demi, peut être établi approximativement, en 
prenant la différence entre leur taille et celle des ajournés qui forment 
déjà un groupe sélectionné (1), et ont une taille moyenne à peu près 
identique à celle de la population adulte totale sinon supérieure 
(voy. p. 4). J'ai calculé cette différence pour la population italienne 
des deux cantons. Grisons et Tessin, d'après les chiffres du mémoire 
deFRŒLiCH,et je trouve ce qui suit pour le recrutement de l'année 1892. 



(1) En effet, il ne comprend que les sujets dont la taille n'est que légèrement 
inférieure à la ^limite réglementaire : 1 m. 56 (Instruction^ 888) ; en sont 
exclus tous les sujets que l'on suppose ne pas pouvoir atteindre à 24 ans, la 
taille de 1 m. 54, limite légale pour le classement dans le service auxilliaire 
(musiciens, ouvriers, scribes, etc.). 



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38 



ASSOCIATION PRANÇAISE POUR L'AYANCBMENT DBS SCIBNCES 



RÉGIONS 




AGES DES SUJETS 




DirrÉRRNOR 


19 1/2 


20 1/2 À 23 1/2 




noDiDro 


Taille ei M. 


Niiibre 


TaUleeiBii 




Districts de la division 












de Sopraceneri 


242 


1.617 


128 


1.627 


10 


(LeTCDUie, Biessio, BelIlBUU, Rivlrra) 












Districts de la division 












de Sottoceneri 


380 


1.626 


207 


1.648 


22 


(UftM et Neidrisio) 












Totalité du canton de 












Tessin, 


622 
415 


1.622 
1.631 


335 
35 


1.638 
1.651 


16 
20 


Districts italiens des Grisons.. 


(BerniBt, Noësa et le S.-O. de Naloia) 

Moyenne générale. . 

• 












667 


1.623W 


370 


1.639(*) 


16 



On voit donc que la différence est d'environ un centimètre et demi, 
c'est-à-dire la môme qu'avait calculé jadis Quetelet, entre la taille de 
l'homme adulte et l'adolescent de 19 ans (2). 

En supposant, que les sujets de 20 ans et demi à 24 ans et demi 
n'augmentent pas par convention de la p. 4, et sachant qu'ils forment 
un peu plus du tiers du contingent, on arrive à ce résultat que pour 
avoir la taille des adultes, il faut augmenter de 1 centimètre la taille 
moyenne de tous les conscrits. 

En admettant que ce calcul puisse s'appliquer à toute la Suisse, où 
la taille moyenne ne varie pas beaucoup de canton à canton, et se 
maintient au voisinage des chiffres que je viens de citer pour Grisons, 
j'ajouterai 1 centimètre, aux tailles moyennes, par canton et par 
district, que me fournissent les résultats proportionnels de la visite 



(1) M. Frœlich donne les chiffres 1626 et 1645 millimètres, mais c'est parce 
qu'il additionne les moyennes des Tessinois et des Grisons, et divise la somme 
par deux, tandis que je multiplie chacune des moyennes par le nombre des sujets 
mesurés, puis je divise la somme de ces produits par la somme des sujets 
mesurés. 

(2) D'après Lorenz {895), la différence serait plus grande : 3 centimètres, mais 
il ne faut pas oublier que cet observateur n'a opéfé que sur 30 individus seule- 
ment et parmi ceux-là, il s'est trouvé par hasard un sujet exceptionnel qui a 
grandi de 10 centimètres en deux ans. Si l'on exclut ce sujet, la différence tombe 
h 2 centimètres. D'ailleurs, 20 sujets sur 30 n'ont augmenté en moyenne que 
de 1 centimètre. 



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J. DBNIRBR. — LES RAGES DE l' EUROPE. — LA TAILLE EN EUROPE 39 

sanitaire des recrues 1884-91, réunis dans le tableau 9, page 32 
des RÉSULTATS [(livraison 96 (891)], 

J'ajouterai à ces derniers, quelques renseignaments que j'ai pu 
trouver chez Bedot («995-99) etPiTTARD (906), sur les cantons de Vaud; 
chez LoRENZ (895), sur le canton des Grisons; chez Frœlich (893), 
sur les Suisses italiens des Grisons et de Tessin; et chez 
DuMONT (867-68), sur les cantons de Vaud et de Fribourg. Le travail 
de Chalumeau (896), basé sur l'étude du nombre de « grands » 
(au-dessus de 1 m. 70) et de «petits» (au-dessous de 1 m. 56) par 
district pour toute la Suisse, m'avaient fourni également de très utiles 
points de comparaison et me servira pour contrôler les combinaisons 
déduites des moyennes. 

La taille moyenne des conscrits suisses, en général, est de 
1633 millimètres, pour la période 1878-79, et leur taille la plus 
fréquente est de 1650 millimètres (nombre de mesurés : 31.700). Elle 
est de 1635 millimètres pour la période de 1865-68, ainsi que pour celle 
de 1890-91. On peut donc accepter en augmentant d'une unité ces 
données (voyez plus haut) le chiffre de 1.645 millimètres, comme 
taille moyenne des Suisses en général, ce qui les place sur la même 
ligne que les Italiens. 

Si Ton fait la distinction d'après les langues parlées, on voit (toujours 
en augmentant d'un centimètre le chiffre» des conscrits) d'après le 
recrutement de 1878-79, étudié plus spécialement par Kummer 
(voyez Résultats), que les 31.707 sujets des communes de langue 
allemande, ont la taille moyenne de 1639 millimètres, tandis que les 
9.456 sujets des communes de langue française, ont la taille moyenne 
de 1656 millimètres. 

Les 364 sujets des communes de langue romanche se rapprochent de 
ces derniers ; ils ont la taille de 1.653 millimètres (1), tandis que les 
1.532 sujets de langue italienne occupent une place intermédiaire entre 
les Allemands et les Français, avec une taille moyenne de 1645 milli- 
mètres (2). La seriation confirme ce résultat. 

(1) D'après le recrutement de 1884-91, la population purement romanche et 
catholique du Vorder-Rhein (Haut-Rhin), a la taille de 1637 millimètres, tandis 
que celle de Maloja, formée de Suisses romanches, italiens et allemands, en 
majorité protestants, a la taille moyenne de 1679 millimètres (et même de 
1.681 millimètres, d'après Frœlich}. Les districts mixtes allemand-romanches 
du reste du canton donnent les chiffres [variant de |1635 à 1673 millimètres, et 
presque toujours plus hauts dans les districts protestants, que dans les districts 
mixtes protestants-catholiques. 

(2) Frœlich a trouvé le chiffre un peu inférieur (1641 mm ) pour les 1037 
Suisses italiens du Tessin et des Grisons ; ces derniers, au nombre de 80 seule- 
ment, donnent la taille moyenne de 1651 millimètres, tandis que les 9.571 
Tessinois mesurent 1640 millimètres, en moyenne» 



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jÛ ASSOCIATION FRANÇAISE POUR l' AVANCEMENT DES SCIENCES 

On peut donc dire que les Suisses français et romanches sont d'une 
taille moyenne, et les Suisses allemands et italiens de petite taille. Ce 
premier groupement se précise si Ton considère la distribution par 
canton. D'après les statistiques globales, embrassant la période 
1884-1891, le canton de Genève offre la taille moyenne la plus élevée 
( L674 millimètres) de la Confédération et le canton d'Appenzel (Rhodes 
Intérieur) la taille la plus basse (1607 millimètres). D'ailleurs, lecanton 
d'Appenzel (les deux Rhodes réunis) est le seul qui présente la taille 
très petite (1609 millimètres) ; tout le reste de la Suisse, sauf les 
cantons de Genève, de Vaud, de Neufçhatel,de Soleure, d'Unterwalden 
et des Grisons, où l'on rencontre la taille moyenne (1650-1675 millimè- 
tres), tombe dans les limites de ce que j'appelle les « petites tailles » 
(1625-1649 millimètres). 

Cette distribution dérange cependant la distribution en bloc suivant 
les langues ; et cela est tout naturel, puisque dans plusieurs cantons 
une partie est habitée par» les francophons et l'autre par les germano- 
phons, etc. Pour cette raison, ainsi que pour pouvoir aller plus loin 
dans l'analyse d'une population de montagnards qui souvent diffère 
d'une vallée à l'autre, j'ai construit la carte de tailles moyennes par 
district. Je l'ai reporté sur ma carte générale en la réduisant à 
réchelle, presque sans simplifications. 

L'analyse de cette carte et sa comparaison avec celle de Chalumeau 
{^96) conduit aux résultats suivants. Sauf quelques îlots, les m tailles 
moyennes » forment trois groupes distincts : dans le Sud-Est, l'Ouest 
et dans le Centre du pays. 

l^' le premier groupe est formé du canton des Grisons sauf quelques 
districts. Toute la région où se parle ou se parlait encore vers 1880 
la langue Romanche (1) se trouve dans cette zone, sauf le district 
do Vorderrhein où la taille est petite (1637 millimètres) et le nombre 
do grands (au-dessus de 1 m. 70 millimètres) n'est que de 18 p. c. ; 
cepetîdant la langue romanche domine dans ce district presque 
il l'exclusion de toute autre. C'est une anomalie qu'il faudra 
expliquer. Dans le district de Maloja la taille est la plus élevée de toute 
la Suisse (1679 millimètres, nombre de grands 37 p. c), mais cette 
élévation ne doit pas être attribuée exclusivement aux Romanches car 
les Suisses italiens de ce district, mesurés par Frœlich, ont une taille 
encore plus élevée, 1680 millimètres, tandis que leurs frères de race des 
autres districts du même canton sont plutôt de taille très petite (voy. 
plus bas). En somme, sauf dans le district du Vorderrhein, les 
romanches sont de taille moyenne et parfois même grande (dans le 

(1) Voyez Berghaus, Physikalischer Atlas (Ethnographie), carte n" 67. 



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J. DENIKER. — LES RACES DE l'bUROPB. — LA TAILLE EN EUROPE 41 

district de Maloja) en quoi ils ressemblent aux Romanches du Tyrol 
ou Ladins (voy. plus bas, p. 97). 

2<* Le deuxième groupe de « tailles moyennes » est constitué par la 
zone de langue française, sauf les districts de Sarine(l), de Broie et de 
Veveyse, et les districts de la rive gauche du Rhône dans la partie 
française du canton de Valais. Autrement dit, ce groupe s'étend sur la 
totalité des cantons suivants : Genève (où la taille moy. est de 
1674 millimètres et le nombre de grands atteint 33 à 35 p. c), 
Vaud, et Neufchatel ; puis sur le Jura Bernois et sur les districts 
dé Gruyère (1653 millimètres) et de Glane dans le canton de Fribourg. 

De plus, ce groupe se prolonge, sans interruption, au-delà de la 
limite linguistique du français : au Nord, dans le district de Laufen 
(canton de Berne), à TEst dans la partie Sud du canton de Soleure 
(1663 millimètres, proportion des grands, 25 p. c.) et dans le district 
d'Erlach (canton où la taille moyenne est de 1657 millimètres et le 
nombre de grands 26 p. c). Le groupe en entier se soude intimement 
au massif des tailles élevées de TEst de la France. 

Les îlots des tailles moyennes que l'on trouve au voisinage de cette 
zone (district de Bôle- Ville, 1671 millimètres et de Berne 1651) peuvent 
s'expliquer par le voisinage des grandes villes ; mais la même explica- 
tion ne peut s'appliquer à l'îlot qui couvre le district de Visp ou Viege 
dans le Valais où la taille moyenne est de 1652 millimètres et le nombre 
de grands, 23 p. c. Il est à remarquer que c'est précisément dans cette 
même région [(voy. Deniker (899)], p. 35) que dominent les hyperbra- 
chycéphales (ind. ceph. 84,9 et 86,6 sur les affluents de gauche du 
Rhône; et dans la vallée même du fleuve : 84,9 sur la rive droite et 86 
sur la rive gauche). Le district italien de Domodossola auquel touche 
cet îlot offre également une taille élevée. Si sa moyenne n'est que de 
1 m. 45, le nombre de « grands » y égale celui de Viege (21 à 23 p. c.) 
et le fait figurer sur ma carte en bleu. La brachycephalie est toutefois 
moins prononcée qu'à Viege (Le. 84-85). 

3<* Un troisième groupe comprenant les « tailles moyennes » est 
formé du canton d'Unterwalden, des districts de Lucerne et de 
Hochdorf (canton de Lucerne), et de la moitié Sud-Ouest du canton de 
Schiwtz (distr. Schwitz, Kussnacht et Gerson) ; il entoure complètement 
le lac des quatre cantons et se trouve au centre géographique de la 



(1) Toutefois la taille moyenne de Sarine (1648 mm.) se rapproche beaucoup de 
la limite des « tailles moyennes » (1650 mm.) et la proportion de grands y est de 
23 p. c, comme dans le district voisin, celui de Glane, où la taille moyenne est 
de 1651 millimètres. 



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42 ASSOaATION FRANÇAISE POUR L* AVANCEMENT DES SOBNCBS 

Suisse. Ce fut aussi, comme on le saitje centre du mouvement de l'indé- 
pendance et le noyau de la Confédération Helvétique elle même. La taille 
y varie depuis 1651 millimètres (district de Lucerne) jusqu'à 1667 milli- 
mètres (Unterwalden-le-Bas ou Nidwalden) se maintenant toujours 
dans les limites des (( moyennes tailles )); le nombre des grands y varie 
de 10 (district de Gerson)à33 p. c. (Unterwalden-le Bas). 

En dehors de ces trois groupes compacts il faut noter les îlots de 
« moyennes tailles » dans le Nord du pays : district de Rheinfelden 
(Argovie),de Schaffhouse (canton de Shafhausen), de Stekborn (Turgo- 
vie), de Winterthour et de Zurich, où la haute taille relative peut 
s'expliquer, soit par la présence des grandes villes (Zurich, Winter- 
thour, Shafhausen), soit par un élément réellement grand dans toute la 
population qui se rattacherait peut-être à celui qu'on remarque en 
Alsace et dans tous les districts de la rive droite du Rhin en Bade, 
ainsi que sur les rives non suisses, du lac de Constance. Par suite 
d'une erreur ces districts sont marqués en violet sur la carte. 

En dehors des groupes et des îlots énumérés plus haut, le reste de la 
Suisse est occupé par des populations de petite taille au milieu 
desquelles on remarque, de ci de là, quelques îlots de très petites tailles 
(de 1600 à 1625) notamment dans l'Est, le canton d'Appenzel (1609 milli- 
mètres) avec les districts adjacents de Neu-Togenbourg (1621 milli- 
mètres) et Gaster (1623 millimètres) appartenant au canton de Saint- 
Gallen, et la partie Nord-Est (district d'Einsiedeln et de March) du 
canton de Schwitz (1621 millimètres), dont le reste, au contraire, a 
une population de haute stature relative (1657 millimètres) (1). 

Un autre îlot important se trouve dans le canton de Berne, à TOuest 
de la rivière Aar au-dessus de la ville de Berne et du lac de Thun 
(districts de : Seffîgen, Schw^arzenburg, Bas-Simmenthal et Frutigen),. 
dont la taille moyenne respective est de 1622, 1610, 1617 et 1604 milli- 
mètres. A noter aussi q uelques districts de très petites tailles dans la Suisse 
italienne : Bernina dans les Grisons (1618 millimètres), Blessio et Bellin- 
zona dans le Tessin. Le reste du pays forme une nappe assez uniforme 



(i\ On manque complètement de renseignements sur la forme céphalique des 
habitants de cette zone de petites tailles. J'ai pu durant mon séjour de deux 
étés consécutifs (1904-1906), dans le canton d'Appenzel et dans le district de Gaster 
faire la constatation, sans prendre des mesures, que la majorité de la population 
est brachycéphale. Une fois surtout le fait m'a frappé : c'était pendant une 
procession religieuse, au village de Rieden, district de Gaster. J'y ai pu 
examiner ô mon aise, placé en face de l'angle que faisait l'enclos de l'église et du 
cimetière, tous les hommes, plus d'une centaine, qui défilaient successivement, 
un à un, tête nue, d'abord me faisant face, puis en contournant l'angle de l'enclos, 
me présentant leur profil. Tous m'ont paru très brachycéphales. 



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J. DENIKER. — LES RACES DE L^BtJRORR. — LA TAILLE BN EUROPE 48 

de petites tailles comprenant : i^ le district romanche de Vorderrhein ; 
2<> la Suisse italienne, sauf quelques districts où l'on trouve la haute 
taille (partie italienne de Maloja) ou la taille moyenne: 1653milli 
mètres dans le district de Mendrisio, tout à fait au Sud du canton de 
Tessin et qui se rattache au massif des hautes statures de la Lombar 
die (voy. plus haut, p. 29), et 1658 millimètres dans le district de Leven- 
tina du môme canton (où la population a donné à Frœlich la iinWa 
moyenne de 1642 millimètres seulement, mais sur un nombre trop faible 
de sujets : 52) ; 3» de la partie française du canton de Valais dont la 
population se rattacha à celle, « très petite » \1623 millimètres), du 
circondario d'Aosta (Italie) où se trouvent les « Valdesi » ou Vaudois 
(p. 30); et enfin 4° de la Suisse allemande, sauf quelques districts mon 
lionnes plus haut parmi les k( moyennes » et les « très petites tailles >s. 
La Suisse allemande est peuplée de « petites tailles » sur un v^^sle 
espace ininterrompu depuis les bords du Rhin, entre Rheinfeldon et 
Dielsdorf, jusqu'à Brigue dans le Valais, du Nord au Sud; et d'Erlorh 
au pays des Romanches, de TOuest à TEst, sans compter les vastes 
champs de « petites tailles » à Schaffhouse et le Nord des Grisons au 
milieu desquels se trouve le noyau de très petites tailles (Appen^el, 
Einsiedeln). 



Alsace-Lorraine 

Je ne me servirai que pour la comparaison, des anciennes données 
de nos statistiques militaires sur les départements de la Moselle, de la 
Meurthe, du Haut et du Bas-Rhin [voy. Bertillon (885)] (1), ain.si 
que de la courte note de Schwalbe (897) relative à quelques centaines 
de mensurations, car ces renseignements, utiles jadis, ont été dépassés 
de beaucoup par l'intéressant travail de Brandt, entrepris sur l'insli 
gation du professeur Schwalbe et ayant pour base les mesures de 
105.561 conscrits de 20 ans, dont 24.361 de la Lorraine et le reste de la 
Haute (39.281) et de la Basse-Alsace (41.919), d'après les listes d^ 
recrutement de 1872-1894. Les descendants des Allemands immigr<^tî, 
fort peu nombreux d'ailleurs, ne figurent que sur les listes de 1891 i^i. 
Dans le résumé de ce travail, qui suit, j'ajoute 1 centimètre à toutes \rs, 
mesures citées, puisqu'elles proviennent de tous les conscrits, à l'exclu- 



(1) On trouvera le résumé de celles de ces données qui concernent l'Alsace dans 
l'article d'HERvÉ {901), 



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_i I 



44 ASSOCIATION FRANÇAISE POUR L'AVANCEMENT DES SCIENCES 

sion seulement des impropres au service, les bossus, les estro- 
piés,- etc. (1). Cette correction faite, voici le tableau général de la 
stature dans le « Reichsland » : 

La taille moyenne en Alsace-Lorraine est de 1666 millimètres. En 
Lorraine et dans la Basse-Alsace elle est de 1670 millimètres; dans la 
Haute-Alsace de 1660 millimètres. Ce dernier chiffre est identique à 
celui trouvé par Schwalbe (897) sur 335 sujets et par Pfitzner (901) 
sur plus de 500 cadavres d*hommes, pour la plupart natifs de la Basse- 
Alsace et surtout de Strasbourg (287 cadavres de femmes lui ont donné 
une moyenne de 1553 millimètres). Le recrutement de 1858 à 1867 
[Ely (874)] donne pour le département de la Moselle la taille moyenne 
de 1665 millimètres. Les chiffres correspondants pour le département de 
la Meurthe étant de 1661 millimètres, on peut dire que la Lorraine 
d*avant l'annexion abritait une population presque de même taille 
(1663 millimètres) qu'aujourd'hui (1668 millimètres). Notons que Colli- 
GNON (883) donne la taille de 1696 millimètres comme moyenne d'une 
faible série de 50 Lorrains. Le département du Bas-Rhin présentait 
avant l'annexion la taille moyenne de 1661 millimètres, inférieure à 
celle qu'offre aujourd'hui la Basse-Alsace; pour le Haut-Rhin, le 
chiffre correspondant est de 1659 millimètres, presque le même qu'au- 
jourd'hui. En reportant sur ma carte, où TAlsace-Lorraine figure à 
une échelle quinze fois environ moindre que celle des cartes de Brandt. 
les indications de cette dernière j'ai dû simplifier les contours des can- 
tons, mais rhomogénité relative de la population est si grande qu^elle 
m'a permis de marquer, en les grossissant un peu, toutes les particu- 
larités de la grande carte de Brandt. 

En jetant un coup d'œil sur ma carte, on s'aperçoit que l'Alsace- 
Lorraine est un pays de hautes tailles (de 1675 à 1699 millimètres). En 
effet, ce n'est que le long de la frontière Ouest de ce pays que Ton 
constate un chapelet de cantons (du Nord au Sud) : Gorze, Château- 
Salins, Schirmeck (avec Saales), Sainte-Marie-aux-Mines (Markirch) 
avec Pontraye (Schnierlach) où la taille descend à 1 m. 67 et à 1 m. 66 

et le cercle (kreis) de Thann avec la partie Ouest du cercle de Gueb- 
villier où elle s'abaisse à 1 m. 65 et même, dans le canton de Thann, 

à 1 m. 64 (minimum pour tout le « Pays de l'Empire »). 



(1) Ammon (99) a tort de dire (p. 78) que les chiffres de Brandt ne sont pas 
comparables aux siens, car cet auteur dit expressément dans son travail (p. 3) 
que les sujets mesurés comprennent entre autres : « les exemptés par défaut de 
taille et classés en conséquence dans la o landsturm » (réserve de la territoriale) 
et les individus classés dans « Tersatzreserve » (réserve de recrutement) pour 
cause de légères infirmités ou pour le défaut de taille) . 



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J. DENIKER. — LES RACES DE l'EUROPE, — LA TAILLE EN EUROPE 45 

Ce chapelet de régions à tailles relativement peu élevées, rentre 
néanmoins dans la catégorie des « tailles moyennes » et se soude au 
bloc compact de ces mêmes tailles qui s'étend en France depuis la 
vallée du Rhône jusqu'aux Ardennes. 

Dans la masse uniforme des tailles de 1 m. 67 à 1 m. 69 qui couvre 
tout le reste de l'Alsace- Lorraine, on distingue cependant trois îlots de 
très hautes tailles (1 m. 70). L'un d*eux se trouve tout à fait au Sud; 
c'est le canton de Ferrette (Pfirt) dans la Haute-Alsace. Les deux 
autres sont placés, au contraire, tout à fait au Nord; ce sont les can- 
tons de Boulay (Bolchen) et de Rohrbach, en Lorraine. Partant de ces 
trois points, les tailles s'abaissent régulièrement dans toutes les direc- 
tions. Au centre du pays, au voisinage de Strasbourg, malgré la 
présence d'une grande ville, la taille est relativement faible (1680 mil- 
limètres) (1). 

La répartition des (( grandes » et « petites taillles » confirme les 
résultats que je viens de résumer. 

En somme, la taille très élevée des Alsaciens-Lorrains est un fait 
positif. De plus, ils sont entourés de trois côtés par les populations de 
« moyennes tailles » : Territoire de Belfort, département des Vosges et 
celui de Meurthe-et-Moselle, du côté de la France; districts de Poren- 
truy, de Delemont et le canton de Bôle du côté de la Suisse ; enfin, 
districts voisins du Rhin du côté du Grand-Duché de Bade. 

Ce n'est qu'au nord que les renseignements nous manquent 
tout à fait, pour le Palatinat et pour le Luxembourg. Toujours est-il 
que TAlsace-Lorraine semble être le noyau, duquel les tailles relative- 
ment élevées rayonnent dans toutes les directions, et il est fort pro- 
bable que le Luxembourg et le Palatinat ont une population de taille 
moyenne (entre 1675 et 1699 millimètres). Je me suis même permis de 
marquer sur ma carte le premier de ces pays d'une teinte correspon- 
dant à cette taille. 



(1) Il faut noter, que contrairement ô la prétendue loi d'Ammon-Lapouge, par- 
tout en Alsace-Lorraine la taille dans les villes est au-dessous ou tout au plus 
égale à celle que l'on constate dans les campagnes environnantes. D'ailleurs, en 
général, M. Brandt n'a pu découvrir en Alsace-Lorraine aucune influence de 
l'altitude, de la constitution géologique du sol, de la richesse, etc., sur la 
taille. En Lorraine, pays pauvre, la taille est plus élevée que dans la Basse- 
Alsace où règne l'abondance relative, etc. Tout au plus signale-t-il une influence 
très limitée des conditions sociales provoquées par l'amoncellement des fabriques 
(comme à Thann), et encore... :1e canton de Munster, aussi plein de fabriques 
que celui de Thann présente au contraire une taille élevée. 



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46 ASSOCIATION FRANÇÂISB POtlK l'aVANGBMBNT DBS SCUBMGSS 



Belgique 

En 1872, VANDSRKimanui avait publié des données sur la taille en 
Belgique, d'après les chilîpta dft l'Annuaire de Statistique, pour les 
contingents de 1842 à 1860. Or, d'affteHouzÉ (887-88), ces chiffres ne 
représentent pas le vrai état de chosas^ otr plusieurs provinces, les 
Flandres notamment, étant au début de celte époque ravagées par les 
épidémies, se trouvaient dans un état de misère tout à {ait exceptionnel. 
Des données plus récentes et plus détaillées ont été fourotes par Titeca, 
d'après les listes de recrutement pour la milice, d'abord de $8!ïïà 1882, 
puis de 1883 à 1885, comprenant ensemble plus de 80.000 ccMiWPite. 
Cette statistique comprend tous les conscrits de la milice, ayant 1^ 
taille de 1 m. 55 et au dessus, plus une fraction de ceux qui ont été 
quand même remis à l'autorité militaire. Cette dernière catégorie, 
comprenant des sujets de 1 m. 40 à 1 m. 54 et susceptibles de grandir 
vite, ne forme qu'une faible portion du contingent : 1,4 p. c. pour 
tout le royaume, avec variations suivant les provinces de 0,3 (Brabant) 
à 2,7 (Namur). 

Cette portion représente moins du tiers du chiffre des exemptés pour 
défaut de taille et rejetés par les conseils de milice avant la remise du 
contingent : 4,6 p. c. pour le royaume, avec variations suivant les 
provinces, de 3 (Namur) à 6,4 p. c. (Limbourg). 

J'emprunte ces derniers chiffres à HouzÉ (888), p. 16 qui les a 
calculés d'après V Annuaire de Statistique du royaume pour la période 
qui correspond à celle des levées des milices de M. Titeca. L'ensemble 
des individus ayant une taille inférieure à 1 m. 55 est de 6 p. c. pour 
tout le royaume et varie suivant les provinces, de 4,18 (Flandre Orien- 
tale) à 7,72 (Limbourg). 

Comme les conscrits belges sont des jeunes gens de 19 ans et demi 
en moyenne, et comme le contingent comprend des sujets de 1 m. 40 à 
1 m. 54 de taille, on serait tenté de majorer les moyennes données par 
Titeca, d'un centimètre. Mais le nombre de ces sujets de taille jexces 
sivement petite est tellement minime (pas même 2 centièmes) qu'il 
ne peut pas influencer sensiblement le résultat final et, quant à l'âge 
des sujets, le contingent est dans les mêmes conditions que celui de la 
Suisse puisqu'il comprend aussi les ajournés des trois années précé- 
dentes et âgés de 20 à 22 ans et demi. 

En conséquence, j'utilise les chiffres de Titeca, tels quels, sans 
augmentation ou réduction. 



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J. DENIKBR. — LES RACES DB L^BOIlOiS. ^ LA. TJJUJK ■§ BanOlK ^ 

Ceci dit, voyons ce qneiioas donnent ces chiffres. La taille moyenne 
des 35.416 conscrits belges, eq général, de la période de 1880-82, est de 
1655 miHimètres. Pour la période de 1880-85, elle est de 1660 milli- 
mètres, soit de 1 centimètre environ plus élevée que celle de la France. 
En consultant les données par provinces, formulées par HouzÉ [SS8 
pour la période de 1880-82, on constate d'abord le fait que la moitié 
nord du royaume, formée de quatre provinces flamandes, offre une 
taille moyenne plus élevée (1661 mm.) que la moitié sud, formée de 
quatre provinces wallonnes (1648 mm.). La province mixte de 
Brabant (2 arrondissements flamands : Louvain et Bruxelles, et 
1 wallon. Nivelles) présente une taille de 1.660 millimètres (1) 
légèrement inférieure à celle des Flamands. 

La proportion de « grands » (au dessus de 1 m. 70), calculée par moi- 
d'après le tableau de HouzÉ (887-88), est également plus forte 
(21,8 p. c.) dans la zone flamande que dans la zone wallonne 
(18,3 p. c); la moyenne générale du royaume étant de 19,6 p. c. Par 
contre ,elle s'abaisse à 16,4 p. c. dans la province mixte de Brabant, où 
cependant, si la théorie d'Ammon-Lapouge était vraie, la taille devrait 
être supérieure à la moyenne, à cause de la présence d'une ville aussi 
importante que Bruxelles. 

Les Flamands seraient donc d'une « taille moyenne » tandis que les 
Wallons seraient de « petite taille » quoique voisine de la moyenne. 

Mais l'écart n'est pas considérable, 13 millimètres, et la différence 
provient surtout de la taille très faible d'une seule province wallonne, 
celle de Hainaut (1640 mm.). L'écart entre la moyenne de cette dernière 
province et celle de la province de Lirobourg où la taille moyenne est 
au maximum, 1666 millimètres, atteint en effet 26 millimètres. HouzÉ 
explique cet abaissement de la taille par les causes sociales (grande 
quantité d'ouvriers de fabrique, de mineurs, etc.). Des trois autres 
provinces wallonnes, deux, Liège et Namur, offrent la taille 
moyenne identique, 1650 millimètres, et celle du Luxembourg, 
*a taille moyenne de 1653 millimètres. D'ailleurs en reportant sur ma 
carte les données d'après les provinces, on voit que toute la Belgique 
se trouve dans les limites des (( moyennes tailles », sauf la province de 
Hainaut qui rentre dans la catégorie des « petites tailles » et est 
colorée en conséquence en rouge pâle. 

(t) C'est le chiffre indiqué dans le mémoire (p. 7) et sur la carte de HouzÉ 
(887-88)] mais ô la page 15 du môme mémoire, je trouve le chiffre 1657. Cette 
contradiction vient de ce que le premier chiffre est la moyenne de la période 
1879-82, donnée par Titeca, période que Houzé n'a pas voulu considérer parce 
qu'elle ne contient pas de chiffres des provinces de Flandre Occidentale et de 
Hainaut pour l'année 1879. 



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JPW^- 



48 ASSOCIATION FRANÇAISE POUR L* AVANCEMENT DES SCIENCES 

La différence entre les deux zones, flamande et wallonne, ne se 
dessine donc pas sur ma carte car elle est bien légère. De même, elle 
ne traduit pas le fait que la taille diminue dans les deux zones, en 
allant de l'Est à l'Ouest (1). 

Cette marche coïncide avec celle de l'accroissement de l'indice cépha- 
lique dans la zone Flamande et de sa diminution dans la zone wallonne 
[ voy. Deniker (899) ] p. 38. 

En somme, au point de vue de la taille, la Belgique se rattache au 
grand bloc de « tailles moyennes » du Nord-Est de la France, mais 
l'indice céphalique et la pigmentation y différencient au moins trois 
races; le centre de l'une de ces races (Nordique) occupe la province de 
Limbourg et d'Anvers; la seconde (Adriatique) a son centre dans la 
province de Luxembourg; et la troisième (Occidentale) dans la 
province de Hainaut. 



Pays-Bas 

En Tabsence de tout travail d'ensemble (2) sur la taille en Hollande 
j'ai dû recourir aux sources mêmes, c'est-à-dire aux feuilles de recrU' 
tement. Par l'intermédiaire de mon ami, le D' H. ten Kate, j'entrais en 
relation avec le général van der Burcht van Lichtenberg, inspecteur 
général de la santé de Tarmée néerlandaise, qui a bien voulu m'en- 
voyer en communication ses rapports au ministre de la guerre 
[892-895] qui ne sont pas mis dans le commerce [voy. Statistisch, etc., 
891'895)]. Ces rapports contiennent, eatre autres, l'indication du 
nombre des conscrits incorporés pour chaque taille, de centimètre en 
centimètre ; j'ai donc pu calculer pour chaque province la taille 
moyenne des conscrits; de plus, d'après les notes manuscrites du géné- 
ral VAN DER Burcht van Lichtenberg (890-894), j'ai pu faire le pour- 
. centage des individus delà taille au-dessus de 1 m. 70 et de ceux qui ont 
été déclarés inaptes au service pour défaut de taille (au-dessous de 
1 m. 55). J'ai fait ces calculs, longs et méticuleux, seulement pour deux 

(1) Toutefois cette diminution n'est pas rigoureuse : dans la zone Flamande, 
les provinces se classent ainsi en allant de l'Est â l'Ouest : Limbourg (1666 mm.), 
Anvers (1660 mm.), Flandre Orientale (1656 mm.), Flandre Occidentale 
(1.663 mm.). 

Il est ô noter que 52 hommes de la commune de Mendonc dans cette dernière 
province, Spécialement étudiés par HouzÉ (896-97)^ offrent une taille moyenne 
de 1 m. 70, avec l'indice céphalique de 80,9, un peu supérieur également à celui 
de la province en général (80,5). 

(2) L'ouvrage de Mayet (902), si intéressant sous d'autres rappoits,ne contient 
qu'une seule mention sur la taille, relative à la province de Zélande. 



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J. DENIKER. — LES RACES DE l' EUROPE. — LA TAILLE EN EUROPE 49 

dernières années 1893 et 1894, m'apercevant qu'il n'y avait pas grande 
différence entre ces deux années et les années 1890-92, pour lesquelles 
j'avais aussi des documents provenant des rapports du D^ Borgerhoff 
MuLDER (890-91) qui m'ont été obligeamment communiqués par le 
général van der Burcht van Lichtenberg. Les résultats de mes calculs 
sont consignés dans les deux tableaux ci-joints. Les chiffres qui y 
figurent, ayant été obtenus sur les conscrits incorporés, je ne leur ai 
fait subir aucune correction, suivant ma règle de conduite (p. 4). 
Voici maintenant ce qui ressort de l'examen attentif de ces deux 
tableaux. 

La taille moyenne des Hollandais, d'après les mesures de 18.205 
conscrits incorporés, est de 1675 millimètres, c'est-à dire qu'ils se 
trouvent parmi les « hautes tailles ». 

Il y a une différence de 4 millimètres en moins entre la taille des 
conscrits de 1894 par rapport à celle des conscrits de 1893, mais il ne 
faudrait pas en conclure que la taille a. la .tendance à s'abaisser en 
Hollande. Au contraire, si Ton consulte V Annuaire statistique (894), 
on voit que le nombre d'individus grands (1 m. 70 et au-dessus) va en 
croissant régulièrement depuis 1870(25 p. c.) jusqu'à 1888 (35 p c), 
puis s'abaisse à 33,9 p. c. en 1889 et se relève ensuite à 35,3 p. c. en 
1893, et à 35,1 p. c. en 1894. De même, le nombre des ajournés ou libérés 
pour.défaut de taille (au-dessous de 1 m. 55) diminue régulièrement de 
9,32 p. c. (en 1870), à 3,62 (en 1892), pour s'élever légèrement en 1893 
(4,1) et en 1894 (3,9). 

En somme, la présence de plus d'un tiers de sujets dépassant 1 m. 70 
indique, comme la moyenne, une population de grande taille. Quant à 
la distribution de la taille par province, elle présente les particula- 
rités suivantes. D'abord les différences extrêmes ne sont pas très con- 
sidérables : de 1657 millimètres (dans le Nordbrabant) à 1691 milli- 
mètres (dans le Frise); l'amplitude de la variation est de 34 milli- 
mètres et ne permet guère de classer les provinces qu'en deux 
groupes : « tailles moyennes » dans le Sud (Zeelande, 1658 millimètres, 
Nordbrabant 1657 millimètres, Limbourg 1668 millimètres) et dans le 
coin Nord-Est du pays (Groningue 1673 mm., Drenthe 1666 mm., teint 
par erreur en bleu foncé sur la carte; grandes tailles dans le reste du 
pays, de 1676 mm. (Hollande-Sud) à 1691 mm. (Frise). 

Si Ton considère la proportion des individus de très grande taille 
(1 m. 70 et au-dessus) on remarque presque la même distribution. Le 
tableau II montre que les provinces se classent à peu près de la 
même façon d*après ce caractère que d'après la taille moyenne : Nord 
brabant, Zeeland, Drenthe et Limbourg sont en tête de la liste, avec 
une proportion de 25 à 29,9 p. c. de très grandes tailles; par contré, 

4 



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50 



ASSOCIATION FRANÇAISE POUR L' AVANCEMENT DES SCIENCES 



I. 



TAILLE MOYENNE DES HOLLANDAIS 



PROVINCES 



Nordbrabant . . 

Zeeland 

Drenthe 

Limbourg 

Groningue 

Overijssel 

Sud-Hollande . 
Nord-Hollande 

Gelderland 

Utrecht 

Frise 

Pays-Bas . . 



ANNÉE 1893 



Nombre 
de sujets 



1.020 

460 

234 

527 

549 

656 

1.685 

1.486 

1.140 

391 

724 



8.862 



Taille 
moyenne 
en mm. 



1.659 
1.667 
1.662 
1.665 
1.682 
1.675 
1.680 
1.680 
1.676 
1.694 
1.684 



1.677 



ANNÉE 1894 



Nombre 
de sujets 



1.058 

493 

, 265 

594 

582 

685 

1.813 

1.547 

1.113 

414 

781 



9.943 



Taille 
moyenne 
en mm. 



1.656 
1.650 
1.670 
1.670 
1.665 
1.674 
1.673 
1.681 
1.687 
1.685 
1.699 



1 673 



LES DRUX 
ANNÉES REUNIES 



Nombre 
di sujets 



2.078 

953 

499 

1.121 

1.131 

1.341 

3.498 

3.033 

2.253 

805 

1.505 



18.205 



Taille 
moyenne 



1.657 
1.658 
1.666 
1.668 
1.673 
1.674 
1.676 
1.681 
1.682 
1.689 
1.691 



1.1675 



Utrecht et Frise sont à la fin, avec le maximum de très grands (42 et 
42,8 p. c), le reste des provinces se groupe un peu autrement que les 
tailles moyennes, mais la différence [n'est sensible que pour les pro- 
vinces de Gelderland et de Groningue qui ont échangé leur place res- 
pective dans les deux tableaux. 

La proportion de très petites tailles est trop minime (de 2,1 à 5.7 p. c, 
et dans une seule province, 7,8 p. c.) pour permettre une conclusion 
quelconque. Aussi les variations suivant les provinces ne concordent- 
elles pas avec celles de très grandes tailles. La répartition des tailles, qui 
vont grosso modo en s'élevant du Sud au Nord, est différente de celle de 
l'indice céphalique qui s'accroît de l'Est à l'Ouest. Voyez à ce sujet 
Deniker (899), p. 41, Ripley (899) et Mayet (90.2). Le rapport entre 
les deux mesures .ne pourra être compris que quand on aura des 
mesures plus nombreuses et par district, aussi bien pour l'indice que 
pour la taille. Comme preuve, je donne ici les mesures de la taille pour 
la province de Zeeland d'après de Man (^^5) en les comparant à l'in- 
dice céphalique. De Man a mesuré 247 hommes et une centaine de 
femmes. Je ne m'occuperai que des mesures des hommes. 



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J. DENIKER. 



LES RACES DE L EUROPE. — LA TAILLE EN EUROPE 



51 



II. — PROPORTION (pour MILLE) DE GRANDS (1™70 ET AUDESSUs) 
ET DE PETITS (aU-DESSOUS DE l'^SÔ) 



PROVINCES 



Norbrabant.. . . 

Zeeland 

Drenthe 

Limbourg 

Overyssel 

Gelderland 

Sud-Hollande.. 
Nord -Hollande 
Groningue.. . 

Utrecht 

Frise 

Pays-Bas . 



ANNÉE 1893 



Nombre 

total 

des sojets 



4.313 
1.903 
1.180 
2.317 
2.658 
4.253 
7.041 
6.143 
2.394 
1.649 
2.919 



36.700 



Grands 



240 
2ÔI 
299 
308 
331 
329 
37 
372 
399 
422 
426 



346 



Petits 



59 
37 
67 
42 
50 
49 
25 
34 
49 
22 
43 



41 



ANNÉE 1894 



Nombre 

tout 

de sNjets 



4.259 
1.856 
1.185 
2.355 
2.362 
4.286 
7.585 
6.505 
2.287 
1.638 
2.883 



37.201 



Grands 



261 
280 
293 
290 
337 
349 
366 
384 
399 
418 
431 



351 



Petits 



55 
30 
89 
39 
49 
42 
27 
37 
38 
21 
33 



LES DEUX 
ANNÉES RÉUNIES 



Petits 



39 



Nombre 

total 

de saie t s 


Grands 
250 


8.572 


3.759 


286 


2.365 


286 


4.662 


296 


5.020 


299. 


8.539 


334 


14.626 


339 


12.648 


368 


4.681 


378 


3.287 


397 


5.802 


420 


73.901 


349 



57 
33 

78 
40 
49 
45 
26 
36 
44 
21 
38 



40 



96 individus de l'île Waicheren, la plus occidentale du delta de 
l'Escaut, ont la taille moyenne de 1684 millimétrés, donc supérieure à 
celle de la province en général ; mais la répartition est inégale selon les 
endroits : la partie Ouest de l'île, peuplée de sous-dolichocéphales 
[ voy. le cartouche de la carte jointe à mon mémoire sur l'indice cépha- 
lique : Deniker (^99)], offre une taille moyenne de 1712 millimètres 
(43 sujets), tandis que dans la partie Est de l'île, peuplée de mésocéphales, 
la taille s'abaisse à 1654 millimètres (53 sujets). Les mésocéphales de la 
partie Nord-Ouest de l'île Sud-Beveland ont cependant la taille de 
1685 millimètres (sur 17 individus seulement I), exactement semblable 
à celle des habitants sous-brachycéphales de l'île Nord-Beveland 
(17 individus également); mais ici le nombre de sujets mesurés est 
insuffisant .pour tirer une conclusion ferme. 

Les 25 habitants sous-brachycéphales de l'Ouest de Tîle Schowen 
ont aussi la taille élevée (1675 millimètres). La stature s'abaisse à 
1656 millimètres dans l'île de Tholen (44 sujets) ; mais dans cette der- 
nière les sous-brachycéphales du centre sont beaucoup plus petits 
(1636 millimètres, d*après 15 sujets) que les sous-dolichocéphales de 



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52 ASSOCIATION FRANÇAISE POUR L'AVANCEMENT DES SCIENCES 

l'Ouest (1678 millimètres, d'après 17 sujets) et de l'Est (1662 milli- 
mètres, d*après 12 sujets). Cette répartition caractéristique est-elle 
exacte? On ne peut l'affirmer vu le petit nombre de sujets mesurés. 
Quant à la terre ferme de Zeeland, la différence est sensible entre 
l'Ouest et l'Est de la province. A l'Ouest (Kadzand), où dominent les 
dolichocéphales, la taille est « moyenne» (1666 millimètres, d'après 

49 sujets) tout en étant plus haute (1689 millimètres, d'après 19 sujets) 
sur la côte Nord-Est que dans Tintérieur et sur la côte Nord-Ouest 
(1652 millimètres, d'après 30 sujets) ; par contre, à l'Est, dans le pays 
d'Axel, où dominent les ultrabrachycéphales, fait exceptionnel en 
Europe septentrionale, la taille est aussi exceptionnellement petite : 
1625 millimètres. J'admets bien que cette moyenne n'est déduite que de 
l'étude de 15 sujets, mais le fait mérite d'être signalé, ne serait-ce que 
pour pfTovoquer de nouvelles recherches. 

Si l'on partage la province de Zeeland avec les îles, comme je l'ai 
fait pour l'indice çéphalique, en deux moitiés : Ouest (îles Welchern 
et Kadzand) et Est (Axel et le reste des îles), on constate que dans la 
première (dolichocéphale) la taille moyenne est de 1678 ^millimètres 
(d'après 145 sujets), tandis que dans la partie Est (brachycéphale) elle 
n'est que de 1654 (d'après 119 sujets). 

Des différences locales que je viens de signaler expliquent l'écart 
que l'on constate pour la province de Zeeland entre les moyennes des 
années 1893 (1667 millimètres) et 1894 (1650 millimètres); cet écart doit 
tenir à ce qu'il y a eu, par hasard, plus de conscrits de la partie Est 
de la province dans la seconde année que dans la première. 

Une autre recherche locale a été faite par Kohlbrugge (904) pour 
l'île Marken et le village de Volendam qui se trouve en face, dans la 
province de Nord-Hollande. Tous les mesurés sont des pêcheurs. Les 

50 hommes de Volendam (1) ont une taille moyenne de 1693 milli- 
mètres, c'est-à dire légèrement supérieure à la moyenne de la province 
(1681 millimètres). 



Grande-Bretagne et Irlande 

Le Royaume-Uni étant le seul pays de l'Europe dont l'armée se 
compose en majorité de mercenaires, recrutés et choisis dans des 
conditions spéciales, surtout par rapport à la taille, il est très difficile 
de comparer ses statistiques de recrutement avec celles des autres 

(1) A Marken 5 hommes seulement ont été mesurés et la taille n'a pas été 
prise . 



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J. DENIKER. — LES RACES DE l' EUROPE. — LA TAILLE EN EUROPE f>Ij 



GROUPES ETHNIQUES 



1.304 Ecossais. 

346 Irlandais 
6.194 Anglais.. 

741 Gallois . . 



TAILLES 
Moyenne La plus fréquente; 



Millimètres 
1.746 
1.726(1) 
1.712 
1.694 



Millimètres 
1.741 
1.715 
1.715 
1.690 



pays. Heureusement nos voisins d'Outre-Manche possèdent lt\s 
résultats d'une enquête anthropologique faite d'abord par Beddoe {S?0), 
puis par le Comité anthropologique de l'Association Britannique pimr 
l'Avancement des sciences qui a travaillé de 1879 à 1882. G*est te 
rapport final de ce Comité [British Association (S8S)], dans lequol 
furent incorporées également toutes les données fournies par Beddnn 
qui me servira de base pour l'exposé qui suit. Je n'aurai qu'à le in>în- 
pléter pour l'Irlande, d'après les statistiques militaires, et pour quelques 
districts d'après les travaux ultérieurs de V Anthropological CQmih'C 
[889 et 900), ainsi que d'après les notes de Gray [895 et 90(f) et 
TocHER [900] sur l'Aberdeenshire, de Lane Fox [877] sur le Surrey, 
de Haddon et Browne [893] et de Browne [895 et 900) pour l'Irlantib. 

Le rapport du Comité anthropologique a pour base les mesures 
d'environ 50.000 sujets; mais pour la taille, le nombre des honiniei^ 
mesurés n'est que de 8.585. Tous ces hommes sont adultes et 
appartiennent aux différentes classes de la société. 

Beddoe a comparé les mesures de ces hommes sains, avec celles t|ii'il 
a prises sur les aliénés, les prisonniers et les soldats. 

Il trouve qu'en général les criminels et les psychopates ont envi mu 
2 centimètres et demi de moins, comme taille, que les normaux 
(Cf. p. 17); mais la répartition géographique des tailles est la même 
pour les deux catégories. 

Le chiffre de 8.585 sujets est certes insufiSsant pour se faire une idet? 
exacte de la taille dans les îles Britanniques; mais c'est déjà une 
première approximation, et les séries partielles (par comté ou grûii[)tî 
des unités) sont toutes, sauf trois, composées de plus de 50 individus, 
nombre qui peut inspirer confiance. Ceci dit, passons à l'examen <\^ 
ces chiffres. 

(1) En y ajoutant les 165 hommes mesurés par Browne et ses collabora te uis 
[899], dont la taille ressort âT748 millimètres on à la taille moyenne des 511 IrJan 
dais : 1734 millimètres. 



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54 ASSOCIATION FRANÇAISE POUR l'AVANCEMENT DES SCIENCES 

La taille moyenne des 8.585 hommes des îles Britanniques, est de 
1720 millimètres; la taille la plus fréquente est de 1715 millimètres. 
Ces deux tailles se répartissent ainsi par groupes ethniques dans l'ordre 
décroissant (voy. le tableau de la p. 53). 

Rappelons -nous à ce propos, que les statistiques américaines 
[voy. GouLD (869)] font ressortir la taille moyenne de 3.476 Ecossais à 
1705 millimètres, celle de 30.557 Irlandais à 1697 millimètres, celle de 
16.196 Anglais à 1692 millimètres et celle de 1.104 Gallois à 1688 milli- 
mètres. Tous ces chiffres sont de 4 à 6 millimètres inférieurs aux précé- 
dents. La comparaison avec la taille des enrôlés dans l'armée (y compris 
les exclus par défaut de taille) donne le même résultat. Si l'on compare 
ces chiffres avec la moyenne des recrues de 23 ans et plus, on trouve 
des différences dans les deux sens. Voici d'ailleurs la taille moyenne de 
ces recrues : 



GROUPES 
ETHNIQUES 


D'après 

le Final Report 

page 17 

Nombre de 

sujets inconnus 


D'après Beddoe (871) 
page 144 


MOYENNE 

des 

deux précédents 


Nombre de soieU 


Taille noyenne 


Ecossais 

Irlandais 

Anglais 


Millimètres 
1.729 
1.729 
1.720 


659 
1.517 

2.068 


Millimètres 
1.713 
1.709 
1.702 


Millimètres 
1.721 
1.719 
1.711 



En somme on peut adopter en moyenne, entre ces quatre données, 
les chiffres suivants : 



m. 



l- i 



Ecossais de 1705 à 1746 mm., en moyenne 1725 mm. 

Irlandais 1697 à 1729 — (1) — 1713 — 

Anglais 1692 à 1720 — - 1706 — 

Gallois 1688 à 1694 — — 1691 — 

Gomme Ton voit, malgré les légères différences, la succession reste 
toujours la même : les Ecossais sont toujours en tête de la liste, avec 
la taille qui est le maximum pour toute l'Europe; puis viennent les 
Irlandais, les Anglais, et, à la fin de la liste, les habitants du pôwys de 
Galles, qui sont les plus petits relativement, car au fond ils sont de 
grande taille et paraissent petits à côté des Anglais et des Irlandais, 
qui sont de très haute taille, et surtout à côté des Ecossais qui synt de 
taille excessivement haute. 

(1) Ou môme 1748 millimètres si l'on tient compte des 165 Irlandais de BrWne, 
mentionnés plus haut; dans ce cas la moyenne s'élèverait à 1722 millimètre^ 



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J. DBNIKER. — - LES RACES DE L EUROPE. — LA TAILLE EN EUROPE Z*5 

Si on considère maintenant la répartition des tailles par comté, d^uis 
chacune des grandes divisions du Royaume, on a le tableau qui suit. 

1® Ecosse. Étant donné les divisions adoptées pour ma carte, t^uii^ 
rÉcosse, sauf Aberdeenshire et l'extrémité nord de Gaithness (1) d;iiis 
l'Est, et quelques îles à l'Ouest (Lowis et Islay) tombe dans la Hmilo 
des tailles excessivement hautes (1725 millimètres et au-dessus), ^^^i^ 
il y^a à distinguer encore ici la répartition suivante : La région on lu 
moyenne atteint son maximum, 1782 millimètres (d'après 124 suj^'l^j 
est située dans le Sud Ouest du pays et se compose du pays de Ghltt» 
way (comtés de Kirkendbright et de Wigton) à la frontière de TAii^^ti' 
terre, et du comté de Ayr, situé plus au Nord. C'est la taille moynuuj 
la plus élevée que je connaisse, pour un groupe ethnique, non stMili» 
ment en Europe, mais même dans le monde entier (2). De ce cen]r<\ 
les tailles vont en s'abaissant légèrement vers le Nord, dans les coiikh'^s 
d'Argyle 1744 millimètres (sur 97 sujets), de Pertshire 1757 milliniMn^s 
(d'après 46 sujets), de Suterland et Ross 1747 millimètres (d'apiis 
63 sujets), et enfin tout à fait dans le Nord-Est, dans le Caithnr'^s 
1734 millimètres (d'après 39 sujets seulement il est vrai). 

A l'Est de GalloMray, la taille s'abaisse brusquement. Immédiateim nf 
à l'Est, dans le comté de Lamark et Ronfrew, elle n'est qui' \h' 
1734 millimètres (d'après 189 sujets). L'action perturbatrice vient \ù\i^ 
des populations urbaines de Glasgow^, qui, comme presque partoul ru 
Grande-Bretagne ont une taille inférieure à la population rurale ik !?* 
même région? Le fait est possible, l^lus loin, à l'Est, dans la LoUiîmi 
et le Merse, la taille s'élève à 1769 millimètres (d'après 60 suj* ls|, 
malgré la présence de la population urbaine d'Edimbourg. 

Les îles offrent en général un abaissement de la taille. La popuh- 
tion du groupe-Islay et Colonsay (109 sujets) a une taille moyenm^ lin 
1728 millimètres seulement, tandis, que les 77 Ilébridais n'ont *-\\ir 

(1) Il ressort des travaux de Ghay (89')) et de Togheii (900, p. 116-118), que iImms 
la partie Est d'Aberdeenshire la taille se présente ainsi : 169 hommes, pnfM' lii 
plupart agriculteurs, taille 5 pieds 8 1/4 de pouces, soit 1730 millimètre? I ii 
autre groupe comprenant 195 hommes offrait la taille de 5 pieds 7 1/4 de pou<'i-j 
soit 1705» millimètres. Cet abaissement de la taille provient de la présenci 'li' 
91 ouvriers de la ville de Peterhead qui n'ont que 5 pieds et 6 1/2 pouces de Uiilfi^ 
(1675 millimètres). Beddoe ne cite que 18 sujets mesurés d'Aberdeenshire, iiYrr \n 
taille moyenne de 1728 inillimôtres. Tout ceci nous permet de prendre otmiiiM 
taille moyenne du comté d'Aberdecn : 1717 millimètres, c'est-à-dire très greu 1", 
au lieu d'excessivement grande. D'autre part, la partie orientale où l'on ne jint [m 
pas la langue gaélique est peuplée de gens d'une taille moins élevée (17l9iiiiliï 
mètres, d'après 28 mesures; que celle des gens parlant le gaélique dans l'oue^i i|i 
ce comté (1728 millimètres, d'après 24 sujets mesurés). 

(2) Cf. Deniker (900), p. 36 et 666. Les 57 paysans de Galloway ont menu l/i 
taille moyenne de 1792 millimètres. 



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56 ASSOCIATION FRANÇAISE POUR l' AVANCEMENT DES SCIENCES 

1726 millimètres, et les insulaires de Shetland la môme moyenne. Mais 
il y a des différences d'île à île. Ainsi dans les Hébrides, les habitants 
de Lewis sont les plus petits des Écossais (1684 millimètres, d'après 
12 sujets), comme les insulaires de St-Kilda (1684 millimètres), 
tandis que leurs frères de race des îles Uist et autres, situées plus au 
Sud, sont presque aussi grands (1737 millimètres, d'après 46 sujets) 
que la moyenne des Écossais. Dans les Shetlands aussi, l'île d'Unst, la 
plus septentrionale, a la population de haute taille seulement (1723 mil- 
limètres, d'après 31 sujets mesurés), tandis que celle des îles Reawick 
et Lunnasting et de la grande île du Sud (Mainland) offrent une 
grande taille : 1729 millimètres (21 sujets). Au Sud des Hébrides, l'île 
Mull a une population de taille (( excessivement grande » (1742 milli- 
mètres, d'après 30 sujets), de même que Golonsay (1728 millimètres, 
d'après 20 sujets), tandis que la grande île voisine, Islay, n'abrite 
qu'une population de « très grande taille» seulement (1714 millimètres, 
d'après 66 sujets) ; 

2^ Angleterre. Répartition très régulière des tailles : au Nord, sur la 
frontière écossaise, de même que sur" la côte Est, une large bande 
presque ininterrompue des comtés à taille excessivement grande, qui 
atteint son maximum (1754 millimètres) dans l'Est de York (Nord et 
East-Reading). 

Sur la côte Sud, une autre bande ininterrompue, formée des comtés 
à taille un peu moins élevée, mais rentrant toujours dans la catégorie 
de (( très grandes tailles »; à l'extrémité Ouest, dans le Gornwalles, on 
voit même réapparaître la taille a excessivement haute )) (1726 milli- 
mètres). De cette bande côtière ou frontière, les tailles diminuent à 
mesure que l'on se dirige vers l'intérieur, ou plus rigoureusement vers 
un centre formé par le comté de Shrop ou Salop, où la taille est à 
son minimum (1680 millimètres) pour toute l'Angleterre. Le fait est 
surtout saillant si l'on dresse une carte où les tailles moyennes sont 
représentées par une teinte différente, non de 2 cm. 1/2 à 2 cm. 1/2, 
comme sur ma grande carte, mais de 1 centimètre à 1 centimètre. On 
voit alors nettement, en partant de n'importe quel comté bordier, la 
taille diminuer régulièrement en se dirigeant vers le comté de Shrop. 
Ainsi la taille dans le Cumberland avec Westmoreland est de 1737 mil- 
limètres; en allant droit vers le Sud, on a : Lancashire, 1715 milli- 
mètres; Gheshire, 1690 millimètres; Shrop, 1680 millimètres. De 
même dans le Hampshire, sur la côte Sud, la taille est de 1714 mm. ; 
en allant droit vers le Nord, on a : Wiltshire, 1685 millimètres; Glou- 
chester, 1685 millimètres; Hereford et Monmouth, 1688 millimètres 
(d'après 23 sujets seulement, ce qui explique peut-être une légère diffé- 
rence avec la règle générale), Shrop, 1680 millimètres. En partant de 



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J. DENIKER. — LES RACES DE l' EUROPE. — LA TAILLE EN EUROPE 57 

la Côte Est, la diminution des tailles est moins nette, à cause de Texis- 
tence d'un îlot de tailles assez élevées immédiatement à TEst de Shn^p, 
et formé de Stafford (1724 millimétrés), et de Derby ( 1723 millimèlr<^s), 
avec des comtés plus au Sud où la taille oscille sans ordre entre 170^ et 
1696 millimètres. De cette façon on a les successions suivantes. Rn 
allant de la côte Est vers le Centre : York (partie Est), 1754 millimètres; 
York (partie Ouest), 1702 millimètres ; Derby, 1723 millimètres; St^^f 
ford, 1724 millimètres; Shrop, 1680 millimètres. Ou bien : Norfulk, 
1728 millimètres ; .Cambridge, 1696 millimètres; Bedfort, 1704 milli- 
mètres; Northampton, 1709 millimètres; Warv^ich, 1707 fnillimètit^s; 
Worcester, 1708 millimètres; Shrop, 1680 millimètres. Il est curieux 
de comparer cette carte de répartition de la taille avec celle des nom^s 
des lieux dressée par Ripley (899) p. 312, d'après les données do 
Taylor (864). Jusque dans les détails, on voit une coïncidence frM[> 
pante entre les deux. Partout où s'installèrent les Scandinaves (côUî 
Est et frontière de l'Ecosse) la taille est excessivement haute. Les seuls 
comtés qui font exception, Durham et Suffolk, sont précisément ceuv 
où débarquèrent les Saxons et les Angles, qui, probablement élai^ nE 
de taille moins élevée que les Scandinaves, car dans toutes les régions 
où dominent les noms de lieux saxons, la taille est moins haute (cùtti 
Sud et une partie du centre de l'Angleterre). Toutefois dès qu'il y a 
mélange d'un autre élément, comme celui de Yutes ou Jutes (que Ton 
assimile aux Wisigoths et aux Danois), la taille se relève ; ainsi d^ns 
le comté de Hampshire, peuplé par les descendants des Wisigoths, lu 
taille est de 1714 millimètres, tandis que dans les comtés voisin?^^ 
Dorset et Sussex, où dominent les descendants des Saxons et d'"i 
Angles, elle n'est que de 1702 et 1709 millimètres respectivement. 

Les noms de lieux celtiques sont répandus surtout dans la Kune 
centrale, où la taille est relativement peu élevée, et sur la côte Snii. 
Mais il faut croire que les noms celtiques de cette côte, viennent du 
pays de Cornwall, encore aujourd'hui celtisant un peu, et où la laillt^ 
est très élevée, tandis que ceux de Shrop, du pourtour du golfe di' 
Bristol et de la vallée de la Tamise, c'est à-dire de la zone centrale, ini 
domine la taille peu élevée, viennent probablement du pays de Galhs, 
où la taille est relativement basse, comme on va le voir tout à l'heure. 
Le fait me parait important à signaler pour distinguer deux races dnn^^ 
la population celtisantedes îles Britanniques. 

3» Pays de Galles. Sauf le comté de Denbigh et de Flint, dans le 
coin Nord-Est où la taille s'élève à 1703 millimètres, tout ce pays i^sl 
peuplé d'une race de taille assez faible pour les îles Britanniqiitis 
(1689 à 1699 mm.). Les trois comtés du Sud, formant le littoral iln 
golfe de Bristol, présentent la taille la moins élevée (1689 mm.); ceux 



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58 ASSOCIATION FRANÇAISE FOUR l' AVANCEMENT DES SCIENCES 

du centre (Brecon, Radnor, Cardigan) ont la taille un peu plus élevée ; 
1692 à 1693; enfin les quatre comtés du Nord, ont la taille encore plus 
élevée 1699 millimètres. 

Si l'on considère ensemble l'Angleterre et le pays de Galles, on voit 
que la région des tailles relativement peu élevées (1680 à 1689 mm.) 
est exactement limitée par le littoral du golfe de Bristol, avec le comté 
de Shrop qui y adhère au Nord. 

Autour de ce centre sont disposés concentriquement les zones de 
tailles de plus en plus hautes. La première zone» (taille de 1690 à 
1699 mm.), comprend le reste du pays de Galles, sauf le littoral dans le 
Nord-Est, puis le comté de Sheshire au Nord, et le bassin de la Tamise 
où l'on rencontre même un îlot, autour de Londres où la taille s'abaisse 
à 1688 millimètres (Surrey) (1), et même à 1684 millimètres (Middlesex), 
comme dans le noyau central de tailles peu élevées déjà mentionné. 
Les 164 Londoniens de toutes conditions ont, d'après Beddoe (870) 
p. 80 et 130, une taille moyenne de 1662 millimètres seulement, et 
329 recrues nées dans la cité, une taille un peu supérieure, mais toujours 
relativement basse [1698m illimètres, Beddoe (870), p. 144]. La moyenne 
de ces données est de 1686 mm . , intermédiaire entre celles de Middlesex et 
de Surrey. Ce chiffre, tiré d'une série trop faible pour une population 
de 6 millions d'habitants est cependant intéressant à noter puisqu'il 
confirme l'abaissement de la taille parmi les citadins en Angleterre. 
Mais il y a plus : les comtés situés immédiatement au Nord et au Sud 
de Londres (Middlesex et Surrey) et qui n'en sont, en bonne partie, 
pour ainsi dire que les faubourgs, ont une population qui se range 
parmi les plus petites du Royaume-Uni. 

Ce fait est en pleine contradiction avec la théorie d'Ammon, sur 
l'élévation de la taille chez les citadins. 

La deuxième zone concentrique (taille de 1700 à 1719 mm.) s'étend 
du pourtour Sud-Est de la mer d'Irlande (Nord-Est du pays de Galles 
et comté de Lancaster), à travers le centre de l'Angleterre, jusqu'au 
bassin de la Tamise. Cette zone comprend un îlot de tailles plus élevées 
(1724) formé par Derby et Stafford. Elle saute ensuite le bassin de la 
Tamise et s'étale le long du littoral Sud de l'Angleterre. Enfin, la 
troisième zone (taille 1720 mm. et au delà) comprend le pourtour 
Nord-Est de la mer d'Irlande (Cumberland, etc.), et le littoral Est, sauf 
deux points déjà mentionnés (Durham et Suffolk). Ici, le centre de 
tailles excessivement hautes paraît être dans l'Est de York (1754 mm.), 
car en partant de ce point on a successivement au Nord : Durham, 

(1) Les 459 soldats de 16 à 59 ans de ce comté, mesurés par Lane-Fox (577), ne 
donnent qu'une moyenne de 1666 millimètres. 



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J. DENIKER. 



LES RACES DE L EUROPE. — LA TAILLE EN EUROPE 



59 



1720 millimètres; Northumberland, 1743 millimètres; et au Sud : 
Lincoln, 1732 millimètres; Norfolk, 1728 millimètres; Suflfolk, 
1720 millimètres; Essex, 1727 millimètres et Kent 1718 millimètres; 
ce dernier commence la série des comtés de la côte Sud où la taille est 
plus basse, en général, que sur la côte Est. 

Notons, pour finir, que contrairement à ce que Ton a vu en 
Ecosse, les îles paraissent abriter une population de taille plus élevée 
que celle du continent voisin. Je n^ai pas de chiffres pour l'île de 
Wight; mais les îles de Scilly situées en face de Landsend ont la 
population d'une taille plus élevée (1745 mm., d'après 47 sujets; 
voy. Beddoe (870, p. 110), que celle des gens de Cornwall (1726 mm.). 
De même, les habitants de l'île de Man ont la taille de 1756 millimètres 
[d'après 2(X) sujets mesurés par Beddoe [887)], supérieure à celle des 
gens de Gumberland et de Westmoreland (1737 mm.). La différence 
dans les deux cas est de deux centimètres en faveur des insulaires. 

4<* Irlande, Les renseignements sur cette île sont moins nombreux, 
quand on la compare avec le reste du Royaume-Uni. 

D'après le Final Report (88S) de la Bristish Association la taille 
est assez uniformément distribuée entre les quatre grandes pro- 
vinces, la différence n'étant que de 12 millimètres, entre celle qui offre 
la taille maxima (Connaught, 1746 mm., d'après 35 sujets seulement, 
il est vrai), et celle qui représente la taille minima (Leinster, 1734 mm., 
d'après 143 sujets). D'après les mesures sur les soldats (âgés de 
23 ans et au delà) données par Beddoe (870, p. 145), la différence est la 
même, seulement le maximum (i712 mm.) est représenté par la 
province d'Ulster (398 mensurations) et le minimum (1700) par celle 
de Connaught (198 mensurations). Enfin, les deux séries réunies 
donnent encore une autre succession : les comtés Ulster et Munster se 
placent au même rang en tête de la liste. 



PROVINCES 


NOMBRE DE SUJETS 


TAILLE MOYENNE 


Ulster 

Munster 

Leinster 

Connaught 

Irlande 


442 
360 
759 
233 
1.794 


1.715 mm. 
1.715 - 
1.714 - 
1.707 - 
1.709 - 



En somme, la différence de province en province ressort encore 
moindre (8 mm.) et toutes rentrent dans ma catégorie de tailles très 



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60 ASSOCIATION FRANÇAISE POUR l'aVANCEMENT DES SCIENCES 

grandes. La dififérence, de taille entre les civils et les soldats est de 
2 centimètres en moyenne en faveur des premiers, comme pour les 
autres parties du Royaume- Uni, d'après les chiffres de Beddoe. Ce 
savant dit cependant que cette différence doit être beaucoup moindre en 
Irlande qu'ailleurs, attendu que les classes aisées (professions libérales, 
rentiers, grands commerçants), qui ne fournissent guère de recrues et 
rehaussent la taille des civils, sont moins nombreux en Irlande qu'en 
Angleterre et en Ecosse. On ne s'écarterait donc pas beaucoup de la 
vérité en augmentant d'une seule unité les chiffres des tailles que 
donne Beddoe (870), pour les 1.517 recrues Irlandais répartis entre 
divers comtés. * 

En réduisant les pieds en mètres et réunissant deux par deux 
certains comtés où le chiffre d'observations est trop faible, j'ai obtenu 
le tableau suivant qui est reporté sur ma carte (sauf la côte occidentale 
du Nord-Ouest du pays, qui est teinté d'après d'autres documents). 

Le fond de la population irlandaise est de très haute taille, depuis 
1700 milimètres, dans les comtés de Roscomon et de Mayo (province de 
Connaught), jusqu'à 1720 millimètres (dans le comté d'Armagh, pro- 
vince d'Ulster). Les comtés de l'intérieur, sauf trois ou quatre dans le 
Sud-Est du pays (Leinster) tombent dans cette catégorie. Par contre, 
la côte offre une taille plus élevée et les comtés maritimes à très grande 
taille sont rares : Mayo et Galoway à l'Ouest, Cork au Sud, et Antrim 
dans le Nord. Le reste de la côte irlandaise (sauf celle de l'Ouest deMa 
province de Connaught, voy. plus bas), est le domaine des tailles 
excessivement grandes, depuis 1725 millimètres (Donegal dans l'Ulster, 
South dans Leinster) jusqu'à 1735 millimètres dans le Clare et Kerry 
(Munster). Ce qu'il y a de remarquable, c'est que les comtés côtiers à 
taille excessive, sauf deux exceptions, sont précisément les seuls 
endroits où l'on trouve la trace des noms de lieux Scandinaves en 
Irlande, d'après les données de TayloH (voy. la carte Ripley, déjà 
citée). Le fait est assez significatif. 

De plus, la taille très grande et excessive, dans les comtés celtisant 
encore aujourd'hui, rapproche les « Celtes » de l'Irlande des « Celts » 
de l'Ecosse et du Cornwall, et les éloigne des Gallois. Toutefois, il y a 
en Irlande quelques petits districts où la taille s'abaisse considérable- 
ment, comme on va le voir par l'étude détaillée de la côte Ouest de la 
province de Connaught, entreprise par le comité anthropologique 
d^Irlande. Les 27 hommes de l'île Aran et de la côte située en face, 
appelée Aramore (comté Galway), ont la taille moyenne de 1645 mm., 
d'après Haddon et Browne (88S). Un peu plus au Nord, sur la 
même côte de Galway, dans les îles Inishbofin et Inishark, à l'entrée de 
la baie de Killary, Browne {894) a trouvé, sur 40 hommes, la taille 



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J. DENIKER. — LES RACES DE l' EUROPE. — LA TAILLE EN EUROPE iîl 

moyenne de 1633 millimètres. Et il ne faut pas croire, que cet abnis 
sèment de la taille est dû au genre de vie ^pêcheurs) ou à la pauiif t^î 
car entre les deux localités mentionnées, dans les îles Garuiiinj t-L 
Lattermuler ^un peu au Nord de la baie de Galvvay , le même Brian se 
\899) avait mesuré 65 hommes. Irlandais les plus purs suivant lui. uKiis 
aussi les plus pauvres et les plus primitifs, et leur a trouvé la tnitti? 
légèrement supérieure à la précédente : 1650 millimètres. Il s'agit do f m* 
ici d'un véritable reste d'une race de petite taille et sous-dolyclnn <*- 
phale [voy. Denikeh [8VU]^ p. 45]. Dans le comté situé plus au Nm^L 
celui de Mayo où la taille moyenne est à peine de 1700 millimètres, nu 
devait s'attendre à trouver la môme population de petite taille. Il i;'i n 
est rien. Sur certains points, dans l'extrême Nord-Ouest du puys 
(presqu'île Mullet, îles Inishkea, le district de Portacloy, etc.), la \if^\m 
lation est de taille excessivement grande, 1725 millimètres, d'H[iT.s 
62 hommes mesurés par Browne [895 et 898\\ elle est sous-dolyclnin^- 
phale. Un peu plus ay Sud, aux environs de Ballycroy, le niMinr' 
savant (896) ql trouvé une population de très grande taille : 1721 uiilii 
mètres, d'après 50 hommes mesurés. 

L'explication de ce fait est donné par Browne, au moins prMn Ir^ 
second groupe : ce serait une colonie de gens venus d'autre^ partios <lr 
l'Irlande et qui ne se sont pas mélangés avec le reste de la populBlion ; 
d'ailleurs la taille les rapproche des Irlandais de l'intérieur et il iw 
faut pas oublier qu'ils sont mésocéphales et que plus de la nuiitiL* 
d'entre eux sont purs brachycéphales [voy. Deniker (899), p. 46 |. V:hv 
ce caractère les gens de Ballycroy se rapprochent des Irlandais 
presque mésocéphales de l'entrée de la baie de Killery, cités plus Itoiih 



Iles Par Oër 

Comme pour Tindice céphalique [Deniker (899), p. 46], il y u iim^ 
grande différence entre les insulaires du Nord et du Sud. D'/t|H'(s 
ArfBO (893-4), 20 hommes des îles du Nord, hyperdolychocépliEiU^s, 
ont la taille moyenne de 1695 millimètres, presque très grande ; titmlis 
que 60 hommes des îles centrales qui sont sous-dolychocéphales, h ■ mt 
que 1676 millimètres, d'après cet auteur, soit une taille à juitu* 
grande (1) ; chez les 20 hommes des îles du Sud, la taille descrud ii 

(l) Les 20 hommes de ces îles moyennes mesurés par Annandale (1903- i), in\\ 
la taille moyenne de 1660 millimètres seulement; les deux séries réunii^s ti»ui 
ressortir la taille moyenne de 80 sujets ô 1672 millimètres et les font rentrée ^i^Hi^^ 
la catégorie des « tailles moyennes ». 



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62 ASSOCIATION FRANÇAISE POUR L'AVANCEMENT DES SCIENCES 

1652 millimètres, c'est-à-dire est à peine moyenne. Le D' Jorgenson 
{902) a mesuré 1.000 hommes et 1.000 femmes de Tîle Sudero, la plus 
méridionale du groupe; mais il ne donne pas de moyennes. En faisant 
le calcul moi même pour les 800 hommes environ, ôgés de 21 ans et 
plus, j'arrive à la taille moyenne probable de 1682 millimètres. La 
taille la plus fréquente est celle de 1680 millimètres pour les dolicho- 
céphales, de 1680 ou 1710 millimètres pour les mésocéphales et de 
1640 où 1700 millimètres pour les brachycéphales. 

La taille moyenne probable pour les dolicho : 1680 millimètres, 
pour les méso : 1700 millimètres; pour les brachycéphales : 1670 milli- 
mètres, ce qui confirme les donnés d'Arbo, du moins pour les brachycé- 
phales qui sont de taille moyenne, tandis que les méso et les dolichocé- 
phales, probablement assimilables aux insulaires du Nord, sont grands 
ou très grands (1). 

Islande 

Je ne connais pour cette île lointaine qu'une seule donnée sur la 
taille, qui se trouve chez Beddoe (870) p. 167. Les 20 Islandais mesurés 
pour lui, par le D^ Jon Hjaltelin de Reykiavik, avaient la taille 
moyenne de 1740 millimètres environ. Comme ce sont des descendants 
des Scandinaves il n'y a rien d'étonnant que leur taille se rapproche de 
celle qu'on a coutume de rencontrer en Scandinavie ou dans les pays où 
les Scandinaves forment le fond de la population, comme dans 
certaines régions des îles Britanniques. 



Norvège 

La longue série des travaux du D' Arbo (875 à 904)^ la note de 
Irgens (884), le résumé des travaux de Larsen et de Gronn par 
Daae (907), les recherches en partie encore inédites de A. et H. Daae 
(905-907) et les calculs que j'ai faits sur les statistiques du recrutement 
[Rekruteringsstatistik (903-906)] m'ont permis de dresser le tableau 
suivant de la taille en Norvège. 

La taille moyenne des recrues norvégiennes n'a cessé de croître 
presque régulièrement, depuis le milieu du siècle, jusqu'à nos jours. 
Elle a été de 1686 millimètres en 1850; et de 1688 millimètres dans la 



(1) Pour les 800 femmes environ âgées de 21 ans et plus, la taille la plus 
fréquente ressort h 1560 millimètres pour toutes les catégories. 



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J. DBNIKER. — LES RACES DE l' EUROPE. — LA TAILLE EN EUROPE i>'à 

période de 1878 à 1880. Elle a monté à 1698 millimètres en 18D;1 soïI. 
une augmentation de 1 centimètre en 15 années [Arbo (895)]. [j\ laille 
moyenne des recrues de la période 1904-1905, que j'ai calculé^^ <rFipr("*s 
les données des statistiques officielles, est de 1707 millimètres, soit une 
nouvelle augmentation de 9 millimètres en douze ans (1). 

C'est probablement à la différence d'âge et aussi au fait trnvrjîr 
compris dans sa moyenne les sujets au-dessus de 1 m. 85, qu'il fi^uL 
attribuer la différence entre les chiffres précédents et ceux que donnent 
A. et H. Daae {905-907) pour 3.955 soldats, âgés de 23 ans (2) m siivuir 
1721 millimètres. Celte différence de plus d'un centimètre pour une irn née 
ne doit pas étonner, car 242 soldats de 25 ans d'Osterdalen, mesurés [mr 
Irgens en 1883 avaient 1716 millimètres, tandis que 2.040 recrues d^'. 
22 ans de ce même district, n'avaient, pour la période de 1H7H-H7, 
qu'une taille moyenne de 1691 millimètres (Arbo). Différence : 2h uuWl 
mètres. De môme, il ressort d'un calcul que j'ai fait, d'après les notes 
manuscrites bien intéressantes que m'avait communiquées M. Daak 
(907), que 1.284 recrues de 21 à 22 ans offraient la taille moyimiie «le 
1699 millimètres, tandis que les mêmes sujets, mesurés plus tartl 
à l'âge de 27-28 ans, avaient la taille moyenne de 1716 millinièlrt^s. 
Différence : 17 millimètres en 6 années. 

Aussi, eri faisant les comparaisons ai-je pris les chiffres d'Arl>n fil du 
recrutement tels quels, tandis que j'ai réduit d'un centimètre eaux do 
A. et H. Daae. 

Dans ce cas la taille moyenne probable des Norvégiens atlu^^ls, 
ressort â 1710 millimètres. Il est curieux de constater que les statis- 
tiques américaines [Baxter, (875)] donnent pour 2.290 Norvégiens 
une taille moyenne très voisine : 1717 millimètres. 

Si l'on considère la répartition des tailles par grandes divisions 
administratives (Amt ou Préfecture) on voit, d'après la carte de Daai-: 
(907) (3), que, sauf pour la préfecture de Finmarken, peuplée en 
bonne partie de Lapotis, de Finnois et de leurs métis, et où h^ laille 



(1) Il faut remarquer que les recrues norvégiennes, sont âgées de 22 iins v\\ 
moyenne, et que les moyennes de la taille du contingent par chaqut» di^^trlfl 
militaire sont calculées en excluant : 1" les individus n'ayant pas la tailli^ rJ^lu- 
mentaire (1580 mm.); 2" les individus ayant 1850 mm. et plus (environ 1 ji. tr.). 

(2) Tous les individus plus âgés ou plus jeunes ont été exclus du cah-nU II 
faut dire aussi que la statistique de MM. Daae comprend également d^s fuji'1.-? 
de 1 m. 56 et 1 m. 57, mais leur nombre est insignifiant (14) vis-à-via >ln li'Iuî 
des individus ayant la taille de 1 m. 85 ou au-dessus (99). [Daae (907) \. 

(3) Les indications de cette carte, dressée d'après de nouvelles et plu^ nurii- 
breuses mensurations, ne concordent pas tout à fait avec les chiffres doniu'^^^ iImii?? 
les Mémoires de Daae (905-6). 



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64 ASSOCIATION FRANÇAISE POUR l' AVANCEMENT DES SCIENCES 

moyenne n'est que de 1676 millimètres (chiffres de Daae, diminué de 
1 centimètre), pour tout le reste du royaume la taille moyenne s'éche- 
lonne de 1700 à 1724 millimètres, c'est-à dire exactement entre les 
limites de mes « très grandes tailles ». Aussi, sur ma carte presque 
toute la Norvège aurait-elle dû être teinte en bleu très foncé si j'avais 
voulu donner cette répartition par préfectures. Si au contraire on 
considère les tailles espacées d'un demi centimètre, on s'aperçoit 
qu'elles sont surtout élevées dans le Nord (préfectures de Nordland et 
de Trondhjem, 1715 à 1724 millimètres) et dans le Sud Ouest du pays 
(préfectures de Stavanger, de Lister-et Mandai, et de Nedenaes, 
1720 à 1724 millimètres), tandis que les tailles les moins élevées 
s'observent dans le Sud (préfectures de Bratsberg et de Smaalenene, 
1700 à 1704 millimètres). 

Toutefois il faut noter aussi dans le Sud, le contraste entre la préfec- 
ture de Jarlsberg-et-Larvik, où la taille est la plus élevée de tout le 
Royaume (1724 mm.), et la préfecture voisine, celle de Akershus, 
où la taille est relativement basse (1709 mm.). La capitale, Kristiania, 
qui se trouve dans cette dernière préfecture, abrite une population 
encore plus basse (1707 mm.), ce qui va à l'encontre des idées de 
M. Ammon, qui prétend que la population des villes à une taille plus 
élevée que celle des campagnes environnantes. 

Si maintenant au lieu des préfectures, on prend « les districts mili- 
taires », subdivisions moins étendues, orf s'aperçoit qu'il y a une autre 
répartition des tailles. Pour la Norvège septentrionale je compare 
dans le tableau qui suit mes calculs d'après les statistiques du recrute- 
ment avec les données de Gronen (Daae, 907, p. 41). 



DISTRICTS 
MILITAIRES 

en allant 
du Sud au Nord 


■ ANNÉES 
Nonabre 


1902-1903 (1) 


ANNÉE 1897 (?) 


d'après Gronen 
Taille moyenae 


Taille moyease 


Nombre 


Vefsen 


368 
489 
528 
607 
721 


Millimètres 

1.720 
1.711 
1.710 
1.725 
1.709 


— 


Millimètres 

1.706 
1.703 
1.766 
1.711 


Ranen 

Salten 


Lofoten 


Barde 


Préf. de Nordland. 


2.713 


1.715 


? 


1.721 (?) 



(1) Je me suis servi des chiffres du recrutement de 1902-1903, parce qu'ils 
contiennent plus de détails que ceux de 1904-1905 où l'on ne trouve que le chiffre 
global de 1721 mm. comme taille moyenne de 1519 sujets de toute la préfecture. 



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TPr^^--*'= 



J. DENIKER. — LES RACES DE L EUROPE. — LA TAILLE EN EUROPE 



65 



M. Daae trouve pour les soldats du Nordiand la taille iVioyenne de 
1731 millimètres, mais sur 148 sujets seulement. Ce chiffre correspond 
à 1721 millimètres chez les recrues. 

Pour les districts militaires tout à fait septentrionaux, j'obtiens, 
toujours d'après la même statistique militaire, ce qui suit : 



DISTRICTS MILITAIRES 
allant du Sud-Ouest au Nord-Est 


ANNÉES 1904-1905 


Nombre 


Taille moyenne 


Tromsô 


1.481 
222 
190 


Millimètres 

1.707 (») 

1.680W) 

1.677 
1.673(3)^ 


Alten 


Varancrer 




(1) 1695 millimètres en 1902-1903. 

(2) 1650 millimètres en 1898 d'après 

(3) 1667 millimètres. Id, 


Gronen (Daab, 907, p. 42). 



M. Daae trouve la taille de 1686 millimètres aux soldats de la 
province de Finmarken (Alten et Varanger réunis), mais d'après 
89 sujets seulement. D'ailleurs ce chiffre correspond. à peu près à 
1676 millimètres pour les recrues et se rapproche ainsi du mien. Je 
prends donc les chiffres précédents et les transporte sur ma carte. 

La carte que j'ai construite d'après les statistiques militaires de 
1904-1905 (environ 26.500 sujets) diffère quelque peu de celle qu'avait 
dressée Daae [907]^ d'après les mesures sur les soldats. Les variations 
des tailles, notamment en dehors de Finmarken, sont plus considé- 
rables chez Daae : 1680 à 1740 millimètres (en diminuant d'une unité) 
que chez moi (1700 à 1725 mm.). Mais les deux cartes concordent assez 
bien dans leur disposition générale. 

D'après ma carte, le centre des hautes tailles se trouve dans le 
district militaire d'Indherreds (correspondant à peu près à la préfec-- 
ture de Nord-Trondhjem) : 1722 mm., si l'on exclue les îles Lofoten où 
la taille est à 1725 millimètres. 

De ce district les tailles vont en diminuant aussi bien au Nord 
qu'au Sud. Au Nord, on a successivement les districts de : Vefsen, 
1720 millimètres; Ranen, 1711 millimètres; Salten, 1710 millimètres et 
Bardo 1709 millimètres, dans la préfecture de Nordiand; puis plus au 
Nord : Tromsœ, 1707 millimètres; et dans le Finmarken : Alten, 
1680 millimètres et Varanger, 1673 millimètres. 

5 



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66 ASSOCIATION FRANÇAISE POUR L* AVANCEMENT DBS SCIENCES 

Si, au contraire, on se dirige du district de Indherreds vers le Sud, 
on voit les tailles s'abaisser aussi régulièrement : 1721 millimètres dans 
le district de Trondhjem (correspondant à peu près à la préfecture Sud- 
Trondhjem), 1710 millimètres dans le district de Nordmore, et 1711 
millimètres dans celui de Sondmoere. 

Plus au Sud, sur la côte, la taille diminue encore d'une façon géné- 
rale du Nord (district de Sogns ou partie Sud de la préfecture de Sud- 
Bergenhus, 1710 millimètres) au Sud (district de Stavanger, compre- 
nant les préfectures de Stavanger et de Lister-et-Mandai, 1703 milli- 
mètres) ; mais la succession n*y est pas aussi régulière que dans le 
reste du pays, à cause de Tintercalation des districts de petites tailles. 
Ces derniers sont en contact avec le centre des petites tailles relatives, 
qui se trouve dans l'Est de la Norvège méridionale, le long de la fron- 
tière suédoise (districts Osterdalens, Hedemarken et Smaalenen, tous 
à 1700 millimètres). 

Dans les préfectures cotières, A. et H. Daae ont étudié la taille par 
sous-préfectures (Fogderi) ou par cantons (Thinglage). Prenant en 
masse Tensemble de 3.529 sujets (la population des villes n'entre pas 
dans ce calcul) et les partageant en habitants des côtes, de l'intérieur 
et des régions intermédiaires, ils arrivent à ce résultat : la taille de 
595 individus de la côte est de 1715 millimètres en moyenne (1705 milli- 
mètres en réduisant d*un centimètre) ; celle de 2.077 individus de Tinté- ' 
rieur, 1722 millimètres (1712 mm.), etcelle de857 habitants des régions 
intermédiaires (fonds des fiords, etc.), qui tirent leur subsistance de la 
mer et de la terre, 1730 millimètres (1720 mm.). Ce sont donc ces der- 
niers qui sont les plus grands; viennent ensuite les gens de l'intérieur, 
les vrais terriens, et en dernier lieu, les littoraux, les marins. 

Aussi intéressante que soit cette constatation au point de vue phy- 
siologique et de l'influence des milieux, elle ne rend pas compte des 
différences ethniques. Pour déceler ces dernières, il faut avoir recours 
aux travaux d'Arbo, où Tétude est faite région par région. La 
carte d'ARBo (895 et 900) donne la distribution de la taille pour toute 
la Norvège méridionale par cantons, et cela d'après les mesures de 
recrutement de 1878 à 1887, sur 106.446 recrues de 22 ans. Je 
reproduis (voy. la carte) en la simplifiant, celte belle carte d'autant 
plus volontiers, qu'elle offre des comparaisons utiles avec une carte 
analogue du même auteur pour l'indice céphalique que j'ai reproduite 
dans mon travail précédent [Deniker (S99)] (1). 



(1) 11 faudrait apporter à cette dernière quelques corrections d'après les der- 
niers travaux de Arbo {904)^ plus spécialement pour le Sud-Ouest de la Nor- 
vège où les brachycéphales sont plus répandus que ne le faisaient prévoir les 
travaux antérieurs de ce savant. 



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I 



J. DENIKER. — LES RACES DE l' EUROPE. — LA TAILLE EN EUROPE 67 

Les différences de tailles d'un canton à l'autre, sauf la Norvège 
septentrionale (Nordland, Tromso et Finmarken, que n'ont pas touchée 
les études d*Arbo et dont je me suis occupé plus haut), vont de 1660 à 
1730 millimètres, c'est-à-dire des tailles moyennes aux tailles excessives. 

Les cantons à taille excessive forment le noyau des deux zones de 
très grande taille : Tune de ces zones est dans le Nord. Je l'ai déjà 
signalée en désignant le district militaire d*Indherreds comme centre 
des hautes statures; elle se prolonge au sud, sur la côte, jusqu'à la 
frontière de la préfecture de Nord-Bergenhus. L'autre zone est située 
dans le sud du pays, et constitue en partie la région intermédiaire entre 
la côte et l'intérieur. Son noyau est le canton d'Ulvik, au fond du Har- 
danger-fijord, à taille excessive ; de là, la zone s'étend par chapelets de 
tailles très grandes au sud jusqu'au voisinage de Kristiansand, compre 
nant toute la préfecture de Nedenaes, sauf sa côte, et envoyant plusieurs 
rameaux vers la côte ouest sans l'atteindre cependant, ainsi qu'un pro- 
prolongement vers riatérieur, dans la partie ouest de la préfecture de 
Bratsherg, appelée Tellemarken occidental. Il y a aussi deux îlots de 
grandes tailles dans les préfectures de Buskerud et de Kristians. 
Comme contrepoids à ces deux régions de très grandes tailles, toute 
la côte, depuis Kristiansund par 63® latitude Nord, jusqu'à la frontière 
suédoise au Sud, sauf sur quatre ou cinq points (au Nord de Stavanjer, 
près de Sogndal, à Kristiansand, dans les îles de Hvalserne à la fron- 
tière suédoise) offre des cantons de taille seulement grande ou 
moyenne. 

Ces mêmes tailles peu élevées dominent dans tout l'intérieur de la 
Norvège méridionale où l'on trouve aussi deux noyaux de tailles très 
basses pour le pays (1666 mm.), dans le canton de Trysil à la frontière 
suédoise et dans celui de Skeaker, dans le haut Gudbrandsdalen. 

En comparant la distribution des tailles avec celle de l'indice cépha- 
lique, telle qu'elle figure sur ma carte inédite de 1907, je m'aperçois 
que la région mésocéphale ou brachycéphale est en même temps celle 
de la taille relativement basse, sauf dans le Nord où la moitié septen- 
trionale de la zone de très grandes tailles se trouve dans la limite de 
la mésocéphalie (influence lapono finnoise?). Par contre, la^ moitié 
méridionale de cette zone, ainsi que les deux noyaux de taille la plus 
basse en Norvège se trouvent dans la limite de la sous-dolichocé- 
phalie. Sauf deux ou trois exceptions, les cantons dolichocéphales 
sont dans les limites de la grande taille seulement. On peut donc dire 
que la population de la Norvège se compose grosso modo de mésocé- 
phales de grande ou moyenne taille, sur la côte et dans le Sud-Ouest; 
de mésocéphales de très grande taille dans le Nord; de sous dolichocé- 



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68 ASSOCIATION FRANÇAISE POUR L* AVANCEMENT DES SCIENCES 

phales de très grande taille dans la zone intermédiaire du Sud; et 
enfin de dolichocéphales ou de sous-dolichocéphales de grande taille 
dans l'intérieur. 

L'examen comparatif de différentes régions et indices en détail, par 
M. Arbo (891), dans l'Est et le centre de la Norvège méridionale 
confirme ce que je viens de dire (voy. le tableau). 



RÉGIONS 
(composées de districts ou cantons) 


RECRUTEMENT DE 1878-87 


Nombre 
de sujets 


Indice 
céphallqie 


Nombre 
de su jets 


Taille 
en mm. 


Bas-Os terdalen, Solôr et Haut-Gud- 
brandsdalen (centre et Est de la 
Norvège méridionale) 


337 

141 

65 


77,6 

78 

79,7 


4689 

1876 

492 


1678 
1686 
1682 


Bas-Gudbransdalen (centre de la Nor- 
vège méridionale) 


Haut-Osterdalen et Trysil (Nord-Est 
de la Norvège méridionale) 



Quand à la province (Stifl) de Christiansand, formée des préfectures 
de Stavanjer à l'Ouest, de Lister-et-Mandal au Sud Ouest, de Nede- 
naes au Sud-Est et de Bratsberg à TEst, on peut y constater, d'après 
les études d'Arbo portant sur les communes et les districts (895, 897, 
898 et 904), également la confirmation de ma thèse. Sans entrer 
en détails, je dirai que la brachycéphalie relative dont le centre 
est dans le pays de Jaerderen (partie centrale de la préfecture de 
Stavanger), va en diminuant vers le Sud-Est. En effet, le nombre 
de brachycéphales (Indice 82 et au-dessus) étant de 48 p. c. dans le 
Stavanger, s'abaisse à 24 p. c. dans le Lister-et-Mandal, à 16 p. c. 
dans le Nadenaes, et tombe enfin à 12 p. c. dans le Bratsberg. Par 
contre, les chiffres respectifs des dolichocéphales (Indice au-dessous de 
80) dans ces préfectures sont : 17.3, 25.1 et 36.3 p. c. 

Or la taille se répartit dans ces préfectures ainsi qu'il suit, d'après 
Daae {905) (avec réduction de 1 centimètre) : Stavanger 1722 milli-^ 
mètres; Lister-et-Mandal, 1721 millimètres; Nedenaes, 1724 milli- 
mètres, Bratsberg, 1701 millimètres. Au prime abord, il n'y a aucun 
rapport fixe entre les deux caractères; la taille ne varie pas d'une 
façon régulière en allant de TOuest au Sud et à FEst, comme Tindice 
céphalique. Mais si l'on considère des régions plus limitées, des 



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y'Ç?; -^'.T^- 



J. DENIKER. — LES RACES DE L EUROPE. — LA TAILLE EN EUROPE b)3 

groupes de communes dans chaque préfecture, on voit que par 
exemple dans le Stavanger la population de la côte (Jaederen et Dale- 
ren), la plus brachycéphale (83,2 et 82,2 d'indice) est un peu plus petite 
(1686 millimètres en moyenne d'après le recrutement de 1878-87 et 
1694 millimètres d'après celui de 1884 93) que celle de la région inter- 
médiaire (Stavanger et Ryfylke, taille moyenne, respectivement 1689 
et 1696 millimètres) où l'indice céphalique est mésocéphale (81,5et81,4). 
D'autre part, si la taille augmente de Lister-et Mandai à Nedenaes, 
c'est-à-dire de l'Ouest à l'Est, comme la dolichocéphalie, on constate 
néanmoins dans cette dernière préfecture que la côte est habitée par 
des mésocéphales d'une taille moins élevée que celle des habitants de 
l'intérieur qui sont sous-dolichocéphales. 

Toutefois il y a certains districts dans l'Est de la préfecture de 
Nedenaes dont la population est sous-brachycéphale et plus grande que 
celle de l'intérieur. Les sous-dolichocéphales de très grande taille déjà 
cités semblent s'étendre plus à l'Est dans la partie occidentale de la pré- 
fecture de Bratsberg (Telemarken occidental ou proprement dit) où l'on 
trouve 28,4 p. c. de tailles élevées et la taille moyenne de 1710 milli- 
mètres (recrutement de 1888-97), tendis que la partie orientale de cette 
préfecture (Telemarken oriental ou Graenland) offre une population 
dolichocéphale et de taille un peu moins élevée (17,2 p. c. de tailles 
élevées, taille moyenne de 1706 millimètres). Quant à la population 
côtière de cette préfecture, elle est mésocéphale avec une taille infé- 
rieure à celle des gens de l'intérieur; seulement il y a parmi ces côtiers 
des blonds (brachycéphales norvégiens) et des bruns (brachycéphales 
immigrés). 



Suède 

Longtemps le chiffre global donné par Baxter (875)^ p. 23, comme 
taille moyenne des Suédois (1699 millimètres d'après 1.190 hommes 
mesurés) était le seul et unique renseignement que Ton citait partout. 
Cependant déjà vers la même époque Arbo (875) donna des renseigne- 
ments tirés des registres de l'armée suédoise pour les hommes incor- 
porés (ayant par conséquent la taille au-dessus de 5 pieds 4 pouces ou 
1625 mm.) ; mais ces renseignements passèrent presque inaperçus, môme 
pour les spécialistes. Le savant norvégien a trouvé que la taille en 
Suède était de 5 pieds 6 pouces (1675 mm.) en 1841-45 et de 5 pieds et 
7 pouces (1700 mm.) en 1866-70; elle aurait ainsi augmenté de 1 pouce 
(25 mm.) en l'espace de ving-cinq années. L'augmentation de la taille 



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70 ASSOCIATION FRANÇAISE POUR l'aVANCEMENT DES SCIENCES 

est donc aussi considérable, sinon plus, en Suède qu'en Norvège. Le 
premier travail allant plus en détails, est dû au D' Hultkrantz 
(96 et 97). Il est basé sur les mesures de tailles prises par le service de 
recrutement, dans la période de 1877-94, sur 232.367 conscrits kgés de 
21 ans, soit le cinquième de la population môle de la Suède. La taille 
moyenne de ces conscrits est de 1693 millimètres. En leur ajoutant les 
tt'oupes Indelta, sorte de mercenaires (5 p. c. du cbiffre précédent) 
dont la taille moyenne est de 1727 millimètres, on a la moyenne cor- 
rigée de 1995 millimètres. Cette moyenne se rapporte donc à tous les 
hommes âgés de 21 ans, sans exclure ceux qui sont au-dessous de la 
taille réglementaire (1 m. 57) et dont les tailles individuelles vont de 
. 1 m. 50 à 1 m. 90. Par conséquent, pour comparer ces chiffres à ceux 
des autres pays il faudrait, de l'avis de M. Hultkrantz, ajouter 
à cette moyenne 10 millimètres, comme Ta proposé déjà longtemps 
GouLD (869) et comme je Tai fait d'ailleurs pour plusieurs chiffres de 
ce travail. Après cette correction, la vraie taille de la population sera 
donc de 1705 millimètres. La taille des conscrits incorporés est de 
1702 millimètres, chiffre très voisin du précédent. 

Quant à la répartition géographiqjie de la taille, M. Hultkrantz ne 
donne malheureusement pas de moyennes, se contentant des chiffrres 
des tailles les plus fréquentes et du pourcentage des hautes et des 
basses tailles par circonscriptions militaires. Seules les moyennes 
minima et maxima sont données. On constate ainsi que la plus haute 
taille moyenne (1706 ou 1716 millimètres avec la correction) est donnée 
par la circonscription militaire de Gelfeborg (coïncidant avec la pro- 
vince ou lan de même nom, et avec le Nord de l'ancienne province de 
Helsing) et la plus basse (1681 millimètres, 1691 millimètres avec cor- 
rection) par la circonscription ou la province de Kalmar avec l'île 
d'Oeland (est de Tancienne province de Smaland). Les variations d'une 
circonscription à une autre sont donc minimes : 25 millimètres seule- 
ment. D'une façon générale, les hautes tailles sont groupées dans le 
Sud du Norrland, ainsi qu'à Stockholm et Gothenbourg et leurs envi- 
rons, et les petites dans l'extrême Nord (Lappland et Veslerbotten), et 
dans l'extrême Sud et le Sud-Est. Plus récemment, Tanthropologisle 
suédois bien connu, G. Retzius (902), a donné en collaboration avec 
FuRST des chiffres détaillés et tout à fait satisfaisants dans son travail 
magistral, fait d'après les mesures prises pendant les années 1897-98, sur 
44.939 incorporés dans l'armée, c'est-à-dire à l'exclusion des individus 
ayant moins de 1 m. 57, éUminés pour défaut de taille (1). 



(1) Toutefois, il s'est trouvé je nô sais pour quelle raison parmi les milliers de 
mesurés, 107 individus ayant la taille de 1 m. 48 à 1 m. 56. 



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J. DENIKER. — LBS RACES DE L* EUROPE. — LA TAILLE EN EUROPE 71 

La moyenne générale pour toute la Suède qui ressort de ces mesures 
est de 1709 millimètres, c'est-à-dire égale, à 4 millimètres près au 
chiffre corrigé dô Hultkrantz (1705 mm.), et aussi à la moyenne 
actuelle des Norvégiens (1710 mm.). Toutefois G. Retzius (p. 59), 
estime cette taille à 1718 millimètres en se basant sur le petit nombre 
(2,2 p. c.) d'individus, n'ayant pas atteint la taille réglementaire 
(1 m. 57). 

Il est donc probable que la taille moyenne des Suédois, est d'environ 
1715 millimètres. Le nombre de sujets ayant plus de 1 m. 70 de 
taille représente 50,7 p. c. d'après Hultkrantz, 59,2 d'après Retzius. 

Cela confirme une fois de plus, que la taille des incorporés, 
supérieure de 10 millimètres à la taille des conscrits, *représente à peu 
près exactement la taille vraie de la population adulte. 

On a vu par le travail de Hultkrantz qu'en Suède, la taille variait 
fort peu suivant les régions. L'ouvrage de M. Retzius confirme ce 
fait : de la région à taille maximo, l'île de Gottland (1727 mm.) à 
celle de la plus petite taille (Lappland, 1691 mm.), la différence n'est 
que de 36 millimètres, un peu plus grande que celle donnée par 
Hultkrantz (25 mm.). 

Malheureusement les chiffres des deux auteurs ne sont pas compa- 
rables, car les divisions administratives qu'ils ont choisies (circons- 
criptions militaires chez Hultkrantz, anciennes provinces chez 
Retzius) ne sont pas les mêmes. De plus^ Hultkrantz comptait tous les 
conscrits d'une circonscription, comme étant natifs de celle-ci, tandis 
que Retzius a classé ses incorporés d'après le lieu de naissance de leur 
parent^j, ce qui est évidemment plus rigoureux au point de vue ethnique. 

En reportant les chiffres de Retzius sur ma carte, je trouve 
que dans l'île de Gottland et dans la province de Harjedalen, la taille 
est au dessus de 1725 millimètres, (1727 et 1726 mm. respectivement), 
et dans une seule province seulement (Lappland, où l'on peut suspecter 
le mélange de sang Lapon et Finnois) elle est au-dessous de 1 m. 70 
(1691 mm.). Dans tout le reste de la Suède, la taille moyenne par 
provinces ne varie qu'entre 1723 millimètres (HelsîVigland) et 1701 milli- 
mètres (Blekinge). C'est presque de l'uniformité, qui se traduit 
d'ailleurs très nettement sur la carte. En adaptant les coupures de 
la taille plus petites que celles de ma carte, on s'aperçoit (voy. la carte 
N<> 1, de l'ouvrage de Retzius) que les hautes tailles sont groupées 
dans les provinces de Hœrjedalen , Jœmtland, Angermanland, 
Medelpad, Heelsingland et Gfîestrikland,bref dans cette région que Ton 
appelle Nordland, sauf le Lapland où la population est mêlée avec les 
Finnois et les Lapons; puis sur les côtes N.-O. (Bohuslan, Dalsland) 
et N.-E. (Sœdermanlan.d) de la région appelée Gothland, ainsi que dans 



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72 ASSOCIATION FRANÇAISE POUR L'AVANCEMENT DBS SCIENCES 

les îles (Oeland, Goltland). La carte N® 2, de l'ouvrage de Retzius, 
représentant la proportion de grands (au-dessus de 1700 mm.) 
confirme cette répartition, sauf qu'elle fait pénétrer les grandes tailles 
plus dans l'intérieur, dans les coins N.-E. et N.-O. du Gothland, 
et dans le S.-O. du Svealand (province de Varmland). Elle ressemble 
d'ailleurs beaucoup, tout en accentuant en général la prépondérance 
des hautes tailles, à la carte de Hultkrantz (96) p. 14. La seule diffé- 
rence importante, c'est que sur cette dernière, les hautes tailles se 
répandent presque dans l'Uppland, et par contre l'île d'Oeland est 
marquée avec les hachures de la faible proportion de hautes statures. 
Pour les Suédois de la Finlande, voy. le Supplément (chôp. Finnois 
occidentaux). 



Danemark 

Longtemps, il n'a été publié pour le Danemark aucune indication 
détaillée sur la taille en dehors du chiffre global de 1694 millimètres, 
donné par Baxter (875), d'après les mesures sur 383 sujets et des 
statistiques militaires qui donnaient la taille moyenne de 1654 milli- 
mètres (en 1852-56) à 1684 millimètres (en 1891-900). 

Heureusement dans ces derniers temps, un comité spécial (Antropo- 
logiske Komité) a été créé à Kopenhague, et l'un des directeurs de ce 
comité, mon collègue et ami, le D' Sôrèn Hansen, a bien voulu me 
communiquer par anticipation les résultats qu'on a obtenu déjà en 
compulsant les registres de recrutement. D'après les notes et la carte 
manuscrite du D' Sôren Hansen (907), la taille moyenne des 
42086 conscrits appelés de 1904 à 1905, augmentée d'une certaine 
quantité calculée d'après les expériences sur la garnison de 
Copenhague, et correspondant à celle des Danois adultes en général, 
est de 1691 millimètres (1). 

Les variations de province (Amt) à province ne sont pas consi- 
dérables, elles oscillent entre 1675 et 1699 millimètres. Le maximum 
se trouve à Copenhague -Ville (1699 mm.) et dans l'île de Borrnholm 
(1698 mm.), qui, topographiquement est dans les eaux suédoises de la 
Baltique. 

Etant donné cette faible amplitude de variations tout le Royaume de 
Danemark se trouve teint sur ma carte, avec la couleur représentant 
les (( grandes tailles ». 

(1) Ces lignes ont été 'déjà imprimées quand j'ai reçu le travail de 
Magkeprang (907) dont les notes de Hansen ne sont crue le résumé. 



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J. DKNIKER. — LES RACES DE L* EUROPE. — LA TAILLE EN EUROPE 73 

Si l'on tient compte des différences de taille d'un tiers de centimètre, 
on s'aperçoit que d'une façon générale, la taille est plus élevée sur le 
continent que dans les îles» (sauf Bornholm). 

En effet, l'île de Sjeelland abrite une population de taille relativement 
peu élevée (1692 mm. dans la province de Copenhague campagne et 
1675 à 1688 mm. dans les autres). Les îles situées plus au Sud, 
Laaiand et Falster, ont aussi la population dont la taille moyenne ne 
dépasse guère 1680 millimètres. Dans la partie sud de l'île de Fîonie 
(Fyen), on constate une stature un peu plus élevée, tandis qu(3 dans 
sa partie nord, la taille moyenne monte jusqu'à 1694 millimètres. 

Dans la presqu'île de Jutland, c'est-à-dire dans le Danemark conti- 
nental, la taille en général est plus - élevée sur la côte Ouest 
(prov. de Ribe, Ringkjobing et Thisted, 1692 à 1694 mm.) que sur 
la côte Est (Hjorring, Aalberg, 1691 mm.; Randers, 1689 mm.). 
Elle est aussi plus élevée dans le Sud du pays (Vejle, 1695 mm., 
Ribe, 1693 mm.) que dans le Nord-Est (Randers, 1689 mm., 
Hjorring, 1691 mm., Aalberg, 1690 mm., Thisted, 1697 mm.). 



Allemagne 

Les renseignements relatifs à la taille sont très maigres pour l'Em- 
pire Germanique. S'il existe des travaux de premier ordre pour 
l'Allemagne du Sud, on doit se contenter pour le reste des données sur 
quelques petites régions. Récemment une tentative a été faite pour 
provoquer une vaste enquête anthropométrique dans toute l'Allemagne 
[ScHWALBE (903)] ; mais on ne paraît pas encore avoir abouti sur ce 
point (voy. les Rapports de la commission de « Statistique anthropolo- 
gique» au congrès des anthropologistes allemands dans: «Centralblatt 
fur Anthropologie » de 1904 à 1907). 

En attendant, je suis obligé, à mon grand regret, de laisser sur ma 
carte une énorme tache blanche pour l'Allemagne du Nord. 

Je ne donne que pour mémoire le chiffre de 1691 millimètres obtenu 
par Baxter (875) sur les 54.944 Allemands émigrés aux États-Unis 
et qui devaient provenir surtout des régions maritimes de l'Allemtigne 
du Nord (Oldenburg, Sleswig-Holstein, Hanovre, Mecklenbourg, 
Poméranie, Prusse occidentale et aussi la Posnanie). De même, cVst 
sous bénéfice d'inventaire que je cité la proportion d'individus exemp- 
tés pour défaut de taille (au-dessous de 1 m. 57) dans le contingent 
allemand en 1874-75 : 3,1 p. c, d'après Joulin [884) ; et en 1876-78 : 



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74 ASSOCIATION FRANÇAISE POUR l' AVANCEMENT DES SCIENCES 

2,9 p. c, d'après Myrdacz (887, p. 27), ainsi que la proportion de 
petits (de 1 m. 57 à 1 m. 61) dans le contingent allemand: 4,9 p. c, 
d'après Joulin. 



Allemagne septentrionale 

Le Dr. Meisner (88S, 889, 891) a étudié minutieusement une partie 
de l'Allemagne du Nord, comprenant le Sleswig-Holstein, avec 
Lauenbourg et les pays adjacents : l'île de Fehmarn, la principauté de 
Lubeok, appartenant à l'Oldenbourg (pas confondre avec la ville libre 
du même nom), le cercle (Regierungs-Bezirk) de Stade dans la pro 
vince de Hanovre sur la rive gauche de l'Elbe, et enfin les villes libres 
de Hambourg, Lubeck et Brème avec le territoire adjacent. 

Pour le Sleswig, Meisner [883] avait utilisé les « Vorstellungs- 
lisle » oii listes de la conscription de 1876 à 1880, comprenant les 
tailles individuelles de 4.964 recrues de 20 ans, comprises entre 1 m. 55 
et 1 m. 85. Je donne les chiffres de Meisner sans aucun changement, 
quoiqu'on aurait dû les augmenter un peu, puisque les sujets au- 
dessus de 1 m. 85 ne figurent pas sur les listes, et ils doivent être nom- 
breux dans un ensemble de gens de haute taille. La taille moyenne 
ressort à 1692 millimètres, la plus fréquente à 1680 millimètres. Quant 
à la différence entre les divers districts et les groupes linguistiques, on 
peut la constater d'après la proportion des (( grands » (au-dessus de 

I m. 69) et des «petits » (au dessous de 1 m. 62), comme aussi d'après 
les chiffres de la taille la plus fréquente. En général, comme en Dane- 
mark, les « grands )) sont plus nombreux (39,6 p. c.) sur la côte Ouest 
et dans les îles qui lui font face (44,2), que sur la côte Est (36,8 p. c.) 
et dans l'intérieur (34,8 à 37,1 p. c). Cette différence coïncide avec les 
différences ethniques et linguistiques : les gens de la côte Ouest sont 
surtout des Frisons, tandis que ceux de la côte Est sont surtout des 
Danois. La taille moyenne probable (d'après la taille la plus fréquente 
augmentée d'un centimètre) serait de 1692 millimètres pour les districts 
Frisons et s'élèverait même à près de 1730 millimètres dans les îles ; 
elle doit être aux environs de 1682 millimètres dans les districts Danois 
et de 1690 millimètres dans les districts Saxons. 

Pour les autres régions qu'il a étudiées, Meisner donne les chiffres 
d'après les recrues de 20 ans, auxquels il ajoute a pour augmenter le 
nombre » les soldats des deux levées précédentes, âgés de 21 et 22 ans. 

II faudrait donc probablement diminuerles chiffres des tailles moyennes 
ainsi obtenues, mais comme je ne sais pas au juste quelle est la 
proportion des soldats ajoutés et comme d'ailleurs les sujets au-dessus 



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J. DENIKER. — LES RACES DE L* EUROPE. — LA TAILLE EN EUROPE 75 

de 1 m. 85 ne rentrent pas en ligne de compte, je laisse les chiffres ic^ls 
quels. 

La population du Holstein est plus basse que celle du Sleswig, Lîr 
taille moyenne n'y est en effet que de 1677 millimètres (d'après 
22.979 sujets mesurés), c'est-à-dire presque moyenne. La taille la plus 
fréquente est de 1670 millimètres seulement, mais le nombre île 
« grands )) (au-dessus de 1690 mm.) est cependant un peu plus élevé 
(38 p. c.) que dans le Sleswig (37 p. c), ce qui tient à la différeun- 
d'âge des sujets mesurés dans les deux régions ; cependant le nombrn 
de « petits » est le même (13 p. c.) dans les deux. La taille est encoit^ 
plus basse dans le cercle hanovrien de Stade qui se trouve de l'aufi e 
côté(àrO.) de TElbe. La taille moyenne y est de 1664 millimètres 
(d'après 2.205 sujets) et la plus fréquente de 1650 millimètres seulemetJ t. 

Dans la ville et le district de Hambourg (où la population urbciiiu' 
représente 91 p. c. du total) la taille s'abaisse encore davantage. L^^s 
1.674 sujets mesurés ont donné comme taille moyenne 1659 millimètres, 
ce qui fait rentrer les Hambourgeois dans la catégorie des « tailh^s 
moyennes » si l'on ne fait pas de réduction, et même dans la catégorie 
des (( petites tailles « si Ton fait une réduction de 1 centimètre (1), Ln 
taille la plus fréquente est cependant de 1670 millimètres; mais le 
nombre de grands tombe à 31 p. c. et celui de petits monte a 
22 p. c. (2). 

Si Ton entre un peu en détails, en considérant la population \mv 
provinces, on remarque que dans le Holstein comme dans le Sleswsfi: 
la taille est plus élevée : dans les îles que sur les côtes, sur les côU's 
que dans l'intérieur, sur la côte Ouest que sur la côte Est. Cette répiw 
tition coïncide comme au Sleswig avec celle des éléments ethniquf^s : 
Frisons, dans les îles et sur la côte; et dans l'intérieur Danois dans le 
Nord et Slavo-Saxons dans le Sud. Dans le pays de Stade la taille 



(1) F^ar une erreur regrettable la rc^gion de Hambourg a été teintée sur mu 
carte en bleu foncé (très grandes tailles) au lieu de l'être en bleu très cher 
(tailles moyennes). 

(2) C'est une démonstration qui va â rencontre du dire de M. Ammon ; lu 
population d'une ville n'est pas toujours plus grande que la population lirs 
campagnes qui l'environnent. Par contre, les deux aulres villes hanséatique^p 
Lubeck et Brome, accusent une population plus haute que celle même du 
Holstein. Cela tient à ce que la taille de Lubeck est donnée par Meisner ensemhln 
avec celle du district rural (ancien duché) de Lauenbôurg, et à d'autres causLis 
encore. La taille moyenne des 737 sujets de Lubeck est de 1686 millimètres, 
celle de 577 sujets de Brème de 1688 millimètres. Même avec la réduction d'un 
centimètre, ces deux régions resteraient dans la zone des a grandes taille& ji. 
D'ailleurs la taille la plus fréquente, 1690 millimètres pour les deux villes, est la 
plus élevée que Meisner ait constaté pour la totalité de la région par lui explorée. 



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76 ASSOCIATION FRANÇAISE POUR L* AVANCEMENT DES SCIENCES 

va en diminuant de la côte à l'intérieur et à mesure que Ton remonte 
l'Elbe et le Weser. 

D'après Meisner, les « grands » du Sleswig-Holstein et de Stade 
sont aussi blonds, ont la face allongée, le nez étroit et convexe, tandis 
que les « petits» sont plutôt bruns, ont la face élargie et le nez large et 
droit. 

Meisner (891) a examiné également environ 5.500 recrues (de 
20 ans?) du Grand Duché de Mecklembourg et leur a trouvé la taille 
moyenne de 1680 millimètres et la taille la plus fréquente del670railli- 
mètres, chiffres voisins ou identiques à ceux du Sleswig-Holstein. 

Quant à la répartition par districts on ne peut s'en faire une idée que 
par la proportion des « grands » (au-dessus de 1 m. 69) et des (( petits » 
(au dessous de 1 m. 62), l'auteur ne donnant pas de moyennes par 
districts. D'une façon générale, la taille est haute dans les districts 
maritimes ; mais elle y va cependant en diminuant presque régulière- 
ment de l'Ouest à l'Est. 

Je n'ai pas d'autres renseignements sur la taille en Allemagne sep- 
tentrionale. Mais d'après ce qui vient d être dit on peut présumer que 
la taille doit être haute ou très haute dans l'Oldenbourg et le Hanovre 
occidental ; haute ou moyenne dans le reste du Hanovre, moyenne 
dans te nord de Brandenbourg avec, peut-être, une traînée de petites 
tailles dans la vallée de l'Elbe. D'une façon générale, la taille doit 
diminuer dans cette partie de l'Empire Germanique en allant du Nord 
au Sud et de l'Ouest à l'Est et. peut-être, secondairement, de la basse à 
la moyenne vallée de l'Elbe. Les travaux futurs démontreront si je me 
trompe ou non. 

Allemagne centrale 

Je n'ai pour celte partie de TEmpire Germanique que les renseigne 
ments, assez vieillis, sur le Royaume de Saxe, cités par J. Bertillon 
dans son article (( Taille)) [(888), p. 601] et des données sur de petits 
districts de la province Rhénane et de la Saxe prussienne avec le duché 
de Schwarzbourg. 

Dans la province Rhénane M. Kruse (900) a mesuré 300 recrue§du 
district d'Andernach, situé au nord de Coblence et célèbre par ses 
restes préhistoriques qui vont du quaternaire à l'époque Carlovin- 
gienne. Il leur a trouvé une taille moyenne de 1666 millimètres. 
Quoique ce chiffre ne se rapporte qu'au district, ou peut supposer qu'il 
peut représenter à peu près la taille de la circonscription (Regierungs- 
kreise) de Coblence tout entière. C'est ainsi que je l'indique sur ma 



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J. DENIKER. — LES RACES DE l' EUROPE. — LA TAILLE EN EUROPE 77 

carte avec la teinte correspondante à la taille moyenne (de 1650 à 
1675 mm.). 

Passons plus à l'Est, dans la province prussienne de Saxe. M. Reis- 
GHEL {889) avait extrait des registres de présentation (Vorstellungs- 
liste) des trois cercles : Erfurt, Weissensee et Eckartsberga, pour la 
période de 1873-82, les mesures suivantes se rapportant aux soldats 
de 20 à 23 ans, et par conséquent devant être réduites d'un centimètre. 

La taille dans tous les trois cercles, avec ou sans réduction d*un cen- 
timètre, se trouve dans les limites des (( taillés moyennes » {1654-1670 
mm.) ; elle a la tendance à s'abaisser régulièrement de TOuest à l'Est : 
Erfurth 1670 millimètres, Weissensee 1667 millimètres, Eckartsberga 
1667 millimètres (sans réduction). Comme le cercle d'Erfurth est 
enclavé entre les duchés de Saxe-Weimar et de Saxe-Coburg-Gotha, 
et comme d'autre part les cercles Weissensee et Eckartsberga se trou- 
vent immédiatement au nord du duché de Sàxe-Weimar, je me suis 
permis de teindre, de la même couleur que ces cercles, le territoire deà 
deux duchés Saxons. Je suppose que la moyenne des tailles n'y doit 
pas être en dehors des limites 1650-1675 millimètres. Cette indication a 
pour moi une certaine valeur parce que ces deux petits États ont été 
très bien étudiés au point de vue de l'indice céphalique et de la pyg- 
mentation [voy. Deniker (899), p. 53]. D'ailleurs, la supposition que 
les états saxons en question ont une « taille moyenne » est confirmée 
par ce fait que le cercle de Sonneberg dans le Saxe-Meiningen, situé 
tout à fait au Sud de ces états, à la frontière bavaroise, offre une taille 
moyenne de 1659 millimètres d'après les mesures sur 464 sujets com- 
muniquées par KiRGHHOFF (884), 

Ce dernier chiffre nous indique aussi que la taille est plus petite au 
Sud d'Erfurth. Elle est au contraire plus grande au Nord de ce cercle. 
En effet, d'après le Dr. Baerwinkel (905), qui a mis en œuvre les me- 
sures de 9.608 conscrits de la principauté de Schwarzburg-Sonders- 
hausen, pour la période 1872-1901, la taille moyenne dans cette princi- 
pauté est de 1671 millimètres. Je transporte ce chiffre sur ma carte. Il 
faut remarquer cependant qu'au lieu de se servir de « Vorstellungslisten » 
(listes de présentation), cet auteur a utilisé les « Grundlisten » (listes 
fondamentales de la conscription) qui donnent les tailles de tous les 
conscrits, avec différentes corrections et adjonctions; elles portent 
notamment, depuis quelque temps, les indications de la taille même 
pour les sujets ayant moins de 1 m. 54 (taille réglementaire). 

Tenant compte de ces renseignements on devrait majorer d'un 
centimètre la taille moyenne, 1671 millimètres, donnée par Baerwinkel. . 
On a ainsi pour toute la principauté de Schwarzburg-Sondershausen la 
taille de 1681 millimètres, qui range sa population parmi celles de 



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78 ASSoeumoK française pour l'avancement des sciences 

« grande taille ». D'autre parl> la taille paraît s'y abaisser de l'Ouest à 
TEst. En effet dans la partie Ouest ou plui6t à l'Ouest du fleuve Helbe 
(affluent de gauche de Unstrut, qui se jette dans ia Saale), on compte 
deux districts où la taille est de 1690 à 1720 millimètres (saos augmen- 
tation d'un centimètre comme pour les autres chiffres qui saÎTêat^ et 
un seul où elle est au-dessous de lfi40 millimètres, tandis que dan» la 
partie Est (à l'Est du fleuve) on compte trois districts où la taille tombe 
au-dessous de 1640 millimètres. 

A l'Est du pays de Thuringe, que je viens d'examiner, en pleine 
Saxe prussienne, Kirchhof (882 ei 892-93) nous donne des renseigne- 
ments sur les cercles Mansfelder-Seekreis (à l'Ouest de la Saale), Saal- 
kreis (à l'Est de ce fleuve) et du cercle urbain de Halle (sur les deux 
rives de la Saal^). 11 a collationné les chiffres des listés de conscription 
(Aushebungslisten) de la période 1872-1889, comprenant tous les 
conscrits depuis ceux qui ont une taille de 1520 millimètres. Comme la 
taille de ceux qui sont plus petits n'est pas indiquée, Kirchhof les 
compte tous comme ayant 1520 millimètres. D'ailleurs leur nombre ne 
dépasse probablement pas 1 p. c. Le résultat final ne doit pas différer 
beaucoup de la réalité. En tout cas j'ajoute un centimètre aux chiffres 
de Kirchhof qui sont les suivants : 

Pour 2.812 conscrits du Mansfelder-Seekreis: 1653 millimètres. Pour 
2.637 de Saalkreis : 1648 millimètres" et pour Halle 1652 millimètres, la 
moyenne générale des trois étant de 1652 millimètres, soit avec la cor- 
rection, 1662 millimètres. On remarquera que, même avec la correc- 
tion, les chiffres des cercles saxons sont au-dessous de ceux de la 
Thuringe. De plus, la taille s'y abaisse également en allant de TOuest 
à l'Est : à l'Ouest de la Saale, la taille est de 5 millimètres plus hçiute 
qu'à l'Est. 

Voici d'ailleurs, sous forme de tableau, toutes les mesures de la 
région Thuringo-saxonne et où les unités administratives sont rangées 
de l'Ouest à l'Est et du Nord au Sud (voy. p. 79). 

La diminution de la taille du Nord au Sud et de l^Ouest à l'Est ressort 
moins nettement des chiffres corrigés que des chiffres non corrigés, 
néanmoins elle est accentuée partout. 

Cette diminution de la taille n'est due ni à la situation géographique, 
qui est la même pour les deux régions, ni aux différences d'altitude puis- 
qu'on l'observe au bas des vallées comme aux sommets des collines, ni 
aux conditions sociales, qui devraient agir en sens inverse puisque lé 
pays de Halle est plus riche que la Thuringe. La différence est donc 
due uniquement aux causes ethniques. Les Slaves (Vendes) sont très 
nombreux encore dans le district de Saalkreis (le plus oriental de la 
région examinée) et les traces de leur existence sont de plus en plus 



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J. DENIKER. — LES RACB5 D» L* EUROPE. — LA TAILLE EN EUEOPG 79 





TAILLE MOYENNE EN MILLIMl^TRHS 


TERRITO IRES 








Sans correction 


avec correrïicrn 


Groupe de l'Ouest : 


• 




(N) SchwarzburgSondershausen 


1.671 


1.681 


(G) Erfurth (Thuringe) 


1.670 


1.66U 


(S) Sonneberg (Saxe-Meining.). 


1.659 


1.651^ 


Moyenne de ces trois unités admi- 






nistratives 


1.670 


1.67Û 


Puis, en allant de l'Ouest à l'Est 






Weisensee (Thuringe). , . 


1.667 


1.657 


Eckartsberga 


1.664 


1.654 


Mansfelder-Seekreis 


1.653 
1.652 


1.663 
\M2 


Halle s. S 


Saalkreis 


1.648 


1.658 





rares à mesure que l'on s'avance vers l'Ouest. Les Vendes actuels ^tant 
petits, comme les Polonais et peut-être une partie de Tchèqm^t^, ly 
diminution de la taille ne peut s'expliquer que par le mélangt^ rie c^t 
élément dans la population actuellement allemande. C'est tellr^ïnent 
vrai que dans les districts de la Thuringe les communes où la taille 
est la plus basse sont celles qui portent des noms slaves. 

Passons à la Saxe royale, dans l'extrême Est de l'Allemagne centrale. 
D'après les statistiques officielles de recrutement pour les immjes 
1852 54, données par Bertillon (voy. plus haut) j'ai calculé la tailla 
moyenne approximative pour chacun des cercles composant le 
Royaume de Saxe(l). Cette taille se rapportant à la totalité des con^i-rits 
de 20 à 21 ans doit être augmentée de 1 centimètre pour avoir la 
taille réelle. 

La taille est petite dans le Royaume (1640 mm. avec com^ctiou; 
proportion de ((grands» 15,3 p. c.) et elle s'abaisse surtout dans le 
cercle de Bautzen (1638 mm.), peuplé des Vendes, slaves germanises 
ou non (voy. carte : 46 et 46') ou de leurs métis avec les Allemands ; et 
dans celui de Zwickau (1632 mm.) où à la présence des éléments slM%^tîs 
germanisés se joint encore, comme cause d'abaissement, le ^^rand 

(1) Ce calcul a été fait d'après le nombre des individus de chaque catégorie rit; 
tailles espacées de deux centimètres et demi environ. Les individus de h\ caté- 
gorie au-dessous de 1557 millimètres sont supposés avoir la taille moyctuip de 
1 m. 50 et ceux de la catégorie au-dessus de 1783 millimètres, la taille de 1 m. lïJÛ. 



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80 ASSOCIATION FRANÇAISE POUR L'AVANCEMENT DBS SCIENCES 

nombre d'ouvriers de fabriques et des mines. La province de Leipzig a 
la taille de 1644 millimètres, et celle de Dresde, 1646 millimètres. 

Il est possible que la taille moyenne ait augmenté en Saxe depuis 
1854, comme dans la plupart des pays de l'Europe occidentale, mais 
n'ayant pas de chiffres on ne peut rien affirmer, et je laisse sur ma 
carte la Saxe royale avec la teinte correspondant aux « petites tailles » 
(1625 à 1649 mm.) (1) 

En l'absence d'autres documents quelles prévisions peut-on tirer des 
quatre « sondages » que je viens de décrire pour la distribution de la 
taille en Allemagne centrale ? Comme dans le Nord de l'Allemagne, la 
taille doit y diminuer en allant de l'Ouest à l'Est et peut-être du Nord 
au Sud. En Westphalie, la taille est probablement « grande » ou 
«moyenne» (voy. ci-dessous); dans le reste, sauf peut-être une 
partie de la Saxe, elle doit être « moyenne ». 

Allemagne orientale 

Aucun document n'étant publié pour cette région, je ne puis donner 
qu'une vue hypothétique, que me suggèrent les faits positifs constatés 
dans les pays environnants. Les populations' lithuaniennes de la 
Prusse orientale, germanisées ou non, doivent être « grandes » comme 
leurs frères de race en Russie (voy. plus bas). Les populations polo- 
naises (germanisées ou non paf la langue) de la Prusse orientale, de la 
Prusse occidentale, de la Posnanieet de la Silésie, ainsi que les Vendes 
de cette dernière province et de Brandenbourg doivent être « petits » 
ou même (( très petits ». Les habitants allemands de la Poméranie doi- 
vent être « grands » ou « moyens » ; ceux de Brandenbourg oriental et 
de la Prusse occidentale « moyens » ou même « petits » à cause du voi- 
sinage des Kochoubes et des Vendes. Enfin les Allemands de la Silésie 
doivent être plutôt « petits », étant donné qu'ils sont entourés de tous 
les côtés par des populations de « petite » ou (( très petite » taille : 
Vendes et Saxons au Nord Ouest, Tchèques et Moraves de « petite 
taille » à l'Ouest et au Sud, Polonais à l'Est et au Nord-Est. 

D'ailleurs, ce qui vient d'être dit est confirmé par le renseignement 
ancien, mais ayant encore de la valeur, que je trouve chez Boudin 
{86S, t. X, p. 40) : en Prusse, d'après les données du recrutement de 
1831-39, le nombre des exemptés était à son minimum en Westphalie 
(7,5 p. c.) et à son maximum en Silésie (33,9 p. c). 

(l) Ma carte a été tirée quand j'ai reçu l'ouvrage de Mackeprang où celui-ci â 
calculé, d'après les données du recrutement pour 1899-905, comprenant 
105.036 conscrits, la taille moyenne en Saxe, qui est de 1655 millimètres, soit 
de 1 centimètre et demi supérieure à celle que j'ai trouvée pour ma part. 



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' nu*^* . -' ■ 



J. DENIKER. — LES RACES DE l' EUROPE. — LA TAILLE EN EUROPE 81 



Allemagne méridionale 

Grand Duché de Bade, — Ce n'est que pour mémoire que je rappelle 
ici le travail de Ecker (876) et la première étude d'AMMON [894) sur la 
taille des conscrits badois, car tous les deux sont amplement surpassés 
par l'ouvrage capital d'AMMON (é?99), basé sur les observations et les 
mensurations de 27.773 conscrits appelés, prises de 1887 à 1894 par 
0. Ammon lui-môme, sauf pour quelques districts du nord où les 
mesures ont été prises par Wilser. 

Gomme ces appelés ou ajournés de 20 à 22 ans ont été mesurés tous, 
y compris même les nains de 1 m. 30, il faut majorer d'un centimètre, 
suivant ma règle (p. 4) les chiffres de 0. Ammon. Il faut aussi rappe- 
ler que 0. Ammon donne à part les résultats pour la population rurale 
et pour la population urbaine (1). Je ne prends ici, et je ne reporte sur 
ma carte que les données sur la population rurale, la petitesse de 
l'échelle de cette carte ne me permettant pas d'indiquer à part les rensei- 
gnements sur les villes. 

Dans cette catégorie, Ammon [899) n'a mesuré que 6.800 appelés de 
20 ans. 11 leur trouve la taille moyenne de 1652 millimètres (soit en 
augmentant de 1 centimètre, de 1662 mm.) et la taille la plus fréquente 
de 1653 millimètres (1663 mm.) c'est-à-dire presque identique au chiffre 
de la moyenne. Quant aux appelés des classes 1840-1864, étudiés pré- 
cédemment par 0. Ammon {894) d'après les listes de recrutement, leur 
taille moyenne ressort à 1640 millimètres (1650 mm.). Il y a donc eu 
une augmentation d*un centimètre de la taille moyenne dans l'espace 
de 20 ou 30 ans, comme dans beaucoup d'autres pays. La taille moyenne 
de 2.197 « ajournés » de la population rurale, âgés de 21 ans, est de 
1655 millimètres (1665 mm.), celle des 1.613 ajournés de 22 ans est 
naturellement un peu plus élevée, 1659 millimètres (1669 mm.). Pour 
être complet j'ajouterai que les 2.101 conscrits citadins accusent une 
taille moyenne de 1652 millimètres (1662 mm.), exactement égale à 
celle de la population rurale; cette taille moyenne s'abaisse à 1650 mil- 
limètres dans les petites villes et s'élève à 1654 millimètres dans les 
grandes. La taille la plus élevée des citadins n'a été déduite par 
0. Ammon que d'après la proportion de « petits » et de (( grands » qui 
est en faveur des « grands » pour les villes. 

(1) On sait, en effet, que c'est surtout ses mesures dans le Bade qui ont déter- 
miné Ammon à formuler la loi générale sur les différences somatologiques 
orientées dans un certain sens entre ces deux catégories d'habitants, lois qui, 
d'ailleurs, si elles sont vraies pour le Grand Duché et quelques autres pays, ne 
le sont pas pour la majorité des contrées européennes. 

6 



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^ I ■-- > ' 



82 ASSOCIATION FRANÇAISE POUR l' AVANCEMENT DES SQBNCBS 

En ajoutant aux conscrits ruraux de 20 ans mesurés par Ammon 
ceux du nord du pays (région de Brurhein et Pfalz badois), au nombre 
de 1.391, mesurés par Wilser (voy. Ammon, 899. p. 504) on a pour les 
8.934 conscrits de cette catégorie la distribution suivante, selon les 
districts et les « régions naturelles » établies par Ammon. Dun district 
à l'autre les moyennes ne varient qu'entre 1614 millimètres (1624 mm., 
district de Wolfach dans le Schwarzwald moyen) et 1674 millimètres 
(1684 mm., district de Wertheim, rive gauche du Mein, à la frontière 
bavaroise). Mais ces districts à taille extrême sont isolés. L'immense 
majorité des districts (43 sur 51) se rangent entre les tailles de 1650 et 
1674 millimètres (toujours après avoir ajouté un centimètre aux chiffres 
d'Ammon), c'est-à-dire se trouvent dans les limites des moyennes tailles. 

C'est pour cela que sur ma carte on voit tout le Grand Duché de Bade 
coloré en bleu clair (statures moyennes, 1650 à 1674 millimètres), sauf 
la région de Schwarzwald, très montagneuse, où la taille est petite (de 
1624 à 1649 mm.) en général. On verra tout à l'heure que la région de 
Schwarzwald dans le Wurtemberg abrite aussi une population de taille 
peu élevée. Si la carte était à une plus forte échelle on aurait pu aper- 
cevoir aussi quelques districts (7 en tout) de haute taille groupés dans 
la vallée du Rhin, notamment les districts de Lahr '1681 mm.) et 
celui de Kehl 1675 mm.\ situé en face du district alsacien de Stras- 
bourg où la taille est de 1670 millimètres (voy. p. 44 ; puis dans le nord 
est du pays, où d'ailleurs il n'y a que des districts de taille assez élevée 
1669 à 1673 mm.) : districts de Wertheim et de Buchen 1689 (mm.) (1), 
celui de Mosbach il680 mm.;, etc. Cette région est prolongée à l'est par 
la zone des tailles élevées du nord-ouest de la Bavière. 

Wurtemberg, — Pour cet état je n'ai que l'indication suivante que 
j'emprunte à l'ouvrage d 'Ammon (899, p. 79) : « D'après Stetter 
M. Ammon ne donne nulle part dans son ouvrage d'indications biblio 
graphiques^, la taille moyenne des conscrits Wurlembourgeois à l'exclu- 
sion de ceux qui sont au-dessous de 1432 millimètres est de 1661 mil 
limètres. Pour les années 1876 1878, von Hoelder donne la taille de 
conscrits un peu moins élevée, 1651 millimètres, voisine de celle des 
Badois (2). Les hommes les plus grands se trouvent dans le Rauhe Alb 
lie Jura souabe; et les plus petits dans le Schwarzwald (3;. » 

(1) Ce chiffre diffère, pour Wertheim, de celui donné plus hadt, toujours 
d'après Ammon : je n'ai pu découvrir la cause de cette légère divergence. 

(2) Pour l'année 1903, Mackeprang calcule la taille moyenne de 1665 milli- 
mètres, d'après les mesures sur 20.019 conscrits. 

(3) Il est à remarquer que ces deux régions se touchent et que le Jura souabe 
sépare deux pays de a petites tailles » : le Schwarzwald à l'ouest et, ô Test, la 
vallée du Danube déjà dans les limites de la Bavière. LesSouabes à la frontière 
est du pays doivent être grands, comme en Bavière. 



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J. DENIRBR. — LES RACES DE L* EUROPE. — LA TAILLE EN EUROPK 83 

Bavière. — Abstraclioti faite du travail, déjà ancien, de Majer {862), 
sur la taille dans la Franconie moyenne, et des quelques donnéf^ï? que 
l'on trouve dans le livre de Hoefer (891) sur la région de l'Isar, tout 
ce que Pon sait sur la stature des Bavarois se réduit au méniûire de 
Ranke (881). Ce savant a fait des calculs d'après les feuilles de recru- 
tement pour 1875, comprenant les mesures de 4.532 conscrits appelés. 
Il ne donne pas de moyennes, mais pour chacun des 117 districts du 
royaume on a le chiffre de la taille la plus fréquente, et la proportion de 
« petits » (au dessous de 1 m. 62) etde «grands » (1 m. 70 etaudessusl. 
J'admets qu'en Bavière les chiffres des tailles les plus fréquentes wv. se 
cartent que de quelques millimètres de ceux de la taille moyenne, 
comme dans le Grand Duché de Bade (voy. p. 81). D'ailleurs, Lafouge 
[894) et Lehmann-Nitsche (896) admettent également cette concor- 
dance. 

Ceci dit, en majorant d'un centimètre les chiffres de Ranke (ohtônus 
d'après les mesures sur tous les conscrits depuis les nains de 1 \\\. 15 
jusqu'aux géants de 1 m. 92) voici quel est le tableau de la distribution 
des tailles en Bavière (voy. la carte et le cartouche). La taille In plus 
fréquente varie selon les districts, de 1 m. 57 (district de Schwali^ li) à 
1 m. 73 (premier district de Bamberg). Mais si l'on prend la m^jy^^niie 
des chiffres de chacun des 142 districts ruraux on obtient le chitTrc de 
1646 millimètres (1656 mm.) qui, probablement, représente le Inille 
moyenne des Bavarois (1). Si Ton considère les districts (voy, le uar- 
touche), on a devant soi une véritable mosaïque. Néanmoins, on dis- 
tingue déjà certains groupements de districts de hautes tailles dan^ le 
nord-ouest, le sud-est et le sud du pays ; et un autre groupement de 
petites tailles dans la vallée du Danube et dans celles de ses aftlmuits 
de droite (Inn, bas Isar, Lech) et de gauche (Naab et les rivièriss du 
Jura de Franconie). 

Si l'on groupe les districts de façon à former deux régions dans (cha- 
cune des sept grandes provinces de la Bavière on obtient ce que Vow 
voit sur la carte principale, où la teinte conventionnelle représi^ntti It* 
territoire occupé par les gens de telle ou telle stature moyenne déduite 
des statures moyennes des districts qui compose ce territoire. 

On a ainsi les régions suivantes : 

Dans la Basse-Franconie (N.-O. de la Bavière) : une partie otcklen- 
tale (basse vallée du Mein) où la taille moyenne est assez élevée : 
1670 millimètres (en augmentant, comme pour toutes les donnéù,s qui 



(1) Le plus grand nombre de districts (123) offre la taille de 1 m. 62 ô 1 jn, t)3 ; 
viennent ensuite : IG districts avec la taille de 1 m. 61 à 1 m. 62, et 15 auti(.:s uvec 
la taille de 1 m. 67 à 1 m. 68. 



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84 ASSOCIATION FRANÇAISE POUR L* AVANCEMENT DBS SCIENCES 

suivent, de 1 centimètre les chiffres de Ranke), et une partie orientale 
(vallée moyenne du Mein), où elle est petite : 1649 millimètres. 

Dans la haute Franconie (N.-E. delà Bavière) : une partie occiden- 
tale (Haute vallée du Mein), où la taille est de nouveau très élevée : 
1677 millimètres ; et une partie orientale (région de Hof ) où elle est 
franchement petite : 1637 millimètres (un distr. y est teint en >âolet, 
par erreur), sauf dans le district de Fichtelgebirg. 

Pour le Haut Palatinat (au sud de la province précédente) on a : la 
région de la vallée de Naab, où la taille est petite (1636 mm.) et les ré- 
gions montagneuses qui lencadrent à Touest (Jura Franconien) et à 
lest (Oberpfalzerwald) et au nord (Fichtelgebirg) où la taille moyenne 
varie de 1 m. 65 à 1 m. 67. 

Dans la moyenne Franconie (à l'ouest de la province précédente), on 
a aussi deux régions : au JNf.-O. le haut plateau où la taille moyenne 
est de 1671 millimètres ; au S.-E. les basses vallées de TAltmuhl et du 
Regnitz, où elle est beaucoup plus basse : 1634 millimètres. La 
moyenne de ces deux chiffres, 1652 millimètres, est supérieure à celle 
que donne pour cette province G. Majer (866) et qui est de 1 m. 63 
d'après les mesures sur 12.740 « incorporés » âgés de 21 ans. Peut-on 
expliquer cet écart par la différence des époques où ont été prises les 
mesures ? Depuis 1866 la taille des conscrits en Bavière comme partout 
ailleurs en Europe occidentale, a pu augmenter d'un centimètre, mais 
il peut y avoir d'autres causes de divergence. 

Passons maintenant dans la moitié sud du pays. Pour la Haute 
Bavière on distingue nettement deux régions : 1<> au Sud, la région 
montagneuse, séparée par la trouée de Tlnn (district de Rosenheim, 
petite taille) en deux parties : une à TOuest, peuplée de gens de 
haute taille (1687 mm. en moyenne) ; et une autre à Test, peuplée de 
gens de taille moyenne (1671 mm.). 2<* Au nord, la région des plaines, 
comprenant les basses vallées du Lech, du Paar, de Tlsar et de TAlz, 
où la moyenne de la taille descend à 1634 millimètres. Plus au nord, 
dans la basse Bavière, on constate que les districts de la rive gauche 
du Danube, montagneux (Bayerischer Wald) offrent une taille assez 
élevée (1670 mm. en moyenne), tandis que ceux de la rive droite va- 
rient pour la taille entre 1645 millimètres (vallée de l'Isar) et 1655 mil- 
limètres (pays moutonné situé plus à Test). Enfin en Souabe, deux 
régions se dessinent également : la partie basse au nord (vallée du 
Danube et du bas Lech), avec la taille moyenne de 1637 millimètres; et 
la région montagneuse au sud, où prennent leur source plusieurs des 
affluents de droite du grand fleuve ; la taille moyenne y est la plus éle- 
vée de toute la Bavière, 1700 millimètres en moyenne (sur la carte on 
voit trois groupes de 3 à 5 districts chacun et ayant respectivement 



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J. DENIKER. — LES RACES DE l'EUROPE. — LA TAILLE EN EUROPE 85 

de Test à l'ouest : 1 m. 65, 1 m. 71 et 1 m. 68 comme taille moyenne). 
La répartition des « hautes » et des « petites » tailles confirme relie 
distribution générale, en y apportant quelques correctifs qui nous 
permettent de formuler ainsi qu'il suit la distribution des différentt^s 
tailles en Bavière : Les hautes tailles prédominent dans toutes les 
régions montagneuses qui limitent la Bavière au Sud (Alpes Bava- 
roises et Alpes d'Algau), à l'Est (forêt Bavaroise) et au Nurd 
( Fichtelgebirg et Spessart); tandis que c*est dans la plaine du Danube. 
que le nombre de petites tailles est le plus considérable (1). 



Autriche-Hongrie et Russie en général 

Jusqu'à présent j'ai suivi dans mon exposé l'ordre établi dans tu on 
premier mémoire sur Tindice céphalique (Deniker, 899) ; je dois y 
introduire un paragraphe additionnel pour examiner la taille en Ah 
triche-Hongrie et en Russie dans l'ensemble de chacun de ces Vi^sltis 
Etals, avant de passer à l'examen de chacun des peuples ou groupais 
ethniques nombreux dont se compose leur population. 



Autriche-Hongrie 

Il suffira de résumer ici les données que fournissent les ouvrag^^s de 
GoEHLERT (881) et de Myrdacz (887), sur l'ensemble du contingent de 
l'armée Austro-Hongroise. Le premier de ces travaux donne la dl>{v[ 
bution, dans les 80 districts militaires ou (( Ergaenzungsbezirken » hfiii 
coïncident le plus souvent avec les divisions administratives ou eHnio 
graphico-linguistiques), de 1.520.000 conscrits de 20 à 23 ans, d\*[fM ?> 
les registres de recrutement pour les années 1870-73; cette distriLTiUnii 
est faite suivant les 8 catégories de tailles moyennes, établies entre Ifi 
taille de 1608 millimètres et celle de 1700 millimètres avec des iiilt^i - 
valles de 13,2 millimètres (2). La taille moyenne de chaque grnupti 

(1) Doit-on attribuer cette distribution aux différences de race ou aux condi- 
tions d'existence? M. Ranke penche plutôt pour la seconde supposition^ m 
effet, on voit, par exemple dans les régions montagneuses du Sud, des SourIh-tj 
des Alamannes et des Bavarois présenter presque le même nombre d'individus 
de haute taille, tandis que, dans les plaines du Danube, les mêmes popuJaJJMUs 
présentent le maximum d'individus de petite' taille. Mais on peut objecter [ne 
ces peuples unis par la langue peuvent être composés de races diverses. 

(2) L'auteur dit que dans les registres en question les groupes des taille^^ liu 
dessous de 1554 millimètres et au-dessus de 1710 millimètres sont donner- ih 
bloc (sans indication du nombre de sujets pour chaque taille de centimôtrr vu 



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8d association française pour l avancement des sciences 

ethnique n'est pas donnée dans le travail, mais on y trouve Tindication 
delà place qu'occupe ce groupe dans telle ou telle catégorie de tailles. 
Ainsi, par exemple, si un groupe ethnique se trouve dans la catégorie 
désignée par le chiffre 1674 millimètres, il peut avoir de 1667 à 1680 
millimètres comme taille moyenne. Voici d'ailleurs la concordance 
approximative des 8 groupes de Goehlert avec ma nomenclature : les 
1®' et 2® groupes (taille moyenne de 1608 et de 1620 mm.) représentent 
ma « très petite taille » ; le 3® et le 4« groupes (1633 et 1646 mm.), ma 
« petite taille » ; le 5« et le 6« groupes (1659 et 1674 mm.) correspondent 
à ma « taille moyenne », le 7® groupe (1687 mm.) à ma « grande taille », 
et le 8® (1700 mm.) à ma « très grande taille ». 

D'une façon générale, c'est dans la partie ouest de l'Auslro-Hongrie 
que se groupent les tailles élevées, tandis que les petites statures 
se trouvent dans la partie est. 

Le maximum est atteint dans le Sud-Ouest du pays où la taille est 
(( très grande » (Dalmatie) ou « grande » (Istrie) ; par contre, le mini- 
mum se trouve dans le Nord-Est, où la taille est (( très petite » (la Ga- 
licie, le coin Nord Ouest et le centre de la Hongrie) (1). Entre ces deux 
extrêmes on trouve la « taille moyenne » à l'ouest et la « petite taille » 
au centre du pays. Les a tailles moyennes » forment en effet une zone 
ininterrompue comprenant toute la Slavonie-Groatie, avec les districts 
hongrois adjacents, notamment ceux de Neusatz et de Zombor (Bacs- 
Bodrog) où vivent côte à côte Serbo-Croates, Allemands, Ruthènes et 
Magyars; puis la Carniole, le nord de Tlstrie, le sud de la Styrie, la 
Carinthie, le Tyrol, le Salzbourg, l'ouest de la Haute Autriche et enfin 
la Bohême, sauf sa partie nord-est le long de Sudetes, où la taille 
est petite. 

Le reste de l'Austro- Hongrie, sauf deux îlots de « tailles moyennes » 
(district de Vienne dans la haute Autriche et celui de Kremsier en Mo- 
ravie habité par les Tchèques « Hanaks » ou (( Valaques ») est occupé 
par les populations de petites tailles. 

Si l'on considère les populations au point de vue linguistique et 
ethnographique, voici comment on devrait les classer d'après Goehlert, 
par ordre décroissant de taille : Dalmatiens, Serbes et Slovènes, Alle- 
mands et Tchèques, Roumains, Ruthènes et Slovaques, Magyars, 
Polonais. 



centimètre). 11 ne mentionne pas s'il a rejeté ces groupes de ses calculs de 
moyennes ou s'il leur a attribué une moyenne conventionnelle ; aussi me 
contenterai-je de donner ces chiffres tels quels, tout en supposant qu'ils sont 
plutôt au-dessous de la réalité. 

(1) Cette répartition ne correspond pas exactement ô celle qui figure sur ma 
carte, construite, en bonne partie, d'après d'autres données. 



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J. DENIKER. — LES RACES DE L* EUROPE. — LA TAILLE EN EUROPE 87 

Le livre de Myrdagz (887) contient plusieurs indications relatives 
à la statistique de la taille de 8.006.680 conscrits des « trois premières 
classes d'âge » (20 à 22 ans) mesurés pendant les périodes de recrute- 
ment de treize années consécutives de 1870 à 1882. 

On n'y trouve pas des moyennes, mais seulement l'indication du 
nombre de « très petits » ou exclus pour défaut de taille (au dessous de 
1554 mm.), de « petits » (1554 à 1600 mm.), de « moyens » (1605 à 
1700 mm.) et de « grands » (1705 mm. et au-dessus), groupés d'abord 
d'après les grandes circonscriptions militaires (Generalcommandn), 
puis d'après les 80 districts militaires (Ergaenzungsbezirk) plus les i 
districts maritimes. 

En somme les divisions de Myrdacz ne concordent pas aVec les 
miennes : ses (( très petits » et « petits » rentrent dans ma catégorie 
u d'excessivement petits » et ses « moyens » comprennent toutes mes 
autres divisions, sauf les « très grands » et les (( excessivement grands » 
qui rentrent dans sa division des (( grands ». Néanmoins les chiffres 
qu'il donne sont intéressants car ils permettent la comparaison entre la 
taille des différentes populations et c'est pour cela que je m'y arrête un 
peu longuement. D'ailleurs, les chiffres et les cartes de Myrdacz confir- 
ment le tableau que j'ai esquissé d'après Goehlert. 

D'une façon générale, la partie Est de l'Empire Austro- Hongrois 
offre plus de « petits » (22,4 p. c.) et de « très petits » (13,9 p. c.) que la 
partie ouest (18,3 et 12,2 p. c); inversement la proportion de «moyens» 
et surtout de (( grands » est plus considérable dans l'Ouest (52,3 et 17,2 
p. c.) que dans TEst (50,8 et 12,9 p. c). Si l'on considère les grandes 
divisions militaires (Generalcommanden) on constate que les grandes 
tailles dominent dans celles du Sud-Ouest : Zara (Dalmatie), Triest 
(littoral de l'Istrie) où les (( très petits » ou exemptés pour défaut de 
taille ne forment que 5,4 et 5,5 p. c. de la totalité des conscrits, tandis 
que les grands sont représentés respectivement par 39,9 à 24,5 p, c. 
Par contre, dans le nord-est, dans les divisions de Gracovie (Galicie 
occidentale) et de Lemberg (Galicie orientale et Bukowine) les très 
petits forment respectivement 25,1 et 20,1 p. c. du contingent, tandis 
que les grands n'en forment que 10,3 et 10,6 p. c. 

Entre ces extrêmes, les «Generalcommanden » se rangent ainsi qu'il 
suit par ordre croissant de « très petits » : Innsbruck (Tyrol), Prag 
(Bohême), Agram (Croatie-Slavonie) et Gratz (Styrie, Garinthie et Car- 
niole) que l'on peut considérer comme pays de « moyennes tailles » 
(nombre de « très petits » : 6,7 à 7,7 p. c. ; celui de« grands )) 20,8 à 
24,4 p. c); viennent ensuite Brûnn (Moravie et Silésie), Vienne (Basse 
et Haute Autriche avec Salzburg), Budapest (Hongrie) et Hermann- 
stadt (Transylvanie) que l'on peut considérer comme des pays de tailles 



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88 ASSOCIATION FRANÇAISE POUR L AVANCEMENT DES SCIENCES 

petites (proportion de (( très petits » : 9,5 à 15,7 p. c. ; celle de (( grands » : 
11,8 à 18,5 p. c. (1). L'étude de 1.601.842 « incorporés» (Myrdagz, 
p. 31) amène au même résultat sauf une exception (Zara). 

Si maintenant on considère la fréquence de différentes tailles par 
districts militaires (Ergaenzungsbezirke,) on remarque les particularités 
suivantes, en prenant comme norme les proportions déduites de Ten- 
semble du contingent et ainsi formulées: très petites tailles (au-dessous 
de 1 m. 55) 19,2 p. c, petites 20 p. c, moyennes 51,7 p. c, grandes 
15,4 p. c. Le nombre de très petites tailles varie de 3 p. c. (district de 
Spalato, Dalmatie) à 28,2 (district de Tarnow, Galicie occidentale). Le 
nombre de grands varie de 6,1 (Debreczin, Est de la Hongrie) à 45,8 
(Spalato). La carte de la répartition de « très petites tailles» que donne 
Myrdacz offre une grande analogie avec celle de la répartition de la 
taille moyenne de Goehlert. En effet les districts où ces tailles sont à 
leur minimum (3 à 5,7 p. c.) sont situés (sauf un : Vienne) à la frontière 
ouest de l'Empire ; ce sont : la Dalmatie, la côte de l'Istrie, le Tyrol, 
l'ouest de la Bohème. A cette zone se soude une auti'e, composée de 
districts qui se tiennent entre eux, sauf Budapest et Czernowitz 
(Bukowine), dans Touest de l'Empire, et où les « très petits » sont un 
peu plus nombreux (5,7 à 10 p. c). Plus à l'est se trouve ce que Ton 
peut considérer comme le territoire des tailles plutôt petites: une partie 
de la Basse Autriche (rive gauche du Danube), le nord de la Styrie, 
presque toute la Hongrie, enfin la Transylvanie, sauf quelques coins. 
La zone de vraies petites tailles se compose: du nord-est de la Hongrie, 
des coins sud-est et sud-ouest de la Transylvanie et de la partie est de 
la Galicie. 

Enfin les très petites tailles atteignent leur maximum dans l'ouest de 
la Galicie (sauf deux districts : Gracovie et Wadowice) et dans le dis- 
trict de Debreczin en Hongrie. 

La distribution de grandes tailles (1705 mm. et au-dessus) confirme 
le tableau ci-dessus; les districts où la proportion de ces tailles dépasse 
de beaucoup (24,2 à 45,8 p. c.) la proportion moyenne pour la Monar- 
chie (15,4 p. Q.) sont presque exclusivement groupés à la frontière 
ouest. A ces groupes se soude une zone de 20 districts comprenant la 
Bohème, le Salzburg, l'ouest de la Haute Autriche, l'intérieur de l'Is- 
trie, etc., où la proportion de grands (19,2 à 23,7 p. c.) se rapproche 



(1) Il est intéressant de- comparer cette succession avec celle que donne 
Pagliani, d'après la taille moyenne fournie par les statistiques de recrutement 
de 1871-73 : Zara (1701 mm.), Gratz (1672 mm.), Innsbruk (1672 mm.), Agram, 
Triest, Prague, Brûnn, Vienne (1665 à 1659 mm.), Buda-Pest et Hermanstadt 
(1646 mm.), Lemberg (1633 mm.). La moyenne pour tout l'Empire est de 
1659 millimètres. 



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J. DENIKER. — LES RACES DE L* EUROPE. — LA TAILLE EN EUROPE 89 

plus de la normale. Dans tout le reste dû pays sauf quelques districts 
situés autour du point de rencontre des frontières de la Bukowine, de 
la Hongrie et de te Transylvanie, la proportion de grands est au-dessous 
de la normale ; enfin elle tombe à 8 et 6 p. c. dans le nord-est, notam- 
ment dans presque tout Touest de la Galicie et dans les districts de 
Debreczin et de Grosswardein en Hongrie. Il est à remarquer aussi 
que les districts où se trouvent les grandes villes, Vienne, Budapest, 
Prague, offrent une proportion de « grands » beaucoup plus élevée que 
les pays environnants. L'étude des incorporés confirme ces résultats à 
une ou deux exceptions près. 

Je vais revenir sur les indications de Goehlert et de Myrdacz à pro- 
pos de la plupart des peuples de TAutriche-Hongrie pour compléter ou 
pour rectifier les données ^tirées [d'autres sources. Je donne, pour 
terminer, la succession des populations de ce pays diaprés l'ordre 
décroissant de la proportion de « grands » : Serbo-Croates, Tchèques et 
Slovaques, Allemands, Roumains, Magyars, Ruthènes, Polonais. La 
succession reste la même si l'on considère la proportion croissante de 
petits, sauf que les Magyars viennent avant les Roumains. 



Russie 

Dans un travail magistral, Anoutchin (889) a donné presque toutes 
les déductions qu'on pouvait tirer à cette époque en ce qui concerne 
la taille delà populatianderEmpireRusse,principalement d'après les 
chiffres publiés par le Comité Central delà Statistique (voy. Syrnev). 
Ce dernier document contient, entre autres, les renseignements sur la 
stature de 2.017.141 conscrits, ôgés de 20 ans, pour la période 1874-83, 
appartenant à tous les peuples de la Russie d'Europe et d'Asie, sauf 
les Cosaques, les Samoyèdes, les Kalmouks, les Kirghis et la population 
de la Finlande, du Turkestan et de la plus grande partie du Caucase. 

Les chiffres que donne Anoutchine se rapportent aux « incorporés » ; 
par conséquent ils ne devraient pas être majorés pour être utilisés ici. 
Toutefois il faut remarquer que la publication du comité central, qui a 
servi de base pour ces calculs, ne donne les chiffres des tailles qu'espa- 
cés d'un verchok (44,4 mm.). De cette façon, par exemple, tous les 
individus ayant la taille de 2 archines et 4 verchkis (1600 mm.) à 2 ar- 
chines et 4 verchkis et sept huitièmes de verschok (1639 mm.), sont 
comptés comme ayant la taille moyenne de 1600 millimètres. 

Les chiffres d'Anoutchine devraient donc être majorés d'une certaine 
quantité de millimètres et même de centimètres ; seulement, comme la 



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90 ASSOCIATION FRANÇAISE POUR L' AVANCEMENT DBS SCIENCES 

distribution des tailles n*est jamais égale dans chaque division il est 
difficile de trouver une mesure commune. Je donnerai donc les chiffres 
d'Anoutchine tels quels, en les faisant suivre, s'il y a lieu, entre paren-s 
thèses, des chiffres qui me paraissent plus probables et qui sont obtenu 
en ajoutant au chiffre de l'auteur russe une certaine quantité de milli 
mètres d'après les comparaisons avec les mesures fournies par d'autres 
observations. 

Après avoir constaté par de nombreux rapprochements et combinai 
sons, que la variation de la taille des conscrits n'est influencée en 
Russie ni par le relief du sol, ni par la nature géologique de celui-ci, ni 
par sa richesse, mais seulement par la race et, à un degré beaucoup 
plus faible, par les conditions sociales dans les centres industriels et 
par la plus ou moins grande lenteur du développement, Anoutchine 
donne un tableau d'efnsemble sur la taille en Russie que je vais résumer 
brièvement avant de parler de chacune des populations de ce pays à 
part, ou conjointement, s'il le faut, avec ses congénères de l'Autriche- 
Hongrie et de la presqu'île Balcanique. 

La taille moyenne des 2.023.416 conscrits « incorporés » de tout 
l'Empire russe est de 1641 millimètres (16t5<) mm.). Celle de la popula- 
tion de la Russie d'Europe (à Texclusion d'une partie du Caucase, de 
la Finlande et de la Pologne) est presque la môme, 1642 milliniètres 
(1650 mm.). Cela provient de ce que la taille plus basse que la moyenne 
dans la Pologne Russe (provinces Vistuliennes), 1624 millimètres 
(1635 mm.), est compensée par la taille plus élevée dans la Russie 
d'Asie avec une partie du Caucase : 1654 millimètres (1660 mm.). 

Les variations de province à province sont assez grandes et vont de 
1670 millimètres (1680 mm.), comme en Courlande, à 1617 millimètres 
(1625 mm.), comme dans la province de Piotrokov en Pologne. Si l'on 
considère, par provinces (goubernii), le nombre des exemptés par défaut 
de taille (au-dessous de 1534 mm.) ou celui de « très grandes tailles » 
(1778 mm. et au-dessus) ou bien encore la proportion de « petits » (de 
1534 à 1555 mm.) et de « grands » (1732 mm . et plus), ou enfin la diffé- 
rence entre ces deux proportions, on arrive au même résultat que celui 
obtenu par l'étude de la distribution des (( tailles moyennes ». On a tou- 
jours le tableau qui suit. 

Les tailles relativement élevées sont groupées dans les provinces 
Baltiques et dans celles du Sud de la Russie (de Kichinev à Astrakhan). 
Les basses tailles dominent dans le nord (provinces d'Arkhangel, Vo- 
logda, Viatka) et au centre du pays, où l'on remarque une zone presque 
ininterrompue de provinces à taille peu élevée qui s'étend de la Pologne 
aux provinces orientales d'Oufa et d'Orenbourg. Cette zone comprend, 
en allant de l'Ouest à l'Est, les provinces de Grodno, Minsk, Moghilev, 



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J. DENIKER. — LES RACES DE l'EUROPE. — LA TAILLE EN EUROPE 91 

Smolensk, habitées en majorité par les Blancs-RussiBns(voy.ma carte 
55 et 55'); puis celles de Kalouga, Toula, Riazan, Tambov, Pensa, peu- 
plées presque exclusivement de Grands-Russiens; enfin les province.^ 
volgaïques de Simbirsk et de Kazan, où plus de la moitié de la popula- 
tion se compose de Turco-Tatars et de Finno-Ougriens (voir les carirs 
d'AïTOFF). Des deux côtés de cette ceinture, qui traverse toute la Rtit^ 
sie, s'étendent des zones où la taille est un peu plus élevée (de 1 1 li 
15 p. c. de grands) et qui la séparent de la zone des relativem'/nt 
grands au Sud, et de celle des petits (avec les grands BaltiquesL ni 
Noï'd. Sur ma carte cette ceinture n'apparaît pour ainsi dire pas, pHJTtj 
que les « très petites » tailles d'Anoutchine (1626 à 1635 mm.) rentif^nL 
dans ma catégorie de « petites tailles » et ne se distinguent pas fuit* 
leur couleur des tailles un peu plus élevées (1636 à 1645 mm.). Vhv 
contre ma carte révèle l'existence d'un chapelet de districts à loiUe 
relativement élevée (1650 à 1674 mm.), qui s'égrène entre les provint-es 
Baltiques au N.-O. et la proviqce de Samara au S.-E. ; notammiMit 
dans les provinces de Pskov, Novgorod, Tver, Moscou, Riazan, Ton ki, 
Pensa, Simbirsk; ce fait prouverait la présence de deux éléments; 
ethniques distincts dans les quatre dernières provinces classées précé- 
demment dans la ceinture de la petite taille! Les habitants des villes r ti 
Russie sont tantôt plus grands (Saint-Pétersbourg, Moscou, Nikolon^t, 
Sébastopol) tantôt égaux de taille (Odessa) ou même plus petits [Vwf- 
sovie, Gronstadt) que les campagnards des districts environnants. Cela 
peut tenir à la présence des éléments étrangers à la localité, de grande 
taille (Suédois, Finlandais, Finnois) dans le premier cas, de petite 
taille (Juifs) dans le second (1). 

Pour terminer, j'observerai que d'après Anoutchine comme d'ej>i ^a 
d'autres observateurs, la taille des conscrits, contrairement à ce que 
Ton observe dans la plupart des pays de l'Europe, ne paraît pas se ru 
lever en Russie, depuis le dernier quart du siècle passé. Dans beaucnup 
de régions elle a même tendance à diminuer. C'est une des raisons de 
plus pour conserver la confiance aux chiffres d'Anoutchine, qui repi l^- 
sentent probablement encore l'état actuel des choses. 

AUemandâ Autrichiens 

A part les Tyroliens germanophones qui vont être étudiés à part ( vuy. 
p. 95), les données sur la taille moyenne des Allemands autrichienj? ^^■ 

(1) D'après Zakrzewski (896) les 728 conscrits Polonais ou plutôt cathoIiLjues 
de la ville de Varsovie avaient la taille moyenne de 1655 millimètres, tandis ifntt 
les 689 conscrits juifs ou plutôt Israélites n'avaient qu'une taille moyenuti il^ 
1623 millimètres ; les 36 conscrits protestants avaient la taille moyennfi di.^ 
1676 millimètres. 



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92 ASSOCIATION FRANÇAISE POUR l' AVANCEMENT DES SCIENCES 

réduisent aux meirsurations de Weisbach, qui, dans cinq mémoires 
successifs, fournit un tableau anthropométrique des soldats (de 21 à 
23 ans) allemands des provinces suivantes : Salzbourg (895), Haute 
Autriche (894), Basse-Autriche (892), Styrie (898), et Carinthie (90Ô). 
L'ensemble de ces recherches roule sur 6,596 individus. Comme il s'a- 
git de soldats de 21 à 25 ans, il faut diminuer les chiffres de Weisbach 
d'un demi centimètre. Cette rectification faite, on s'aperçoit que la 
moyenne de la taille des Allemands autrichiens est de 1674 millimètres 
et qu'elle varie de 1662 millimètres (Haute- Autriche) à 1686 millimètres 
(Carinthie). Seuls les Allemands de cette dernière province et dé la 
Styrie (1678 mm.) se classent parmi les (( grandes tailles » ; ceux des 
trois autres provinces se trouvent dans les limites des « moyennes 
tailles )) et se rangent ainsi dans l'ordre décroissant des tailles : Alle- 
mands de la Basse-Autriche (1673 mm.), ceux du Salzbourg (1671 mm.) 
et ceux de la Haute- Autriche (1662 mm.). On voit par ces chiffres que 
dans l'ensemble du territoire occupé par les Allemands en Autriche, la 
taille augmente, d'une façon générale, de Touest à Test, et du nord au 
sud. La proportion de « grands » (1700 mm. et au dessus) offre un 
ordre un peu différent : Carinthie (46,8 p. c), Salzbourg (39,5 p. c), 
Styrie (36,5p. c), Basse-Autriche (34,5 p. c), Haute-Autriche (29p. c). 

D'après Myrdacz (p. 254) la proportion de grands (1705 mm. et au 
dessus) parmi les « incorporés » est la suivante, par districts mili- 
taires : Klagenfurth (ou Carinthie, qui compte 71 p. c. d'Allemands), 
29.1 p. c. ; Vienne (partie N.-E. de la Basse Autriche), 25,4 p. c. ; Graz 
(partie N., allemande, de la Styrie), 23,3 p. c; Salzbourg (province 
Salzbourg et l'ouest de la Haute-Autriche, rive droite du Danube), 
23,5 p. c. ; St Polten (sud de la Basse-Autriche), 20,5 p. c. ; Linz (partie 
est de la Haute-Autriche et le N.-O. de la Basse-Autriche) 16,5 p. c. 

En comparant ces données avec celles de Weisbach, on voit que 
malgré la différence dans les chiffres absolus, provenant de ce que les 
uns viennent des (( incorporés » âgés en majorité de 21 ans et les autres 
de soldats âgés en majorité de 23 ans, la succession des régions reste 
la même, sauf pour le district de Vienne où l'élévation de la taille pro- 
vient de la population de la capitale et de ses faubourgs. Les Allemands 
de Salzbourg et de la rive droite du Danube se rattachent par leur 
taille assez élevée aux Tyroliens et aux Bavarois du Sud. Ceux de la 
Carinthie ont pu être influencés par les mélanges avec les Slovènes du 
même district, très hauts de stature. Pour la Basse-Autriche et la Sty- 
rie allemande les données sont contradictoires : d'après le nombre des 
(( grands » ces provinces se placent après Salzbourg tandis que d'après 
la taille moyenne elles le précèdent. Mais l'analyse de la répartition des 
tailles d'après les petites subdivisions administratives (Bezierke) donne 



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' vTc»j*«r 



J. DENIKER. — LES RACES DE l'eUROPE. — LA TAILLE EN EUROPE 93 

Texplication de cette contradiction. Le nombre considérable de 
(( grands » dans la Basse- Autriche peut provenir peut-être exclusive- 
ment du district de Vienne (1683 mm.) et des deux districts voisins où 
la population urbaine dépasse de beaucoup celle des campagnes. Quant 
aux Allemands de la Styrie on remarque que ceux du nord de cette 
province ont en moyenne 1671 millimètres de taille, tandis que ceux du 
centre et du sud ont 1680 millimètres. Cette élévation de la taille dans 
le sud peut expliquer la recrudescence des « grandes .tailles ». Elle est 
due, vraisemblablement, aux mélanges avec les Slovènes, germanisés 
ou non par la langue. En effet, la taille des Slovènes étant de 1678 niil- 
limètres (voy. plus bas), celle des Allemands de la Styrie centrale «t 
méridionale s'en rapproche beaucoup ; de plus, la taille des Allemands 
augmente à mesure que l'on avance du nord au sud, c'est-à-dire des 
districts où. les Slovènes sont peu nombreux, vers ceux où ils sont en 
majorité. Peut-être est ce aussi aux restes de Slovènes germanisés que 
doivent leur taille élevée, en Styrie. les habitants du district de Groeb- 
ming (1684 mm.), comprenant la haute vallée de l'Ems, et dans le 
Salzbourg ceux du district de Tamsweg (1676 mm.) formant la haute 
vallée du Mour. L'on sait en effet qu'avant l'arrivée des Bayouvares 
les vallées de ces deux fleuves étaient occupées en entier par les 
Slovènes. Par contre, il me semble que le district de Zell dans le 
Salzbourg qui forme la haute vallée de Salzach, et qui offre aussi une 
taille élevée (1675 mm.), doit se ratta- cher au noyau tyrolien, car ï[ 
est séparé de celui de Tamsweg par le district de St. Johan où la 
taille est relativement basse (1664 mm.), égale d'ailleurs à celle du 
district voisin au Nord, celui de Gmuenden (Haute Autriche), où se 
trouve la station préhistorique de Hallstatt. 

Les 38 soldats de 21 à 23 ans, Allemands de la Moravie, mesurés par 
Weisbach (889) avaient la taille moyenne de 1698 millimètres, soit, 
avec la réduction, 1693 millimètres, ce qui paraît être près de la vérité, 
étant donné que ces Allemands proviennent de la partie sud de la Ma- 
ravie (Brunn), adjacente aux districts à taille assez élevée de la Basse 
Autriche . 

Je ne connais pas de mensurations directes sur les Allemands de la 
Bohème et de la Silésie, mais d'après la carte de Goehlert (que j'ai 
suivie d'ailleurs pour colorier la mienne dans cette partie), ainsi que 
d'après les pourcentages fournis par Myrdacz, on peut conclure que 
les Allemands de la Bohême offrent deux types quant à la taille : ceux 
du sud-ouest et de la moitié occidentale du nord-ouest sont de taille 
élevée, aux environs de 1670 millimètres probablement. Dans le district 
d'Eger (pointe extrême de la Bohême vers l'ouest), la taille frise même 
1690 millimètres, d'après Goehlert. C'est le district où la taille 



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94 ASSOCIATION FRANÇAISE POUR L'AVANCBMBNt DES SCIENCES 

moyenne des Allemands autrichiens atteint son maximum. Par contre, 
dans la partie orientale du nord-ouest de la Bohême et dans le nord- 
est de ce pays, ainsi que dans le nord de la Moravie et en Silésie, la 
taille des Allemands s'abaisse considérablement. Elle n'est plus, vrai- 
semblablement, que de 1645 ou 1649 millimètres en Bohême et de 
1640 ou 1644 millimètres en Silésie. 

Le pourcentage de (( grands » et de « très petits » (d'après Myrdacz) 
confirme ce fait. En somme, les Allemands de l'ouest de la Bohême 
prolongent la zone des hautes tailles de la Bavière orientale (voy. p. 84), 
tandis que ceux de Test, ainsi que les Allemands de la Silésie, semblent 
se rattacher aux populations de petite taille de la Saxe et de la Pologne. 

D'après Goehlert, les Allemands de l'Autriche se rangeraient ainsi 
par degré décroissant de la taille: les gens du district d'Eger déjà 
cités (Egerlaender); puis les Allemands de Touest de la Bohême, du 
Tyrol et de la Carinthie; viendraient ensuite ceux du nord et nord-est 
de la Bohême, de la Silésie, de la Moravie; puis les Allemands de la 
Haute et de la Basse-Autriche et, en dernier lieu, ceux de la Styrie. En 
ce qui concerne ces derniers l'assertion de Goehlert est contredite par 
les mesures directes de Weisbach. 

Les colons Allemands en Hongrie et en Russie 

Goehlert prétend que les Allemands de la Hongrie sont les plus petits 
parmi les Allemands de l'Empire Austro- Hongrois. En effet les 
conscrits « appelés » (sans compter les ajournés) de nationalité alle- 
mande en Hongrie n'ont que 1646 millimètres comme taille moyenne 
(Scheiber), ce qui correspond à 1656 millimètres pour* la population 
adulte en général (voy. p. 4). Peu de groupes des Allemands 
autrichiens offrent une moyenne aussi basse. Ces colons proviennent 
de deux fournées. L'une d'elles, datant du xi® au xn* siècle, venait des 
Flandres, des Pays-Bas, de l'Alsace (grandes tailles), comme aussi de 
l'Allemagne méridionale et de la Saxe (petites tailles). L'autre flot 
d'émigrants n'est arrivé qu'au xviii® siècle; il venait surtout de la 
Franconie (hautes tailles), de la Souabe et de la haute vallée du Rhin 
(petites tailles), du Palatinat (tailles moyennes?) et de la Bavière (tailles 
mixtes, mais plutôt grandes). La petitesse des descendants actuels de 
ces émigrés de tailles très diverses ne peut s'expliquer que par les 
mélanges avec les Magyars qui, en général, sont petits de taille (voy. 
plus bas). 

Les colons Allemands de la Russie n'ont pas été étudiés au point de 
vue anthropologique. Sneghirev calcule d'après 1.072 conscrits alle- 
mands des provinces Volgaïques la taille moyenne de 1667 millimètres 



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J. DENIKER. — LES RACES DE L'eUROPE. — LA TAILLE EN EUROPE 95 

(sans correction), et Oukke, d'après les conscrits allemands de la 
province de Samara, la stature de 1656 millimètres, c'est-à-dire légère- 
ment supérieure aux populations grand-russiennes de ces provinces; 
dans les provinces Baltiques, les conscrits allemands ont, d'après 
Sneghirev, la taille moyenne de 1683 millimètres (sans correction), 
supérieure à celle des conscrits russes (1650 mm.), Esthoniens 
(1664 mm.) et Lettons (1678 mm.). Cela tient peut-être à ce que les 
Allemands forment ici surtout les classes aisées (noblesse et grande 
bourgeoisie) souvent plus hautes de taille que les classes pauvres. Par 
contre, les Allemands de la Pologne russe, appartenant aux classes 
ouvrières surtout, sont beaucoup plus petits : 1639 millimètres d'après 
les mesures sur 1.494 conscrits (Sneghirev), tout en étant un peu pi ifs 
hauts que les Polonais. Il est vrai que les Allemands des provinces 
Baltiques sont peut-être les descendants des Nordiques, comme ceux 
de Sleswig-Holstein et du Mecklembourg (voy. p. 74), tandis que les 
Allemands de la Pologne viennent surtout de la Saxe et de la Silésie 
où la taîUe est plutôt petite. 

Les 75 Allemands du Caucase (descendants des émigrés, venus pour 
la plupart du Wurtemberg au milieu du siècle passé), ont donné à 
Pantioukhov (893) la taille moyenne de 1684 millimètres (sans correc- 
tion), plus élevée que celle des Wurtembourgeois actuels. 



Tsrrol et Vorarlberg; Ladins et Frioulans 

En dehors des chiffres donnés, pour la taille moyenne des Tyroliens 
par Goehlert, et pour la proportion de «grands» (24,4 p. c), etde 
« petits » (19,8 p. c), parmi les appelés, par Myrdacz, il n'existe qu'un 
seul travail montrant en détail la répartition des tailles dans un pays 
presque aussi grand que la Suisse et peuplé de groupes ethniques très 
divers. Je veux parler du mémoire de Toldt (597), basé sur l'étude de 
16.384 conscrits « appelés » (Stellungspflichtigen) de Tannée 1890. La 
note de Moschen (892) sur les Trentins ou italiens du Tyrol n'est que 
le résumé d'une partie de ce travail, accompagné de comparaisons 
avec les chiôres se rapportant aux populations Vénétiennes, Lombardes 
et Piémontaises. Malheureusement Toldt ne donne pas de moyennes et 
se contente des chiffres relatifs au pourcentage de petites (au-dessous 
de 1 m. 60), de moyennes et de grandes tailles (au-dessus de 1 m. 70). 
Aussi m'a-t-il fallu comparer tous ces chiffres avec ceux que j'avais des 
pays voisins : Suisse, Lombardie, Vénétie, Bavière méridionale, 
Garinthie et Salzbourg, pour établir leur concordance approximative 
avec la taille moyenne. 



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96 ASSOCIATION FRANÇAISE POUR L* AVANCEMENT DBS SCIENCES 

Je ne vais pas rentrer dans les détails à ce propos. Il me suffira de 
dire que toutes ces recherches m'ont amené à la conclusion suivante : 
En prenant pour base la distribution des « grandes tailles » (la seule 
qui permette la comparaison avec d'autres pays) on peut accepter, sans 
faire trop d'erreur, que les districts qui comptent 44 à 61 p. c. de 
grands ont une population à taille moyenne variant de 1675 à 1699 mil- 
limètres, c'est-à-dire rentrant dans la catégorie de mes « grandes 
tailles » ; et que les districts où les « grands )) ne représentent que 12 à 
19 p. c. du total doivent être classés dans les « petites tailles « (1625 à 
1649 mm.). Le, reste (20 à 43 p. c. de (( grands » sur le total) peut 
rentrer dans ma catégorie de(( tailles moyennes» (1650 à 1674 mm.) (1). 

Dans cette dernière catégorie on peut établir pour les trois 
coupures adoptées par Toldt les correspondances suivantes : 20 à 
29 p. c. de grands = taille moyenne de 1650 à 1660 millimètres; 30 à 
35 p. c. = taille moyenne de 1660 à 1665 millimètres; 36 à 
43 p. c. = taille moyenne de 1666 à 1674 millimètres. 

Ceci fait, voici la distribution des tailles : d*abord, d'une façon géné- 
rale, les tailles se disposent par zones presque parallèles, en diminuant 
du N.-E. au S.-O. Ainsi dans le Tyrol allemand les cantons où la taille 
est la plus élevée sont disposés le long de la frontière orientale du 
pays, prolongeant la zone de grandes tailles du Salzbourg et de la 
Carinthie. Un de ces cantons, le Kaisersthal, offre le maximum de 
« grands » (61 p. c). Cette zone frontière se relie par un mince isthme 
(canton de Scherzing) à un noyau de « grandes tailles » situé presque 
au centre du pays et formé par les cantons de Sarnthal et de Passaier 
(46 à 43 p. c. de grands = taille probable 1675 à 1680 mm.). Tout le 
reste du Tyrol allemand tombe dans fa zone de « moyennes tailles » ; 
seulement si l'on pouvait représenter sur ma carte les différences de 
tailles plus détaillées, on s'apercevrait qu'à la zone des grandes tailles 
vient se souder à l'ouest une autre, qui, partant du canton de Bregenz, 
longe la frontière bavaroise et tourne ensuite au Sud-Est jusqu'à 
Cortina d'Ampezzo (pays des Ladins). Dans cette zone le nombre des 
«grandes tailles» oscille entre 43 et 36 p. c. (taille moyenne 1670 mm.). 
Puis, plus à l'Ouest, on a quelques cantons (Landek, Bozen, etc.) où le 
nombre de « grands » est de 30 à 35 p. c. (taille probable 1665 mm.), et 
enfin tout à fait dans Touest du pays, dans les cantons de Bludenz 



(1) Cela n'a rien d'exagéré, car en Carinthie, où la taille moyenne est de 
1686 millimètres, la proportion de grands est de 46,8 p. c. ; et dans le Salzbourg, 
à la taille moyenne de 1671 millimètres correspond la proportion de 39 p. c. 
D'ailleurs, dans le Tyrol même en général, la proportion 24,4 p. c. de grands 
(d'après Myrdacz) correspond à la taille moyenne de 1659 millimètres (d'après 
Goehlert). 



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J. DENIKER. — LES RACES DE L* EUROPE. — LA TAILLE EN EUROPE 97 

(Vorariberg), Nauders, Glurens, etc., on trouve la taille presque petite 
(29 à 20 p. c. de grands), peut-être de 1650 à 1660 millimètres (1). 

Si maintenant on passe au Tyrol italien, on voit que la taille s'y 
abaisse considérablement en comparaison avec le Tyrol allemand (2). 
De plus, on peut y distinguer deux zones : dans le Nord et TEst, la 
taille est encore dans les limites de la moyenne (probablement 1650 ou 
1680 mm.), voisine de celle de la population de la Vénitie; tandis que 
dans le Sud, elle est franchement petite (probablement 1640 mm.) 
comme dans les régions voisines de la Lombardie. 

Les Ladins du Tyrol, comme leurs frères de race les Romanches de 
la Suisse (voy. p. 39 et 40) sont de taille moyenne. Dans les cantons où 
ils sont restés les plus exempts de mélanges, la proportion de «grands» 
est de 23 p. c. (Buchenstein) à 32, 7p. c. (Groednerthal) et même 41,1 p. c. 
(Enneberg), ce qui correspond à des tailles entre 1650 et 1670 mil- 
limètres, soit une moyenne de 1660 millimètres. Rappelons-nous que 
les Romanches de la Suisse ont une taille probable de 1653 à 1670 mil- 
limètres. Dans la Val di Passa, oii le mélange des Ladins avec les 
Italiens est considérable, la taille s'abaisse au point qu'il n'y a plus que 
18,8 p. c. de grands (taille moyenne probable : 1645 mm.). 

Dans les cantons où la plupart des Ladins sont italiénisés, la propor- 
tion de « grands » descend à 22,9 (Gavalese) et même à 12,2 p. c. 
(Cembra), ce qui est le minimum pour tout le Tyrol. Les tailles 
moyennes correspondantes sont : 1652, 1640 millimètres. 

Voilà pour le groupe ladin à Test de l'Adige. Quant à celui de l'ouest, 
sa taille est en entier abaissée par les mélanges avec les Italiens; elle 
varie de 1652 millimètres (canton de Malé, avec 22,8 p. c. de (( grands ») 
à 1648 millimètres (canton de Fondo, avec 19,4 p. c. de « grands ))). 

(1) Comment ne pas reconnaître dans cette distribution la coïncidence avec 
celle qui préside â l'emplacement des émigrés Bayouvares de grande taille dans 
le nord et l'est du Tyrol allemand et des Alamanes plutôt petits, dans l'ouest ? Il 
faut remarquer aussi que dans le Vorariberg deux régions peuplées des descen- 
dants des émigrés Burgonds, venus du Valais (les Walser), notamment la partie 
est du canton de Bozen (le Mittelberg) et l'est du canton de Schruns (Montafon) 
accusent une forte stature ; tandis que le canton de Bludenz qui les sépare, 
peuplé de descendants des Alamanes, offre une taille relativement basse. 

(2) Le fait est frappant : tous les cantons italiens (à deux exceptions près : 
Pergine et Folagario) ont moins de 25,2 p. c. de grands (taille probable 1655 mm.), 
tandis qu'il n'y a que 5 cantons allemands sur 54, où le nombre des grands 
descend au-dessous de ce chiffre. De même ceux des cantons ladins (voy. plus bas) 
où les Italiens sont en forte proportion, ont une taille moins élevée que les 
cantons purement ladins. 

Les Italiens de l'Istrie et de la Dalmatie sont plus grands que les Treritins. 
Les 285 individus (dont quelques Italiens du Tyrol il est vrai) mesurés par 
Weisbagh (884, p. 3) offrent la taille de 1667 millimètres, c'est-à-dire presque 
égale à celle des Italiens de la Vénétie. 



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98 ASSOCIATION FRANÇAISE POUR L* AVANCEMENT DES SCIENCES 

Je D*ai pas de renseîgnemeDts spéciaux sur la taille des Frioulans 
d'Italie et d'Istrie, apparentés, dit-on, avec les Ladins. Mais ils doivent 
être grands, attendu que la taille moyenne dans la province italienne 
d'Udine, où ils forment la plus grande partie de la population, est 
haute : 1678 millimètres (voy. p. 29). Dans Tlstrie dont ils occupent la 
partie ouest, la taille est aussi assez élevée : 1670 millimètres environ. 



Populations slaves. — I. - Slaves Occidentaux 

Je ne connais aucune indication sur la taille des Vendes ou 
Loujitchanes delà Saxe (prussienne et royale), ni sur celle des Polonais 
de la Prusse. Par contre, les renseignements sur les Polonais de la 
Russie et de l'Autriche sont très complets. Pour la Pologne russe on 
a des données d'ensemble dans Anoutchine (889) et dans Zakrzewski 
(891), puis des données partielles fournies par Elkind, Oleghnowicz, 
RuTKowsKi et BocHENEK. Le premier de ces auteurs signale, comme je 
l'ai déjà dit (p. 90), l'extrême petitesse des conscrits incorporés de la 
Pologne russe : 1624 millimètres en moyenne, d'après 167.677 sujets 
mesurés. Mais il faut distinguer dans ce pays la partie Est où l'élément 
polonais (sauf la province de Lomja) ne forme que 20,4 à 60 p. c. du 
total des conscrits (d'après Zakrzewski) et la partie Ouest (les six 
autres provinces) où cet élément forme presque la totalité du contingent 
(de 75 à 95 p. c). Dans la partie Est, la taille est plus élevée en général 
que dans la partie Ouest. Cela tient à la présence des éléments non 
polonais dans l'Est. En effet la seule province de cette région qui soit 
peuplée presque exclusivement de Polonais, celle de Lomja, n'offre 
qu'une taille moyenne très petite ; 1622 millimètres, tandis que la 
taille s'élève à 1627 millimètres et à 1630 millimètres respectivement 
dans les provinces de Lublin et de Siedlets où domine l'élément Petit- 
Russien, et atteint son maximum dans la province de Souvalki 
(1641 mm.), où la population est formée aux trois quarts de 
Lithuaniens. 

Par contre, dans l'Ouest la très petite taille est la règle; elle varie de 
province à province, de 1618 millimètres (Petrokov) à 1624 millimètres 
(Radom). 

D'après Sneghirev, la taille des 21.839 conscrits appelés, purement 
Polonais, est de 1627 millimètres, soit, avec la correction d'usage, 
1637 millimètres. Elkind, d'après les mesures sur 191 ouvriers de 
fabriques (âgés de 21 à 59 ans), provenant surtout des provinces de 
Varsovie, Radom et Kalich, donne la taille de 1639 millimètres. 



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J. DENIKER. — LES RACES DE l'eUROPE. — LA TAILLE EN EUROPE 99 

Si maintenant au lieu de iO provinces on considère les 80 districts 
de la Pologne russe, on constate que la taille, tout en diminuant 
d'une façon générale de l'Est à l'Ouest, oflfre néanmoins quelques 
irrégularités dans sa distribution géographique suivant les différences 
somaliques dans le groupe polonais lui-même. Les Mazoures du Nord 
de la Pologne russe sont très petits : de 1615 à 1624 millimètres, 
sauf pour leur division orientale, les Podliachanes^ dont la taille est 
moyenne : de 1620 à 1653 millimètres, suivant il est vrai le degré de 
mélange avec les Petits-Russiens et les Lithuaniens. On peut supposer 
que la taille des Mazoures de la Prusse occidentale et de leurs voisins 
les Kachouhes de la Poméranie doit se mouvoir dans les mômes limites 
de la très petite taille. 

Les Velikopolianes de l'Ouest de la Pologne russe ont une taille un 
peu plus élevée, surtout dans les districts de Nieszawa et de VVIoclaw 
(rive gauche de la Vislule), occupés par les Kouyaoes, où la taille 
devient seulement petite (1625 à 1627 mm.), et dans ceux de Lipno et 
de Rypin (ancien pays Dobrzinski, rive droite de la Vistule) où elle 
s'élève encore davantage (1630 à 1639 mm.). 11 est à supposer que les 
Velikopolianes de la Posnanie doivent avoir aussi la taille « petite » 
seulement (1625 à 1649 mm.). Quant aux Malopolianes du sud du pays 
ils offrent une variété de tailles assez grande. A la frontière galicienne 
dans la plaine de la rive gauche de la Vistule, on trouve un groupe 
ethnique de taille relativement élevée occupant les districts de Olkusz 
(1644 mm.) et de Pinczow (1626 mm.); tandis que plus au nord, dans 
le pays des collines qui culminent vers le mont « Lysa Gora », la taille 
s'abaisse au point de présenter le minimum pour toute la Pologne 
russe (de 1610 à 1613 mm.). Par contre, plus au nord, dans la plaine 
de Pilitza, la taille se relève de nouveau et atteint 1635 millimètres 
dans le district de Konsk (province de Radom). Il faut remarquer que 
les chiffres cités plus haut ont été déduits par Anoutchine et par 
Zakrzewski d'après les listes « publiées » des statistiques militaires 
russes, qui, comme il a déjà été dit, ne donnent les tailles que de 
verchok (44,4 mm.) en verchok. Ils sont donc trop faibles, au moins 
d'un centimètre ou un centimètre et demi. De plus, comme beaucoup 
de populations de petites tailles (voy. Italie, p. 25), les Polonais 
accusent un certain retard dans la croissance et offrent un nombre 
considérable d'individus exemptés par défaut de taille (1). Mais je n'ai 

(1) Les travaux de Majer (879) montrent que la taille des Polonais galiciens 
s'accroît en moyenne de 3 centimètres de 20 à 21 ans et de 2 centimètres de 21 à 
22 ans. Mais il faut dire que ce calcul est fait par Majer pour les ajournés de 
toutes les catégories, c'est-à-dire y compris ceux qui sont au-dessous de la taille 
réglementaire russe (1533 mm.), tandis que les chiffres que je viens de donner se 



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100 ASSOCIATION FRANÇAISE POUR L AVANCEMENT DES SCIENCES 

pas osé faire raugmentation ne sachant pas si les règles de croissance 
des Polonais galiciens peuvent s'appliquer aux Polonais russes. 
D'ailleurs, cela n'aurait pas changé l'aspect général de ma carte : une 
trentaine de districts peuplés de « très petits » auraient été compris 
dans la catégorie suivante et trois ou quatre apparaîtraient dans la 
catégorie de tailles moyennes. Mais il y a une autre raison de mon 
hésitation. C'est que les recherches anthropologiques, exécutées dans 
différents districts polonais sur la population civile, donnent des chiffres 
qui, dans cinq cas sur neuf, ne diffèrent de ceux du recrutement que de 
quelques millimètres. 

Pour le district d'Opatow, où la taille est des plus petites (1610 mm.) 
d'après le recrutement, Olechnowicz (897) trouve, sur 131 habitants 
adultes, (âge moyen 32 ans) la taille de 1617 millimètres, supérieure 
seulement de 7 millimètres à celle du recrutement. Le même auteur 
donne (895) la taille de 38 paysans à Grabovo, district de Szczuczyn 
(Chtchoutchyn) = 1627 millimètres, et celle de 100 gens de la petite 
noblesse (Chliakhta) = 1648 millimètres, tandis que le recrutement 
donne 1621 millimètres pour l'ensemble de la population, où les paysans 
forment une forte majorité. De même, pour le Mazowiecki : les 
47 Podliachanes de ce district, mesurés par Talko-Hrynzewicz (893), 
ont la taille moyenne de 1617 millimètres, tandis que le recrutement 
donne 1623 millimètres pour l'ensemble de la population. 

Pour le district de Varsovie le recrutement donne 1629 millimètres 
et les ouvriers de 20 à 60 ans de ce district, dont je calcule les mesures 
d'après les tableaux d'ELKiND, ont la taille moyenne de 1636 milli- 
mètres ; la différence n'est que de 7 millimètres. Dans le district de 
Mlava (province de Plock), le recrutement donne 1618 millimètres et 
BocHENEK (906), d'après les mesures sur 83 paysans adultes, 1624 mil- 
limètres; la différence n'est que de 6 millimètres. Mais voici mainte- 
nant des divergences plus fortes. Le district de Plonski (province de 
Plotzk) donnerait d'après le recrutement 1641 millimètres, tandis 
que RuTKOwsKi (901) trouve pour les 20 paysans de ce district 
1670 millimètres, et, dans un autre travail (906), pour les 104 petits- 
nobles, 1695 millimètres, chiffre d'ailleurs identique à celui qu'avait 
obtenu Strzelbitski (cité par Rutkowski),. pour les « habitants 



rapportent aux « incorporés » ô l'exclusion de tous ceux qui ont la taille au- 
dessous de 1533 millimètres. Pour avoir l'accroissement de ces derniers il faut 
prendre dans le tableau de Majer (p. 8) les chiffres des colonnes â partir de 
pm (= taille 1 m. 55). On voit alors que l'augmentation moyenne n'est que de 
1,04 à 0.26 p. c. de la taille, suivant les catégories, soit environ 1 centimètre et 
demi pour les petites tailles, un centimètre pour les tailles moyennes, un demi 
centimètre pour les grandes tailles. 



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■jt*: •t' 







J. DENIKER. — LES RACES DE L^EUROPE. — LA TAILLE EN EDHOPE 101 

du district de Plonsk » sans indiquer les catégories sociales. Talro- 
Hryncewicz (901) prétend qu'il s'agit là uniquement de <<chliâkhta jï 
ou petite noblesse. Pour le district de Nouvelle-Alexandrif^ (Pul?iwy) 
de la province de Lublin, le chiffre de recrutement est de 1H23 niilli- 
mètres, et celui de Dzerjinski (903) 1655 millimètres il*aijrtVâ les 
mesures sur 116 paysans; la différence est de 32 millimètres. Pour le 
district de Kulno (province de Varsovie) la taille est de IHâi (uilli- 
mètres d'après le recrutement; elle est de 1653 millimètres d'après U^a 
mesures de Bochenek (904) sur 66 paysans adultes. Enfin îes I*olo 
nais de la partie est de la province de Lublin, mesurés par Olkchnowigz 
(893) au nombre de 182 hommes, accusent la taille qui vai iej ainsi 
suivant les classes sociales : paysans 1649 millimètres, petits bourgaoiâ 
1643 millimètres, (( chliakhta )) ou petite noblesse 1731 milliuif'trfï.s (t), 
La moyenne peut être estimée à 1649 millimètres, eu égard à la faible 
proportion de la « chliakhta » dans la population totale. Coïuparée à îa 
taille moyenne des cinq districts occidentaux de la province, presque 
exclusivement Polonais (1627 mm.), elle est supérieure de 2 cciritimtMres 
environ. 

Les Polonais des provinces Nord-occidentales de la Russîo (Vilno, 
Kovno, Grodno, etc.), ont une taille moyenne supérieure do 2 centi- 
mètres environ à celle des Polonais de l'ancien royaume : 1644 à 1654 
millimètres, d'après 580 conscrits appelés (Sneghirev), mais^ il faut 
observer que beaucoup d'entre eux, tout en parlant polonais, sont sou 
vent d'origine blanc-roussienne ou lithuanienne, c'est à-dire descendent 
des races d'une taille plus élevée que les Polonais. 

Les Polonais de la Gallcie, — D'après Majer et Kopernickt f^^rr], 
la taille moyenne des conscrits appelés (avec les ajournés) vnrir innsr 
qu'il suit avec l'âge: 1609 millimètres à 20 ans, 1612 millinit^tit^s h 
21 ans, 1625 millimètres à 22 ans, 1643 à 25 ans. La moyen ni^ dt*M trois 
premières catégories réunies est de 1615 millimètres, et ceMa d(> toîilas 
les quatre 1622 millimètres. La taille de 1187 civils, âgés «11* plus de 
25 ans, mesurés par les mêmes savants (885) ressort à 1643 milHmètres. 
Si l'on estime la taille d'après l'accroissement annuel des recrues polo- 
naises, calculé par Majer (879) de 1,9 p. c. de la taille inilinle entre 
20 et 21 ans, et de 1,2 p. c. entre 21 et 22 ans, on a les chiffres suivants; 



(1) Cet exemple, comme plusieurs autres cités plus haut, moDtrent «luen 
Pologne il y a un assez grand écart entre la taille des classes rurales et celle des 
nobles, au profit de ces derniers. Il serait intéressant d'élucider la quostioa dans 
quelle mesure cette différence tient h la diversité des races (vainqueurs et 
vaiixcus), et â la diversité des conditions sociales. 



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102 ASSOCIATION FRANÇAISE POUR l'aVANCEMENT DES SCIENCES 

1639 millimètres pour 21 ans et 1659 millimètres pour 22 ans, supé- 
rieurs de beaucoup à ce que Ton a observé réellement dans la popula- 
tion civile adulte. 

Voyons maintenant comment se répartissent les tailles par régions. 

D'après la carte de Goehlert la taille moyenne des conscrits serait 
de 1608 millimètres dans la moitié Est de la partie polonaise de la 
Galicie, tandis que dans la moitié Ouest la taille moyenne s'élèverait à 
1620 millimètres. 

Le fait est confirmé par les cartes de M\ rdagz. Parmi les appelés, le 
nombre de grands (1705 mm. et plus) est moins considérable (de 6 à 
8 p. c.) dans les districts militaires de TEst (Rzeszow, Tarnow et 
N, Sandec) que dans ceux de l'Ouest (Gracovie et Wadovice) où il 
atteint 8,6 à 11,9 p. c. Par contre, le nombre des ajournés pour défaut 
de taille est de 23,3 à 28,2 p. c. dans la première partie, et de 16,7 à 
21,9 p. c. seulement dans la seconde. 

D'autre part la série des conscrits étudiée par Majer et Kopernigki 
(877) leur a permis de distinguer les montagnards (1645 mm.) des 
habitants de la plaine (1638 mm.); les premiers sont en moyenne de 
7 millimètres plus grands que les seconds. 

Ainsi donc dans la partie polonaise de la Galicie, la taille augmente 
du Nord au Sud et de l'Est à l'Ouest, c'est-à-dire en général de la 
plaine vers la montagne. L'étude détaillée faite par Majer et Koper- 
nigki (885) sur les 1187 adultes de 25 ans et plus, groupés par régions 
naturelles, confirme cette vue d'ensemble, tout en y apportant 
quelques modifications. Les Podhalanes du massif de Tatara, 
tout-à-fait au sud de la Galicie polonaise, ont la taille très élevée 
pour la région (1650 mm.); plus au nord, dans les monts Beskides 
occidentales, la taille est presque la même (1651 mm.); elle s'abaisse 
légèrement (1648 mm.) dans les Beskides orientales (ces deux régions 
sont interverties sur la carte, par erreur). En somme, les montagnards 
des deux Beskides et de Tatra ont ensemble « la taille moyenne » 
(1650 mm.). 

Dans les avant-monts, la tailles'abaisse considérablement (1625 mm.) 
à rOuest (district scolaire de Gracovie et le Nord de Wadovice) con- 
trairement à ce qu'indiquent les cartes de Goehlert et de Myrdacz; par 
contre, dans l'Est (district scolaire de Yaslo, etc.) elle se relève jusqu'à 
1649 millimètres. Dans la partie polonaise du cercle de Sanok, à l'ex- 
trémité Est de cette région, la taille de 304 conscrits appelés est de 
1645 (1655) mm. d'après Magierowski (900). Dans la plaine, au Nord 
des avant-monts orientaux, la taille estplus basse (1641 mm.) que dans 
ces derniers. Enfin plus au Nord encore, dans le bas pays sur la rive 



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J. DENIKER. — LES RACES DE L EUROPE. — LA TAILLE EN EUROPE Î03 

droite de la Vistule, à partir de son confluent avec la Visloka, la taille 
est encore légèrement plus basse (1640 mm.) (1). 

Les Polonais de la Silésie autrichienne et prussienne (les ChUim- 
saki) ne doivent pas différer beaucoup, comme stature, des Polonais de 
la Russie et de la Galicie. Leur taille moyenne varie probablenient 
entre 1626 et 1649 millimètres. 

D'après Goehlert la taille moyenne en Silésie autrichienne, peuplée 
comme on sait pour une moitié d'Allemands, pour un quart de Tchèques 
et pour un autre quart de Polonais, est seulement de 1646 millimètres, 
variant de 1640 millimètres à 1652 millimètres. 

D'après Myrdacz le nombre de (( grands » dans le district militaire 
de Troppau (correspondant à la province autrichienne de Silésie) est de 
22,6 p. c, et celui de « petits » de 12,9 p. c. parmi les conscrits incor- 
porés ; cela correspond à la taille moyenne de 1645 millimètres. 

Il n'existe pas de chiffres sur la stature des Tchèques, en dehors de 
l'indication de Weisbach {884, p. 3) relative à la taille moyenne dr 
83 Tchèques (1670mm.), et d'uneautre, du même auteur (^^9), reloLivc 
aux 37 soldats Tchèques de la Moravie (cercle de Znaïm, district de 
Brûnn) âgés de 21 à 25 ans (1664 mm.) En diminuant de 5 millimMnts 
ce chiffre (puisqu'il s'agit d'un groupe sélectionné), on a la taille 
moyenne de 1659 millimètres des deux séries réunies. 

Le nombre de (( grands » parmi les (( incorporés » de districts peuplés 
exclusivement de Tchèques varie en Bohème d'après Myrdacz, do :2 k i 
(district de Neuhaus où il y a encore un peu d'Allemands) à 26,9 p. c. 
(district de Prague) ; et en Moravie, de 19,9 p. c. (district de BrOnn ofi 
il y a encore pas mal d'Allemands) à 24,5 p. c. (district de Krenisier 
peuplés de (( Hanaks » ou (( Walakhs » les plus purs des Tchèqu(^s}. Cfj 
dernier chiffre est égal à celui que donne Weisbach (23,3) potir les 
Tchèques du district de Brunn et correspond, comme on a vu plus h?ni(, 
à la taille de 1 m. 66 environ. Si cette correspondance est applicsMilr 
partout, les divers districts tchèques de la Bohême doivent s'échelôinu ^r. 
pour la taille, entre 1 m. 66 (districts de Neuhaus et de Jicin), et 1 ni. tîS 
(Pisek, Prague et Caslau). D'ailleurs la carte de Goehlert assigne unt 
taille moyenne de 1640 à 1652 millimètres aux conscrits Tchèques di^ la 
Moravie et une taille moyenne de 1653 à 1666 à ceux de la Bohême. 

Pour les Slovaques, je ne connais aucune indication précise de iûillo 
moyenne. D'après la proportion de « grands » donnée par Myrdai*/: 
pour les districts où ils sont en majorité, ils doivent avoir de 1 m. 64 à 
1 m. 65 comme taille moyenne. 



(1) Sur la carte on voit quelques districts h taille de 1624 millimètres frôUi^n>) 
près du fleuve, et d'autres, à 1645 millimètres (rouge pâle), plus au Sud. 



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104 ASSOCIATION FRANÇAISE POUR L* AVANCEMENT DES SCIENCES 



II. — Slaves méridionaux 

Les Slovènes, — D'après Weisbach (903), 2481 soldats de 21 à 
25 ans, Slovènes de la Styrie, de la Carniole, delà Garinthieetde l'Istrie 
(avec Triestet la province Littorale) ont une taille moyenne de 1683 mil- 
limètres, soit en réduisant d'un demi centimètre puisqu'il s'agit d'un 
groupe sélectionné, 1678 millimètres. La taille varie ainsi qu'il suit par 
provinces. Les 630 hommes de la Carniole ont une taille relativement 
faible : 1673 (1668) millimètres; ceux de la Garinthie et de la Styrie 
(369 sujets) sont plus grands: 1687 et 1688 (1682 et 1683) milli- 
mètres; enfin, les 177 Slovènes de l'Istrie et de la province Littorale sont 
les plus grands : 1695 (1690) millimètres. 

Les Slovènes de la Val-Resiana (province d'Udine, Venétie) sont de 
haute taille, d'après Tappeiner (895) ; « les gens de 1 m. 80 et 1 m. 90 ne 
sont pas rares parmi eux », dit-il. Le canton de Moggio (Udine) où se 
trouve cette vallée offre, d'après Livi (893, p. 57), la proportion de grands 
(35,9 p. c.) supérieure à celle des autres cantons de la province d'Udine, 
sauf deux ou trois. 

Les Serbo-Croates sont en général très grands de taille. En Croatie- 
Slavonie les 3190 soldats de 21 à 25 ans, étudiés par Weisbach (905), ont 
donné comme taille moyenne : 1695 (1690) millimètres. 

La taille est un peu plus haute en Slavonie, 1700 (1695) millimètres 
d'après 1439 sujets, qu'en Croatie, 1692 (1687) millimètres d'après 
1674 sujets. Ces chiffres sont en parfait accord avec ceux de Goehlert, 
qui donne, pour les conscrits appelés de la Slavonie, la taille moyenne 
de 1674 (1684) millimètres, pour ceux de la Croatie-nord, 1659 (1668) 
millimètres et de la Croatie-sud, 1674 (1684) millimètres. 

La taille des Serbo-Croates de la Dalmatie, de l'Istrie et du district 
de Fiume est aussi élevée que celle de leurs frères de race de laCroatie- 
Slavonie : 1690 millimètres d'après les mesures de Weisbach (884) 
sur 1.002 hommes, pour la plupart des matelots de la marine marchande 
ou des marins de l'Etat. Mais les différences suivant les régions sont 
sensibles. Les 121 hommes de l'Istrie ont la taille moyenne de 1672 mil- 
limètres , ce qui est probablement au-dessous de la vérité, car d'après 
Goehlert la taille moyenne en Istrie serait de 1687 millimètres. Dans 
les îles Lussin,Gherso et Veglia.qui se trouvent immédiatement au sud, 
la taille est un peu moins élevée : 1670 millimètres (149 sujets); mais 
elle devient beaucoup plus basse sur la côte Croatienne, à Fiume et 



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J. DENIKER. — LES RACES DE l'EUROPE. — LA TAILLE EN EUROPE 105 

ses environs (influence de la ville ?), où 170 sujets n'accusent qu'une 
taille moyenne de 1662 naillimètres, inférieure de deux centimètres et 
demi à celle des habitants de l'intérieur de la Croatie (1687 mm.). Pîus 
au sud, en Dalmatie^ la taille se relève de nouveau considérablement : 
1708 millimètres, d'après 1362 sujets. 

Les habitants du nord de la Dalmatie (districts de Zara, Dernis^ 
Sebenico) sont moins grands (1692 mm.) que ceux du centre du pays 
(Sign, Spalato, etc.) : 1707 millimètres; et surtout que ceux du sud 
(Vergoratch, Narenta, etc.) : 1727 millimètres. La taille atteint ^on 
maximum pour tout le pays (1737 mm., d'après 34 mensuratîons^i) 
dans le district de Macarska. Plus au sud, dans le cercle de Ragu.se 
(avec la presqu'île de Sabioncello) la taille s'abaisse un peu de nou- 
veau : 1691 millimètres d'après 292 mensurations, pour se relever 
jusqu'à 1698 millimètres (d'après 533 sujets) plus au sud encore, dans 
le cercle de Cattaro, où elle varie d'ailleurs selon les distrirts, 
de 1688 (42 habitants des vallées de Jouppa) à 1720 millimètreâ 
(132 montagnards de la commune de Pastrowitch, près de Spi/.za, 
à la frontière du Monténégro). Dans les îles qui se succèdent le 
long du littoral dalmatien la taille s'élève également du nord au sud. 
Les insulaires du groupe septentrional (de Arbe à Zlarin) ont mm 
taille moyenne de 1671 millimètres (101 sujets); tandis que ceux du 
groupe sud (Brazza, Lésina, Lissa, Curzola et Lagosta) accusent une! 
taille moyenne de 1702 millimètres (243 sujets); les plus grands, 
1716 mm. {^Q sujets) viennent de Brazza. 

Pour les Serbo-Croates de la Bosnie-Herzégovine on a les travaux 
de l'infatigable Weisbach (889 et 895 b) et de Himmel (886), auxqufils 
je joins les renseignements inédits sur les conscrits appelés de la pro- 
vince de Sarajevo, que m'avait communiqués jadis mon ami G. Gatus 
(894), et qui ont été en partie publiés depuis (895), 

La taille moyenne de 3.803 soldats Bosniaques est de 1726 millimètJ^i^s 
d'après Weisbach (895, b) ; même réduite d'un demi centimfstr^ï 
(1721 mm.), elle est presque à la limite de très hautes tailles et en tout 
cas plus élevée que celle de tous les autres Croates. 

.La proportion de grands est énorme (70,4 p. c). Après les Ecossais, 
les Bosniaques sont les habitants les plus grands de l'Europe; lew 
Irlandais, les Suédois et les Norvégiens ne viennejit qu'après eux* lis 
forment un véritable deuxième centre de population de haute taille <.^u 
Europe, celui du sud est, opposé au centre septentrional. Si l'on consi- 
dère les différentes provinces, on voit que la taille y varie de 17^2 
(1737) millimètres (Sarajevo), à 1708 (1703) millimètres (Touzla). Sauf 
les provinces de Touzla et de Banjalouka (1721 mm.), situées dans le 



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106 ASSOCIATION FRANÇAISE POUR L'AVANCEMENT DES SCIENCES 

nord-est de la Bosnie, près de la plaine du Danube, le reste du pays 
abrite une population excessivement grande (1). 

Il n'y a aucun travail spécial sur les Serbes du royaume de Serbie. 
J'ai pu néanmoins calculer la moyenne pour 1.107 conscrits de Tannée 
1884, dont les tailles individuelles sont données, de centimètre en cen- 
timètre, dans l'ouvrage de Lazarevitch (f^OO), qui m'a été obligeam- 
ment signalé par mon ami M. Jouyovitch, professeur à l'Université de 
Belgrade. La taille de ces conscrits varie de 1 m. 43 à 1 m. 87 et donne, 
d'après mes calculs, la moyenne de 1699 millimètres, soit, avec la cor- 
rection, 1709 mm., taille sensiblement voisine de celle des Dalmatiens 
méridionaux et des Bosniaques. Comme les conscrits en question 
viennent de tous les points de la Serbie, il peut s'y trouver des Rou- 
mains (assez nombreux dans le coin nord-est du royaume) qui abaisse- 
raient un peu la taille. Le chiffre de 1709 mm. doit donc être considéré 
plutôt comme faible. La proportion de ((grands») est 40,6 p. c, presque 
la même que celle trouvée par Weisbach pour les Croates. 

Les Bulgares sont d'une taille moins élevée que les Serbes. D'après 
les 5.024 soldats de 19 à 25 ans, mesurés par Wateff (904), leur 
taille moyenne serait de 1665 millimètres, chiffre que je laisse sans 
correction puisque malgré qu'il s'agit des sujets sélectionnés, il ne faut 
pas perdre de vue que plus de la moitié sont âgés de 19 à 21 ans (2). 
Le nombre de sujets de grande taille est de 29,6 p. c. La taille 
moyenne varie peu suivant les régions. Le. maximum (1670 mm.) 
se trouve dans la partie orientale de la Bulgarie du nord (c'est-à-dire 
de l'ancienne Principauté), et le minimum (1661 mm.) tout à côté, 
dans la partie centrale de cette même région. La différence n'est 



(1) Des quatre provinces qui composent ce reste, deux, Sarajevo et Mostar 
(Herzégovine), ont été étudiées â part. Les 763 conscrits de la province de 
Sarajevo, appelés en 1893 et âgés de 20 ans, ont d'après Capds {894 el SO.'i) 
là taille moyenne de 1710 (1720) millimètres, inférieure de 17 millimètres à celle 
que donne Weisbach (1737 mm.)- Par contre, les 180 soldats de la province de 
Mostar (120 Herzégoviniens et 60 Bosniaques), de 20 à 24 ans mesurés par 
HiMMEL et Weisbach (889) accusent une taille moyenne plus élevée : 1751 milli- 
mètres (1746 mm.) que les 462 soldats de cette province, mesurés |iar 
Wkisbach {895) : 1733 (1728) millimètres. La différence est de 22 milli- 
mètres. La confession n'a aucune influence sur la variation de la taille des 
Bosniaques, qui est la même, ô 4 ou 5 millimètres près, chez les musulmans, 
les catholiques et les orthodoxes. 

(2) Le D' KiRKOFF {908) a mesuré 2.815 conscrits appelés du district de Sofia 
parmi lesquels il y avait 728 âgés de 19 à 20 ans, et 734 Agés de 20 ô 21 ans. La 
taille moyenne des premiers est de 1629 millimètres, celle des seconds de 
1663 millimètres; tandis que celle des sujets de 21 ô 26 ans (au nombre de 1.353} 
est de 1670 millimètres. 



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J. DENIKER. — LES RAGES DE l'EUROPE. — LA TAILLE EN EUROPE 107 

que de 9 millimètres. D'une façon générale la taille n'est que de 
3 millimètres plus élevée dans la Bulgarie méridionale (ancienne 
Roumélie) au sud du Danube (1667 mm.), que dans l'ancienne 
Principauté, au nord de ce fleuve (1664 mm.). Dans le sud-ouest 
(province de Sofia), la taille est intermédiaire entre celle des dt?ux 
régions précédentes, 1665 millimètres. La ville de vSofia, avec le^senTi^ 
rons, donne la taille moyenne de 1656 à 1666 millimètres, d'apràs les 
mesures de Kirkoff (908) sur 2.815 conscrits appelés, chiffre [)i'''S(]ui' 
égal à celui de la province en général. Dans le district de Lora (nord- 
ouest de la Bulgarie septentrionale), Bassanowitch (891) avait ïrouvé 
sur 1.955 conscrits appelés la taille moyenne de 1638 millimètres, suit 
1648 mm. avec correction, inférieure à celle que donne Wateff 
(1664 mm.), pour toute la partie nord-ouest de la Bulgarie septen- 
trionale. 

Les Bulgares de la Macédoine semblent être plus grands que ceux de 
la Principauté. La taille moyenne de 155 civils de 17 à 70 ans a été 
déterminée par Wateff (904) à 1678 millimètres. La taille élevét.^ se 
maintient surtout dans le centre du pays (provinces de Scoplio H fie 
Salonique) : 1688 millimètres (93 sujets). Dans l'ouest (districl dp 
Monastir), elle tombe à 1664 millimètres (32 sujets), et dans IVst 
(district de Seres) même à 1662 millimètres (30 sujets, Wateff, 90,'t]. 

Les colons Bulgares en Russie sont aussi de taille moyenne. 

Parmi les 53 sujets de la colonie Marfovka (district de Théodosin, 
Crimée), descendants des émigrés de 1804, mesurés par Ghinkoulof, 
ceux de 20 à 24 ans présentent la taille moyenne de 1640 millimèliH.*s et 
ceux de 25 ans et plus, la taille de 1660 millimètres. 



III. — Slaves orientaux 

1^ Ruthènes ou Petits Russiens, Les données sur la taille des RutlirtiM^s 
sont assez abondantes. Majer (878, 879) et Kopernicki (889) séparu* 
ment ou en collaboration (877 k 885), puis Himmel (<55é^), Magierovski 
(900) et VoLKOv (905, 906 et 908) ont fourni les mensurations pour U'f\ 
Ruthènes de la Galicie, de la Bukovine et de la Hongrie. D'autre part, 
les Petits-Russiens, dits Malarousses ou mieux Ukrainiens, de la Russie 
ont été étudiés au point de vue delà taille par Tchoubinsky {S77], 
Diebold (^^6),Erckert (882-8S), Krassnof (891, 900),TALKolhxYN 
CEWICZ (890, 896, 897, a et 6), Petrov (893)^ Oukké (881), Bûumiùù 
(904) et KoJOUKHOv (904). 

Les Ruthènes de la Galicie pris en masse sont de petite taille. Les 
1.355 recrues incorporées de 20 à 25 ans ont, d'après Majer et Kopernicki 



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108 ASSOCIATION FRANÇAISE POUR l' AVANCEMENT DES SCIENCES 

[877, 889), la taille moyenne de 1640 millimètres, et 473 civils, âgés de 
25 ans et plus, la taille à peine supérieure (1645 mm.) (1). 

Mais il faut distinguer les populations de la plaine de celles des 
montagnes. Talko-Hryncewicz [896 et 897 a, p. 265) avait calculé, 
d'après les chiffres de Majer et Kopernicki, que la taille des habitants 
de la plaine [\qs PodoUanes) est de 1634 millimètres seulement, variant 
de 1654 millimètres (au centre du pays) à 1641 millimètres (vers le sud, 
entre les fleuves Dniestr et Zbroutch) et même jusqu'à 1608 millimètres 
(vers l'ouest, sur le plateau Podolien). Quant aux montagnards, ils ont 
une taille beaucoup plus élevée : les 188 de la Galicie, mesurés par 
Kopernicki [889) accusent une taille moyenne de 1654 millimètres et 
les 402 de la Galicie également mesurés par Volkov [905 et 908), la 
taille moyenne de 1659 millimètres. Les deux séries réunies donnent la 
moyenne de 1658 millimètres. Parmi les montagnards, il faut distin- 
guer encore au moins trois groupes principaux : les Lemki, dans le 
nord-ouest des Carpathes, les Boïki, au centre, et les Houtzoules, dans 
la partie sud-est de cette chaîne. 

Les Lemki proprement dits, cantonnés entre les hautes vallées de 
Visla et de Visloka, ont une taille moyenne de 1635 millimètres, d'après 
Kopernicki (46 sujets)oudel655 millimètres d'après Volkov (91 sujets). 
Les deux séries réunies (137 sujets) donnent 1648 millimètres (2). 

Il faut leur joindre les Polonintsi, qui habitent plus à l'est, dans la 
région des sources du San, et qui ont, d'après les 25 sujets mesurés par 
Kopernicki, 1632 millimètres de taille. Les 415 conscrits Ruthènes 
mesurés par Magierovski, provenant du district de Sanok qui couvre 
l'.habitat des Polonintzi offrent une taille excessivement basse : 
1595 millimètres, soit avec l'augmentation ordinaire, 1615 ou 
1625 mm. J'adopte ce dernier chiffre, correspondant au teint rose 
de ma carte. 

Les Boïki ont la taille plus élevée : 1649 millimètres, d'après 
Kopernicki (69 sujets) ou 1652 millimètres d'après Volkov (242 sujets), 
soit en moyenne 1651 millimètres (311 sujets). Mais cette taille varie 
selon les régions et va en général en augmentant du nord-ouest au sud- 
est. Ainsi les Boïki septentrionaux ou proprement dits, voisins des 
Lemki- Polonintzi, ont la taille moyenne de 1634 millimètres seulement, 
d'après les 89 sujets de Kopernicki et Volkov (les moyennes de ces deux 

(1) S'il fallait, d'après le taux de l'accroissement, calculé par Majer [879]^ 
ajouter 3 centimètres à la taille des individus de 20 ans, on aurait la taille des 
Ruthènes adultes = 1670 millimètres, de beaucoup supérieure ô celle que 
donnent les mesures directes. 

(2) Le chiffre de 1650 millimètres parait plus près de la vérité et je colorie 
l'habitat des Lemki d'une teinte correspondante ô la « taille moyenne ». 



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jpy: 7 . 



J. DBNIKBR. — LES RAGES DE l'eUROPE. — LA TAILLE EN EUROPE 109 

auteurs ne diffèrent que de 2 mm.) ; tandis que les Toukholtsi ou Binki 
de Toukhla^ qui habitent au sud-est des précédents sont de taille 
moyenne : 1663 millimètres, d*après les 107 sujets des séries Koi>er 
nicki et Volkov dont les moyennes ne diffèrent que de 1 millini6lre. 
Les Boïki Méridionaux, avec ceux de Prislop, ont la taille également 
moyenne : 1653 millimètres, d'après Jes 95 sujets mesurés par Volkuv. 
Enfin, il faut mentionner à part les Boïki orientaux, à l'est de l'habitai 
des Toukholtsi, pour lesquels Volkov (908) donne la taille moyenne de 
1654 millimètres (20 sujets). 

Enfin les Houtzoules se font remarquer par leur haute taille : ceux 
de la Galicie ont 1689 millimètres en moyenne, d'après les 117 sujets 
de Kopernicki et Volkov; ceux de Bukovine ont la taille de 1695 mil 
limètres (30 sujets) et ceux de la Hongrie (36 sujets) sont encore plut* 
grands: 1699 millimètres (Volkov, 908), La moyenne des 183 sujeU de 
toutes les séries est de 1693 millimètres. 

Les Ruthènes de la Bukovine en général sont plus grands que ceux 
de la Galicie. Les 200 soldats ôgés de 20 à 25 ans mesurés par Hîmmel 
offrent la taille moyenne de 1670 (1665) millimètres; mais, là encore, 
probablement, les montagnards sont plus grands que les habitants de 
la plaine puisque comme on vient de le voir les Houtzoules de la 
Bukovine ont une taille imposante de 1695 millimètres. 

Les Ruthènes de la Hongrie paraissent aussi être en général un peu 
plus grands que leurs frères de la Galicie. Les Houtzoules de la Hon- 
grie ont la taille la plus élevée parmi tous les Ruthènes en général 
(v. plus haut). Les autres montagnards Ruthènes du versant liou- 
grois des Garpathes, qui habitent au nord-ouest des HoutzDulos 
jusqu'à la ligne du chemin de fer Munkacz-Lvov sont aussi plus 
grands que les Boïki, leurs voisins du versant galicien : 1664 milli- 
mètres d'après les 53 sujets mesurés par Volkov {908). Les 20 colocs 
Ruthènes du district de Backa ou Bacs-Bodrog (sud de la Hoiigri^^) 
ont donné au même savant [908) une taille moyenne de 1684 milH 
mètres. D'après les cartes de Goehlert la taille moyenne est plus 
élevée chez les Ruthènes de la Hongrie que chez ceux de la Gai i rie. 
La carte de Myrdagz montre nettement ici, comme en Galicie, l'tiug- 
mentation presque régulière de la taille du nord-ouest au sud-eat (1). 

Les Ukrainiens de la Russie sont, en général, plus grands que leurs 
congénères les Galiciens. Le fait a été mis en évidence par Majkr 
(879, p. 30) qui, en comparant ses propres données, avec les chiffres 

(1) On a, par exemple, la succession suivante pour la proportion des « hautes 
tailles » parmi les incorporés (dans les districts militaires comptant de 33 h 
48 p. c. de Ruthènes) en allant de l'ouest à l'est : Ungwar 12,9 y. g., 
Munkacz 13,6 p. c. ; Szatmar 17,1 p. c 



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110 ASSOCIATION FRANÇAISE POUR L^AVANCBMBNT DBS SCIENCES 

fournis par Tghoubinsky (877)y d'après les mesures de 1.355 conscrits 
incorporés, trouve chez les Ukrainiens 35,2 p. c. de «grandes tailles» 
(dont 3,7 p. c. ayant de 1 m. 79 à 1 m. 95), tandis que parmi les Gali 
ciens la proportion correspondante n'est que de 24,7 p. c. (dont 2,1 p. c. 
ayant 1 m. 79àl m. 84). 

D'après Ivanovski (904), les 1.694 Petits Russiens des différentes pro 
vinces de la Russie ont une taille moyenne de 1670 millimètres ; mais 
ce chiffré me parait exagéré, et cela parce que l'auteur a introduit à 
tort dans sa série les cosaques de Terek qui sont en majorité des 
Grands-Russiens ; de plus, il n'a pas fait subir la correction ni au chiffre 
de la taille des cosaques de Kouban qui forment un groupe sélectionné, 
ni surtout au chiffre de Ghiltchenko (899), 1688 millimètres, <jui est 
obtenu sur les cadavres de 133 Petits-Russiens, en grande partie sol- 
dats de 28 ans et plus (sélection). Avec les corrections nécessaires son 
chiffre serait réduit à 1660 millimètres. 

Sneghirev trouve pour les 14915 conscrits appelés, Ukrainiens des 
provinces de Poltava, Kharkhov et Tchernigov, la taille moyenne de 
1651 (1661) millimètres, tandis que les 479 contcrits appelés Grands 
Russiens de ces trois provinces lui donnent une taille un peu plus 
élevée : 1654 (1664) millimètres (1). 

D'après Anoutchine, la taille moyenne dans les provinces de Tcher- 
nigov et de Poltava, peuplées presque exclusivement de Petits-Russiens, 
est de 1641 (1651) millimètres et de 1652 (1662) millimètres respective- 
ment. Dans les provinces où les Petits-Russiens forment de 50 à 90 p. c. 
de la population le même auteur trouve les chiffres suivants : Kharkov, 
1645 (1655) millimètres; Ekaterinoslav, 1658 (1668) millimètres; Kiev, 
1654 (1664) millimètres; Volhynie, 1641 (1651) millimètres, Podolie, 
1648 (1658) millimètres. La moyenne de ces sept provinces est de 1648 
(1658) millimètres. On peut donc admettre le chiffre de 1 m. 66 comme 
moyenne des Petits-Russiens en général. 

Si l'on considère à part les diverses régions, on constate naturelle- 
ment des différences. D'une façon générale, la taille est presque la 

(1) Dans la province de Koursk, Petrov a obtenu les mêmes résultats : 
Petits-Russiens 1635 (1646; millimètres; Grands-Russiens 1637 (1647) millimètres; 
mais ces deux faits sont en contradiction avec beaucoup d'autres qui nous 
montrent les Petits-Russiens toujours plus hauts que les Grands-Russiens, 
malgré leur appelation respective. Ainsi, dans la province de Samara, d'après 
OuKKÉ la taille des Petits-Russiens est de 1669 mm., tandis que celle des Grands- 
Russiens seulement d3 1643 mm. Dans la province de Voronôje, les districts sud, 
peuplés surtout de Petits-Russiens, accusent la taille moyenne de 1 m. 65, tandis 
que ceux du nord, où dominent les Grands-Russiens, fournissent la taille de 
1 m. 64 seulement. Dans le district de Balachov (prov. de Saratov), les chiffres 
respectifs des Petits et des Grands-Russiens sont : 1664 et 1639 mm. (Anouthchinb). 



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J. DËNIKBR. — LES RACES DE l'eUROPE. — LA TAILLE EN EUROPE 111 

même sur la rive droite (1658 mm. avec correction) que sur la rive 
gauche (1659 mm.) du Dniepr. 

En Volhynie, la taille est très variable : dans le district de Vladimir 
Volynsky, à la frontière polonaise, elle est de 1680 à 1685 millimètres 
d'après Anoutchine et de 1657 millimètres seulement d'après Kojoukîïov 
(voy. IvANOvsKi 904) ; mais ce dernier chiffre n'est basé que sur 
48 mensurations des hommes de 18 à 64 ans. A l'autre bout de la fn-i»- 
vince, dans le district de Jitomir, à la frontière de la province de, Kii^v, 
elle est de 1650 millimètres. Dans les coins nord est et nord-oiit!st 
(frontière des Poliechtchouki) elle descend à 1630 et à 1640 millimètres. 

Dans la Podolie, dont la population est la même que celle des plaines 
de la Galicie (les Podolianes), la taille est cependant plus élevée que 
dans ce dernier pays : 1648 (1658) millimètres d'après Anoutchine, 
1664 mm. d'après les mesures sur 251 civils de Talko-Hryncewicz (^,96* 
et 897, a). D'après ce dernier auteur la stature varie, comme l'indice 
cephalique d'ailleurs (voy. Deniker, 899, p. 73), suivant les régions* 
Sur le plateau du pord-ouest elle est de 1667 mm. (130 sujets), tandis 
que dans la plaine du sud-est elle descend à 1662 mm. (121 sujets). 

Dans la province de Kiev, la taille moyenne de 200 sujets du distriit 
d'Ouman et du voisinage (dans le sud-ouest de la province, près de la 
Podolie), mesurés par Diebold, est de 1669 millimètres. Talko- 
Hryncewicz [890) a trouvé un chiffre presque identique (1667 mm.) en 
mesurant 1.055 paysans des districts d'Ouman, de Zwenigorod, etc., 
toujours dans le sud de la province (1). Les 113 (( petits nobl*!> » 
(Ghliakhta) de cette même région ont, d'après le même auteur {897 J}), 
la taille beaucoup plus élevée : 1701 millimètres. La diffréence entre les 
deux classes est donc aussi notable ici qu'en Pologne (voy. p. 101). 

Dans la province de Tchernigov, on trouve des districts où la taille 
tombe à 1633 et même à 1619 millimètres (district de Tchernigiv); 
cependant il faut être prudent en envisageant ces chiffres, car dans le 
district de Krolovets, par exemple, où Anoutchine indique la taille 
moyenne de 1632 (1642) millimètres, un autre anthropologiste russti 
Béloded(904) trouve 1666 millimètres, d'après lesmesuressur 120civils 
de 21 à 63 ans. Il y a beaucoup plus de concordance et d'uniformité pour 
la province de Kharkov. D'après les mesures données par Krasskov 
[892) pour les 540 conscrits appelés du district de Kharkov, je calcule 



(1) Les chiffres de ces deux auteurs diffèrent aussi très peu de la moyenne 
(corrigée) d'Anoutchine pour toute la province : 1664 millimètres, mais ce dernim- 
donne pour le district d'Ouman : 1642 (1652) millimètres et pour celui de 
Zwenigorod 1670 (1680) millimètres. 



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i 



112 ASSOCIATION FRANÇAISE POUR L* AVANCEMENT DBS SCIENCES 

une moyenne de 1645 (1655) millimètres. Erckkrt (882-83) donne 
absolument le môme chiffre, d'après les mesures sur 79 conscrits du 
district de Starobielsk, Izium, et Zmiev, de la même province. 

Les Petits-Russiens des provinces où ils ne sont pas en majorité 
paraissent être un peu plus petits (voy. p. 110). D'après les mesures sur 
102 civils prises par Kojoukhov et publiées par Ivanovski (904 col. 63), 
les Petits-Russiens du district de Pavlovsk (prov. de Voronèje), point 
extrême de Textension vers Test de la population ukrainienne en 
masse compacte, seraient presque très petits (1632 mm.). Par contre, 
les colonies des Petits-Russiens dans le sud et le sud est de la Russie 
paraissent être formées de gens à taille élevée (voy. p. 110, note). 
Toutefois les colons établis à Koterlez (district de Kertch-Enikale) en 
Crimée sont plus petits : 1632 mm., d'après Ghinkoulof. 

Enfin les Cosaques de Kouhan (dans le coin nord-ouest du Caucase), 
descendants directs des Cosaques-Zaporogues, sont aussi d'une haute 
stature. Les 61 hommes de 21 à 28 ans, mesurés par Ghiltchenko(^97), 
donnent une taille moyenne de 1701 mm. (1691 mm. avec la correction). 
Les Ukrainiens non-cosaques qui forment de 50 à 90 p. c. de la popu- 
lation dans les deux districts occidentaux de la province de Kouban 
(Ekaterinodar et Zakouban) ont la taille moyenne de 1670 (1680) milli- 
mètres ; tandis que la population du district de Baltapachin, où 
dominent les Grands-Russiens, ne présente qu'une taille de 1661 
(1671) millimètres (Anoutchine). 

2® Les Blancs- Russiens ou Biélorousses sont, en général, plus petits 
que les Petits-Russiens. Talko-Hryncewicz (593) leur donne une taille 
moyenne de 1636 millimètres, d'après 941 sujets de 18 à 70 ans (dont les 
deux tiers, âgés de 20 à 40 ans). Sneghirev indique po 'T les 2.352 cons- 
crits-appelés Blancs-Russiens, la taille moyenne de 1638 millimètres, 
soit avec la correction usuelle 1648 millimètres. En ajoutant à ces 
données les mesures obtenues par Zdroïevski (1699 mm.) sur 200 sujets 
du district de Disna (prov.deVilna); celles de Rojdestvensky(1648 mm.) 
sur 57 du district de Sloutsk (prov. de Minsk); de Piontkovsky 
(1657 mm.) sur 100 sujets du district de Gomel (prov. de Moghilev) ; 
enfin celle d'EiCHHOLz (1652 mm.) et Ghtchedrovitsky (1675 mm.) 
sur les 100 et 445 Biélorousses, respectivement des districts de Roslavl 
et Elnev (province de Smolensk), on a une moyenne un peu plus élevée : 
1649 millimètres pour l'ensemble de 4.219 sujets mesurés, mais restant 
toujours dans les limites des « petites tailles ». D'après Anoutchine, la 
taille moyenne dans les provinces de Minsk et de Moghilev, où les 
Biélorousses forment du 50 à 90 p. c. de la population, est de 
1634 (1644 mm.), et 1637 (1647 mm.) respectivement, chiffres très 
voisins des précédents. 



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J. DENIKER. — LES RACES DE l'EUROPE. — LA TAILLE EN EUROPE 113 

D'après le même auteur, les districts peuplés en majorité de Biélo 
rousses dans d'autres provinces offrent une taille moyenne variant 
de 1623 (1633) millimètres (district de Porietchié, province de Smolensk) 
à 1648 (1658) millimètres (district de Starodoub, province de Tcher- 
nigov). Je pense qu'on peut accepter le chiffre de 1640 ou 1645 milli- 
mètres comme taille moyenne des Biélorousses en général. 

Il n'y a presque pas de différence entre les Biélorousses occidentaux 
(des provinces de Vilna et Grodno, du Nord de Souvalki et du centre 
de Minsk) : 1636 millimètres d'après 369 sujets; et les Biélorousses 
orientaux (des provinces de Vitebsk, Smolensk, Tchernigov et Moghi- 
lev) : 1633 millimètres d'après 320 sujets (Talko Hryncewicz). Mais les 
Biélorousses méridionaux ou les PoUechtchouki (sud de la province de 
Minsk) paraissent être un peu plus grands : 1640 millimètres d'après 
202 sujets toujours du même auteur. Cette élévation de la taille doit 
être attribuée au mélange avec les Petits-Russiens, comme aussi ceile 
constatée par Piontkovsky dans le district de Gomel (1657) sur la fron- 
tière linguistique des Ukrainiens. De même, dans le district de Disna, 
l'élévation de la taille des Biélorousses jusqu'à 1669 millimètres cons- 
tatée par Zdroïevsky est due très probablement au mélange avec les 
Luthuaniens, population de taille presque aussi élevée que les Petits- 
Russiens. Il est moins aisé d'interpréter la taille élevée des Biélorousses 
du district de Roslavl (1652 mm.) et d'Elenev (1675 mm.) ressortant des 
mesures de Eichholtz et de Chtchedrovitsky, attendu que lesGrands- 
Russiens, qui dominent dans cette région ont la taille à peine un peu 
plus élevée que celle des Biélorousses en général. D'après Anoutchine, 
la population de ces deux districts a une taille moyenne de 1634 milli- 
mètres, à peine supérieure à celle de 1631 mm. que donne Talko- 
Hryncewicz pour la population des deux districts (Porietchiéet Bielsk) 
où dominent les Biélorousses, mais très supérieure à celle du district 
de Krasnoïe (1625 mm.), le seul où les Biélorousses forment plus de 
90 p. c. de la population, d'après la carte d'AïTOFF. 

3^ Grands Russiens ou Vétikorousses. Si l'on considère en Russie les 
16 provinces peuplées exclusivement (90 à 99,7 p. c.) de Grands- 
Russiens(l), on constate, avec Anoutchine, que la taille moyenne de 
• leurs populations oscille entre 1630 (1640) millimètres (province de 
Kostroma) et 1647 (1657) millimètres (province Pskov) ; ou, sauf ces 
deux extrêmes, entre 1634 (1644) millimètres (province de Smolensk et 



(1) Voici ces provinces : Moscou, Vladimir, Kalouga, Toula, Riazan, Smolensk, 
Tver,Yaroslav, Kostroma, Nijegorod. A ce noyau viennent se joindre : Orel et 
Tambov au sud, Pskov à Touest, Novgorod et Vologda au nord, et Perm à l'est. 



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114 ASSOCIATION FRANÇAISE POUR l'aVANCBMBNT DES SCIENCES 

de Vologda) et 1644 (1654) millimètres (province de Moscou et de 
Perm). La moyenne ressort à 1638 milimètres. Avec la correction 
(1648 mm.) elle se rapprociie beaucoup de celle (1651 mm.) que donne 
pour les six provinces centrales de la Russie, le D' Erismann 
s'appuyant sur les mesures de plus de 30.000 ouvriers de fabriques, âgés 
de 25 à 55 ans (1). Rojdestvensky (897) trouve pour 647 civils de la 
province de Moscou et des provinces adjacentes, la taille moyenne de 
1644 millimètres, et Kolubakin (877) obtient la taille moyenne de 
1655 millimètres sur 388 ouvriers des fabriques de la ville de Mouscou. 
Les données fournies par Zograf sur la taille des Grands- Russiens des 
provinces de Vladimir, Yaroslav et Kostroma fourmillent d'erreurs au 
point qu'il m'est impossible de les présenter ici. (Voyez Ivanovsky 
et Rojdestvensky ) 

La taille moyenne dans les sept provinces où les Grands-Russiens 
forment 76.8 à 85.1 p. c. de la population (Arkhangel, Olonetsk, Saint- 
Pétersbourg au nord; Koursk au sud; Viatka, Pensa et Saratov à 
l'est), varie d'après Anoutchine de 1629 (1639) millimètres (Viatka) 



(1) Je tiens à constater que les chiffres de ce savant coïncident à 2 ou 3 milli- 
mètres près, cinq fois sur six, avec ceux que j'obtiens â la suite de ma correction 
des chiffres d' Anoutchine (p. 89-90), comme on peut s'en convaincre en exami- 
nant le tableau qui suit : 

Tailles moyennes 

Anoutchine Idem Erismann 
avec la eorreetien 

Moscou 1.644 1.654 1 .654 

Vladimir 1.638 1.648 1.654 

Kalouga 1.636 1.646 1 .644 

Riazan 1.636 1.646 1.649 

Toula 1.635 1 .645 1 .648 

Smolensk 1.6S4 1.644 1.647 

J'ajouterai que ce qui est vrai pour les provinces l'est aussi pour les districts. 
Ainsi pour le district d'Elatma (province de Tambov), le chiffre d' Anoutchine 
donné après ma correction (1642 mm.), diffère â peine de 1 millimètre de celui 
qu'avait trouvé Prokhorov (1643 mm.) opérant sur 950 incorporés de ce môme 
district. Pour le district de Staritsa (province de Tver), le chiffre d* Anoutchine 
avec ma correction (1662 mm.) diffère de 2 millimètres, mais en plus, de celui 
(1660 mm.) qu'avait trouvé Galay sur 200 paysans de ce môme district. Vorobibv 
(899) donne la taille moyenne de 1651 millimètres pour 325 civils de 18 à 60 ans 
provenant, sauf quelques-uns, des districts de Riazan, Pronsk, Kiajesk, Mikhailov 
et Skopin, de la province de Riazan. Or les chiffres d'Anoutchine pour ces cinq 
districts donnent une moyenne de 1638 (1648) millimètres, chiffre inférieur de 
3 millimètres seulement ô celui de Vorobiev. Pour le district de Toula (province 
de Toula), le chiffre corrigé d'Anoutchine (1642 mm.) diffère de 1 millimètre seu- 
lement de celui que donne Ivanovsky (904, col. 59-60) : 16i3 mm., d après les 
mesures de Grigoriev sur 60 civils de ce district. Enfin pour le district de 
Novgorod de la province du môme nom, le chiffre d'Anoutchine corrigé (1656 mm.) 
est inférieur de 5 millimètres à celui qu'obtient Krumbmillbr (891-2) : 1661 milli- 
mètres d'après les mesures sur 5926 incorporés des années 1874-90. En somme, 
sauf ce dernier cas, la différence varie de 1 à 3 millimètres seulement dans un 
sens ou dans un autre. 



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J. DENIKBR. — LES RACES DE l'EUROPE. — LA TAILLE EN EUROPE 115 

à 1644 (1654) millimètres (Saint-Pétersbourg). Ces chiffres extrêmes 
ne représentent pas les vraies limites et s'expliquent, dans le premier 
cas par la présence de 23 p. c. de populations Ougriennes de très 
petites tailles (Permiaks et Votiaks), et dans le second, par la présence 
d'une grande ville et de 18.5 p. c. de Finnois occidentaux, descendants 
des anciens Tchoud, de grande taille. En dehors de ces deux extrêmes, 
la taille ne varie guère dans les cinq autres provinces qu'entre 1632 
(1642) mm. (Olonets) et 1642 (1652) mm, (Saratov) (1). 

Prenons maintenant la zone ininterrompue de provinces et de dis- 
tricts (ouïesd) où les Grands- Russiens forment la totalité, soit 90 p. c. 
et plus de la population (cf. la carte d'AïTOFp), et voyons comment s'y 
distribuent, par districts, les tailles moyennes espacées de centimètre à 
centimètre, comme sur la carte VIII du mémoire d'Anoutchine. Dans 
les prdvinces centrales, la taille est plutôt petite : entre 1625 (1635) milli- 
mètres et 1635 (1645) millimètres; dans les districts nord de Kostroma, 
elle tombe même à 1623 (1633) millimètres et à 1618 (1628) millimètres 
(influence des Ougriens?) (2). Cependant on y rencontre çà et là des dis- 
tricts avec la taille moyenne de 1636 à 1645 (1646 à 1655) millimètres 
ainsi que quelques ilôts de (( tailles moyennes )) (voyez ma carte) : partie 
Est de la province de Moscou, district de Chatsk (province de Tambov), 
district de Nijni-Lomov (province de Pensa). Ces. îlots relient les dis- 
tricts à hautes tailles de la province de Saratov (3) à la région du nord- 
ouest de la Russie où la taille des Grands-Russiens s'élève considéra- 
blement. En effet, dans la province de Pskov on rencontre des districts 
comme celui de Vélikié-Louki où la taille moyenne est de 1651 (1661) 
millimètres (4) et celui de Pskov où elle atteint 1663 (1673) millimètres. 
A côté, tous les districts du sud-ouest de la province de Novgorod ont 



(1) Dans la province de Koursk (77.3 p. c. de Grands-Russiens) la taille 
moyenne monte à 1644 (1654) millimètres, mais les chiffres se rapportant spécia- 
lement â la portion Vélikorousse de cette province sont plus bas : 1640 milli- 
mètres d'après les 235' sujets mesurés par Loukin, cité par Ivanovsky (col. 59-60) 
et 1637 (1647) millimètres, d'après 1396 conscrits mesurés par Petrov, soit en 
moyenne 1646 millimètres. 

(2) Le district de Romanovo-Borisogliebsk, marqué sur ma carte R. B. et teint 
de la couleur de « très petites tailles », d'après Anoutchine, qui donne une 
moyenne de 1620 (1630) mm. paraît abriter au contraire une population de taille 
élevée : 1689 mm d'après les mesures de Vilga, sur 100 sujets. Il en est de même 
pour le district de Pereyaslav (voy. p. 126). 

(3) Toutefois le district de Kouznetsk, marqué comme ayant une taille 
moyenne de 1647 (1657) mm. chez Anoutchine, n'abrite que des populations 
Turco-Ougriennes de petite taille et les Grands-Russiens môme n'y ont qu'une 
taille moyenne de 1639 (1649) mm., d'après les 200 conscrits mesurés par 

HOMANOV. 

(4) Par suite d'une erreur, ce district, situé au sud de Holm, est marqué en 
rouge pôle au lieu de bleu pôle sur ma carte, tandis que celui qui se trouve plus 
au sud, dans la province de Vitebsk, est teint en bleu pâle au lieu de rouge pôle. 



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116 ASSOaATION FRANÇAISE POUR l' AVANCEMENT DES SCIENCES 

une taille très élevée : de 1646 (1656) millimètres (Demiansk, Nov- 
gorod) à 1659 (1669) millimètres (Staraïa-Roussa), tandis que le reste 
de cette province se trouve dans la zone de « petites tailles». Il y a donc 
là, dans le bassin du lac Ilmen une population de haute taille analogue 
à celle du bassin du lac Tchoudskoïé ou Peipous, peuplé d'Esthoniens(l). 
Quelle est la taille des Grands- Russiens dans les régions où ils sont 
en minorité? Dans certaines provinces elle reste voisine de la normale 
générale. Ainsi Oukké assigne aux conscrits appelés Grands-Russiens 
de la province de Samara la taille moyenne de 1643 (1653) millimètres. 
De même dans le district de Balachov (province de Saratov) les 
Grands-Russiens qui vivent au milieu des populations allogènes de 
petite taille ont conservé leur stature primitive : 1639 (1649) millimètres 
(voy. la note de la p. 110). Dans la province de Voronèje, la taille 
des conscrits des districts méridionaux, peuplés presque exclusivement 
de Vélikorousses est de 1640 (1650) millimètres d'après Anoutchine. 
Enfin en Pologne, les Russes comparés aux Polonais tranchent par leur 
taille plus élevée : 1639 (1649) millimètres (Sneghirev, 882 appelés). Par 
contre, dans d'autres provinces la taille des Grands-Russiens tend à se 
rapprocher de celle des populations au milieu desquelles ils vivent. Ainsi 
elle égale presque celle des Ukrainiens dans les provinces de Poltava, 
Kharkov, Tchernigov : 1654 millimètres (Sneghirev, 479 sujets) ; et 
s'abaisse au voisinage des Blancs-Russiens jusqu'à 1647 millimètres 
(Sneghirev 2.019 sujets) dans les provinces du nord-ouest de la Russie. 



(1) Que les Slaves Novgorodlens aient été grands ou petits, dès l'origine, il est 
toujours fort probable que leur taille n'a pu qu'augmenter au contact avec les 
Tchoudes, habitants primitifs de cette région et lesVariagues venus de la Scandi- 
navie pour l'envahir, deux populations de haute taille. D'autre part, c'est aux 
descendants de ces colons Novgorodiens que l'on doit l'élévation de la taille 
dans certains districts du nord de la Russie, comme celui d'Arkhangel, de 
Solévychegodsk et de Yarensk (prov. de Vologda), où la taille s'élève à 1649 
(1658) mm. au milieu des populations de petite taille qui les entourent et qui sont 
issues du mélange des Grauds-Russiens avec les Vod, les Ijora, les Ves (descen- 
dants des Lapons ?), les Samoyèdes, les Zyrianes, etc. Enfin on sait que les colons 
Novgorodiens, établis sur le littoral de la mer Blanche et dans le bassin delà 
Dvina septentrionale, se sont portés aux 16* et 17" siècles vers le sud-est; et c'est 
ainsi qu'on peut expliquer la taille élevée dans certains districts de la province de 
Perm; Verthotourié, 1650 (1655) mm.,Irbit,1674 (1679) mm., Kamychlov, 1651 (1656) 
millimètres, Okhansk 1668 (1673) millimètres, où les colons Grands-Russiens ont 
trouvé les terrains inoccupés et où ils forment aujourd'hui plus de neut dixièmes de 
la population totale. Les districts voisins, peuplés par les Permiaks, russifiés ou 
non, accusent une taille très basse : 1628 et 1633 millimètres. La haute stature des 
colons russes en Sibérie peut s'expliquer de la même façon, car ce sont les habi- 
tants russes des provinces de Perm qui en forment la base. 

Les 95 soldats Grands-Russiens des provinces de Tomsk et de Tobolsk ont 
donné à Zeland (900) la taille moyenne de 1686 (1681) millimètres et les 49 autres, 
de Sémirietchié (émigrés de la province de Perm), la taille moyenne de 1667 
(1662) millimètres. Les 175 paysans Grands-Russiens de la Transbaïkalie (dissi- 
dants « Seméiskié») ont une taille moyenne de 1669 millimètres, d'après Talko- 
Hryngewigz (898). 



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^^ïf^: 



J. DENIKER. — LES RACES DE l'EUROPE. — LA TAILLE EN EUROPE 117 

Dans la province d'Orenbourg, au contact des populations Bachkirs 
de basse stature, elle s'abaisse à 1636 millimètres chez 50 soldttts 
mesurés par Zeeij^nd (900); et dans le district de Tetiouchi (province 
de Kazan), au milieu des populations turco-ougriennes, très petites, lAis 
tombe au même niveau (1636 mm.), d'après les mesures de Soloviev 
(890), D'autre part, les Grands Russiens de l'Esthonie ont la taille 
très élevée : 1670 millimètres d'après 88 sujets mesurés par Kharouzin 
(904) et se rapprochent par ce caractère des Esthoniens au milieu des- 
quels ils vivent (1). 



Hongrois 

D'après l'excellent petit travail de Scheiber (881), la taille moyeniiû 
des conscrits appelés (sans les ajournés) de Tannée 1869 était de 1636 mil- 
limètres pour la Hongrie (sauf la Transylvanie et la Croatie-Slavo- 
nie). Ce chiflfre diffère juste de 1 centimètre de celui (1646 mm.) quu 
donnent les listes des 77.579 recrues et ajournés des années 1865(1!^, 
ce qui autorise doublement à majorer d'un centimètre la taille des apfn*- 
lés. KôRÔsi (878) avait trouvé sur 100.000 conscrits incorporés des 
années 1876-77 un chiffre moins élevé : 1631 millimètres, mais 
cela tient à ce que, depuis 1869, on admet dans l'armée hongroîi^t^ à 
partir de 19 ans tandis qu'avant, la limite d'âge était de 20 ans. Il faut 
donc pour faire les comparaisons, majorer les chiffres de Kôrôsi d*iin 
demi-centimètre au lieu de les laisser tels quels. Si l'on considère les 
Hongrois ou Magyars seuls, leur taille ressort à 1640 (1635) millimètres 
d'après 324 soldats mesurés par Weisbach (878), et à 1619 (1629) 
millimètres d'après Scheiber. On peut donc admettre comme taille 
moyenne générale des Magyars le chiffre de 1630 mm,, et c'est à pi'ii 
près leur taille d'après Kôrôsi : 1626 (1631) mm. Mais elle varie suivnnt 
les régions. En général elle est plus élevée à l'ouest de la Tisza qu'à î'*iwt 
de ce fleuve. Si l'on considère les districts où les Hongrois constituent 
de 80 à 99 p. c. de la population, on s'aperçoit d'après les cartes H(^ 
GoEHLERT, dont je reproduis les indications, qu'ils forment ivah 



(t) Les rolnnti Vcliknrn((ss('.<i au Caticaac ont la taille un peu supérieure h collf^ 
que l'on constate dans l'intérieur de la Russie. 60 adultes de la province d'Erivnn 
ont donné â Ivanovsky [904) la taille de 1654 millimètres et parmi les conscrits 
appelés de 1889-90, Pantioukopf [893) constate la taille (majorée d'un centimèln:) 
de 1698 millimètres chez 195 orthodoxes et de 1690 millimètres chez 226 schisuia- 
tiques, tons vôlikorousses nés dans le pays. Enfin les Cosaques de Terek, groiifte 
ethnique comprennant 69 p. c. de Vélikorousses, 29 p. c. de Petits-Russieus et 
2 p. c. d'indigènes de Caucase, offre également une taille élevée, 1678 millimètres, 
d'après 411 sujet» mesurés par Ghiltghenko [892). (Cf. p. 126.) 



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118 ASSOCIATION FRANÇAISE POUR l' AVANCEMENT DES SCIENCES 

groupes : 1® le noyau central formé des comitats de Heves, Jazygie (1), 
Borsod, Torna, Szabcles, Haïdouks et Csongrad, dans le bassin de la 
Tisza, qui se signale par sa petite taille (1614 à 1639 mm.) ; 2<* le groupe 
situé à l'ouest du Danube (comitats de Raab, Komorn, Stuhlweissen- 
burg, Veszprim et Somogy), qui offre une taille moy. plus élevée (1626 
à 1639 mm.), variant d'après Scheiber, de 1619 (1629) millimètres dans 
Stuhlweissenburg et Veszprim, à 1646 (1656) millimètres dans le Raab. 
Le comitat de Tolnau, situé au sud de cette région, et où les Hongrois 
ne forment que 64 p. c. de la population offre une taille plus élevée : 
1646 (1656) millimètres. Le pays situé entre les deux groupes cités plus 
haut, et qui comprend le comitat de Buda-Pest, ne contient que 69 p. c. 
de Magyars. La taille y est de 1633 (1643) millimètres, sauf le district 
urbain de la capitale où la taille monte à 1646 (1656) millimètres d'après 
les mesures sur 16.107 individus (Scheiber). 

Enfin le troisième groupe de Hongrois est localisé dans, le coin 
sud-est de la Transylvanie où, dans les comitats de Gsik, Udvarnely 
et Haromszek, les Hongrois-Szekely forment de 84 à 90 p. c. de la 
population. La taille s'y abaisse de nouveau jusqu'à 1620 mm. (2). 

Si l'on reporte sur les cartes de Myrdacz les contours des comitats 
où l'on trouve 80 p. c. et plus d'Hongrois, on constate que les terri- 
toires de mes trois groupes comprennent : le premier (groupe central), 
les districts militaires ayant 9 p. c. (Debreszin) à 12.1 p. c. (Szolnok) 
de (( grands » parmi les incorporés ; le deuxième (groupe occidental), 
les districts vOù la proportion de «grands» est de 15.4 p. c. (Raab) à 
17.3 p. c. (Kolosvar) ; enfin le troisième (groupe du sud-est), les dis- 
tricts où la proportion se maintient entre 13.6 (Fogaras) et 16.2 p. c. 
(Moros Vasarhely). Le district de Klausenburg, correspondant en partie 
au territoire de Moros-Torda, offre au contraire 19.9 p. c. de grands, 
plus que le district de Buda-Pest (17. 1 p. c). 



Roumains 

Les habitants du royaume de la Roumanie, comprenant approxima- 
tivement 86 p. c. de Roumains, sont d'une taille moyenne de 1™65 

(1) D'après Kôrôsi, les Jazigues ont une taille moyenne de 1630 (1635) millimètres 
et leurs congénères, les Haïdouks celle de 1609 (1614) mm.. 

(2) jANKOa trouvé {893) une taille très élevée (1696 mm.). chez les 82((Szekely» 
de Torda-Aranyos et de Toroczko dans le district de Moros-Torda, qui se trouve 
au nord du troisième groupe, et est marqué sur la carte de Goehlert de la 
même teinte que celui-ci. D'autre part le môme Jankq signale {900) la taille 
moyenne de 1676 millimètres chez 48 Hongrois des environs du lac Balaton dans 
les districts qui forment mon deuxième groupe. 



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J. DENIKER. — LES RACES DE l'EUROPE. — LA TAILLE EN EUROPE l 19 

(1^66), d'après les chiffres du recrutement de 1893, compulsés par Feux 
et se rapportant à 56.243 conscrits appelés (1). Le même auteur indique; 
également (p. 42) que presque tous les départements montagneux (Val 
cea, Gorzi, Dombrovitsa, Prahova, Buzeu, etc.), de la Valachie, ainsi 
que la partie occidentale de la plaine danubienne (Mehidintsi, Dolj, 
Teleorman, etc.) offrent une taille moyenne supérieure à 1^65 (1™()H), 
c'est à-dire sont peuplés de gens de taille moyenne. Il en est également 
ainsi de la population des montagnes de la Moldavie (département tia 
Bacau, de Neamtzu, etc.). Par contre, la partie basse de la Moldttvit% 
comme la partie est de la plaine danubienne, sont probablement âmia 
la limite de la distribution des « petites tailles )). 

Ainsi donc la taille des Roumains semble être plus haute dans h-s 
montagnes et dans l'ouest du royaume que dans la plaine et dans Ti^st. 
La série de 151 individus Roumains venant de différents points du 
royaume, civils ou recrues incorporés, mesurés dans le Dobrodja par 
PiTTARD (903) donne une moyenne de 1656 millimètres. Si l'on en 
exclue les 11 recrues incorporés, dont la taille est très basse (1619 mm. ), 
on obtient pour le reste (140 civils), la taille moyenne de 1659 c'est-à- 
dire identique à celle (1660 mm.) des conscrits appelés, en tenant 
compte de la correction d'usage. 

Les Roumains de V Autriche -Hongrie semblent être d'une taille 
moins élevée. Les 382 soldats ou recrues mesurés par Weisbach (878 
et 884 p. 3), avaient la taille de 1635 millimètres seulement, c'est à 
dire petite. D'après Kôrôsi, les conscrits incorporés Roumains ôg 
la Hongrie (âgés de 19 ans) n'ont que 1629 millimètres en moyenne, 
soit avec la correction (voyez p. 117) 1634 millimètres, taille sensible- 
ment égale à celle qu'avait trouvée Weisbach. Par contre Himmel, indi- 
que pour 200 soldats de 20 à 24 ans, Roumains de la Bukovine la taille 
bien plus élevée : 1673 (1668 mm.). Ceci confirme le fait déjà énoncé 
plus haut que les Roumains des montagnes sont plus grands que ceux 
de la plaine. 

D'après les cartes de Myrdacz on voit qu'en Bukovine, dans le dis 
trict de Czernovs^itz, la taille est un peu plus élevée (24.4 p. c. «Il* 
« grands » parmi les incorporés) que dans le district hongrois voisin, 
celui de Bystritz (21.7 p. c. de grands), où les Roumains forment 70 p. c. 
de la population. Dans les autres districts de la Transylvanie, situés 
plus au sud et où Ton trouve de 70 à 89 p. c. de Roumains, la taille rîst 



(1) Suivant le D' D£METRBSCo,'la taille moyenne des conscrits s'est abaissée dn^ 1 n 
2 centimètres en 10 années (de 1881 â 1890). D'après le tableau manuscrit qu'a hjon 
voulu me communuiqer ce savant directeur du service sanitaire de l'armée rou- 
maine, les tailles minima des recrues passent de 1 m. 56 en 1881 â 1 m. 54 en 189u ■ et 
la taille maximum qui, en 1881, était de lm.73, tombe à Im. 71 en 18Ô0. 



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120 ASSOCIATION FRANÇAISE POVK L AVANCEMENT DES SCIENCES 

moins élevée. Les grands ne forment plus que de 17.9 (district de 
Karansebo) à 13.6 p. c. (Fogâras) du total. La proportion des «grands» 
du premier groupe correspond à la taille moyenne de 1 m. 65 ou lm.66, 
tandis que celle du second correspond à la taille de Im. 62 ou Im. 63. Les 
Roumains hongrois du repsant septentrional des Alpes de la Transyl- 
vanie sont donc plus petits que les Roumains du Royaume habitant le 
versant méridional. Les Roumains émigrés aux 18® et 19* siècles dans 
le district de Loro (N.-O.) de la Bulgarie sont d'une bonne stature: 
1677 millimètres, d'après les mesures de Bassanowitch (1) sur 
88 conscrits. 

Il n'y H pas de données directes sur la taille des Roumains de la 
Riia^iie. Diaprés Anoutchïn les quatre districts de la Bessarabie qui 
comptent de 50 à 90 p. c. de « Moldovanes » offrent la succession sui- 
vante de tailles moyennes : A la frontière de la Moldavie 1625 (1635) 
millimètres, (district de Bieltsevsk) et 1652 (1662) millimètres (district 
(le Kichinev) ; plus à l'est 1646 (1656) millimètres (Sorok) et 1657 (1667) 
millimètres (Orghéevsk). La taille augmente donc de l'ouest à Test et du 
nord au sud, probablement par suite des mélanges avec les Petits-Rus- 
siens, les Bulgares et les Serbes, colons de ces régions. (Cf. p. 126.) 

Les Kouiso-VlaqueSj Aromounes ou Roumains de la Thessalie et de 
V Eplre offriraient suivant Weigand deux types dont l'un caractérisé 
par une taille « au-dessous de la moyenne» et l'autre par une (( grande 
taille », sans compter les « petits » VlachoMeglen. L'auteur ne donne 
aucun cbifFre à l'appui de ces estimations. 

Albanais et Grecs 

Les observations exactes sur la taille des Albanais se réduisent à 
trois séries : 17 hommes sans Tindication de provenance de Weisbach 
{S7H), taille moyenne de 1664 millimètres ; une série plus considérable 
de 30 Albanais-Geges, mulsumans, mesurés par Gluck (896); et enfin, 
les 25 Albanais sans autre indication de provenance, étudiés par 
PiTTARD {902) é Dobroudja (Roumanie). La série de Gluck comprend 
15 hommes du district de Prizren, 11 de Djakova et le reste de Novi- 
Bazar, Ipek et Dibre, donc tous de l'Albanie du nord. Sauf 4 personnes 
âgées de 18 à 20 ans, ils avaient entre 21 et 57 ans. La taille moyenne 
de cette série est de 1684 millimètres, avec 50 p. c. de grands. La taille 
moyenne des 25 Albanais mesurés par Pittard est de 1674 millimètres, 

(1) L'antear donne |p* 37) le cbifîre de 1767, mais c'est évidemment une erreur 
puisque le périmètre thoracique de ces mêmes individus n'atteint que 847 milli- 
mètres, ce qui correspond t peu près û la taille de Im. 67 à lm.68. 



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J. DENIKER. — - LES RACES DE L'EUROPE. — LA TAILLE EN EUROPE 121 

intermédiaire entre les deux précédentes ; le nombre des grands est «Je 
30 p. c. La moyenne générale des trois séries réunies de 72 Albanais 
ressort à 1675 millimètres. 

Les colons Albanais du sud de l'Italie sont plus petits. Les 59 de 
ces colons, ôgés de 18 à 45 ans, provenant des communes de Spezano 
et de Storfia, province de Potenza, ont donné à Zampa (886) la taille 
moyenne de 1640 millimètres (cf. p. 33). 

Les chiffres concernant la taille des Grecs sont peu nombreux et pro- 
viennent des séries faibles. Je ne les donne que comme indication. 
Les Grecs de la Roumélie, de l'Epire et de la Thessalie ont donné à 
Weisbach (884, p. 3) la taille moyenne de 1651 millimètres. D'autre 
part, 50 sujets de Grecs d'Europe mesurés par Pittard (902) è 
-Dobroudja donnent une taille presque pareille : 1650 millimètres. Ceci 
m'autorise à couvrir sur ma carte la partie nord de la Grèce, avec 
la couleur conventionnelle de la taille moyenne: 

Les Grecs de VAsie Mineure semblent avoir sensiblement la même 
taille. Les 42 sujets mesurés par Neophytos (90Ï) donnent la taille 
moyenne de 1655 millimètres. 



Letto-Lithuaniens 

Les Lithuaniens orientaux ou Lithuaniens proprement dits d«i la 
Russie, qui habitent la moitié est de la province de Kovno et le uord- 
ouest de la province de Vilna, diffèrent très peu, sous le rapport de la 
taille, des Lithuaniens occidentaux dits Jmoudines ou Jmoudes, qui 
sont cantonnés dans la moitié ouest de la province de Kovno (ancienne 
Samojitie) et dans le nord de la province de Souvalki (Pologne Rus^h?). 
Les 60 Lithuaniens du district de Novo Alexandrie (province de Kovno) 
étudiés par Brennsohn (883) offrent une taille moyenne de 1662 milli- 
mètres, dépassant de beaucoup celle que donne Anoutchin pour les 
conscrits de ce district : 1638 1(1648) millimètres. Par contre, les 
64 Lithuaniens du district de Troki (province de Vilna) n'ont donné à 
Olechnowicz qu'une taille moyenne de 1641 millimètres, inférieure à 
celle que donne Anoutchin pour ce district 1655 (1665) millimètres, cd 
qui s'explique d'ailleurs par le fait que les Lithuaniens n'y forment que 
le quart environ de la population et que l'élévation de la taille peut pro 
venir des autres éléments. Les 158 Lithuaniens, venant pour un iwvs 
de la province de Kovno et pour deux tiers de celle de Vilna, donneiH, h 
Talko-Hryncewicz (893) la taille moyenne de 1658 millimètres* Dl^ 
l'ensemble de ces trois séries (282 sujets), il résulte une moyenne de 



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122 ASSOCIATION FRANÇAISE POUR l'aVANCEMENT DES SCIENCES 

1654 millimètres qui ne doit'pas être loin de la vérité, puisque Sneghi- 
rev a trouvé la taille moyenne absolument identique, 1654 millimètres, 
soit 1664 millimètres avec la correction, sur 4363 conscrits appelés, 
Lithuaniens des deux provinces. 

Pour les Jmoudes, Olechnowicz trouve sur 83 hommes du district 
de Calvaria (province de Souvalki) la taille moyenne de 1630 milli- 
mètres (Anoutchin donne pour ce district 1632 millimètres). Talko- 
Hryncewicz [893] trouve un chiffre voisin, 1639 millimètres, pour les 
260 Jmoudes venant pour deux cinquièmes de la province de Souvalki 
et pour trois cinquièmes de celle de Kovno. La moyenne des deux 
séries, 343 sujets, est de 1637 millimètres. Ce chiffre se rapproche de 
celui que trouve Sneghirev pour les 880 conscrits-appelés. Lithuaniens 
de la Pologne : 1639 (1649) millimètres, mais s'éloigne considérable- 
ment de celui qu'il donne pour les 935 appelés, Jmoudes de la S.amojitie 
(ouest de Kovno) : 1656 (1666) millimètres. Les deux séries réunies 
donnent pour 1815 sujets la taille moyenne de 1648 (1658) millimètres. 

Il ressort de ces chiffres que les Lithuaniens proprement dits sont 
un peu plus grands que les Jmoudes en général mais que, parmi ces 
derniers, la taille des Jmoudes de Kovno dépasse non seulement celle 
des Jmoudes de Souvalki mais encore celle des Lithuaniens propre- 
ment dits. Les chiffres tirés de l'ouvrage d'Anoutchine confirment ce 
fait. Dans la province de Kovno, les districts à population lithuanienne 
proprement dite (Wilkomir, Novo-Alexandrie) ont la taille moyenne 
plus basse 1637 millimètres, que les districts purement jmoudes 
(Chavli, 1636 millimètres, Telche, 1644 millimètres, Rossieny, 1655 mil- 
limètres ; moyenne des trois 1645 millimètres), mais presque égale à 
celle (1639 mm.) qui ressort comme moyenne des quatre districts à 
population jmoude de la province de Souvalki (Maryampol, Wladis- 
lavow, Wolkowicz, Calvarie). Il faut ajouter pour être complet que 
Baronas (902) a trouvé sur 70 hommes du district de Maryampol (pro- 
vince de Souvalki) peuplé de Jmoudes, et des trois districts de la pro- 
vince de Kovno, peuplés de Lithuaniens proprement dits, une taille 
moyenne générale de 1656 millimètres qui, suivant moi, représente à peu 
près exactement la taille moyenne générale des Lithuaniens. En effet, 
en réunissant toutes les séries mentionnées, 6873 sujets, j'obtiens le 
chiffre presque identique : 1655 millimètres. Par leur taille, les Lithua- 
niens se placent donc entre les Grands- Russiens et les Petits-Russiens. 

Pour les Lithuaniens de la Prusse, il n'y a pas de documents suffi- 
sants (1). 

(1) ViRGHOw (91, p. 775) a mesuré, dans les distriols de Heydekrug et de Memel 
8 hommes Lithuaniens (moyenne 164i8 mm.) et 3 femmes (taille moyenne 1577 mm.). 
On peut leur ajouter une petite série de 3 hommes (taille moyenne 1702 mm.) et 



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J. DENIKER. — LES RAGES DE l'EUROPE. — LA TAILLE EN EUROPE 123 

Les Leties ou Lettons sont plus grands que les Lithuaniens. Pour 
ceux de la Kourlandé, Sneghirev donne la taille moyenne de 1678 
(1688) millimètres, tout en disant que ceux des districts maritimes 
atteignent 1700 (1710) millimètres. Il y aurait donc une différence 
suivant l'habitat. En effet, les 60 Lettes de l'ouest de la Kourlandé 
mesurés par Waeber (879) ont une taille moyenne de 1705 millimètres; 
tandis que 58 Lettes de l'intérieur des terres (ouest de la province de 
Vitebsk) ont donné à Talko-Hryncewicz (893) la taille de 1636 milli- 
mètres seulement. D'ailleurs, d'après Anoutchin, les districts maritimes 
de la Kourlandé accusent des moyennes de 1669 à 1683 millimètres, 
tandis que ceux de l'intérieur, de 1654 à 1663 millimètres seulement. 
Mais cette élévation de la taille chez les littoraux peut s'expliquer en 
partie par le mélange avec les populations finnoises, les Koures et les 
Lives qui sont de très haute taille (voy. le Supplément). Toutefois, dans 
la province de Livonie, les districts peuplés presque exclusivement de 
Lettes (Venden et Volmar) offrent les tailles très élevées, 1700 et 
1664 millimètres respectivement. Je pense qu'on peut sans grande 
erreur assigner aux Lettes la taille moyenne de Im. 68 (1). 



Conclusion (2) 

En jetant un coup d'œil sur la carte jointe à ce mémoire, on s'aper- 
çoit que les hautes statures sont surtout bien représentées dans le nord- 
ouest de TEurope. La totalité de la population des Iles britanniques 
(sauf deux districts dans l'ouest de l'Irlande où la taille est petite), de 
la Suède, de la Norvège (sauf trois petits districts de taille moyenne 
au centre du pays), du nord de la Hollande (sauf un district), du 
Sleswig-Holstein, du Danemark; puis la population de la moitié sud- 
ouest de la Finlande, de la côte ouest des provinces baltiques en Russie, 
sont de grande taille. C'est l'habitat de ma race nordique. Dans le sud- 
est du continent, il y a un deuxième noyau de populations de haute 
taille, comprenant la Dalmatie, la Bosnie, la Serbie, une partie de la 

5 femmes (1547 mm.) de sang mixte Kourô-Lithuanien. Il est probable d'après 
ces données fragmentaires que la taille des Lithuaniens de la Prusse est voisine 
de celle de leurs frères de race de la Russie (1"66). En conséquence, je marque 
sur ma carte leur habitat de la couleur bleu pôle. 

(1) Les descendants de Lettes mélangés avec les Koures et parlant aujourd'hui 
allemand, du littoral de la Prusse occidentale, doivent être aussi de grande taille. 
Huit hommes mesurés par Virchow (891) dans la presqu'île de Hela (au nord de 
Danzig) et à Nedden (Kurische Nehrung) lui ont donné U taille moyenne de 
1722 millimètres. 

(2) Les chapitres relatifs aux Lapons, Finno-Ougriens, Turco-Mongols et Cau- 
casiens seront publiés â part sous forme de Supplément au présent travail. 



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124 ASSOCIATION FRANÇAISE POUR l'AVANCEMENT DES SCIENCES 

Macédoine, l'^^st et le sud de la Styrie, la Carinlhie, ainsi que le centre 
de la VenéÉie, et se prolongeant par le Salzbourg et Test du Tyrol, jusque 
dans le sud de la Bavière. C'est l'habitat de ma race adriatique. En 
dehors de ces deux régions, on trouve aussi les hautes tailles dans la 
moitié est du Caucase. 

Le reste de TEurope, à l'exception de quelquesi îlots (dix arrondisse- 
ments dans Test de la France, TAlsace-Lorraine, la Franconie bava- 
roise, deux districts en Italie, autant en Suisse, quatre en Bukovine- 
Galicie, dix districts dans l'ouest et le sud de la Russie et enfin une 
partie de TAlbanie), est occupé par les populations de moyenne ou de 
petite taille. 

Les tailles moyennes se groupent surtout au voisinage des grandes ; 
dans le nord tïst de la France, en Suisse romande, en Belgique, dans le 
sud de la Hollande, appuyés sur les hautes statures des Alsaciens- 
Lorrains d'une part, des Hollandais du nord de l'autre ; puis probable- 
ment en Prusse, sauf peut-être les provinces de l'est, la Silésie et les 
pays des Vendes où les petites tailles doivent dominer à en juger par 
les pays environnants (Pologne russe, est de la Saxe, Silésie autri- 
chienne, Nord-est de la Bohème). 

La taille? moyenne domine aussi en Allemagne du sud (sauf le 
Schvparzwald et le centre de la Bavière, occupés par les petites tailles); 
parmi les Ladins ou Romanches en Suisse et en Typol ; enfin dans les 
Fréalpes italiennes, le centre de la Bohème, dans la Haute et Basse 
Autriche, en Carniole et Istrie. On voit aussi d'après la carte, que les 
populations de taille moyenne relient la région des hautes tailles du 
nord (Hollande, Slesvsrig-Holstein) à celle du sud, qui comme on a déjà 
vu plus haut, est constituée surtout par la partie N.-O. de la presqu'île 
Balkanique. Le reste de cette presqu'île est occupé par les populations 
de taille moyenne avec des îlots des grandes tailles. En Roumanie, les 
tailles moyennes font place aux petites seulement dans le Sud-est de la 
Valachie et dans l'est de la Moldavie. 

Le contraste est assez frappant entre la presqu'île Balkanique « pays 
à liautes et très hautes statures » et l'Italie péninsulaire ou bien la 
presqu'île ibérique où dominent les petites et les très petites tailles. 

Toutefois une zone de taille moyenne (avec quelques îlots de gran- 
des tailles) se fait remarquer sur tout le pourtour de la Méditerranée, 
depuis le voisinage de Rome en Italie jusqu'à passé Valence en Espagne ; 
elle reparaît, mais plus fragmentaire sur ou au voisinage des côtes 
océaniennes de l'Espagne, du Portugal et de la France. Elle occupe 
remplacement de' ma race atlanto-méditerranéenne. Enfin les «tailles 
moyennes t) sont aussi bien représentées dans la région Baltique de la 
Russie ot leur zone prolonge celle du N.-E. de la Finlande, ainsi que 



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J, DENIKER. — LES RACES DE l'EUROPE. — LA TAILLE EN EUROPE 125 

dans le sud de ce pays où elles sont presque en connexion avtT 
celles de la région montagneuse de la Galicie orientale (habitée [far 
les Ruthènes) et de la Roumanie Bulgarie, ainsi qu'avec « les tailh.t^ 
moyennes » du Caucase occidental. 

La vaste région de « petites tailles », qui comprend le nord et le centre 
de la Russie, avec la Pologne et la Moravie, communique par d'étrnîl!^ 
goulots avec d'autres zones, occupées par les « petites tailles ï> : lu 
Moldavie orientale, la Hongrie, une partie de la Saxe et le centre de In 
Bavière. 

Ces (( petits» que je qualifierai d'orientaux sont séparées, par u\\ 
vaste et important massif de grandes et moyennes statures, des autn s 
populations de petites tailles qui occupent la moitié sud-ouest d^ in 
France, la haute vallée du Pô en Italie et le centre de la Suisse, Und 
en envoyant quelques îlots dans le nord-est de la France, en Belgiijue 
et dans le Schv\rarzwald. Je qualifierai ces populations de petits occi- 
dentaux pour les distinguer des petits méridionaux dont ils sont sépa- 
rés à leur tour par les populations de; haute stature occupant les 
Pyrénées et le nord des Appenins (probablement de race Atlanto-Médi- 
terranéenne). La zone de ces « petits méridionaux » au milieu de. 
laquelle on rencontre de nombreux îlots de taille très petite (au di^s 
sous de 1625 mm.) couvre toute la presqu'île Ibérique, sauf la région 
littorale indiquée plus haut et occupée par les tailles « moyennes», 
ainsi que toute Tltalie méridionale (au sud de la ligne Rome-Ancom^) 
et les îles de la Méditerranée : Sicile, Sdrdaigne (taille la plus 
basse de toute l'Europe) et la Corse, mais pas les Baléars qui se 
rattachent ainsi aux Catalans non seulement au point de vue lingiiis^ 
tique mais encore au point de vue somatique. Les limites de ctîs 
petits méridionaux sur la carte sont presque celles de ma race Hjc/h 
insulaire, 

NOTE SUPPLÉMENTAIRE 

Au moment de donner le bon à tirer, je reçois les numéros 1 el 2 Mf^ 
l'année 1907 du Pyc. Amp. >KypH. (Rev. russe anthr.), contenant qujiliii 
articles se rapportant à mon sujet. Dans le premier (p. 88), Malinine dnriMij 
la taille moyenne de 50 Cosaques de Terek : 1687 mm. (cf. p. 117 noUO; 
dans un autre (p. 128), Prokhorov parle de la taille des conscrit du 
district de Korotoyak (prov. de Voronèje) : 1230 Grands-Russiens (1647 un m.) 
et 170 Petits-Russiens (1658 mm.), confirmant ainsi ce que je dis p. I liJ 
(note) et 116. Dans le troisième article (p. 137), A. SpmiDONOV doriiu' It; 
chiffre de la taille de 65 Grands-Russiens du district de Pereyaslav (pniv. 
de Vladimir) : 1678 mm., supérieur à celui d'ANOUTCHiNE : 1644 (1654) wuw. 
Enfin, l'article de Bélsky (p\ 146) fournit les premiers renseignement.^ ^mv 
la taille des Roumains de la Russie; 35 de ces « Moldavanes », consi itiri 
incorporés, lui ont donné la taille moyenne de 1644 mm., voisine de v\A\\^ 
qu'on rencontre en Moldavie (cf. p. 120). 



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taires suisses sont citées sous le nom de Kummer). 

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Majer (J.), Roczny przyrost ciala u ludnosci galicyjskiej, etc. (Accroisse- 
ment annuel du corps dans la population galicienne. . . en ce qui concerne 
les Ruthènes) Zbior wiadomosci, etc. (Rec. de docum. p. VAnthr. locale. 
Ac. Se. Cracome), t. II, 1878, p. [37]). 

Majer (J.), Roczny przyrost ciala, u Polakov, etc. (Accroissement annuel 
du corps chez les Polonais de la Galicie); Ébior wiadoniosci do Antropologii 
Krajoicej, etc. (Recueil de documents pour VAnthr. locale, éd. par VAcad. 
des Se. de Cracome) (1" sér), t. III, Krakow, 1879, p. 3. 

Majer (J.), Charakterystyka fizycna Rusinôw, etc. (Caractéristique du 
type physique des Roussines du Dniepr donnée par Tghoubinsky (voy. plus 
bas), comparée avec celle des Ruthènes de la Galicie); Ibid., p. 28. 

Majer (J.) et Kopernicki (J.), Charakterystyka fizycna ludnosci galicyj- 
skiej (Caractères physiques des populations de la Galicie) ; Zbior wiadomosci 
do Antropologii krajowej, etc. (Recueil de documents pour VAnthr. localCy 
édité par VAcad. des Se. de Cracome) (1". série), t. I, 1877, p. 1; et 2' série, 
t. IX, 1885, p. [I] (Le premier article est analysé dans la Rev>ue d'Anthropo- 
logie, 1878, p. 548). 

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2* partie : Belgique, 1903, av. cartes et Qg. 

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bourg^ l'^tM (eri russe). 

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dfifts l'Ent/nfi' pendant la première période décennale ï 874- 1883; mise en 
œtwre par (*' rédacteur du Comité centr. de statist. A. Syrnev), St-Péters- 
bourg, 18Sti, hiH\ 

Talko-Hryncbwicz (J.), Charakterystyka fizyczna ludu ukrainskiego 
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eie. (Hrr, dotvfit. Anthr. loc. Ac. Se. de Cracocie), t. XIV, 2* partie, p. [1], 
Krokowj 1890. Résumé en russe dans les Protokoly, etc. (Compte rendu Soc. 



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J. DENIKER. — LES RACES DE l'bUROPE. — LA TAILLE EN EURbPE 141 

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Zhior Wiadomosci, etc. {Rcc. docum. anthr, loc. Ac. Se. Cracotié), t. XVII, 
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dans : Tpydhi, etc. (Travaux Soc, Anthr. auprès Ac, Mèd. milit,), t. I, fasc. 3 
(1893), p. 155, 1 carte. St-Pétersbourg, 1894]. Analyse : Arch,f. Anthr., 1896, 
p. 380 et 457. 

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Krakow, 1896, p. [39]. 

Talko-Hryncewicz (J.), Kt> AHTponojiorin, etc. (Contrib. à l'anthr. de la 
popul. de la Podolie; Tpydu, (Trav. Soc, anthr. auprès Acad. de Mèd, milit,), 
t. II (1894-95), p. 260; St-Pétersbourg, 1897, a, (Traduction russe de l'ouvrage 
précédent.) 

Talko-Hryncewicz (J.), Szlachta ukrainska, etc. (La petite noblesse de 
rUkraine; éludes anthropol.); Materialy, etc. (Mater, pour l'anthr, locale, 
éd. Acad, Sci, Cracocie), t. II, 1897, b, 1" partie, p. 1. 

Talko-Hryncewicz (J.), k-b AHTponoaorin BejiiiuopoccoB'b etc. [Contib. à 
l'anthr. des Grands-Russiens. Les Schismatiques Seméïskié (Staropbriadtsi) 
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Taylor (I.), Words and Places, London, 1864, in-16". 

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r ouest de la Russie, t. VII, n"2, p. 342, St-Pétersbourg, 1877. (Résumé dans : 
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dans la prov. de Toula); Haerbcmin etc. (Bul, Soc. amis se. nat. Moscou, 
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ToLD (C), Die Kôrpergrôsse der Tiroler und Vorarlberger : Mitteil. d. 
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ToLD (C), Zur Somatologie der Tiroler; Mittheil. Anthr, Gesell, Wien, 
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TopiNARD. Voy. Le Carguet. 

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(notes manuscrites). Voy. aussi Statistisch. 

Vanderkindere (L.), Sur Tethnologie de la Belgique, Bruxelles, 1872, 



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142 



ASSOCIATION FRANÇAISE POUR l' AVANCEMENT DBS SCIENCES 



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VoROBJEV (V.), Ma repïs.iM ki> AHTponoji. BeaHKopycc. HacejieHin. etc. (Anthropol. 
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VoROBiEv (V.), npjiwKripyccbi, (Lcs Grands-Russlcns) ; Pyccn. AumponoA. 
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VoRomEv (V.), o rmnmmemn, etc. (Rapp. entre les dimens. de la tête et la 
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Watekf (S.), Contribution à l'étude anthropologique des Bulgares; BuL 
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Wei0ai«d (G.), Die Aromunen; Vlacho-Meglen; Leipzig, 1890-92; 2 vol. 8*. 

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Re^, Anihr., 1831, p. 488). 

Weisbagu (A.), Die iStu Ijokroatender Adriatischen Kûstenlânder; Zeitschr. 
/: EthnoL, Berlin, 1884, Supplément. (Analysé dans la Rev. d'Anthr,, 1886, 
p. 707, par Dënieer.J 

Weisbagh (A,), Die Herzegoviner verglichen mit Cechen und Deutschen 
aus Mahren, iiach Major Himmel's Messungen; MittheiL Anthr, GeselL 
W'wn, Supplément II, 1889. 

Weisbagh (A.), Die Deutschen Niederôsterreichs ; eine anthropologische 
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medudnisdœr Sthrijïmh XXV), Wien, 1892. 



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i 



J. DENIKER. — LES RACES DE LEUROPE. — LA TAILLE EN EUROPE 143 

Weisbach (A.), Die Oberôsterreicher; MittheiL Anthr, GeselL, t. XX JV 
(nouv. série XIV). 1894, p. 233. 

Weisbach (A.), Die Salzburger; MittheiL Anthr. GeselL Wien, t. XXV 
(nouv. série XV), 1895 (a), p. 69, av. 3 cartes croquis. 

'Weisbach (A., DieBosnier; MittheiL Anthr. GeselL Wien, t. XXV (nouv. 
sér. XV), 1895 (b), p. 206. 

Weisbach (A.), Die Deutschen Steiermarks; MittheiL Anthr. GeselL 
Wien, t. XXVIII (nouv. série XVIII), 1898, p. 195. 

'Weisbach (A.), Die Deutschen Karntens; MittheiL Anthr. GeselL Wivn, Il 

t. XXX (nouv. sér. XX), 19(X), p. 79, av. 3 cartes croquis. 

'Weisbach (A.), Die Serbokroaten Kroatiens und Slavoniens; Mitth-iL 
Anthr. GeselL Wien, t. XXXV (n. sér. XXV), 1905, p. 99. 
^Weisbach (A.). Voy. Himmel (<9<93). 

Zakrzewski (A.), Wzrost w Krôlestwie Polskiem, etc. (La taille dans U^ 
royaume de Pologne. Contribution à la caractéristique physique des Fol u- 
nais); Zhior Wiadomoscij etc. {Recueil de documents pour l'anthr. locah 
éd. par VAcad. sci. de Cracovie); t. XV, 1891, p. [17], av. 2 cartes. 

Zakrzewski (A.), Ludnosc miasta Warszawy, etc. (Les habitants d*^ lu 
ville de Varsovie); Materiabj antropologicsnc, etc. (Matériaux anthropoio 
giques, archéoL et ethnog., éd. par VAcad. des Se. de Cracocie), L [, 
Krakow, 1896, p. [1]. 

Zampa (Dr Raphaël), Anthropologie illyrienne, i?er. d' Anthr., 1886 {a). 
3* série, t. II, p. 625. 

Zampa (D' Raphaël), Vergleîch. Anthropol. und Ethnographie von Apulïen : 
Zeitschr.f, EthnoL 1886 (b), p. 167 et 201. 

Zdroïévsky (A.), B-fejiopyccbi, etc. (Les Blancs-Russiens du distr.de Disna); 
Pic. Aumpon. JKypn. (Rec. anthr. russe), 1905, n" 3 et 4,- p. 127. 

Zeland (N.), KHprH3bi (Les Kirghiz); SanucKu, etc. (Môni. sect. ouest-sil/r- 
vienne de la Soc, russe de géogr.), t. VII, fasc. 2, Omsk, 1885 [contient aussi 
les mesures sur 88 Gr.-Russiens du Semirietchié]. 

Zeland (N.), Ki» AHTponojioriii, etc. (Contrib. à l'anthr. du paysan ouest 
sibérien); Pyc. Aump. mypn. {Rev. russe anthr.), 1900, n* 3, p. 75. 

ZOGRAF (N.), AHTponoMCTpHHecKia Hscji'feAOBaHifl Be/iuitopyccKaro Hace^eHin, élis. 
(Recherches anthropom. de la popul. velikorousse mâle des prov. Vladimir. 
Yaroslav et Kostroma); Haerhcnu^, (Bull. Soc. amis Se. nat. de Moscoif). 
t. LXXVI, 1892. (Voy. aussi Comptes Rendus Congr. Anthr. Moscou, 189^ 
et ÏVANOVSKY et Rojdestvensky). 



LiÉid^h'. 



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TABLE DES MATIÈRES 



p«] 



Introduction . , 
France , . . . 
Iles Noi'iu&nLlas. 
Espagne. . . . 



Basques 



Portu^^HÏ. 

Iles Agoi-es H Mailtn^e 

Italie 

Uos de lîi Médilon^anée occidentale 
Suisse. 



\ - 



AlBoce-Lorraîne 

Belgique 

Pays Boâ 

Grande-BrefagiiL^ et Irlande. 
Iles Ffir-Oâi' et Islande.. . . 
Norvège 



Suède 

Danemark 

Allemagne 

Allemagne sf.^ptentrionale 

AllemajL,^ntî centrale 

Allemagne orientale 

Allemugne méridionale 

Autriche Horjgrie et Russie en général 

Autriche- H on^^ria 

Russie 



Allemands nutfichiens 

Les Colons allemands en Hongrie et en Russie 

TjTol et Vûrarlbt^rg. Ladins et Frîoulans 

Populations Slaves. — I. Slaves occidentaux. 

IL Slaves méridiouaux 

ÏIL Sîaves orientaux iB 

Hongrois • . . 117^ 

Roumains , . . 118 

Grecs et Albanais • 120 

Letto-Llthtianiens 121 

Conclusion . . ► 123 

BibHograpliie . 126 

Carte du la répartition des tailles moyennes à la fin du volume 



S80D, Imp. des Beaux-Arts (A. Muller), 36, r. de Seine, Paris 



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^ ASSOCIATION FRANÇAISE _ 

QXJR L'AVAKCEMENT DES SCIENCES^ 

L'ASSOClATmN SCPENTIFÏQUE DE FRANCE 
(Fondée par Le Yerner tiD 18641 
Recûiuiuee dl^iitillté publique 



^e* SeiBiou 1697 



HtCftlVl 



LES 



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RAGES DE L'EUROPE, 



L'INDICE CÉPIIALIQUE EN EDROPE 



PAR 



J. DENIKER 




PARIS 

AU SECfte-TAHlAT DE L'ASSOCIATION 
38, Rue Serpente, 28 

1 8ay 



; 




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ASSOCIATION FRANÇAISE 

POUR L'AVANCEMENT DES SCIENCES 

Fusionnée avec 

L'ASSOCIATION SCIENTIFIQUE DE FRANCE 
(Fondée par Le Verrier en 1864) 



CON<3tFiÊS OB SAINT-ÉTIBISIVB - ISOT 



LES RACES DE L'EUROPE 



L'INDICE CÉPHALIQUE EN EUROPE 



J. DENIKER 



J*ai donné au Congrès de TAssocialion pour Tavaucement des Sciences, 
tenu à Saint-Étienne en août 1897, le résumé de mes travaux sur Jes races 
de l'Europe. D'autres résumés ont été publiés dans le Bulletin de la Société 
d'Anthropologie (1897, p. 189 et 291) et dans l'Anthropologie (1898, 
p. 113). 

J'ai dit dans ces communications préliminaires que mon travail in 
extenso serai publié ultérieurement. Obligé, par des nécessités d'ordre maté- 
riel et financier, de publier ce travail par fractions, je présente ici sa 
première partie relative à l'indice céphalique. 

Après quelques considérations générales sur ce caractère anthropolo- 
gique de première importance, je vais passer en revue toutes les données 
que j'ai pu recueillir en ce qui concerne sa répartition en Europe. La carte 
jointe à mon travail facilitera beaucoup la lecture de cet exposé forcément 
un peu ardu . 



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2 ASSOCIATION FRANÇAISE POUR l'aVANGEMENT DES SCIENCES 

CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR l'iNDIGE CÉPHALIQUE ; DIVISIONS ADOPTÉES. 

Malgré les critiques récentes de Sergi (93) (1) et cI'Ehrenreich (98), je 
continue à penser que l'indice céphalique est un des caractères de race des 
plus importants, surtout pour former les coupures secondaires dans les 
grandes divisions du genre « Homo », basées, comme on le sait, sur la 
couleur de la peau et la nature des cheveux. Certes cet indice ne peut 
exprimer à lui seul la véritable forme de la tête ou du crâne, mais il en 
donne une première indication, très nette, qui fixe les idées bien mieux 
que les descriptions détaillées, utiles à coup sûr, mais rendant Tétude 
presque impossible quand il s'agit de comparer entre eux un grand nombre 
de types divers. D'autre part, cet indice a une telle fixité dans les limites 
d'une race donnée qu'il serait impardonnable de se passer d'une caracté- 
ristique aussi précieuse. 

Les chiffres de l'indice céphalique, donnés par différents auteurs, quand 
ils sont déduits de mensurations sur un nombre de sujets suffisant, sont 
tellement concordants entre eux qu'il est impossible de nier la fixité du 
caractère exprimé par cet indice. 

J ai passé en revue toutes les mesures publiées et un certain nombre 
d'inédites, concernant l'indice céphalique en Europe. Après avoir vérifié 
et refait le calcul d'un grand nombre d'indices, j'ai reporté mes indications 
sur une carte d'Europe au 10.000.000% divisée en circonscriptions admi- 
nistratives aussi détaillées que le permet l'échelle de cette carte. Je donne 
donc les indices moyens par petites divisions administratives comme 
r « arrondissement » et le « département » en France, le « County » en 
Angleterre, 1' « ouïèzd » et le « gouvernement » en Russie, le « circon- 
dario ».et la a provincia » en Italie, etc. Dans certains cas (pour les Slaves, 
les peuples Turcs, Finnois, Caucasiens, etc.) je me suis servi des limites 
ethnographiques ou Unguistiques, reportées sur la carte et faciles à dis- 
cerner à l'aide des numéros de la légende. Parfois aussi je donne les 
indices par groupes de subdivisions inférieures à celles indiquées sur la 
carte, par exemple par groupes de cantons dans les arrondissements en 
France, par groupes de partidos judidales dans les provinces en Espagne, 
par groupes de « Kreise » dans les « Regierungsbezirke » de la Prusse 
orientale, etc. De cette façon j'ai pu contrebalancer jusqu'à un certain 

(1) On trouvera à la fin de ce mémoire la liste bibliographique des ouvrages que je cite, 
classés par ordre alphabétique des noms d'auteurs. Ces noms, imprimés dans le texte en 
PETITES CAPITALES, rcuvoicnt douc à la liste, et les chiffres en italiques qui suivent ces 
noms entre parenthèses indiquent les deux derniers chiffres de Tannée de publication du 
mémoire : ainsi (98) veut dire 1898. 



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J. DENIKBR. — LES RAGES DE l'eUROPE. — INDICE GÉPHALIQUE 3 

point la Irop grande inégalité entre les divisions administratives de cer- 
tains États (1). En somme j'ai indiqué sur ma carte â.700 divisions 
administratives de divers degrés. Quant au nombre des habitants que 
représentent les divisions marquées sur la carte, il oscille dans la plupart 
des États entre 100.000 et 200.000, et ne dépasse ce dernier chiffre qu'en 
Allemagne, Grande-Bretagne, Belgique et Hollande (2). 

Le nombre total des indices que j'ai vérittés, calculés, comparés et 
reportés sur les cartes, dépasse 2.500 et représente les moyennes d'au 
moins 380.000 sujets mesurés. 

Dans aucun cas, pour une unité territoriale donnée (administrative ou 
linguistique), la moyenne n'a été déduite d'une série comptant moins de 
10 individus; dans l'immense majorité des cas, les séries se composent 
de 20 à 50 individus ; dans beaucoup de cas elles dépassent la centaine et 
le millier. 

Les indices céphaliques dont il sera question dans ce travail sont déter- 
minés d'après les mesures sur les vivants. Dans quelques cas, relativement 
rares, par suite de manque de documents, j'ai dû recourir aux mesures 
sur le crâne. Dans ces cas, fai toujours augmefité de deux unités l'indice 
résultant de ces mesures, me conformant ainsi à l'usage adopté par la 
majorité des anthropologistes de tous pays. 

Pour les mesures des diamètres qui n'ont pas été prises d'après les 
instructions de Broca, comme par exemple celles de certains auteurs alle- 
mands (système décadré àmaxima; système de Ihering ; celui de Welcker; 
méthode de l'entente de Francfort; etc.), les corrections nécessaires ont été 
opérées; elles seront expliquées pour chaque cas particulier. 



(Ij D'une façon générale il fallait renoncer à représenter sur ma carte toute division 
administrative ayant moins de 1.000 kil. carrés de superficie (10 mm. carrés) ; or la gran- 
deur moyenne des districts (Land-Kreise) de la Prusse est de 775 kil. carrés et celle des 
districts (Bezirkhauptmanschaften) de TAutriche Cisleithane varie de 575 kil. carrés 
(Bohême) à 900 kil. carrés, sauf dans le Salzburg et la Dalmatie. On ne pouvait donc pas 
les représenter sur la carte. Par contre les « circondarii » de Tltalie (1.045 kil. carrés en 
moyenne), les arrondissements français (1.430 kil. carrés), les « cantons » suisses (1.800 kil. 
carrés), dépassent légèrement cette dimension minima, et retendue des divisions des autres 
États de l'Europe sont plus considérables (la moyenne des « Amte » de Danemark est de 
2.145 kil. carrés, celle des « comtés » anglais 2.585 kil. carrés, des « provinces » belges 
3.270 kil. carrés et des « provinces » de la Suède 17.500 kil. carrés). La moyenne des 
districts (ouyèzd) de la Russie est de 6.850 kil. carrés, mais certains d'entre eux (en 
Pologne) sont plus petits que les arrondissements français, tandis que d'autres (dans le 
gouvernement d'Arkhangel) sont aussi grands que la France entière. Les chiffres ci-dessus 
sont empruntés pour la plupart au travail de Fr. Le Monnier (75). 

(2) Voici d'ailleurs les chiffres approximatifs d'habitants correspondant aux divisions 
que j'ai adoptées pour quelques Etats (d'après les statistiques antérieures à 1895). France 
107.000 habitants; Italie 109.000; Danemark 120.000 ; Russie 125.000 ; Suisse 132.000; 
Espagne 150.000; Suède-Norvège 155.000; Autriche 180.000; Allemagne 242.000 ; Hol- 
lande 425.000 ; Belgique 650.000. 



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4 ASSOGIATIOM FRANÇAISE POUR l'aVANGEMENT DES SaENCBS 

Afin de pouvoir comparer des groupements homogènes, je ne me suis 
servi que des mesures prises sur des hommes^ sauf quelques cas rares où, 
pour compléter les séries, je prenais les indices des femmes, mais seule- 
ment quand ces indices n'offraient pas des différences notables avec ceux 
des hommes. 

Cependant j'ai donné à part, chaque fois qu'il m'a paru intéressant, les 
chiffres relatifs aux femmes à côté de ceux des hommes. Ainsi, par 
exemple, en Bulgarie la différence entre les indices céphaliques des hommes 
et des femmes est tellement grande qu'elle mérite d'attirer l'attention des 
anthropologistes. 

Les indices de deux en deux unités sont marqués sur la carte par une 
teinte distincte, de sorte qu'on peut à volonté considérer mes divisions 
céphalométriques, soit comme se rapportant au vivant, soit comme se 
rapportant au crâne (en admettant la réduction de deux unités sur le 
vivant pour avoir l'indice du crâne). 

Pour la faciUté du langage et en même temps pour donner plus de 
précision à mon exposé, je me sers des termes suivants pour désigner les 
indices céphaliques sur le vivant : 

Indices céphaliques de 75,9 et au-dessous, hyperdolichocéphales. 

— 76 et 77 avec leurs décimales, dolichocéphales. 

— 78 79 — sous-dolichocéphales 

— 80 81 — mésocéphales. 

— 82 83 — sous-brachycéphales. 

— 84 85 — brachycéphales. 

— 86 et au-dessus — hyperbrachycéphales 

Les chiffres extrêmes que j'ai rencontrés dans les indices moyens par 
unités administratives sont 74,5 et 88,8 pour toute l'Europe. 

Ceci dit, je vais passer en revue les indices céphaliques des popula- 
tions européennes pour chaque pays, région, ou groupe ethnique de 
notre continent. 



France. 

Mon ami et collègue le D' R. Collignon a fait des travaux de premier 
ordre sur l'anthropologie de la France. Aussi serai-je obligé de repro- 
duire souvent ses chiffres et même ses conclusions. Ce faisant, je ne crois 
pas cependant faire double emploi avec ce qu'il a déjà publié, attendu que 
je me place à un point de vue un peu différent du sien. Il a étudié notam- 
ment l'indice céphalique par départements sur 8.707 Français d'abord {SI), 



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J, DENIKER. — LES RACES DE L'eUROPE. — INDICE CÉPHALIQUE 5 

sur 15.914 ensuite (96) (1), puis par cantons, dans 13 départements, tandis 
que je considère ici la distribution de Undice céphalique par arrondisse- 
ments. D'ailleurs, avec son obligeance coutumière, M. Collignon a mis à 
ma disposition non seulement ses travaux publiés sur l'indice céphalique 
par arrondissements dans quelques départements (Calvados, Meurthe-et- 
Moselle), mais encore des chiffres inédits qu'il possédait et qui m'ont per- 
mis de donner le'' indications par arrondissements pour vingt-huit dépar- 
tements. En dehors des travaux de Collignon, j'ai pu utiliser : le mémoire 
manuscrit du D' Atgier (Ud) sur les départements de la Vienne et de 
rindre, contenant les chiffrer individuels de l'indice céphalique joa?- cantons 
dont j'ai calculé les moyennes (Deniker, 95); les travaux du D"^ Fallot 
(89 y b) sur la Corse et du D"" Spàlikowski sur la Normandie (99) ; ceux 
de Labit (98) pour les Ardennes ; enfin le mémoire de M, Lapouge (94) 
sur le département de l'Hérault et celui de Durand et Lapouge (98) sur 
le département de l'Aveyron. Ces travaux réunis m'ont permis de porter 
à 60 le nombre des départements pour lesquels j'avais les données par 
arrondissements (soit pour la totalité de ces arrondissements, soit au moins 
pour deux arrondissements par département, en tout cent soixante-dix 
arrondissements). J'ai pu compléter ces données avec les travaux crani- 
omélriques de Broca (73, a, b, c) pour le département du Puy-de Dôme, 
de HovELACQUE ET Hervé (94) pour celui de la Nièvre, ainsi qu'avec les 
mesures sur le vivant de Fallot (87) pour le département des Bouches 
du-Rhône, de Carlier (93) pour celui de l'Eure, de Lapouge (95-96) pour 
celui de l'iUe-et-Vilaine, et de Bourdin (98) pour celui de l'Ardèche, etc. 

Somme toute, il ne m'est resté que vingt-cinq départements (2) pour 
lesquels je n'avais que les chiffres en bloc, donnés par Collignon et que j'ai 
complétés, pour quelques départements, par ceux des autres auteurs ; Fal- 
lot (89, a) (pour Vaucluse, Alpes-Maritimes et les trois départements de 
la Provence); Hovelacque (77) (Savoie), etc. Ces indices céphaliques sont 
déduits des séries comptant plus de vingt individus, sauf deux départe- 
ments (Hautes Alpes et Lozère) pour lesquels ce nombre n'a pas été 
atteint, mais où les séries dépassent toujours dix individus. 



-(1) Il est intéressant de noter à ce propos combien les résultats de ces deux mémoires 
sont concordants entre eux, malgré le nombre presque double de sujets examinés dans le 
second travail. Les moyennes diffèrent à peine de cinq à huit décimales, c'est-à-dire d'une 
quantité égale à Terreur individuelle inévitable dans les mesure^ qui servent à calculer 
l'indice céphalique [Voyez : Oloriz (94), p. 26]. Sur 86 départements, six seulement 
(Gironde, Jura, Landes, Haute-Marne, Saône-et-Loire, Corse) accusent des différences 
plus importantes C'est une des preuves en plus en faveur de la stabilité des caractères du 
crâne, exprimés par l'indice céphalique. 

(2) Orne, Oise, Seine, Marne, Aube, Haute-Marne, Yonne, Côte-d'Or, Ain, Eure-et-Loir, 
Sarthe, Cantal, Tarn-et-Garonne, Haute-Loire, Lozère, Gard, Basses-Alpes, Alpes-Mari- 
times, Vaucluse, Isère, Drôme, Hautes-Alpes, Savoie, Haute-Savoie, Doubs. 



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6 ASSOCIATION FRANÇAISE POUR l'aVANCEMINT DES SCIENCES 

Si Ton ne considère que la répartitioD de Tindice céphalique par dépar- 
tements et si Ton met de côté la Corse [indice céphalique moyen : 78,8 
d'après Collignon, 76,6 d'après Jaubert (9S/], on trouve que cet indice 
varie en France de 78,6 (Pyrénées Orientales) à 88,8 (Lozère). L'arrondis- 
sement le plus dolichocéphale est celui de Céret dans les Pyrénées-Orientales 
(77,6) (1); le plus brachycéphale, celui de Miremont (Vosges) (88,5) (i). 
L'indice céphalique moyen pour toute la France (y compris la Corse) déduit 
par Collignon d'après les mesures sur 8.707 sujets, est de 83,6. 

Considérant la répartition des indices céphaliques par déparlements, on 
arrive à ceûe conclusion nettement formulée par Collignon (96^ p. 159) : 
« Les indices les plus brachycéphales, 83 à 88, se massent à Test d'une 
ligne oblique et sinueuse se liant sensiblement au relief du sol, et qui join- 
drait Luxembourg aux Landes, avec des maxima groupés formant quatre 
centres qu'on peut dénommer : i® Lotharingien (Lorraine, Bourgogne), 
2® Alpin, 3® Arveme, celui-ci poussant vers l'est jusqu'au Gers et au Lot- 
et-Garonne, 4** enfin (centre secondaire), Breton qui se relie aux précédents 
par un relèvement de l'indice au niveau de la ligne de partage des bassins 
de la Seine et de la Loire. D'où découle inversement la constitution de 
trois régions dolichocéphales (3), Tune septentrionale (Flandre, Ile-de- 
France, partie de la Normandie et de la Champagne), la seconde centrale 
(bassins de la Charente et des affluents de gauche de la Loire), et la troi- 
sième m(^diterranéenne comprenant tous les départements riverains de 
cette mer, la partie orientale des Pyrénées et... englobant vraisemblable- 
ment les cantons de montagne de ceux-ci. t 

Les renseignements que j'ai tirés d'autres documents ne modifient point 
ce tableau général. Les moyennes fournies pour différents départements 
par Atgier, Fallot, Durand, Lapouge, Spalikowski et Thaon (77) font seu- 
lement remonter un peu plus au nord la région dolichocéphale centrale 
de Collignon en y englobant les départements de la Vienne et de l'Indre, et 
confirment au contraire pour les autres régions les chiffres de cet auteur. 
D'ailleurs, voici les données comparatives (4) : 



(1) Dans le cours de ce mémoire je donnerai les chiffres de l'indiee céphalique (toujours 
sur le vivant ou sur le crâne augmenté de deux unités) entre parenthèses ou non et sans 
autre mention spéciale. 

(2) Il est intéressant de noter que HovELACQUEet Hervé (94) ont trouvé sur les crânes 
des monts Faucilles, qui couvrent en partie cet arrondissement, Tind. céph. de 86,3(88.3) 

(3) Sous ce nom, M. Collignon comprend les formes crâniennes ayant les indices de 80 
et au-dessous pour les deux premières régions et les indices de 82 et au-dessous pour la 
troisième. 

(4) Le tableau qui suit ne contient pas les chiffres de Spalikowski pour les déparle- 
ments normands (Orne, Manche, Cal \ ados, Eure et Seine-Inférieure), car ils ne diffèrent 
que de 1 dixième d'unité ou de quelques centièmes des chiffres correspondants de Col- 
lignon. 



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J. DENIKER. — LE8 RACES DE l'eUROPE. — INDICE CÉPHALIQUE 



Nombre de sujets 
observés par 

Collignon Autres 



Ind. céph. d'après 
Collignon Autres observateurs. 



30? 620 Vienne 82,4 80,6 ) . 

20? 360 Indre 82,6 80,1 p^§^^®^- 

332 4071 Aveyron 85,4 86,1 DaraDdctlapouge. 

21? 873 Hérault 82,8 81,3 Upouge. 

221 196 Bouches-du-Rhôno . 81,4 81,6 \ 

54 33 Var 82,8 81,7 L „ . 

32 30 Basses-Alpes. . . . 83,6 83,4 M*'^^^* 

47 35 Vaucluse 81,5 81,2 ) 

53 40 Alpes-Maritimes. . 82,9 81,7 Fall. et Thaoa (i) 

Le nombre de sujets observés par Atgier étant de beaucoup supérieur 
à celui dont disposait Collignon. j*ai adopté les indices céphaliques du pre- 
mier pour les départements de la Vienne et de l'Indre. 

Quant aux chiffres de Fallot, comme ils ont été déduits d'un nombre de 
sujets presque égal à celui des séries de Collignon, j'adopterai pour les 
cinq départements de la Provence des chiffres moyens entre ceux des 
deux observations, c'est-à-dire : 81,5, 82,3, 83,5, 81,4 et 82,4. 

Ainsi donc, d'une façon générale, la carte de l'indice céphalique par 
départements dressée par Collignon peut être considérée presque comme 
définitive. Personnellement, j'y ai la plus grande confiance, l'ayant pu 
comparer à la carte du même indice de A. Bertillon qui figurait à l'Expo- 
sition universelle de 1889 et qui est restée malheureusement inédite. 

A cause des différences du procédé opératoire (A. Bertillon prend le 
diamètre an téro- postérieur non à partir de la glabelle, mais à partir de la 
racine du nez) les indices céphaliques de cette carte sont, en général, un 
peu plus forts, plus brachycéphales que ceux de la carie de Collignon, mais 
les différences sont presque toujours dans le même sens et ne dépassent 
pas les limites imputables à la différence du procédé, sauf quelques dépar- 
tements et notamment les départements de la Vienne et de l'Indre pour 
lesquels Bertillon donne le chiffre de 81, plus faible que celui de Collignon 
et se rapprochant de celui d'Atgier. Il y a aussi quelques différences pour 
les deux départements pour lesquels Collignon n'avait pas atteint la série 
suffisante Le département de la Lozère paraît être plus brachycéphale 
sur la carte de Collignon (i. c. 88,8) que sur celle de Bertillon (86), con- 
trairement à ce qu'on pourrait s'attendre, tandis que celui des Hautes- 
Alpes (84,9) cadre mieux avec le chiffre de Bertillon (86). Pour ces deux 
départements, j'ai maintenu néanmoins les chiffres de Collignon, car il 

(1) 30 sujets à 81,8 (Fallot) et 10 sujets de la commune d'Utelle (arrondissement de Nice^ 
à8l,3 (Thaon). 



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8 ASSOCUTION FRANÇAISE POUR L'aVANCEMENT DES SCIENCES 

m*a été impossible de me rendre compte de la différence exaete provenant 
des procédés opératoires différents des deux observateurs. 

Si l'on considère la répartition des indices céphaliques par arrondisse- 
ments ou fractions d'arrondissements (et cela peut se faire pour les deux 
tiers des départements), le tableau de Collignon change un peu, sans modi- 
fier cependant ses traits généraux si bien indiqués par ce savant. Les traits 
se précisent et font ressortir quelques faits nouveaux que je vais résumer. 

Le grand massif hrachycéphcde de Collignon dans lequel je n'inclus que les 
indices de 84 et au-dessus, se présente sur la carte sous la forme d'un 
triangle dont le sommet quelque peu tronqué empiète sur une partie des 
départements suivants : Basses-Pyrénées (arrondissement de Pau) 84,5 ; 
Landes (arrondissement de Saint-Sever) 8i,9; Hautes-Pyrénées (arron- 
dissement de Tarbes 84,9, et de Bagnères 86,3) ; et Haute-Garonne (arron- 
dissement de Saint-Gaudens) 84,7. 

La base de ce triangle s'appuie sur la frontière de Test depuis Vouziers 
jusqu'à Barcelonnette et comprend : le département de la Meuse, sauf l'ar- 
rondissement de Montmédy, (84,4 à 86,4 suivant les arrondissements); 
Meurthe 8S à 85,6; Vosges 85,7 à 88,5; Territoire de Belfort(88,l d'après 
6 sujets seulement); Haute-Saône 86,5 à 88,6; Doubs 86,6; Jura 86,8 à 
87,1 ; Ain 86,5; Haute-Savoie 86,5; Savoie 87,4 (1); Hautes-Alpes 84,9. 

Le côté de ce triangle tourné vers le nord comprend les arrondissements 
et les départements suivants (en allant de l'ouest à Test) : partie est de 
l'arrondissement de Mont-de-Marsan (Landes) 84,8; Lot-et Garonne 84,7 
à 87,4; partie sud (rive droite de la Dordogne et de la Vézère) des arron- 
dissements de Bergerac et de Sarlat, 84 et 85 ; Corrèze (sauf l'arrondisse- 
ment de Tulle) 84 à 86; Puy-de-Dôme 85,5 (2); Loire (sauf l'arrondissement 
de Saint-Étienne) 84; Saône-et- Loire 86,5 à 87,1 ; région du Morvan (l'est 
de l'arrondissement de Château-Chinon) 84 (3); probablement la partie 
sud du département de la Côte-d'Or dont la moyenne 83,8 est si voisine 
du chiffre-limite de l'indice adopté par moi pour le massif brachycéphale; 
enfin le département de la Haute-Marne 84,9. 

Quant au côté sud du triangle, il comprend : le Gers (85,7 à 86,2, suivant 
les arrondissements); le Tarn-et- Garonne 86,5; l'Aveyron 85,3 à 87,7; 

(1) Ce chiffre est identique à celui qu'av lit trouvé Hovelacque (77) pour les crânes 
savoyards : 85,4 (correspondant à 87,4 sur le vivant). Carret (8^) dit (page 98) que les 
Savoyards forment la population la plus brachycéphale connue. Dans quelques cantons, 
l'indice moyen des conscrits atlein|t89. Dans quelques communes, il atteint 90... Trois 
conscrits sur 1.200 avaient atteint ow ddposse l'indice de 100. 

(2) Les 43 crânes virils de Saint-Nectaire (arrondissement d'Issoire) mesurés par 
Broca (73) donnent un indice plus élevé 84,5 (soit 86,5 sur le vivant), ce qui rattache cet 
arrondissement aux déparlements voisins trôs brachycéphales, Cantal (87,1) et Haute- 
Loire (87,2). 

(3) D'après les mesures crâniennes de Hoyelacqub kt Hervé (9A}, 



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J. DENIKER. — LES RAGES DE l'eUROPE. — INDICE CÉPHALIQUE 9 

le sud-est du Tarn (arrondissement de Castres, 84) et Tarrondissement de 
Villefranche (Haute-Garonne) 84,3, qui s'y rattache au sud-ouest; enfin les 
départements de la Lozère 88,8, de TArdèche (85 à 88 diaprés Bourdin) et 
de la Drôme 84,7. 

En dehors des départements et arrondissements que je viens d'énumé- 
rer, il ne me reste à noter dans Tintérieur du triangle que les départe- 
ments du Rhône, 84,5 à 85,5, de Tlsère 85,6 (1) et du Lot 85,6 à 86,7. 

Dans toute retendue du massif brachycéphale que je viens de délimiter, 
on ne trouve qu'un seul arrondissement sous-brachycéphale, c'est celui de 
Saint-Étienne, 82,2. Cela tient probablement à la présence d'un grand 
nombre de populations étrangères à la région dans les mines et les fabri- 
ques dont est semé le sol de Saint-Étienne et des environs (2). Par contre 
les régions ultra-brachycéphales forment dans le massif en question trois 
îlots importants : Burgond (départements de Saône-et-Loire et du Jura. 
87,1), Alpin (Savoie) et Cévenol (Haute-Loire 87,2, Lozère 88,8, Cantal 
87,1, le nord de l'Aveyron 87 et l'ouest de l'Ardèche 87). 

Le massif brachycéphale couvre la partie montagneuse de la France 
presque en totalité. Seules les Pyrénées en sont indemnes ou à peu près. 
Si l'on transporte son contour sur une carte hypsométrique de la France, 
on est frappé de la coïncidence de ce contour avec la courbe de niveau 
de 500 mètres, sauf aux deux angles du triangle : au nord-est le contour 
coïncide avec les courbes de 200 mètres, et au sud-ouest il empiète sur 
les régions situées à 100 mètres et même au-dessous. Dans certaines régions, 
le contour, malgré les limites arbitraires des arrondissements, suit presque 
exactement la courbe de 500 mètres. Par exemple, au sud des Cévennes 
les arrondissements brachycéphales du Tarn (Castres 84) et du départe- 
ment de la Haute-Garonne (Villefranche 84,3), couvrent les monts de 
Lacaune, le plateau de Sidobre, la montagne Noire et le coteau Saint - 
Félix, tandis que la région de la plaine qui se trouve plus à l'ouest (arron- 
dissements d'Albi, de Lavaur, de Gaillac dans le Tarn, ceux de Toulouse, 
de Muret dans la Garonne) sont à peine sous-brachycéphales (82,2). Le 
département des Basses-Alpes se trouve en dehors du massif brachycé- 
phale, quoique dans le niveau de la courbe de 500 mètres, mais le chiffre 
de son indice céphalique (83,6) se rapproche beaucoup de la brachycé- 
phalie vraie (3). 

(1) Dans le sud de Tarrondissement de Grenoble on a constaté l'indice de 86,4. 

(2) L'abaissement de Tindice ne doit pas tenir à l'agglomération urbaine, comme le veut 
l'hypotbèse de Lapouge, car l'arrondissement de Lyon, avec une agglomération urbaine 
beaucoup plus considérable, a pour indice 84,5. 

(3) Il est aussi probable que si Pon avait des chiffres par arrondissements pour les 
départements des Alpes- Maritimes et de la Côte-d'Or, on verrait leurs parties monta- 
gneuses rentrer dans la zone brachycéphale. Le plateau de Langres (département de la 
Haute-Marne) est compris dans la zone brachycéphale. 



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10 ASSOaATION FRANÇAISE POUR l' AVANCEMENT DES SCIENCES 

En dehors du massif principal brachycéphale, l'altitude n'est pas toujours 
eu rapport avec l'indice céphalique élevé. Il existe au nord-ouest de 
ce massif trois îles et trois îlots brachycéphales en France. Or, une seule 
des îles, celle qui forme le département des Côtes-du-Nord (84-85), 
sauf ses arrondissements extrêmes à Touest (Lannion), et à Test (Dinan) 
couvre la région montagneuse de la Bretagne et encore seulement eo 
partie. Des deux autres, Tune, comprenant rille-et-Vilaine (84 à 85,4), le 
sud du département de la Manche (84,5-85,7), et les arrondissements 
d'Alençon (Orne 84,1), de Châteaubrianl et d'Ancenis (Loire-Inférieure 
84,2), avec Tîle qui s'y rattache au sud-est, formée par l'arrondissement 
de Baugé (Maine-et-Loire, 85,6), ne touche la courbe de niveau de 
200 mètres (Haut- Maine, contreforts occidentaux du Haut-Perche) que par 
sa partie nord-est ; tandis que l'autre (Vendée, 84,5, et l'arrondissement 
de Bressuire, dans les Deux-Sèvres, 84,2) se trouve dans un pays plat, 
mais qui est peut-être aussi bien protégé des mélanges de races par un sd 
infertile, marécageux, que les régions montagneuses. C'est aussi dans cette 
infertilité du sol, dans la présence de grandes forêts et autres causes d'iso- 
lement qu'il faut chercher l'explication de l'existence de deux petits îlots 
brachycéphales dans le nord-est de la France : arrondissement de Gien 
(84,3), dans le Loiret, partie la plus élevée de deux régions stériles 
(Sologne et Gâtinais Orléanais) ainsi que de la forêt d'Orléans; et l'ar- 
rondissement de Coulommiers (84,1), dans le département de Seine-et- 
Marne (population immigrée des papeteries si nombreuses dans cette 
région ?) 

Passons maintenant aux régions qui offrent des formes crâniennes plus 
ou moins allongées, diamétralement opposées aux formes brachycéphales. 
Elles sont au nombre de trois. L'une, mésocéphale, est située dans le 
nord-est de la France, l'autre, sous-dolichocéphale, entre la Dordogne et 
rindre, au nord- ouest du massif brachycéphale et en contact immédiat 
avec lui; enfin la troisième, région panachée, dolicho et mésocéphale, se 
trouve au sud de ce massif, sur le littoral méditerranéen et dans les Pyré- 
nées. 

l** La première région, que j'appellerai Normande, est composée des 
départements limitrophes de la Belgique (continuation de la zone flamande 
belge, voy. plus bas); elle occupe presque tout le littoral nord de la France: 
Nord 80,4 à 81 suivant les arrondissements; Aisne 80,9; Pas-de-Calais 80.3; 
Somme 81,4, sauf l'arrondissement d'Abbeville; S^i ne-Inférieure 80,2 
à 80,6, sauf l'arrondissement de Rouen; le centre du département de 
l'Eure (arrondissement de Louviers et les cantons ouest de l'arrondissement 
d'Évreux); Seine-et-Oise 81 ,4; Calvados 81,6 (CoLLiGNONet Spalikowski); 
la partie nord des arrondissements de Saint-Lô et de Coutances, ainsi que 
l'arrondissement de Cherbourg (Manche) 81,1 (Collignon, 94); les arron- 



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J. DENIKBR. — LES RACES DE L*EUROPE. — INDICE CÉPHALIQUE H 

dissemeQts de Dinan 86,6 et de Lannion 81,6 (Côtes-du-Nord) ; le nord du 
Finistère 80,6-81 ,4, le sud du Morbihan 80,8 (Atgier-Collignon).On rencontre 
dans cette région mésocéphale, un petit îlot de sous-dolichocéphalie formé 
de trois arrondissements conligus, appartenant aux trois départements dif- 
érents : Arras (Pas de-Calais) 79,6, Cambrai (Nord) 79,5 et Saint-Quentin 
(Aisne) 79,3 et des arrondissements sous-dolichocéphales isolés : le Havre 
et Lisieux, tous les deux avec Tindice 79,8. 

2** La seconde région, franchement sous-dolichocéphale, avec une 
bordure mésocéphale, que Ton pourrait appeler Périgourdine , occupe 
l'ancien pays de Périgord, le Limousin, le Berry (1) et Test du Poitou. Le 
petit massif sousKiolichocéphale, assez compact, se compose de la partie du 
département de la Dordogne située au nord du fleuve du même nom et de 
son affluent la Vézère (78 à 79,2, suivant les arrondissements), de la partie 
sud de la Charente (arrondissements d'Angoulême et de Barbezieux 79,4), 
du sud-est de la Haute-Vienne (arrondissements de Limoges 79,2 et de 
Saint-Yrieix 79,5), et de la partie sud-est de la Charente-Inférieure (sud de 
Farrondissement de Jonzac 79) qui touche à la fois les départements de 
la Charente et de la Dordogne. Deux îlots sous-dolichocéphales se trou- 
vent tout près de ce massif au sud-ouest : les arrondissements de La 
Réole, 79,6 et de Lesparre 79,3 (nord-est et pointe nord du département 
de la Gironde) ; puis trois îlots au nord-est : arrondissements de Civray 
(Vienne) 79,9 et ceux du Blanc 78,9 et de la Châtre 79, dans Tlndre. La 
zone mésocéphale qui entoure ces centres de dolichocéphalie est surtout 
développée au nord du massif où le passage vers les régions brachycé- 
phales est ménagé par une série de transitions. Ainsi, on a, par exemple, 
en allant du sud au nord : arrondissement de Civray 79,9, le reste de la 
Haute-Vienne 80,7, Maine-et-Loire 83,3, Mayenne 84,1, sud du dépar- 
tement de la Manche 85. Au sud au contraire, et surtout au sud-ouest, on 
passe brusquement de la région, dohchocéphale dans la région très bra- 
chycéphale, comme on peut se rendre compte par les chiffres suivants des 
arrondissements ou cantons limitrophes : La Réole (Gironde) 79,6, touche 
à Marmande 86,2; les cantons des arrondissements de Bergerac et de 
Sarlat, situés au nord de la Dordogne, ont les indices de 78 et 81 , tandis 
que ceux qui se trouvent au sud de ce fleuve offrent les indices de 84 et 85; 
les arrondissements de Saint-Yrieix 79,o et Limoges (Haute-Vienne) 79,2 
sont adossés aux cantons nord de la Corrèze, dont les indices varient de 
83 à 85. Ce n*est qu'à partir du département de la Creuse que recommence 
une zone intercalaire à 83 d'indice, entre le massif brachycéphale et la 
région dolichocéphale au sud de la Loire. 

(1) Les chiffres de Coîlignon pour Tarrondissement de Bourges (Cher) 81,7 et d'Atgier 
pour l'arrondissement dlssoudun (Indre) 81, sont confirmés par ceux que Hovelacque et 
Hervé ("^^j ont obtenus pour 37 crânes de ces arrondissements 79,8 (soit 81 ,8 sur le vivant). 



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12 ASSOCIATION FRANÇAISE POUR l'AVANGEMENT DES SGtENCE& 

3^ La troisième zone Pyrénéo-Méditerranéenne est une large bande 
formée par uQe succession de régions (représentées par un, deux ou troi^ 
arrondissements ou départements) dolichocéphales, més^5i;éphaJes et sou^- 
brachycéphales. Le massif brachycéphale y pénètre d'aiJ leurs aussi (arroD- 
dissement de Tarbes 86,3 et de Bagnères 84,9, Hautes-Pyrénées) ^ et la 
coupe en deux parties inégales : ouest et est. La partie ouest comprend 
le département des Basses -Pyrénées avec rariondissemeiit de !)ai 
(Landes) 81,8 et d'Argelès (Hautes- Pyrénées) 81, â. Si Ton considèi'e la 
population générale de cette région, les indices se disfïosent très irrégulière- 
ment suivant les arrondissements ; ainsi l'on a dans les Basses-Pyrénées, par 
exemple, en allant de Touest à Tast, les chiffres suivants : Bayonne 81,". 
Orthez 82,9, Mauléon (partie ouest) 83,4 (partie est) 81,8, Oloron 811 
Pau 84,5 Mais cela tient à la diversité des élémentR ethxûques. Si l'on 
groupe ensemble les cantons basques, gascons et béarnais, on aura les 
chiffres suivants : 26 cantons béarnais 83,4, i2 cantons bastiuea H^A 
3 cantons gascons 81,8. 

La partie est de la zone dolicho-mésocéphale comprend ; 1^ Le dépar- 
tement des Pyrénées-Orientales qui par son indice céphalique (77,6 à "8,7, 
suivant les arrondissements), comme par la langue de la majorité de 
ses habitants, se rattache à la région catalane dont ii sera question plus 
bas, à propos deTEspagne. 2® La bande littorale de la Méditerranée avec 
les départements adjacents, formée des régions alternantes suivanles, 
allant de Touest à Test : 

a) Région mésocéphale (arrondissement de Saint-Girons, déparle- 
ment de l'Ariège) 81,3, qui touche à Touest au Saint-Gaudens peuplé de 
brachycéphales (84,7); 

b) Région sous-brachycéphale (le reste de TAriège, probablemenl 
83,3 (1); 

c) Région mésocéphale ou sous-dolichocéphale : Aude 81, et les ar- 
rondissements suivants de THérault : Saint-Pons 80,2, Béziers 79,8, 
Lodève 81 ; 

d) Région sous-brachycéphale : arrondissement de Montpellier (Hérault) 
82, département du Gard 83,1 ; 

e) Région mésocéphale : Vaucluse 81,5, et Bouches-du-Rhône 81,5; 
enfin 

f) Une région sous-brachycéphale dans la partie nord de laquelle on 
remarque une tendance vers la brachycéphalie : Var 8â,3, Alpes-Mari- 
times 82,4, Basses-Alpes 83,5. 

(l) Étant donné que tout le département, formé de trois arrgndisseniGnts, donne la 
moyenne de 82,6, et l'arrondissement de Saint-Girons, la moyenne de 81,3, on pcul 
presque prédire, d'après les chiffres des départements voisins, que Tindice (?éphalique 
dans l'arrondissement de Pamiers devra se rapprocher de 84, et ec lui de Foiï de 8Î,5* 



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J. DENIKBR. — LES RAGES DE l'eUROPE. — INDICE GÉPHALIQUE 13 

Cette mosaïque dénote un fort mélange de races, avec cependant prédo- 
miùance de Télément mésocéphale. 

En somme on peut résumer le tableau de l'indice céphalique en France 
ainsi qu'il suit : Les brachycéphales et les hyperbrachycéphales y forment 
un massif compact qui s'étend du sud-ouest au nord-est, depuis Saint- 
Gaudens et Mont-de-Marsan jusqu'à la frontière de l'est (entre Vouziers 
et Barcelonnette) ; on ne les rencontre pas au sud de ce massif et au nord 
ils ne sont représentés que par quelques îlots dont les principaux cou- 
vrent la Vendée, le Maine et la portion montagneuse de la Bretagne. 
Le reste du pays au nord du massif est pris : 1® Par des mésocéphales sur 
le littoral de la Manche, en Flandre, en Picardie et dans une partie de 
la Normandie et de l'Ile-de-France ; 2^ par des sous-dolichocéphales, ou 
des mésocéphales modérés au sud de la Loire. Quant à la portion de la 
France située au sud du massif brachy céphalique, elle est formée de 
régions à types céphaliques divers, avec prédominance des formes méso- 
céphales. Tout ce qui est en dehors de ces territoires est occupé par une 
population dont l'indice sous-brachycéphale (82-83) dénote les mélanges 
des fwrmes doUcho, méso et brachycéphales. 

Si l'on tient compte des groupements linguisti(}ues ou ethniques dans 
les limites politiques de la France, on peut retrouver leurs indices cépha- 
liques dans le tableau suivant, dans l'ordre croissant des indices : 



NOMBRE 


de 




SUJETS 




500 




20 




50 


env. 


100 




20 




171 


pi. de 1.000 





i.OOO 




731 




500 




220 


pi. de 


300 


env. 


60 




8.707 



Corses 

Catalans du Roussillon 

Habit, des Pyrénées-Orientales 

Wallons (Nord, Pas-de-Calais) 

Flamands de Tarrond. de Dunkerquo . . . 

Hab. du dép. du Nord 

Angoumois, Périgourdins et Limousins du 

Nord 

Normands 

Provençaux 

Bretons (Finistère, Morbihan) 

Basques des Basses-Pyrénées 

Languedociens de la plaine . ....... 

Bourguignons du Nord (Yonne, Côte-d'Or) . 
Français en général 



IND. CÉPHALIQUE 



DU VIVANT 



76,6 
77,6 
78,0 
80,3 
80,7 
80,4 

80,7 

81,3 

81,9 

82,7 

83 

83 

83,1 

83,6 



I 



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14 



ASSOCIATION FRANÇAISE POUB L AVANCKMENT DBS SCIENCKS 



NOMBRE 

de 

SUJETS 




IND. CÉPHAUQCK 
DO viVAirr 


2.023 
env. 60 

- 1.000 

- 200 

- 350 
14G 

- 100 

68 
216 

- 40 


Bretons (Côtes-du-Nord) 


83,1 
85,1 

85.5 
85,9 
86 
86,5 

86,7 
86,7 
87,2 

88 


Dauphinois (Hautes-Alpes, Isère, Drôme) . . 
Gascons (Gers et une partie des Hautes- 
Pyrénées et des I-andes) 

Lorrains (Vosges, Moselle, Meuse) 

Hab. du Quercy et du Rouergue .... 
Auvergnats (Cantal, Puy-de-Dôme) .... 

Francs-Comtois (Haute-Saône) 

Bourguignons du Sud (Saône-et-Loire, Ain) 
Savoyards 


Languedociens des montagnes (Cévennes, 
Gévaudan, Velay, etc.) 



Iles Normandes. 

Les îles normandes (Jersey et Guernesey), quoique séparées politique- 
ment de la France, sont situées si près de notre pays que, sans même 
savoir par l'histoire que leur population est la même que celle de la 
Normandie, on pourrait conclure à priori à une similitude du type de 
celle-ci avec les Normands du Cotentin dont on voit les falaises du haut 
des édifices de Jersey. 

En effet, en ce qui concerne Tindice céphalique, la similitude est grande, 
du moins pour les Jerséens (car on n'a pas encore de documents pour 
Guernesey). Les 239 de ces insulaires mesurés par DvfiLO? (93) offrent l'in- 
dice céphalique moyen de 80,5, c'est-à-dire légèrement inférieur à celui des 
Normands (81,5). Les arrondissements du département de la Manche les 
plus voisins de l'île ont comme indices : 81 (nord de Coutances), 81,5 (Cher- 
bourg), 82,9 (Valognes). En somme, la série de Dunlop est plus doli- 
chocéphale que les Normands de France, mais les variations y sont assez 
considérables, le minimum de l'indice étant à 6", 8 et le maximum à 87. 

M. Dunlop n'a constaté aucune différence dans l'indice entre les blonds 
el les bruns. 

Les Basq[ues. 

Jusqu'à ces derniers temps, les données sur l'indice céphalique des 
Basques étaient limitées aux trois séries de crânes décrites par Broca et à 



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J. DENIKER. — LES RAGES DE l'eUROPE. — INDICE CÉPHALIQUE 13 

une série de mesures sur le vivant. Voici quelques détails sur ce? quatre 
séries : 1) Série de 60 crânes, de deux sexes pris sans aucun choix 
dans le cimetière d'une localité de la province espagnole de Guipuzcoa 
(Tarans); son indice céphalique moyen est de 77,7, soit 79,7 sur le 
vivant (Broca, 62), 2) Série de 19 autres crânes choisis par Velasco dans 
le même cimetière et dont Tindice est légèrement plus dolichocéphale 
(76) (Broca, 66) (1). 3) Série de 47 sujets Basques français de Saint- 
Jean-de-Luz, mesurés par le D' Argelliès (Broca, 68); l'indice céphalique 
moyen de 39 hommes composant cette série est de 8o,3, celui de 8 femmes 
82,7; celui des deux sexes réunis est de 83,1. 4) La série de 57 crânes 
basques de Saint-Jean-de-Luz, antérieurs à 1532, donna à Broga (68) 
l'indice moyen de 80,3. 

De l'étude de toutes ces séries, Broca tira la conclusion (68, p. 55) que 
« les anciens habitants du pays basque français étaient brachycéphales; 
que ceux du pays basque espagnol étaient dolichocéphales, et que la doli- 
chocéphalie qui s'observe actuellement sur un grand nombre de Basques 
français a été la conséquence du mélange effectué depuis la fin du xvi® siècle 
à la suite de l'émigration des Vascons ou Basques espagnols ». 

Il établissait donc deux types dans les populations parlant la langue 
basque. Les recherches plus récentes d'Aranzadi, de Collignon et d'Oloriz 
ont précisé mieux la question. 

Dans deux mémoires très documentés, mon excellent ami et confrère le 
D"^ Collignon (94 et 95) relate les résultats de ses recherches sur 220 Bas- 
ques français purs (hommes de 20 à 21 ans) qu'il a triés pour ainsi dire en 
excluant de sa série tous les individus suspects de mélanges. Ces Basques 
se trouvent localisés dans les cantons ouest de l'arrondissement de Mauléon 
et dans les cantons est de l'arrondissement de Bayonne (Basses-Pyrénées). Les 
220 conscrits de ces 11 cantons basques en bloc ont donné à Collignon un 
indice moyen sous-brachycéphale de 82,5. Mais parmi eux les 110 sujets 
du type basque pur (2), provenant de l'ancienne Basse-Navarre, pays resté 
le plus longtemps indépendant, fournissent un indice de 83,4, tandis que 
les 110 sujets d'autre type n'ont que 81,9 pour indice et sont par consé- 
quent mésocéphales. 

Par contre une série de 35 Basques (hommes de 20 à 22 ans) de Gui- 
puzcoa (Espagne) a donné à Collignon un indice de 78 seulement, c'est-à- 
dire sous-dolichocéphale. 
Aranzadi (89), opérant sur une série de 250 Basques d'Espagne dont 



(1) Les six crânes de Bilbao, mesurés par Virchow, confirment ce résultat. (Congrès 
intern. Anthr., 1868.) 

(2) Ce type est caractérisé par un ensemble de caractères donné» avec beaucoup de 
clarté par Collignon. 



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16 ASSOCIATION FRANÇAISE POUR l'aVANGEMENT DES SCIENCES 

la plupart (216) proviennent de la province de Guipuzcoa (1), leur a 
trouvé un indice légèrement plus élevé (19,1), mais toujours encore sous- 
dolichocéphale. L'ordination de cette série montre Texistence de deux 
maxima de fréquence : Tun entre les indices 77 et 79,8, Tautre entre 
80,8 et 82. 

D'autre part, Oloriz (94) trouve sur une série de 109 hommes de la 
province de Guipuscoa, non choisis (par conséquent en partie seulement 
Basques) Tindice de 78,8, inférieur à celui des 216 Basques de cette pro- 
vince donné par Aranzadi (79,5). Cette légère différence de 0,7 d'unité se 
retrouve aussi dans la distribution de l'indice par districts (partidos judi- 
ciales); le plus brachycéphale est celui de Tolosa, dans le sud-est de la 
province (80,3 d'après Aranzadi, 79,4 d'après Oloriz). En réunissant les 
deux séries, on a 323 individus avec l'indice céphalique moyen de 79,3 et 
la succession suivante des districts : San Sébastian 78,9, Vei^ara (ouest de 
la province) 79,1, Azpeita 79,3 et Tolosa 79,97. 

Mais en faisant la répartition par cantons, comme l'avait fait Oloriz 
(1. c. p. 171), on s'aperçoit, au contraire de ce qui se voit dans le pays 
basque-français, que la brachycéphalie augmente de la plaine à la mon- 
tagne, en remontant les vallées ; ainsi l'indice céphalique à l'embouchure 
de VOria (à l'ouest de San Sébastian) est de 78,7 ; il monte à 79,2 dans la 
basse vallée, à 82,4 dans la haute vallée et à 80,8 dans la région de ses 
sources. 

Les indices moyens des deux autres provinces basques d'Espagne sont : 
78,8 pour la Biscaye et 79,1 pourl'Alave avec différences sensibles suivant 
les régions ; enfin le district de Pampelune (province de Navarre), appar- 
tenant au pays Basque, offre l'indice céphalique moyen de 80,4 dans le sud 
et de 78,4 dans le nord (2). 

D'après ce qui vient d'être dit, on voit que dans tous les pays Basques en 
Espagne la partie montagneuse (sud de Pampelune et de Guipuzcoa, nord 
de Alava) est sous-brachycéphale tandis que la plaine et la région qui 
touche la frontière de la France (nord de Navarre et nord-est de Guipuzcoa) 
sont sous-dolichocéphales. Cela confirme le fait trouvé par Gollignon du 
refoulement (en France) des dolichocéphales vers l'Espagne. 

Quant aux Basques en général, le fait saillant découvert par Gollignon 
c'est qu'ils sont sous-brachycéphales (83,4) en France et sous-dolichocé- 



(1) Le reste sort de la partie de la Biscaye située à l'est de Guernica et de Durango, 
plus 2 individus de Pampelune. 

(2) Aranzadi trouve, pour les Basques de Test de Biscaye, Tindice de 79 (32 sujets), 
Gollignon 77,6 (13 sujets); moyenne, 78,5 (46 sujets) presque identique à celle que 
donne Oloriz pour les deux districts orientaux de cette province : Durango 78,7 (33 sujets) 
et Marquina 78,6 (16 sujets). Pour la Haute-Navarre Landa (87) donne l'indice de 78,3 
(63 sujets). 



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J. DENIKER. — LES RACES DE l'eUROPE. — INDICE GÉPHALIQUE 17 

phales (79) en Espagne. Comme ils sont eatourés des populations méso 
ou sous-dolichocéphales (à 79-80) dans les deux pays, il est évident qu'ils 
diffèrent de ces populations beaucoup plus en France qu'en Espagne. Ce fait 
seul, en dehors d'autres considérations qu'évoque Collignon, suffirait pour 
affirmer que le type physique basque s'est mieux conservé en France qu'en 
Espagne, tandis que c'est le contraire pour la langue et les mœurs. 

L'élargissement du crâne basque n'est qu'apparent, car, malgré son 
indice élevé (83,1), le crâne basque est très long d'avant en arrière en 
chiffres absolus (plus de 190 millimètres), et prodigieusement gonflé au- 
dessus des tempes, précisément au point où se prend le diamètre transvers 
maximum ; ce caractère est spécial à la race basque ; il ne se rencontre 
nulle autre part, du moins en France, que dans le pays Basque et par cela 
même la brachycéphalie de ce peuple est comme factice et accidentelle. 
Les Basques sont donc plutôt des mésocéphales aux tempes gonflées. 
L'indice céphalique ne peut donc fournir de sous-caractère dans ce cas (1), 
et c'est sur d'autres particularités (face longue à menton pointu, tête 
haute, taille élevée, thorax tronconique, épaules carrées, etc.) que Colli- 
gnon s'appuie pour constituer sa race basque^ qui paraît être une des 
variantes de ma race Littorale (Deniker, 97 bis et 98). 

De Aranzadi (96) a combattu certaines conclusions de Collignon et 
d'Oloriz, mais il convient comme eux que le Basque est sous-brachycé- 
phale ou plutôt mésocéphale (entre 80 et 81) et qu'il ne descend pas de la 
race de Cro-Magnon, comme on avait pensé du temps de Broca. 



Espagne. 

Jusqu'à ces derniers temps on avait moins de renseignements sur 
l'indice céphalique des Espagnols que sur celui de mainte population 
« sauvage ». Aranzadi (92), fut le premier à publier un travail inté- 
ressant sur 494 crânes espa^^nols des deux sexes provenant de 36 pro- 
vinces (sur 48) du royaume. Malheureusement ce savant ne donne pas 
la moyenne pour toute l'Espagne, et le nombre de crânes par province est 
souvent trop faible pour pouvoir tirer des conclusions quelconques (2). 
rVéanmoins la moyenne générale, et la sériation de ces 494 crânes firent 
voir pour la première fois et l'extrême dolichocéphalie des Espagnols et la 
parfaite homogénéité de leur forme crânienne. La carte dressée par le 

(1) C'est aussi l'avis d'Oloriz (p. 175). 

(2) Voici le tableau que j'ai composé et calculé en partie et qui donne les chiffres sans 
aucune augmentation pour l'indice des séries comptant, dix crânes ou plus d'un seul sexe 
ou 20 crânes au moins, les deux sexes réunis. Ces chiffres sont intéressants surtout 



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^ 



18 ASSOCIATION FRANÇAISE POUR L AVANCEMENT DES SCIENCES 

savant anthropologiste espagnol fit aussi ressortir avec évidence deux ou 
trois points importants, par exemple Texistence des sous-brachycéphales 
dans la région cantabrique, les foyers hyperbrachycéphales dans la pro- 
vince d'Alicante, etc. 

Ces faits ont été confirmés et bien d'autres encore mis en pleine 
lumière dans le travail magistral du D' Oloriz, véritable modèle du 
genre, auquel j'emprunte presque toutes les données de Texposé qui suit. 

L'Espagne est très homogène sous le rapport de l'indice céphalique, 
et ne présente que des variations extrêmement faibles suivant les régions. 
Sauf le littoral du golfe de Gascogne depuis la Corogne jusqu'à Bilbao 
(région Cantabrique), sauf le littoral de l'Atlantique entre Cadix et Huelva, 
et deux ou trois districts isolés, qui sont mésocépbales ou sous-bra- 
chycéphales, tout ce pays se partage exclusivement entre les dolichocé- 
phales et les sous-dolichocéphales (1). 

L'indice céphalique moyen de 8.368 Espagnols mesurés par Oloriz est de 
78,18; l'indice le plus fréquent 71. Les trois cinquièmes de la population 
ont les indices de 7S à 79.9. 

Quant à la répartition géographique des formes crâniennes, nous allons 

parce qu'ils donaent les différeaces sexuelles; sous ce rapport elles complètent jusqu'à 
un certain point le travail de M. Oloriz uniquement basé sur les mensurations des 
hommes. 



PROVINCES. 



Lugo . . . 
Pontevedra 
Oviedo . . 
Santander. 
Segovia . . 
Biscaye . . 
Guipuzcoa. 
Cuenca . . 
Tolède . . 
Albacete . 



HOMMES. 



14 
11 
36 

19 
14 
15 
41 
28 
12 
11 



79,3 

76,7 

78,9 

75,5 

75,4 

75,8 

76,2 

73,2 

76 

73,5 



FEMMES. 



9 

14 
13 

8 
12 
36 
23 

8 



77,2 

79,3 

77,3 

78 

77,7 

77,6 

75 

76,8 



SEXES RÉUiNlS, 



50 

32 

22 
27 
77 
51 
20 



77 

79 

76,6 

76,4 

76,6 

76,8 

74 

76,3 



> S 



+ 0,5 

+ 0,4 

+ 1,8 

+ 1,* 

+ 1,9 

+ 1,4 

+ 1,8 

+ 0.8 



(1) A ne considérer que les moyennes par provinces on a : 2 provinces sous-brachycé- 
phales (Lugo 80,1 et Oviedo 80,9) et 3 provinces très dolichocéphales (Castellon 76,7, 
Valence 76,99 et Alicante 76,7). Le reste (42 provinces) n'offre que les indices moyens 



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J. DENIKER. — LES RACES DE l'eUROPE. — INDICE GÉPHALIQUE 19 

la considérer d'abord par provinces, puis par des divisions moins étendues, 
par districts judiciaires ou « partidos judiciales ». En combinant de dix 
façons différentes la répartition de Tindice céphalique moyen, de Tindice 
le plus fréquent et par provinces et par districts, Oloriz arrive à constituer 
11 régions distinctes dans le royaume d'Espagne qui correspondent à peu 
près aux anciennes provinces. 

Comme je vais me servir du nom de ces régions pour expliquer la 
répartition de Tindice moyen d'après la méthode uniforme adoptée poujr 
ma carte, je donne ci-dessous leur délimitation, commençant par le côté 
nord-ouest de l'Espagne. Par la même occasion je donne l'indice moyen 
par province et pour chacune des régions. 

1® La région Galaïque (78,8) comprend les trois provinces de l'ancienne 
Galice (Corogne 78,9, Pontevedra, 79 et Orense 78,4). 

2** La région Cantabrique (80,3) se compose de la province Galicienne 
de Lugo 80,1, de l'Asturie (province d'Oviedo 80,9) et du littoral de la 
Vieille-Castille (province de Santander 79,9). Les trois provinces men- 
tionnées, occupant le versant nord des monts Cantabriques, sont situées sur 
la côte de l'Atlantique. 

3° l>a région Basque et Navarraise (78,8), c'est-à-dire Navarre (78,4) et 
les trois provinces Basques : Biscaye 78,8, Alava 79,1 et Guipuzcoa 78,8). 

4** La région Catalane (78,1) (provinces : Lérida 78,3, Gerone 78,1, 
Barcelone 78,2 et Terragone 77,6). 

5^ lia régioîi Castillane supérieure (77,8), comprenant le Léon et 
presque toute la Vieille-Castille (Léon 77,S, Zamora 77,2, Salamanca 
78,1, Palencia 77,6, Burgos 77,99, Logrono 78, Valladolid 77,8 Avila 
77,3, Segovia 78,1). 

6^ La région Aragonaise (77,4) comprend la province de Soria 77,4, 
celle de l'Ancienne Castille, la province de Guadalajara 77,7 la Nouvelle- 
Castille et tout r Aragon (Huesca 77, Saragosse 77,4 et Teruel 77,3). Elle 
est très homogène au point de vue de l'indice céphalique. 

7° La région Valencienne (76,8,) ou ancien royaume de Valence (pro- 
vinces: Castellon 76,7, Valence 76,99 et Alicante 76,7). 

8** La région Castillane inférieure (78,5) comprenant l'Estremadure, le 
nord de la Murcie et presque toute la Nouvelle-Cas tille (provinces : Badajoz, 
78,3, Caceres78,S, AUcante78,3, Madrid 78,6, Tolède 79,3 Ciudad-Real, 78,1). 

variant dans les étroites limites de deux unités et demie : entre 77,04 (Huesca) et 79,5 
(Cadix). La différence moyenne d'une province à Tautre est donc de 0,06 d'unité. 

Sur 465 « partidos judiciales », 17 seulement sont mésocéphales ; 5 sous-brachycéphales 
4 braehycéphales et 1 hyperbrachycéphale (Tinco dans la province d'Oviedo, avec 87,15, 
moyenne de 8 sujets seulement!); de l'autre côté de l'échelle, comme indices hyperdoli- 
chocéphales (au-dessous de 76) je n'ai trouvé que 9- « partidos » dont 2 seulement à indice 
moindre de 76 (Novelda r^Qi à Vellena : 74,6, moyenae de 11 sujets). Les 439 divisions 
administratives qui restent se rangent entre les indices de 76 et 79,9. 



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20 ASSOCIATION FRANÇAISE POUR l'aVANGEMINT DES SCIENCES 

9^ La Haute-Andalousie (77,7), cotnprenant Test de Grenade, le nord de 
TAndalousie et le sud de la Murcie (provinces: Almeria 77,8, Grenade 77,9, 
Jaen 77,4, Cordoue 77,97 et Murcie 78). 

10» Boêse-Andahusie (79), comprenant le reste de Grenade et d'Anda- 
lousie (provinces: Malaga 79,2, Séville 78,5, Huelva 79,1 et Cadix 79,S). 

11» Les îles Baléares (77,7). 

En appliquant réchelle générale des indices (de deux en deux unités) 
de ma carte à TEspagne et mettant de côté les Baléares dont il sera 
question plus tard et le pays Basque déjà examiné, on arrive au tableau 
suivant de la répartition de l'indice cépbalique en Espagne : 

Sauf une partie de la région Cantabrique (provinces de Lugo 80,1 ci 
d'Oviedo 80,9) qui est mésocéphale, toute l'Espagne ne renferme que des 
dolichocéphales ou des sous-dolichocéphales. Abstraction faite de cet îlot 
et du pays Basque, une ligne tirée de la Gorogne à Murcie diviserait 
approximativement tout le pays en deux parties : dolichocéphale au nord- 
est, sous-dolichocéphale au sud-ouest. 

La première partie comprendrait presque toute la Haute-Castille (sauf 
Salamanque, Ségovie et Logrono), les régions Arragonaise, Valencienne, 
la province de Terragone ; elle ne contiendrait que trois îlots sous-dolicho- 
céphales : Catalogne (sauf la province de Terragone), Navarre et l'est de 
la région Cantabrique. 

La seconde partie se composerait de la région Galicienne, de la Basse-Cas- 
tille, de la Basse-Andalousie et comprendrait une île dolichocéphale assez 
importante : la Haute-Andalousie, sauf la province de Murcie qui se 
rattache encore à la partie sous-dolichocéphale. 

Si l'on compare cette distribution avec la conformation orographique du 
pays, on voit qu'au contraire de ce qui se passe en France, c'est la partie 
élevée de l'Espagne qui est occupée par les dolichocéphales, tandis que la 
partie basse est réservée aux sous-dolichocéphales ; ces derniers, avec 
les sous-brachycéphales, occupent aussi tout le littoral atlantique. 
. Mais si en place de la répartition par provinces nous prenons celle par 
districts judiciaires, le tableau change et, malgré les limites arbitraires de ces 
divisions administratives, elles se groupent assez bien suivant le relief du 
sol et les régions* naturelles. Ainsi, sauf la vallée du Tage et la région 
Valencienne, les dolichocéphales ne se rencontrent presque pas au-dessus 
de la hgne hypsométrique de 300 mètres (1). Us sont tous groupés sur les 

(1) Voici, d'après Oloriz, la distribution des indices suivant les altitudes : 

N ombre __.^__ 
Altitude du pays des distr. de suj. exam. Ind. céph. 

Moins de 500 mètres 172 2.770 78,45 

De 500 à 1.000 mètres 281 4.213 78,20 

Plus de 1.000 mètres 21 437 77,49 



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J. DENIKER. — LES RAGES DE l'eUROPB. — INDICE GÉPHALIQUE 21 

hauts plateaux, tandis que les sous-dolichocëphales se tiennent dans les 
régions basses et les mésocéphales ou sous-brachycéphales le long de la 
côte nord et sur quelques points de la côte sud ou au voisinage (1). 
Je commencerai mon étude détaillée par ces derniers. Les districts 
sous-brachycéphales ou brachycéphales sont rares en Espagne et se 
trouvent tous sur la côte nord, où ils alternent avec les districts sous-méso- 
céphales ou très faiblement sous-dolichocéphales, entre la Corogne et 
Guernica (province de Biscaye). Voici d'ailleurs la succession des districts 
de cette côte en allant de Touest à Test: les 4 districts (Ortigueira, Le Ferrol, 
Puentedeume et Betanzos) du nord- est de la province de Corogne (26 
sujets, i. c. 80,4) ; les 4 districts ( Vivero, Mondonedo, Rivadeo et Villalba) 
du nord de la province de Lugo (44 sujets : 82,4) ; le district de Gastropol 
(13 sujets: 81,5) et les districts de Luarca et Tineo (18 sujets: 85.S) du 
nord-ouest de la province d'Oviedo ; 4 autres districts (Gijon, etc.), du 
nord-est de la même province (30 sujets : 80,8) ; les districts de Leanes 
dans Textréme est d*Oviedo et les trois districts de l'ouest de San- 
tander: Poses, etc., qui lui sont accolés (19 sujets : 84,6); les deux 
districts de Test de Léon (Riano et Sahagun, 21 sujets : 80,2) qui font 
pénétrer sur ce seul point la zone méso ou brachycéphale dans Tinté- 
rieur des terres, en pleine Haute-Castille ; les deux districts (Villacariedo 
et Ramales) du sud-est de Santander (28 sujets : 81,4) ; enfin les districts 
de Guernica (23 sujets : 80,2) dans le pays Basque. On peut rattacher 
à cette bande littorale presque ininterrompue, le petit îlot formé de 
deux districts (Vigo et Redondela) de la côte de Pontevedra (13 sujets (2) : 
80,4). 

A part cette région de la côte galaïco-cantabrique, on ne rencontre 
aucune trace de brachycéphales en Espagne. Et même pour retrouver les 
mésocéphales en quantité un peu notable, il faut se transporter à l'autre 
bout de la péninsule ; là, sur la côte, entre Huelva et Cadiz, sont disposés 
quatre districts conligus (Huelva, Moguer, Sanlucar et Puerto de Santa 
Maria) dans lesquels l'indice céphalique varie de 80,1 à 81,1 et auxquels 
se rattache un îlot un peu plus à l'est (district d'Arcos de la Frontera 80,1). 

Enfin, à signaler un îlot mésocéphale isolé dans la province de Lérida 
(district Balaguer, 80) dans le coin N.-E. de la Péninsule (3). 

Mettant à part ces régions méso et brachycéphales, ainsi que quelques 
régions isolées, peuplées d'hyperdolichocéphales (1) ; tout le reste de la 

(1) Sur 14 districts mésocéphales, il n'y en a que trois qui soient éloignés de 50 à 100 
kilomètres de la mer. 

(2) Suivant Oloriz, 1. c, p. 284, et non 23 comme c'est indiqué à la page 159 du môme 
ouvrage. 

(3) Le district de Guadix (Grenade) est teinté par erreur sur la carte d'Oloriz en 
bleu foncé (mésocéphale) ; l'indice céphalique n'y est que de 79,4. 



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m ASSOCIATION FRANÇAISE POUR l' AVANCEMENT DES SCIENCES 

population de TËspagne se partajge entre les dolidiocëphales et les sous- 
dolichocéphales. 

Les dolichocéphales se groupent en quatre massifs assez nets : 1^ Le massif 
formé par Tancien pays de Léon (sauf le sud ouest de la province de Sala- 
manque et les deux districts mésocéphales deFest du Léon) et par les provinces 
ou districts adjacents de Touest de la Vieille-Castille, c*est-à-dire par les ré- 
gions montagneuses de la province d'Avila, et les hautes terres du Valla- 
dolid et du Palencia situées au nord du Douro, à l'ouest de la vallée du 
Pisuerga, affluent de droite du Douro. Cette vallée sépare le massif de Léon 
du suivant. 

2<* Massif aragonaiSy qui couvre presque en entier la région Aragonaise 
d'Oloriz. Seuls le bassin du Guadalope, affluent droit de TEbre, et quelques 
districts isolés dans Test du Huesca et le sud du Guadalajara, peuplés 
de sous-dolichocéphales modérés (de 78 à 78,4) forment Texceptioa à la 
règle. Par contre, ce massif dolichocéphale déborde la région aragonake 
comprenant tous les districts adjacents de Test de la Vieille-Castille et 
quelques-uns des autres régions. L'uniformité des indices est remar- 
quable dans cette région : ils n'y varient guère qu'entre 76,5 et 77,93 
dans les 17 groupes de districts. 

3® La région Valendenne, avec les districts adjacents du sud de la Catalogne, 
forme le troisième massif dolichocéphale qui s'étend sur tout le littoral 
depuis Carthagène jusqu'à la basse vallée de l'Ebre. Ce massif est aussi 
homogène que le précédent, mais s'en distingue par une dolichocéphalie 
^lus prononcée (de 75,33 à 77,6 suivant les groupes des districts qui sont 
au nombre de 15). 

4® Le quatrième massif, réuni au précédent par les hauteurs de la Murcie, 
couvre les deux versants de la Sierra Morena ainsi que toute la Haute- 
Andalousie, sauf les vallées du Guadalquivir et quelques districts de la 
côte au sud de Carthagène (2). 

Le reste de TEspagne: toute la Nouvelle-Castille, sauf les districts 
montagneux, autrement dit l'immense plaine entre le Tage et la Guadiana, 
ainsi que la Basse- Andalousie avec toute la vallée du Guadalquivir et une 
bonne partie de la Catalogne, du pays Navarro-Basque et de la Galice sœt 
le domaine des sous-dolichocéphales. 

(1) Voici les groupes de districts comprenant de 14 à 32 sujets les plus dolichocéphales 
que j'ai formés pour ma carte : Léon (75,8) ; Vitigudino (prov. Salamanque) (75,5) ; Bareo 
de Avila (75,8) ; Ségorbe(prov. Castellon) (75,98) ; Albaïdaet Onteniente (prov. de Valence) 
(75,5) ; Cocentaina (75,99) et groupe Monovar, Novelda et Villena (75,4) dans la prov. 
d'Alicante. 

(2) Les foyers principaux de la dolichocéphalie en Espagne sont situés : dans les hautes 
terres de l'Alicante, dans les Pyrénées aragonaises, dans les monts de Soria et Terael, 
et dans TAlpujarras, c'est-à-dire sur les contreforts du Sierra Nevada à plus de l.(KK) mètre, 
d'altitude (74,4, moyenne de 10 sujets). 



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J. DENIKER. — LES RACES DE L^EUROPE. — INDÏŒ CÉPIULFOUK 23 

En somme, n'importe comment on tourne et retourne les chifïres, il 
ressort toujours une homogénéité remarquable de rindice céphalique des 
Espagnols. Voici, pour terminer, le tableau des indices, par groupes 
linguistiques, calculé d'après les données d*01oriz et disposé d'après le 
chiffre croissant de l'indice. 

Nombre de sujets [ndica çi5ph. 

502 Catalans de rancien royaume de Valence . . , , 76,8 

122 Catalans des îles Baléares 77,87 

574 Catalans de la Catalogne 78,1 

8368 Espagnols en général 78,2 

1410 Castillans de la Vieille et Nouvelle-Castille, . . . 78,5 

326 Basques Espagnols ». 79,3 

495 Galiciens ou Galégos . , 79,6 

191 Castillans de la région Cantabrique * 79,7 



Portugal. 



Aucun travail d'ensemble, ni même une étude partielle sur l'indice 
céphalique des Portugais actuels n'a été publié jusqu'à ces derniers temps. 
Cependant je savais que le D"^ Ferraz de Macedo avait recueilli un grand 
nombre d'observations craniométriques et anthropométriques sur les 
Portugais normaux à propos de son travail comparatif sur THomme 
criminel (92) ; quelques chiffres, moyennes seulement de ces observations, 
sont publiés dans ce travail. Je me suis donc adressé à luij et avec la plus 
grande amabilité il m'a communiqué tous ses tableaux détaillés de diverses 
mesures sur les Portugais, avec autorisation d'en faire tel usage que je 
voudrais. En me réservant de publier plus tard les autres mesures, je donne 
aujourd'hui, sous forme de tableau, les indices céphaliques pris sur 417 
crânes d'hommes et sur 485 crânes de femmes et répartis par provinces. 



PROVINCES 



HOMMES 



FEMMES 



SEMES JŒL'MS 






Minho .... 
Traz os Montes 
Douro .... 
Beira Alla . . 
Beîra Baixa. . 
Êxtremadura . 
Alemtejo . . . 
Algarve. . . . 



27 

9 

40 

15 

7 

279 

15 

19 



75,7. 
72,5 
73,8 
72,6 
73,7 
74,3 
74,8 
75,3 



3 

2 
28 

8 

10 

394 

9 
16 



77,1 

73,0 

74,9 

74,2 

76 

75,6 

76,6 

76,3 



11 



17 



72,6 



75 



+ 

+ 
-h 
+ 
+ 

+ 



i,4 
0,5 

1,3 
1 



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-^-^ 



24 ASSOCIATION FRANÇAISE POUR l'aVANCBMENT DES SCIENCES 

Étant entré ensuite en relation avec le D^ Rocha Peixoto, professeur à 
Técole de Médecine de Porto, qui stimule autant que possible les études 
anthropologiques dans le pays de Camoëns, j*ai eu par son intermédiaire 
le travail d'un de ses élèves, D. M. Da Silva Basto (97). paru dans un 
recueil à moitié littéraire, histitiUo. Ce travail contient les mesures de 
67 crânes masculins et de 39 féminins sans indication de provenance, 
plus les mesures moyennes du D^ Ferraz de Macedo, pour les Portugais 
en général et que je viens de donner avec plus de détails quant à la 
provenance. 

D'autre part, R. Peixoto m'avait mis en relation avec son collègue le 
D*" FoNSECA Cardoso qui travaille actuellement avec une grande ardeur à 
l'anthropologie du Portugal par régions. Ce savant a bien voulu m'envoyer 
des mesures encore inédites sur 110 hommes de 20 à 21 ans de la portion 
de la provin(^ 'dfelMiirfto, qui comprend le littoral depuis l'embouchure de 
TAncora jusqu'à celle de la Cavada, c'est-à-dire presque toute la côte de 
la province (distr. de Vianna, l^onte do Lima et Barcellos) (1). 

Voici le résultat des comparaisons de toutes ces données. 

L'indice céphalique moyen de 494 crânes masculins donné par F. de 
Macedo est de 74,5, soit 76,5 sur le vivant. La moyenne de 67 crânes mas- 
culins donnée par Da Silva Basto est de 74,3, soit 76,S, chiffre absolument 
identique au précédent. Pour les crânes de femmes les chiffres correspon- 
dants (augmentés de deux unités) sont: 77,6 (506 crânes) et 76,6 (39 
crânes), soit une moyenne de 77,5 pour 545 crânes. 

Ces comparaisons indiquent déjà une ^Tande homogénéité de la popu- 
lation portugaise, du moins en ce qui concerne l'indice céphalique. Si 
l'on compare encore le chiffre de F. de Macedo pour 27 crânes masculins 
de la province de Minho (75,7, soit 77,7 sur le vivant) avec celui qu'avait 
obtenu Fonseca Cardoso (78,1) sur 110 hommes vivants, on est frappé de 
la coïncidence des résultats. 

Quant à la répartition géographique de l'indice suivant les provinces, 
on y voit se reproduire les mêmes faits qu'en Espagne; 1^ une très faible 
différence suivant les provinces, les chiffres extrêmes n'allant que de 74,5 (2) 
(Traz os Montes) à 78 (Minho) ; 2^ plus grande dolichocéphalie dans les 
régions élevées que dans la plaine, sauf la province maritime d'Algarve, où 
comme dans la région cantabrique en Espagne (également montagneuse 
et maritime) se sont réfugiées les populations à tête plus arrondie que la 
moyenne (77,3). En effet, les deux provinces où l'indice est au minimum 
sont celles de Traz os Montes (74,5) et de Beira Alta (74,6) qui, comme 

(1) Depuis que ces lignes ont été imprimées, le travail de Fonseca Cardoso (99) a para 
(Voy. BiUiogr.) 

(2) Nous ne prenons ici que les chiffres des hommes, puisque pour la plupart des autres 
pays, nous n'avons de renseignements que pour les hommes. 



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J. DENIKER. — LES RACES DE l'eUROPE. — INDICE CÉPHALIQUE 23 

leurs noms l'indiquent déjà, sont des pays montagneux ; la courbe de 
niveau de SOO mètres les circonscrit presque en entier, les chaînes les 
plus élevées du royaume Lusitanien, la Sierra de Marâo et la Sierra da 
Estrella y culminent leurs pics à 1.422 et à 1.993 mètres. Pour la Beira 
Baixa dont le nord est aussi élevé que la Beira Alta et dont le sud se com- 
pose de la vallée du Tage, on a des chiffres contradictoires : la série de 
9 hommes, insuffisante il est vrai, accuse Tindice de 75,7, légèrement 
supérieur à celui de Beira Alta, tandis que la série des 10 femmes présente 
un indice de 78. Cette différence est la plus grande qui existe entre les 
indices des crânes des deux sexes dans les autres provinces (voy. le tableau) 
et dépasse le double de la différence moyenne pour le Portugal en général 
(1 unité). Ce point n'indique-t-il pas que la série des femmes provient 
probablement de la vallée du Tage, tandis que celle des hommes vient de 
la partie montagneuse de la province? Si cette supposition est exacte, on 
verrait l'indice s'accroître régulièrement depuis la Beira Alta (74,6) jusqu'à 
la partie basse de la Beira Baixa (chiffre probable pour les hommes : 77), en 
passant par la partie montagneuse de cette province (7S,7). 

En dehors de la région montagneuse hyperdolichocéphale que je viens 
d'examiner et qui se rattache au premier massif dolichocéphale espagnol 
(voy. p. 22), en dehors aussi de la province de Douro, dont une partie se 
trouve dans la zone montagneuse et dont l'indice est aussi hyperdoli- 
chocéphale (75,8), le reste du Portugal ne compte que des dolichocéphales. 
Seule la province de Minho, voisine du pays Galicien, offre un indice 
mésocéphale (78, moyenne des chiffres de F. Macedo et de F. Cardoso) ; à 
l'autre bout du pays, tout à fait au sud, la province d'Algarve la suit de 
près (77,3). Enfin les deux provinces des plaines: Extremadura (76,3) et 
Alemtejo (76,8) offrent un indice voisin de la moyenne. 

Iles Açores et Madère. 

L'archipel des Açores, situé entre 36^ 50' et 39*^ 45' latitude nord et plus 
près du Portugal (1.380 kil.) que du Maroc (1.S50 kil.) et de l'Amérique, 
doit être compté parmi les terres européennes. 

M. Arruda Furtado [87) et d'après lui Elisée Reclus, disent que les Aço- 
riens sont brachycéphales. Peut-être pourrait-on trouver des brachycé- 
phales sur un point isolé dans les îles, où se rencontrent des traces d'une 
colonie française venue de Bretagne, mais la majorité de la population 
açorienne est dolichocéphale , comme ses frères de race les Portugais. 
D'après Lajard fP^J, qui a pu étudier la belle série de crânes açoriens 
envoyée par M. Pacheco à la Société d'Anthropologie de Paris^ l'indice 
céphaliquedes 20 crânes masculins serait de 73,6 et celui de 20 crânes fémi- 



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1 



36 ASSOCIATION FRANÇAISE POUR L* AVANCEMENT DES SCIENCES 

ninsde 73,3(1). D'autre part, M. Ferraz de Macedo me communique les 
chiffrespresque identiques, résullatsde ses mesures : sur 4 crânes d'hommes 
açoriens 73,9, et sur 9 crânes de femmes 74,9. De plus, il me donne les 
chiffres suivants pour Tîle de Madère : 2 crânes masculins 73,7 et 6 fémi- 
nins 75,9. On peut donc dire que les Açoriens sont encore plus dolicho- 
céphales (75,7 sur le vivant environ) que la moyenne des Portugais et se 
rapprochent des Portugais des provinces montagneuses (Traz os Montes, 
etc.). 

ItaUe. 

Des travaux fort intéressants et consciencieux ont été consacrés à la 
craniologie des différentes parties de Tltalie ; il nous suffira de rappeler 
ceux de Calori (68) sur les brachycéphales italiens, de Moschen (92) sur 
les Vénitiens et les Italiens de Tyrol, de Zampa (86) sur les Albanais et les 
Italiens méridionaux, etc. Mais un travail d'ensemble, le plus complet et 
le plus grandiose que Ton ait produit sur une population européenne, 
appartient sans contredit au D' Livi (93). C'est un fruit de patientes 
recherches de plusieurs années, basées sur les mensurations de près de 
295.000 hommes adultes. 

D'ailleurs, Livi a utilisé en plus tous les matériaux publiés par ses 
prédécesseurs, de sorte qu'il ne me reste pour ainsi dire qu'à résumer briè- 
vement son remarquable ouvrage. 

Les deux diamètres de la tête, qui servent à établir l'indice céphalique 
ont été mesurés par Livi et par les nombreux médecins militaires, d'après 
ses instructions, à l'aide d'un cadre à maxima en bois, instrument 
quelque peu imparfait, comme le reconnaît M. Livi lui-même dans son 
ouvragé. 

Les indices ainsi obtenus sont toujours plus forts que ceux dont les 
éléments sont fournis par les mesures au compas d'épaisseur; mais de 
combien? Dans une lettre qu'il a bien voulu m'écrire en réponse à cette 
question, M. Livi me dit qu'il n'a pas fait d'expériences directes à ce 
sujet. Il fait observer cependant avec raison, que la différence dans le dia- 
mètre antéro-postérieur doit être minime, attendu que si l'épaisseur des 
cheveux que comprime le cadre à l'occiput augmente ce diamètre par 
rapport à la mesure prise avec le compas d'épaisseur, dont les branches 
pénètrent dans les cheveux, il existe une autre cause qui diminue presque 
toujours cette mesure au cadre : c'est l'asymétrie du <;râne plus ou moins 



(1) Cet indice est calculé par moi d'après les diamètres, car M. Lajard a omis les indices 
pour les femmes açoriennes dans le tableau de la page 326 de son travail. 



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H 
( 



J. DENUDER. — LB#» RAGE6 DB l'eUROPB. — INDIGB GÉPHÀLIQUE 27 

marquée chez tous les sujets. En effet (voy. la fig.), le diamètre antéro- 
j)Ostérieur a b représenté sur le côté droit ou gauche du cadre appliqué sur 
la tête, dans le plan du vrai diamètre antéro-postérieur 
sera toujours^ plus court que ce dernier b c, pour peu que 
le crâne soit asymétrique comme le montre la figure ci- 
contre. Par contre, le diamètre transverse sera toujours plus 
grand que celui pris au compas, car il est augmenté de 
Tépaisseur de la chevelure des deux côtés. Il ne nous parait 




^ 

pas exagéré de supposer la différence de 1 millimètre pour chaque côté, 

ce qui fait 2 miUimètres en tout. Cette différence, en supposant le dia- 
mètre antéro-postérieur invariable, produit une différence dans Tindice 
qui varie de 0,9 à 1,2 suivant les dimensions de la tête, soit d'une unité 
en moyenne. Je vais donc retrancher Tunité à tous les indices donnés par 
Livi pour pouvoir les comparer à ceux obtenus avec le compas d'épais- 
seur (1). 

Voici maintenant quel est le tableau général de la répartition de l'indice 
céphalique ainsi rectifié, par districts (drcondani). 

L'indice céphalique moyen, calculé par Livi d'après 294.160 individus 
mesurés, est de 82,7, soit de 81,7 après la réduction que j'ai adoptée. Celle 
moyenne est intermédiaire entre celle des Français (83,6) et des Espagnols 
(78,9), mais les variations de l'indice suivant les régions sont aussi consi- 
dérables qu'en France. En dehors des îles méditerranéennes où l'on trouve 
des indices de 75,4 (district de Lanusei en Sardaigne), les variations sur 
le continent vont de 76,5 (district de Lecce, prov. de Lecce, et celui de 
Cosenza, Calabre), jusqu'à 86 (district d'Aoste, Piémont). Mais la succes- 
sion depuis les dolichocéphales jusqu'aux[hyperbrachycéphales s'y fait sen- 
tir graduellement et d'une manière presque réguUère du sud au nord. 

Laissant de côté les deux grandes îles Sardaigne et Sicile dont il sera 
question plus loin, dans un chapitre à part, voici comment on peut grou- 
per les populations de l'Italie suivant les indices céphaliques. 

Si l'on tire une ligne de Rome à Ascoli, on aura au sud de cette ligne 
les mésocéphales ou les dolichocéphales, tandis qu'au nord de cette ligne 

(1) Cette différence est supérieure à celle (0.5 d'unité) qu'avait trouvée Ammon (96) sur 
2.910 conscrits badois, entre les mesures d'après le système allemand et celles au coin- 
pas. Elle provient de ce que: \) d'après le système allemand^ le diamètre anléro-postérieur 
est la projection horizontale du vrai diamètre, théoriquement égale à celui-ci, tandis que 
danB les mesures italiennes, c'est la projection verticale de ce diamètre, plus courte, 
comme nous l'avons vu, que ce diamètre ; 2) la compression des cheveux est plus forte 
avec la glissière métallique allemande qu'avec un cadre en bois ; 3) les conscrits badois 
ont presque tous les cheveux très courts, tandis que les Italiens portent une abondante 
chevelure. La matière dont est fait l'instrument influe beaucoup sur la différence des 
mesures. Ain» aar la même population de la province d'Emilie, et sur un même nombre 
de sujets environ, Livi [86^ p. 52 et 96 j p. 81 et 149), a obtenu des indices plus forts de 
0,6 en moyenne avec le cadre en bois qu'avec le cadre métallique. 



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28 ASSOCUTION FRANÇAISE POUR L AVANCEBIKNT DES SCIENCES 

se trouveront les populations brachycéphales, sauf le littoral du golfe de 
Gênes qui prolonge au nord la zone mésocéphale et offre même un îlot 
dolichocéphale. 

Dans la zone méridionale on ne trouve de vrais dolichocéphales que 
dans le sud de la province de Lecce (districts de I-.ecce 76,S et de Galli- 
poli, 76,9) et dans la Calabre, où Tindice se maintient entre 76,8 (district 
de Cosenza) et 77,7 (district de Catanzaro), sauf trois districts avoisinant 
le détroit de Messine qui sont à 78(Nicastro, Serace) ou à 78,8(Reggio). Un 
indice analogue se rencontre dans le nord de la province de Lecce (dis- 
tricts de Taranto et de Brindisi 78,2 et 78,3), ainsi que dans le district de 
Lagonegro (78,4), de la province de Basilicate qui touche à la Calal)re. 
A part ces régions constituant les points extrêmes de Tltalie, le « talon » 
et la « pointe » de la botte, toute la zone méridionale est occupée par des 
mésocéphales avec deux îlots sous -dolichocéphales et deux ou trois points 
sous-brachycéphales isolés. 

Le premier des îlots sous-dolichocéphales est formé par la province de 
Foggia (79,2) avec les districts avoisinants des provinces de Bari (district de 
Barletta 79,2), de Basilicate (Melfi 79,4), d'Avellino (S. Angelo 79,7) et de 
Bénévent (Barlolomeo di Golda, 79,7). Cet îlot est séparé des régions doli- 
chocéphales mentionnées plus haut par une zone mésocéphale où Findice 
va en augmentant de Test à Fouest, de Bari (80) à Carapagna (80,9), au sud 
de Salerne, qui est un point isolé de sous-brachycéphales (82,4). Une autre 
zone mésocéphale (80,3 à 81,8), dirigée du nord-est au sud-ouest entre les 
deux points sous-brachycéphales Chietî-Lanciano (82,S) et province de 
J>îaples (81,6 à 82,4), sépare notre premier îlot mésocéphale du second, 
formé par le sud du Latium (district de Rome et de Velletri 79,2) (1) et 
par deux districts avoisinants : celui d'Avezzano des Abruzzes (79,3) et 
celui de Gaeta de la Campanie (79,2). A Test de cet îlot se trouve le groupe 
mésocéphale des provinces de Teramo (80,2 et 81,3), d*Aguila (80,8) 
sauf le district sous-dolichocéphale d'Avezzano, et la moitié sud de la 
province d'Ascoli (district d'Ascoli, 80,8). 

Passons maintenant à la zone septentrionale, au delà de la Ugne Rome- 
Ascoli. Ici se présentent deux régions distinctes: 

1) Le littoral du golfe de Gênes ou mer Ligurique, mésocéphale ou sous- 
dolichocéphale , et 2) le reste du pays, sous-brachycéphale avec quatre 
grands îlots brachycéphales. 

1. La zone méso ou doHchocéphale du littoral ligure, séparée du Latîum 
par la province sous-brachycéphale de Grosseto (82) et le district de Vol- 
terra (82,5) de la province de Pise, commence par un îlot sous-dolichocé- 

(1) Le nord du Latium abrite une population mésocéphale (Ciyitayecchia 80,5, Viterbo 
80,7) ; il en est de môme du district isolé de Frosinone (80,9) dans le sud-est de cette 
province. 



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J. DENIKER. — LES RAGES DE l'eUROPE. — INDICE GÉPHALfQUE 29 

phale isolé, dont le centre nettement dolichocéphale se trouve dans le 
district de Castelnuovo di Garfolo (77,2) et qui s'étend sur les deux autres 
districts de la province de Lucques, situés à Touest (Massa 1^,S) et à 1 est 
(Lucques 78,7) de celui-ci ; il envoie plus au sud quelques éclaboussures : 
la province de Libourne (78,9) et le a mandamento » ou caïUon de Pioiu- 
bino (79,4) situé en face de l'île d'Elbe, dont la population esl nettement 
dolichocéphale (77,4). Cet îlot sous-dolichocéphale de Lucqui^s est nette- 
ment délimité par les districts brachycéphales de tous côtés, sauf sur le 
littoral où il se prolonge au sud par le district de Pise (81,3), au nord par 
les districts littoraux (80,3 à 81,6) de la prov. de Gènes (sauf le distr. de 
Savone à 82) et ceux de la prov. de Porto-Maurizio (81,2), C'est la con- 
tinuation de la zone mésocéphale du littoral méditerranéen français {p, 12). 
2. Quant au pays sous-brachycéphale, il ne renferme que quelques 
points isolés mésocéphales (à l'ouest du lac de Garde, pre^ la frontière 
tyrolienne, etc.) et quatre grands massifs brachycéphales : Tun d'eux 
couvre toute la Vénétie ; l'autre le littoral de l'Emilie ; le troisième s'étend 
des deux côtés de la basse vallée du Pô (sauf à l'embouchui'i^), enfin le 
quatrième se trouve daus la région alpine du Piémont et de la Lpmbaixiie, 
Le premier de ces massifs prolonge au sud la région brachyoï^phale du 
Tyrol ; l'indice s'y maintient entre 84 (Vicence etUdine) et K4,3 (Padoue)j 
le second, séparé du précédent par le district vénitien de Rovi^o (embou- 
chure du Pô) qui est sous-brachycéphale couvre la totalité de k province 
de Ravenne (8S,6), avec le district d'Imola (85,1) de la province de Bologoe 
qui y est accolée, puis les provinces de ForU (83) et de Pesaro (84,6). Le 
troisième îlot brachycéphale comprend l'ouest de l'Emilie (sauf deux 
districts dans la province de Parme et le district ouest de la province de 
Plaisance) où l'indice varie de 84,1 à 83, suivant les district-^, et le sud de 
la Lombardie (province de Mantoue 84,3, les deux districts aud de la 
province de Crémone 84,1 et le district de Lodi 84,3 de la province de 
Milan). Cette région nettement délimitée est séparée des deux îlots pœ- 
cédents par les vallées de l'Adige (83,5) et du Reno (de 8^,:^ à 83,6 en 
descendant le courant), peuplés de sous-brachycéphales, tcuidia qu'au 
nord et à l'ouest, les plaines et les avant-monts, traversés pat le Tes^ln^ 
la Trebbia et d'autres affluents du Pô, entre Alexandrie et Crémone, à 
population sous-brachycéphale, la séparent de la région bracbyeépliale 
alpine (1). 

Cette dernière continue les régions brachycéphales alpines db la France 
et de la Suisse (voy. p. 8 et 34). Par les districts d'Aoste (8t>,6) et d'ivrée 
(86,4) elle se rattache à la zone hyperbrachycéphale de la Savoie et du 



(1) n est assez intéressant à noter que cette région brachycéphale est iiccoléo èiu sud, 
sans aucune transition, à la région sous-dolichocéphale de Lucques, menUoauéâ plus haut* 




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agi 



30 ASSOCIATION FRANÇAIS! POUR l'aVANCBICINT DBS S€IEIi€B8 

canton de Valais, tandis que les provinces assez fortement braohyoé- 
phales, de Novare (83,1 à 85,6) et de Sondrio (84,7) la raitacbeot aa 
canton des Grisons ainsi qu'à la partie italienne du Tyrol. Par 
contre, une brèche de sous-brachycéphales (83^ à 83,3) se manifeste aux 
environs des grands lacs italiens de Côme, Maggiore et Lugano. Les études 
ultérieures, si désirables, montreront si elle se continue au delà de la fron- 
tière, dans le canton de Tessin. 

Au contraire de ce que Ton a vu pour la France et la presqu'Oe Ibé- 
rique, la répartition de l'indice céphalique en Italie n'a aucun rapport avec 
le relief du sol (Lm, 93, p. 8o); mais les différences y sont sensibles 
suivant les régions politiques ou ethniques, comme on peut le voir d'après 
le taUeau ci-dessous de l'indice moyen chez les diffi^nts Italiens (1) déduit 
de plusieurs milliers d'observations pour chaque groupe. 

Piémontais 85,9 Latins 81 

Vénitiens 85,2 Italiens du Sud (Fouille et 

Lombards 84,5 Basilicate) 80,3 

Ombriens 84,1 Calabrais 78,4 

Ligures 82,3 Siciliens 79,6 

Toscans 82,3 Sardes 77,5 

Quant aux colonies de peuples qui continuent encore à parler une 
langue autre que l'italien, leur indice céphalique diffère à peine des popula- 
tions italiennes au milieu desquelles elles vivent. 

Cependant les Vavdois, ou habitants de langue française de plusieurs 
communes du cicondario de Pinerolo, ont un indice céphalique de 82,6 (2) 
de beaucoup inférieur à la moyenne générale du « circondario » (88,2) et se 
rapprochant de celui des Provençaux, qui, avec les Dauphinois, ont fourni 
la plus grande partie des immigrants vaudois. 

Les habitants des Sept Communes (mandamento d'Asiago, province de 
Vicence) parlant allemand ont un indice moyen de 84(3), presque le- 
même que celui de l'a province de Vicence et de toute la Vénétie (84 après 
réduction). Il en est probablement de même pour les habitants des Treize 
Communes . 

Les colonies slaves (communes de S. Felice Slavo et de Schiari d'Abruzzo, 
le district de Palata etc.) dans les Abruzzes où Ton parle encore la langue 

(1) Ces indices sont donnés d'après Livi (93, p. 83) ; il faut les réduire d'une unité 
pour pouvoir les comparer avec ceux que je donne pour les autres pays. 

(2) Ce chiffre est la moyenne de 49 observations de Mbndini (90) (82,4) et de 156 c^iser- 
vations de Livi (96^ p. 135) (83,7), le chiffre de ce dernier étant réduit d'une unité (8i,7). 

(3) Ce chiffre est le produit : 1) de la moyenne de 150 observations de Tappeinbr (83 j 
tabl, XXXIX) (83,3) calculée d'après les chiffres individuels; ^^ de la moyenne des mensu- 
rations de Livi (96y p. 61) sur 999 si^ets du mandamento d'Asiago (85,2, soit 84,2 après 
réduction). 



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J. DENIKER. — LES RACES DE LEUROPE. — INDICE GÉPHALIQUE 31 

slave offrent un indice céphalique de 80,5 à 81,2 à peine distinct de celui 
des eircondarii Vasto (81,8), Larino (80,5) et Campo-Basso (80,3) où elles 
se trouvent. Il en est de môme pour la colonie grecque de Scanno (81,9, 
moyenne de 63 observations) dans le circondario de Salmona (80), dont 
l'indice est presque le môme que celui du district limitrophe, Castel di 
Sangro (81,7), tout à fait italien. Par contre, les colonies grecques de 
Fouille oflfrent une dolichocéphalie plus notable (75,9, moyenne de 152 
observations) que les « eircondarii » dans lesquels ils se trouvent (Gal- 
lipoli 76,9 et Lecce 76,5). Les Albanais de Lecce ont à leur tour le même 
indice (76,9, moyenne de 126 sujets) que la population environnante. 
Les Albanais des Calabres ont un indice un peu plus élevé (77,4) et ceux 
de Sicile encore plus élevé (78,6). 



Iles de la Méditerranée Occidentale. 

(Baléares^ Corse, Sardaigne, Sicile). 

Les îles de la Méditerranée occidentale se distinguent par leur forte 
dolichocéphalie. Le foyer de cette dolichocéphalie semble se trouver en 
Corse et en Sardaigne. 

Dans la première de ces îles, Collignon (96) a trouvé sur une cinquan- 
taine d'individus un indice céphalique moyen de 78,8, tandis que Fallot 
(89) avait obtenu sur 200 sujets un indice sensiblement moindre (76,6). 
La moyenne de ces deux observations est de 76,9. Les Corses sont donc 
franchement dolichocéphales (1). Le maximum de dolichocéphalie se 
trouve dans la partie montagneuse du centre de l'île (arrondissement de 
Corte, 75,8) et surtout sur le plateau de Niolo (73,3, moyenne de 6 sujets 
seulement), véritable cidatelle de la race corse. Le sud de Tîle (arrondisse- 
ment de Sartène) où les mœurs corses se conservent dans leur pureté Tin- 
dice est également peu élevé (76,5), tandis qu'il se relève à 77, 3 sur le 
littoral ouest et nord (littoral des arrondissements d'Ajaccio, de Calvi et 
surtout de Bastia) où la proportion de méso et de brachycéphales est la 
plus forte de toute la Corse : 28 0/0; il s'abaisse à 76,1 dans la partie 
montagneuse de l'arrondissement d'Ajaccio. 

L'indice céphalique moyen des Sardes est presque le même (76,5) que 
celui des Corses, d'après les chiffres de Livi réduits d'une unité. 

Ce chiffre déduit de plus de 1.000 observations, ne diffère point de 
celui (76,7) qu'avait donné Gilbert d'HERcouRT encore en 1882, d'après 88 

(1) D'après FaUot, on ne trouve dans sa série que 12,5 0/0 de méso et de brachycéphales 
(c'est-à-dire des individus ayant des indices de 80 ou au-dessus), tandis que les indices de 
75 à 78 forment 54 0/0 de la série. 



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32 ASSOCIATION FRANÇAISE POUR l'aVANCEMBNT DES SCIENCES 

observations (1). La dolichocéphalie des Sardes va en augmentant du 
nord au sud de l'île et de la côte vers le centre montagneux. Le « circon- 
dario » de Tempio, le plus septentrional et le plus rapproché de la Corse, 
est sous-dolichocéphale (78) ; celui de Lanusei sur la côte est et dans 
le centre de l'île est hyperdolichocéphale (7o,4) ; les autres s'échelonnent 
entre 77,6 ( circondario d'AJghero avec colonies catalanes) et 76,2 (circon- 
dario d'Oristano). 

En Sicile, l'indice céphalique se relève. Ce qui était à prévoir, étant 
donnée la population plus mélangée. Sauf la côte nord («circondarii » Cor- 
leone 77,8, Termini 77,5, Mistretta 77.2, Patti 76,9 et Castroreale 77,7) et 
un îlot au centre (circondario d'Armerina, 77,9) toute l'île est peuplée de 
sous -dolichocéphales, dont l'indice varie de 78 (Nicosia, près la côte nord) 
à 79,8 (Modica), sur la côte sud. 

Les habitants des Baléares ont en moyenne la tête dolichocéphale dont 
l'indice (77,87, moyenne des 122 observations d'OLORiz) est presque celui 
du circondario d'Alghero de la Sardaigne (77,6) où se trouvent les descen- 
dants des colons catalans. D'autre part, c'est presque l'indice des Catalans 
delà côte d'Espagne 77,97. Les insulaires de Majorque sont les moins doli- 
chocéphales (17,9) ; ceux de la côte est sont même sous-dolichocéphales; 
la dolichocéphalie s'accentue dans l'île de Minorque (77,6) et surtout dans 
celle d'Ibiza (76,3 d'après 9 observations seulement). 

Suisse. 

Les données sur l'indice céphalique en Suisse sont assez frag- 
mentaires, aucun travail d'ensemble n'ayant encore été entrepris dans ce 
pays. L'ouvrage classique de His et Rutimeyer (67) est conçu sur un 
plan tout à fait différent de celui que j'ai adopté (2). Je n'ai pu en extraire 

(1) Dans le mémoire original de G. d'Hercourt (8^, p. 467), on trouve comme indice le 
chiffre de 73,2 ; mais c'est une faute d'impression ; l'indice que je donne est calculé d'après 
les diamètres du tableau de M. G. d'Hercourt lui-même. Le chiffre de l'indice que donné 
cet auteur pour la série de 12 femmes (76,7) est également inexact ; il doit être remplacé 
par celui de 75,3 ; 48 crânes ont donné à cet auteur l'indice moyen de 73,3, soit 75,3 sur 
le vivant. 

(2) Comme on le sait, ces auteui-s, après avoir étudié 100 crânes des « temps histo- 
riques » et environ 150 crânes modernes, ont établi quatre types crâniens : 

Le type de Sion des temps pré-romains. 

— Uohbei-g des temps romains (jusqu'au ye siècle ap. Jèsus-Christ). 

— Belair de l'époque burgonde et alemanne (du ye et ix" siècle). 

— Disentis du moyen âge et des temps actuels. 

Le premier de ces types est presque mésocéphale (ind. crânien : 77,2); le second et 
le troisième sont dolichocéphales (ind. crânien : 70,7 et 73,8) ; le quatrième est hyper- 
brachycéphale (86,5). Mais dans tous les tableaux donnant les mesures individuelles, 
les auteurs groupent les crânes non pas d'après les localités d'où ils proviennent, mais 
d'après leur plus ou moins de ressemblance avec l'un des quatre types cités plus haut, et 
cela en mélangeant les crânes anciens et modernes. . ' 



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J. DENIKER. — LES RACES DE l' EUROPE. — INDICE CÉPHÀLIQUE 33 

que les données relatives à une seule série, celle de 100 crânes de l'ossuaire 
moderne d'Emmetten (canton d'Unterwalden). Elle renferme 66 crânes 
du type de Disentis (86,1) et 34 du type de Sion pur ou mélangé (81,6) ; la 
moyenne ressort donc à 84,6, soit 86,6 pour le vivant, chiffre que Ton 
peut probablement appliquer à la totalité du petit canton d'Unterwalden 
et qui concorde d'ailleurs assez bien avec celui (83,6, soit 88,6) qu'avait 
trouvé Beddoe (85, p. 81 ) sur une série de 20 crânes provenant de Stanz 
dans le même canton. La moyenne des 120 crânes est de 86,4. 

KoLLMANN et Hagenbach (84-85 ^ ont publié un travail sur 232 crânes 
suisses du musée de Bâle, de provenance certaine et datant de toutes les 
époques, depuis celle de la pierre polie jusqu'à nos jours. Malheureuse- 
ment ces auteurs ne donnent pas la répartition des crânes par cantons ni 
aucune moyenne des séries, se contentant d'un graphique, d'un tableau de 
sériation et d'une assertion générale relative à l'immutabilité de l'indice 
céphalique dans le temps. Sur 232 crânes en question, plus de la moitié 
(53 0/0) ont un indice au-dessus de 80 (82 sur le vivant) ; près d'un tiers 
sont mésocéphales (de 75 à 80, soit de 77 à 82 sur le vivant). L'indice le plus 
fréquent (7 0/0 du nombre total) est celui de 85 (87) ; viennent ensuite les 
indices de 78 à 81 (6,»o 0/0 pour chacun) et les indices de 7S, 83 et 84. 
L'indice moyen de toute la série que j'ai calculé approximativement est de 
81,7, soit 83,7 sur le vivant. Peut-être pourrait-on admettre ce chiffre 
comme indice céphalique moyen pour la Suisse en général ; mais, comme 
la série contient un mélange de crânes anciens et modernes, je n'ai pas 
cru devoir reporter sur ma carte cette indication. Je me contenterai donc 
pour la Suisse des données relatives au canton d'Unterwâlden, dont il a 
été fait mention plus haut, et des données sur les cantons des Grisons et 
du Valais que je vais exposer (1). 

Le canton des Griaons est peuplé en grande partie par les Ladins ou Rôu- 
manches, et c'est sur cette population que s'est portée l'attention de tous 
les aathropologistes qui se sont occupés de ce territoire. 

Bakr (59) avait décrit 6 crânes roumanches de Churwalden (vallée de 
Vorderheim, près Coire) et leur attribue un indice brachycéphale très élevé 
(90,8). Un des fameux crânes -types de His et Rutimeyer {§8, p. 26), 
provient de Disentis (dans la même vallée de Vorderheim) et a l'indice 
de 86,5. Six crânes des environs de Coire, mesurés par de Quatrefages et 
Hamy (*2, p. 490), donnent l'indice de 84,3, et un crâne de Disentis, décrit 



(1) Mon travail était déjà sous presse quand j'ai reçu de M. Pitard (99) la liste des 
indices pour le canton de Genève (197 hommes 80,3, 42 femmes 82 ; moyenne des 239 
sujets des deux sexes 80,6), et pour le cant. de Vaud (iO hommes, 82,7) . J'ai reporté ces 
indications sur ma carte de même que j'y ai marqué une petite zone brachycéphale allant 
de Berne à Altdorf d'après 0. Schôrch (99), qui compte 86 0/0 de brachycéphales dans 
une série de 455 crânes de cette région. 

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34 ASSOCIATION FRANÇAISE POUR L^AVANGEMENT DES SCIENCES 

par les mêmes savants, rindice de 88,2. L'indice moyen des 8 crânes 
que je viens d'énumérer est de 85 (87 sur le vivant). 

Beddob (/. 6r., p. 81) mentionne Tindice de 83,6 comme moyenne 
d*une série de 36 crânes de Davos dans le nord des Grisons, et donne les 
mesures de 4 Roumanches ou Grisons vivants (8â,5), avec variations de 
78,1 à 88,5). En ajoutant à cette petite série Tindice (90,7) d'un honune 
de Finstermuntz, en Tyrol, mais presque sur la frontière des Grisons et en 
tout cas Roumanche ou Ladin, j'obtiens la moyenne des 5 vivants qui est 
de 84,2. 

ScHOLL (94) a publié les mesures de deux séries de crânes modernes 
(xix® siècle) des Grisons : 35 crânes de Davos (8o,3, avec variations de 78,9 
à 89,9) et 10 crânes de Poschiavino (sud-est des Grisons 85, soit 87 sur 
le vivant) (1). 

Réunissant toutes ces données, j'obtiens une série de 99 observations 
(dont 5 sur le vivant) qui me donnent un indice moyen de 85 sur le 
crâne ou 87 sur le vivant, sans différences sensibles suivant les régions (2). 

Le canton du Valais a été très soigneusement étudié par Bedot (95 et 
98), qui a mesuré 1 .249 conscrits. Ce savant distingue 4 zones qu'on 
obtient en coupant le canton dans le sens des méridiens passant près de 
Brigue, de Loueche et d'Ardon (en aval de Sion). On compte les zones de 
Test à Touest. L'indice moyen de la V^ et de la 2* est de 85,3; celui de 
la4«, 84,3; celui de la 3% 82,1. Mais cette division ne donne pas l'idée 
exacte de la répartition de l'indice. Il faut recourir à des divisions pins 
menues (3 à 5 pour chaque zone), et alors on a le tableau suivant : 

D'une façon générale l'indice céphalique augmente de l'ouest à Test 
dans le canton, et il est plus élevé au sud du Rhône (80,2 à 87,4 suivant 
les régions) (3) qu'au nord de ce fleuve (81 à 85,3). D'autre part, il est 
plus fort sur les coteaux (80,2 à 86,o) que dans le val (81,1 à 85,3 sur la 
rive droite, 82,1 à 84,7 sur la rive gauche), et encore plus fort dans les 
vallées latérales (84,1 à 84,7) (4). Il y a cependant deux exceptions à cette 
dernière règle. La vallée de Heremence-Hérens et celle de Nandez, qui 



(1 ) Cetle série comprend 9 crânes à indice moyen au-dessus de 80 et 1 crâne à 75,8. 

(2) En groupant les indices suivant Tordre géographique des localités de l'ouest à l'est, 
on obtient le tableau suivant : 4 observations de Disentis, 87,1 ; 11 de Coire et environs, 
89,2 ; 74 de Davos et de Finstermuntz, 86,3 ; 10 de Poschiavino, 86. Tous ces chiffres 
correspondent à une seule et même couleur sur ma carte. 

(3) J'augmente de 2 unités les chiffres de Bedot qui diminue d'autant ses mesures sur 
le vivant pour les ramener à ceux du crâne. 

(4) L'élévation de l'indice dans la haute vallée du Rhône et dans ses vallées latérales est 
confirmée par d'autres observateurs : Scholl (94) a trouvé sur 35 crânes modernes de 
l'ossuaire de Saas-in-Grund (vallée du Saas) un indice de 87,2 (89,2 sur le vivant) et 
PiTARD (98 a) obtient sur 115 sujets vivants de Nates (en face de Brigue) un indice 
moyen de 85,7. 



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J. BENIKER. — LES RACES DE l'eUROÇE. — INDICE CÉPHALIQUE 3o 

débouchent dans la gauche du Rhône, en amont et en aval de Sioo, 
offrent des indices très faibles : ce sont comme des trouées, que le flot 
des mésocéphales aurait percées dans le massif brachycéphale partant du 
centre commun que Ton observe au village de Savièze, près Sibn. 

En définitive, et en simplifiant les choses, voici les renseignements qui 
figurent sur ma carte. Depuis le lac de Genève jusqu'à Louèche (Leuk), la 
vallée du Rhône et les coteaux qui la dominent sont peuplés de mésocé- 
phales (81,4) sur la rive droite, de sous-brachycéphales (82) sur la rive 
gauche. De Louèche jusqu'à sa source, les brachycéphales occupent toute 
la vallée (84,7), ainsi que les coteaux de la rive droite (8S,2) ceux de la 
rive gauche étant pris par les hyperbrachycéphales (86,5). Les vallées 
latérales, sauf deux (voyez plus haut) sont en général brachycéphales : 
de 84,6 (val Iliers) à 85,9 (val d'Anniviers) ; quelques-unes sont hyper- 
brachycéphales : vais de Trien (87) et d'Isérable (86,6) dans l'ouest ; vais 
de Saas-Simplon (86,6) et de Binn (87,4) dans l'ouest. 



Alsace-Lorraine. 

Pour ce pays, qui s'étend immédiatement au nord de la Suisse, il existe 
trois mémoires importants au point de vue de l'indice céphalique: l'un 
d'eux, dû à mon ami Collignon (86), touche principalement la Lorraine ( 1 ) ; 
les deux autres, que viennent de publier Pfitzner (97) et E. Blind (98), 
sont consacrés exclusivement à l'Alsace. 

La Lorraine annexée à l'Allemagne oflfre au point de vue de l'indice 
céphalique deux régions : 1<* Une région sous-brachycéphale à l'ouest, 
comprenant l'ancien arrondissement de Metz, actuellement les districts de 
Metz et de Bolchen (83), qui se continue avec les zones sous-brachycé- 
phales de la France (partie nord des départements de la Meurthe (83,6) et 
de la Meuse (82,6), du Luxembourg (83,4) et de l'Allemagne (province Rhé- 
nane). Un seul îlot brachycéphale (85,1) sur ce fond uniforme : c'est l'an- 
cien arrondissement de Thionville (correspondant à peu près au district 
actuel de Diedenhofen) et encore, le nombre ,de sujets examinés étant trop 
restreint, je ne donne le chiffre qu'à titre de renseignement. 2° Une région 
hyperbrachycéphale à l'est, comprenant les anciens arrondissements de 
Sarreguemines (86,5), actuellement districts de Suargemund et de Forbach 
(86,5) et l'arrondissement de Sarrebourg, correspondant au district de 
Saarburg et à la plus grande partie du district de Château-Salins (87,3). 

(1) Les chiffres que je donne plus loin diffèrent de ceux qui se trouvent dans la bro- 
chure de Collignon, car celui-ci a eu occasion de compléter ses séries et a bien voulu me 
communiquer ses mesures inédites. 



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36 ASSOCIATION FRANÇAISE POUR l' AVANCEMENT DBS SCIENCES 

Cette région forme rextrémité nord-est du grand massif brachycéphalc 
français auquel elle se soude intimement. 

Quant à TAisace^ voici ]e résultat de la comparaison des chi£Eres de Col- 
lignon, de Pfitzner et de Blind. 

Pour Tancicn département du Bas-Rhin (Basse-Alsace actuelle) Collignon 
donne l'indice de 83,5(1) basé sur 26 mensurations du vivant. Pûtzner a 
mesuré les têtes de 1.849 cadavres, dont J.041 d'hommes et 800 de femmes 
et leur a trouvé les indices de 82,98 et de 82,63 respectivement ou de 82,8 
les deux sexes réunis. Blind a étudié dans la limite de cette division admi- 
nistrative quatre ossuaires datant du xi^ au xvii« siècle. Ce sont, en allant 
du nord au sud : Saverne ou Zabern (district de Zabern, 234 crânes), 
Lupstein (district de Zabern, 66 crânes), Scharrahbergheim (Val de Mossig, 
district de Molsheim, 145 crânes), et Dambach (district de Schlettstadt 
ou Schelestat, 106 crânes). Les séries en question ont donné les indices 
moyens respectifs de 84,2, 82,1, 84 et 82,6, soit 86,2, 84,1, 86 et 84,6 
sur le vivant. La moyenne de ces quatre séries de 571 crânes est de 
83,6, soit 85,6 sur Je vivant. La moyenne des mensurations de Collignoo, 
Pûtzner et Blind serait aux environs de 83,6; mais je ne reporte pas 
ces chiffres sur ma carte; je préfère y indiquer .approximativement pour 
la Basse-Alsace la différence que révèlent les chiffres de Blind entre la 
région montagneuse (ossuaires de Saverne et de Scharrahbergheim dans 
la vallée écartée de Mossig) dont l'indice céphalique moyen est de 86,1, 
et celle de la plaine (ossuaires de Lupstein et de Dambach), dont l'indice 
ne dépasse guère 84,4. Comme les chiffres de Pfitzner et de Collignon 
se rapportent surtout à la population de la plaine (Strasbourg, etc.), il ne 
font que confirmer cette distinction (2). On verra donc sur ma carte la 
portion occidentale, montagneuse, delà Basse- Alsace avec l'indice de 86,1, 
prolonger la zone ultra-brachycéphale de la Lorraine orientale et du dé- 
partement des Vosges, tandis que sa portion orientale, basse, offre un 
indice beaucoup moins élevé (8i,9) moyenne des chiffres de CoUignou 
(83,3), de Pfitzner (82,8) et de Blind (84,4) qui la rattache à la grande zone 
sous-brachycéphale de la vallée du Rhin, réservée entre les massifs très 

(1) C'est Tindice que m'a communiqué Collignon et qui figure sur la dernière édition 
de sa carte (96) ; comme celui de la Haute-Alsace, il diffère de Tindice publié par lui 
dans son travail sur la Lorraine (86). 

(2) Sur 26 sujets mesurés par Collignon, 16 viennent de l'ancien arrondissement de 
Strasbourg, pays plat (84,3) ; 6 autres sujets viennent des environs de Schelestat, de Wis- 
sembourg et d'Altorf, c'est-à-dire encore de la plaine. L'indice moyen de ces 6 sujets est 
de 80,9. En l'ajoutant au précédent, nous avons une série de 22 sujets de la plaine avec 
un indice céphalique moyen de 83,3. Les 4 sujets qui restent viennent de la région mon- 
tagneuse (Saverne, Bouxwiller, Schirmeck, Niederbronn) et ont un indice moyen beau- 
coup plus élevé (85,5). La plupart des sujets mesurés par Pfitzner viennent de Strasbourg 
et de ses environs. 



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J. DKNIKER. — LES RACBS DE l'eUROPB. — INDICE CÉPHALIQIÎE 37 

brachycéphales des Vosges et de la Forêt-Noire (Voyez plus bas, Allemagne 
méridionale). 

La même diflférence doit être établie pour la Haute-Alsace, ou ancien 
Haut-Rhin. D'après les chiffres inédits que me communique Golliguon, 
17 individus des anciens arrondissements de Colmar et de MulhousOf 
c'est-à-dire des pays plats, ont un indice moyen de 83,8^ tandis que Blind 
signale dans les deux ossuaires (Kaysersberg. 121 crânes, et Ammerschwei- 
ger, S crânes), situés très près Tun de l'autre, dans la région montagneuse 
du district de Rappoltsweiler un indice hypçrbrachycéphale 84, î, soit 
86,1 sur le vivant (1). D'ailleurs le territoire de Belfort (voyez p. 8) 
partie montagneuse de Tancien département du Haut-Rhin, offre aussi uq 
indice très élevé (88,1 d'après Collignon, malheureusement d'après ti mea- 
surations seulement). Voy. Note supplémentaire. 

Belgiq[U6. 

Pour ce pays, l'excellent travail du D*" HouzÉ (8Sl), sur la distribution 
géographique de l'indice céphalique en Belgique basé sur les mensurations 
de 1.420 hommes répartis par provinces à raison de 26 à 61, ainsi que 
les notes de cet auteur parues depuis (86 et 96) me dispensent d une étude 
spéciale. Je vais me servir des chiffres du savant belge sur le vivant, 
cependant sans la réduction de 2,2 d'unité qu'il propose, et dont û a fait 
usage en marquant les indices céphaliques sur la carte jointe à son 
ouvrage (2). 

D'une façon générale on peut dire que l'indice céphalique oITre peu de 
variations en Belgique, les moyennes extrêmes de province à province 
ne variant qu'entre 78,9 (Limbourg) et 83,4 (Luxembourg) ; mais la 
différence est assez notable suivant les zones linguistiques qui coïncident 
ici avec les régions géographiques. 

La zone flamande qui couvre le pays plat et bas des quatre provinces 
septentrionales du royaume plus la moitié nord du Brabant est en jj^enéral 
plus dolichocéphale que la zone wallonne montagneuse que composent 
les quatre provinces méridionales et le sud du Brabant. 

D'ailleurs d'autres chiffres se rapportant aux Flamands et aux Wallons 
pris en bloc confirment cette distinction. 166 Flamands de tontes les 

(1) La série de 52 crânes des deux sexes dont les mesures sont publiées parMi^iiNinîrff.Vl 
confirme notre répartition ; 25 crânes de la plaine de la Basse-Alsace ont un irKÎiru ïjioM>n 
de 80,8 (82,8) et 10 crânes delà région montagneuse de la Haute-Alsace on I l'indii^e de 
84,3 (86,3). Pour le reste les séries ne sont pas suffisantes ou manquent d'îndirJitiorj sur 
la provenance. 

(2) Je fais cette observation, car souvent on a reproduit les chiffres de la eiirt<^ de Houié 
sans tenir compte de cette réduction. 



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38 ASSOCIATION FRANÇAISE POUR l' AVANCEMENT DBS SCIENCES 

provinces ont donné à Houzé Tindice moyen de 79,1 (1) et 2S Flamandes, 
Tindice de78,7 ; tandis que les chiflfrcs correspondants pour 75 Wallons et 
23 Wallonnes sont 83.3 et 83,5. 

Dans la zone flamande l'indice va en augmentant de Test à Touest. A 
Limbourg il est de 78,9, sauf peut-être dans le coin nord -est où t7 crânes 
ont donné à Houzé (86-87) un indice plus élevé, 78,4, soit 80,4 sur le 
vivant ; à Anvers et dans lé nord du Brabant il s'élève à 79,4 ; dans la 
Flandre orientale à 80,1 et dans la Flandre occidentale à 80,5 (2). En 
somme, c'est un passage graduel des régions sous-dolichocéphales de la 
Hollande sud-orientale (Voyez plus bas) vers les indices des cantons 
flamands du département du Nord (80,7) (Voy. p. iS). Le nombre 
(pour cent) des méso et des brachycéphales (80 et au-dessus) augmente à 
peu près dans le même ordre : Limbourg 18,8, Anvers Brabant flamand 
19,7, Flandre orientale 23,5, Flandre occidentale 21,3. 

Dans la zone wallonne on remarque une certaine uniformité; trois pro- 
vinces : Hainaut (81,4), Namur (80,7) (3) et Liège (81,1) ont presque le 
même indice céphalique mésocéphale, tandis que la partie wallonne du 
Brabant (82,3) rentre dans la catégorie des pays sous-brachycéphales, et le 
Luxembourg (83,4) s'approche déjà de la véritable brachycéphalie : in- 
fluence probable du voisinage du plateau brachycéphale français, prolongé 
par les réglons brachycéphales de T Alsace-Lorraine. Le nombre (pour cent) 
des méso et brachycéphales est à peu près le môme dans les provinces de 
Namur (29,6), de Liège (33,2) et de Hainaut (30,9); tandis qu'il monte à 
50 0/0 dans le Brabant wallon et à 72,9 dans le Luxembourg. 

Ajoutons enfin que l'indice céphalique moyen d'une série de 100 Bruxel- 
lois est de 80,5; presque le même que celui de 82 crânes de Bruxellois 
modernes (78, soit 80 sur le vivant), d'après Héger et Dallemagne cilés 
. par Houzé {86-87). 

Pays-Bas. 

Aucun travail d'ensemble n'existant pour les Pays-Bas, je suis obligé 
de m'étendre un peu plus sur ce pays pour résumer les nombreux 
mémoires crâniométriques de De Man (()6 à 85), de A. Sasse (73 à 
84), de ViRCHOw (75), de Kemna (77), de Folmer (8f à 92)y de Jacques et 
de Pauw (84-85), et de J. Sasse (9^), ainsi que les mesures sur le vivant 

(1) 24 crânes de Flamands donnent 76,î), soit 78,9 sur le vivant [Houzé (86-87)]. 

(2) La commune de Mendonc dans la partie Ouest de la Flandre occidentale, vallée de 
Mœrvaert, spécialement étudiée par Houzé (96-C'7J^ donne un iniice encore plus élevé 80,9. 

(3) D'après Houzé (86-87), 29 crânes de la province de Namur ont un indice de 79,3 
correspondant à 8i, 3 sur le vivant. 



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J. DENIKER. — LES RAGES DE l'eUROPE. — INDICE CÉPHALIQUE 30 

par FoLBiER (81 et 83) et De Man (85). La carte publiée par A. Sasse {78}, 
m'a été d'un grand secours pour ce travail. Voici mon résumé, province 
par province : 

Pour la Province de Frise (Friesland), qui correspond à ce que VIRCH0\^ 
(76) appelle la Frise moyenne et qu'il divise en occidentale ( Westergau) et 
orientale (Ostergau), je résume mes renseignements sous la forme du tableau 
qui suit : - 



LOCALITÉS 

DE LA PROVINCK DE PRISE 


NOMBRE 

de 
crâues. 


, IND. 

Crânes. 


CÉPH. 

Vivants. 


OBSERVATEURS. 


Hartwerd (tumulus) . . . 
Hindelopen et Bolesvar 

(plus près de la côte que 

Hartwerd) 

Pays de Westergau (sans 

autre indication) .... 
Ile d'Ameland (au nord de 

la province) 

Moyenne de Westergau. 

Leeuwarden 

Wargen près Leeuwarden . 

Leeuwarden (hommes et 

femmes) 

Moyenne d'Ostergau . . 

Tumulus des difrér.\ 
localit. de la Frise./ sexes 

Tumulus des différ.( mêlés, 
localit. de la Frise.) 

Moyenne générale pour 
la Frise 


19 

3 
3 
1 


77,5 

81,6 
76,8 
79 


79,5 

83,6 

78,8 
81 


A. Sasse (74 et 78). 

B. Davis (67). 

Van der HorvenC^J. 
A. Sasse (78). 

A. Sasse (78). 
R. ViRCHow (76). 

FoLMER (87 et 92). 

FOLMER (81). 

ïd. (91). 


26 


77,9 


79,9 


10 
6 

30(1) 


78,8 
79,4 

78,6 


80,8 
81,4 

80,6 


32 


78,7 


80,7 


9 
19 


76,1 
73,7 


78,1 
75,7 


106 


77,7 


79,7 


(1) Folmerdit 35. 



En somme, la Frise occidentale est sous- dolichocéphale (79,9), tandis 
que la Frise'orientale ou plutôt Leeuwarden est mésocéphale (80,7) ; mais 
la différence est minime et j'adopte pour toute la province l'indice de 79,7. 

Pour la Province de Groningue, située à l'est de la précédente, j'ai la 
moyenne de 45 crânes de Nieuwe Schans, (sur la frontière est de la pro- 
vince) : 77,5 (79,5) donnée par A. Sasse (78), ainsi que la moyenne de 



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40 ASSOCIATION FRANÇAISE POUR L'aVANGBMINT DES SCIENCES 

19 crânes des différents tumuli disséminés dans la province, 76,S (78,5) 
empruntée à Folmer (9^). J'y joins les indices que donne ce môme savant 
(84, 83 et 87, p. 430), d'après les mesures sur 30 personnes vivantes de 
Hunsingo, au nord de Groningue, IS hommes (82,2) et 15 femmes (79,9), 
ensemble 30 sujets (81) (1). La moyenne des 94 crânes ou têtes est de 
79,8, presque la même que pour la Prise, dont les populations parlent 
cependant une langue différente de celle des indigènes de Groningue. 

Pour la Province de HoUande-Nord, je déduis, d*q)rès A. Sasse (78) et 
BoLH (99), un indice moyen de 79,S (81,3), c'est-à-dire mésocéphale, 
basé sur Tétudede 341 crânes; il faut noter cependant qu'à l'extrémité 
septentrionale de la province, on constate un indice beaucoup plus 
faible (moyenne de 18 crânes de Kolhorn et de Broek-op-Langendijk, 
(77,6 soit 79,6 sur le vivant), que dans le sud de la province dont la 
moyenne générale est de 79,6, soit 81,6 sur le vivant, et surtout plus faible 
que dans le centre: moyenne 82,9 [Séries de 18 à 50 crânes (mesures 
augmentées des 2 unités) : de West-Zaandam 82,8, de Rijp 83,2, 
d'Oostzaandam 81,6; et les séries d'Amsterdam; 29 crânes décrits par 
Sasse (83), plus 188 crânes mesurés par Bolh (80,7); moyenne: 81]. 

Il faut noter aussi les crânes provenant des îles du Zuiderzée et mesurés par 
ViRCHOw (76) (5 crânes), Spengel (75,9) (7 crânes) et Van der Hoevem {60) 
(4 crânes). 16 de ces crânes ont une provenance exacte : 6 sont de l'île de 
Cherken (75,7, soit 77,7 sur le vivant), 6 de Vile d'Urx (77,8 ou 79,8) et 4 
de rtie Schokland (77,9 ou 79,9) ; la moyenne des 16 est de 77, soit 79 sur 
le vivant (2). 

La sous-dolichocéphalie (79) reparaît dans la Province de Hollande-Sud, à 
en juger d'après une série de 29 crânes provenant des 8 points différents 
de la province, mais surtout de Rotterdam (datant probablement du xvi* 
siècle) et de Haastrecht [A. Sasse (78 et 84)]. 

Pour la Province de Brabant-Septentrional je n'ai que les 25 crânes de 
Gertruidenberg (77,1, soit 79,1) et 2 crânes de Bréda (74,7, soit 76,7) décrits 
par A. Sasse (75 et 78). La moyenne de ces 27 crânes est de 79. Comme 
les deux localités en question sont situées dans la partie ouest de la 
province, je ne marque sur ma carte que cette portion avec la teinte 
conventionnelle de la sous-dolichocéphalie. 

De même pour la Province de Gelderland, je n'ai que des chiffres se 

(1) 10 personnes mesurées en 1881 et 20 en 1883, dont M. Folmer calcule les indices 
après la réduction de 6 millimètres sur chacun des diamètres (pour les parties molles); 
ses ciliffres diffèrent donc des mo^vennes calculées par moi d'après les diamètres sans 
réduction, comme cela a lieu dans tout le cours de mon mémoire. 

(2) Welgilbr (85 à 92) donne Tindice rectifié de 15 crânes des insulaires du Zuiderzée 
(79) qu'il faut encore réduire au moins d'une unité à cause des différences signalées par 
Welcker lui-même [loc. cil.^ p. 62) entre le diamètre antéro-postérieur qu'il prend et le 
diamètre antéro-postérieur maximum de Broca. 



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J. DENIKER. — LES RACES DE l'eUROPB. — INDICE GÉPHALIQUE 41 

rapportant à sa partie sud-est, au delà d'Ijsel et à la longue île de Bcluwe 
qui s'étend entre le Rhin et le Waal. Dans la première de ces régions 
A. Sasse (78) décrit une série de 5 crânes de Zutfen (79,9) et de 7 crânes 
de Esbergen (82,8) ; dans la seconde la série de 40 crânes de Poederoycn 
(80,7). La. moyenne des 52 crânes ressort à 80,6 (78,6 sans augmentation 
de 2 unités). Les deux régions tombent en tout cas dans la zone de la 
mésocéphalie. 

La province de Zclande offre un intérêt tout particulier : c'est \î\ qu'on 
a signalé l'existence des crânes très brachycéphales au milieu de In popu- 
lation en général dolichocéphale de la Hollande (Voy. lecarton de la carte). 
Dès 1873, A. Sasse (73) décrivait 10 crânes ultra- brachycéphales (85,6, 
soit 87,6 sur le vivant) dans les tumuli de Nieuwland (île de Sud-Beveland) ; 
peu après, Kemna (77) publia l'indice moyen excessivement brachycé- 
phale de 86,8 (88,8), obtenu sur les 10 crânes du cimetière de la ville de 
Saftingen, submergée en 1540 et dont il ne reste que les ruines sur un 
îlot à l'origine de l'estuaire de l'Escaut occidental. Une série de 97 
crânes (y compris les 10 précédents) du même cimetière donne à 
Jacques et De Pauw (84-83) un indice à peine moins élevé, 85,6 {Hl,6) ; 
enfin 9 crânes du cimetière de Colynsplaat (xvi® siècle) (île de Nord- 
Beveland) donnent un indice céphalique de 88,2 (90,2), d'après De 
Man (85). D'autre part A. Sasse (84) avait recueilli sur l'emplat-ement 
de l'ancienne ville de Reimerswaal (île de Sud-Beveland), engloutie 
par les flots en 1631, et dans l'île voisine, celle de Wolfaartsdijk, 37 crânes 
dont l'indice est moindre, 82,4 (84,1), et dont 7 (77) sont sous-dolicho^ 
céphales. Ce fait, joint à la dolichocéphalie signalée par De Man à deux 
reprises (66 et 85) dans les séries de 22 et de 17 crânes, exhumea du 
cimetière de Domburg (île de Walcheren), dont l'âge est discuté (du n*' au 
XVI® siècle), font croire que la population de la Zélande était mélangée 
déjà antérieurement au xvn° siècle. C'est ce qui confirme la sériation de 
161 crânes zélandais (produit de la réunion de la plupart des séries (juc 
je viens d'énumérer) faite par J. Sasse (9^). L'indice céphalique moyen 
de ces crânes étant de 79,4 (><1,4) on y trouve deux maxima de fréquence : 
aux indices de 75 et 76 (28 crânes) et aux indices de 83 et 84 (25 crânes). 

Quant à la population moderne, les mesures sur 444 vivants (hommes 
et femmes réunis) faites par De Man (85) dans 24 endroits différents de la 
province, ainsi que les mesures de cet auteur (ibid,) sur 35 crânes d'un 
cimetière moderne (xviii« ou xix® siècle) de Middlebourg (77,6, soit 79,6), 
fournissent le tableau suivant ; Vile de Walcheren (176 mensuratioua), la 
plus occidentale de l'estuaire de l'Escaut, a un indice sous-dolichocéphale 
(79,3) (1) plus élevé sur les côtes est et nord (80,5) que sur les côtes ouest 

(1) Et non 83, comme c*est indiqué par erreur dans le mémoire de M. De fi!an. 



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42 ASSOCUTION FRANÇAISE POUR L* AVANCEMENT DES SCIENCES 

et sud et dans le centre (18,8) ; ÏUe Nord-Beveland (20 mensurations) est 
sous-brachycéphale (82,4) ; celle de Sud-Beveland présente Tindice de 81 
(d'après 27 mensurations dans la moitié ouest de TUe) (1). Les îles de 
Schouwen et de Tholen, séparées des précédentes par le bras oriental de 
FEscaut, offrent les indices suivants : la première (60 mensurations, toutes 
dans Touest de Tile) 82,2, la seconde (58 mensurations) 82 au centre 
(Scherpenisse) et 78 dans Test et dans l'ouest ; en moyenne 77. Enfin la 
partie de la province située sur la terre ferme n'offre pas moins de diver- 
gences : la moitié ouest (pays de Kadzand) abrite des sous-brachycéphales 
(82) sur la côte (20 sujets à Schondijke et 10 à Bresxens) et des dolicho- 
céphales (74) dans riniérieur des terres (Waterlandskerke, 20 sujets, 72,6 ; 
Ijzendijke, 16 sujets, 73; Oostburg, 20 sujets, 76); tandis que la partie 
est (pays d'Axel, 20 sujets) présente un indice ultra-brachycéphale de 
90, assez voisin de celui du cimetière de Saaftingen (87,6). Je donne 
tous ces détails sur le croquis de carte qui se trouve dans le coin de ma grande 
carte; sur celle-ci je me contente d'indiquer, vu la petitesse de l'échelle, 
uniformément la moyenne de la province, qui est de 79 dans l'ouest 
(île Walcheren et Kadzand) et de 83,8 dans l'est (le reste de la province). 

Réunissant toutes les données sur les provinces, et supposant que les 
populations actuelles ne diffèrent pas beaucoup de celles du xvi^ siècle 
sous le rapport de l'indice céphalique (2), on a le tableau général suivant 
pour toute la Hollande (sauf les provinces de Limbourg, d'Overijssel, de 
Drenth et d'Utrecht, pour lesquelles je n'ai aucun renseignement). 

Sauf l'est de la Zélande et le sud de la province de Hollande-Nord et le 
Gelderland, les Pays-Bas sont peuplés de sous-dolichocéphales à indice 
assez uniforme ne variant que de 79 à 79,8. L'est de la Zélande (et surtout 
le pays d'Axel, 90, et la partie de l'île Sud-Beveland située en face, 85,2), 
est un foyer de brachycéphalie (80 à 90) ; celle-ci se propage au nord pour 
s'affirmer dans la partie méridionale de la province de Hollande-Nord 
(82,6) et, d'une façon atténuée, sous les formes mésocéphales (80,9) dans 
la province de Gelderland. 

Voici d'ailleurs les moyennes générales ainsi que le nombre de brachy- 
céphales et de mésocéphales (au-dessus de 80) pour chacune des provinces 
examinées (le pourcentage est tiré deîi données de J. Sasse (9i) : 

(1) Les crânes brachycéphales du xvr siècle dont j'ai parlé plus haut, proviennent da 
sud-est de Tlle (Niewland 87,6 et Reimerswaal 84,5, moyenne de 45 crânes — 85,*), 
tandis que 14 crânes d*un cimetière du w* siècle sur la côte nord, â Goes, donnent à 
De Man f55j un indice sous-dolichocéphale : 76 (78). En somme, le nord-ouest de nie 
est mésocéphale: 80; et le sud-est brachycéphale (85,2). 

(2) Preuve : à Domburg : crânes du xvr siècle 75,1 (77,1), vivants 78,6; Colijasplaat : 
çrânçs du xvi* siècle 88 (90) ; vivants 81,4, 



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J. DENIKER. — LES RAGES DE l'eUROPE. — INDICE GÉPHALIQUE 43 



Groningue 

Frise - 

Hollande- Nord (partie nord) . . 
— (partie sud) . . . 

Hollande-Sud 

Gelderland 

Brabant-Septentrional 

Zéland (partie ouest) 

— (partie est) 

Utrecht (15 crânes de Kockengen 



INDICE 
CÉPHALIQUB 



79,8 

79,7 

79,6 

82,6 

79 

80,9 

79 

79 

83,8 



NOMBRE 

de 

MBSO 

et 

BRACHTCÉPHALES 



0/0 



4 

18 
7,5 
19 



4 - 

10.3 - 

75.4 - 
20 — 



Grande-Bretagne et Irlande. 

Les anthropologistes anglais se sont appliqués, jusqu'à ces derniers 
temps, à étudier presque exclusivement les crânes préhistoriques ou 
protohistoriques (exemple le célèbre ouvrage Crania brUannica). Il n'y a 
donc que fort peu de données sur les crânes modernes, et surtout peu de 
mensurations sur le vivant. Les résultats obtenus en ce qui concerne 
rindice céphalique par le comité anthropométrique de TA^sociation britan- 
nique pour l'avancement des sciences ne sont pas encore publiés. 
Sans les travaux de Tinfatigable D^ Beddoe, ce véritable Nestor des études 
somatologiques des races européennes, il n'y aurait presque rien à dire sur 
rindice céphalique des Iles Britanniques. En ajoutant à ses mémoires f7/, 
73, 85, 87, 93, 94, 95) les notes publiées par Browne (93 à 96), Haddon 
(93 a, b èi 94) et Maclean, j'aurai épuisé la liste des travaux sur l'indice 
céphalique dans les Iles Britanniques. Voici le résumé de ces travaux 
donné séparément par grandes régions. 

1° Angleterre, Voici, groupés par comtés, lesindicescéphaliques moyens 
que donne Beddoe, tant d'après ses propres mesures que d'après celles 
du D" Venu (Beddoe, 94) (1). 

(1) Les indices du D»" Venn se rapportant exclusivement aux a étudiants », par conséquent 
aux jeunes gens issus des classes dites « supérieures », ne sont pas comparables absolu- 
ment avec ceux de Beddoe, pris sur les gens du peuple. De plus, comme Venn 
prend le diamètre antéro-postérieur de rophrion et non de la glabelle, ses indices ont été 
diminués par moi d'une demi-unité. 



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M 



ASSOCIATTOH FRANÇAISE Fi311l L'AYâllGVIlKKT T>tS S€tEN€ES 



Cornoumlles , . 

Sud de Devon . , 

Nord de Devon , 

Ouest de Sûmerjîet 

Sud de Somerset .*,.,. 
Est de Somerset *.,... 
Brittlol (sud de Gloucesler) . . 

Sud-Gloucester 

Wikshire 

Total aud-ouest de ï'Angleterre 

Yorkshlre et nord de l'Angle- 
terre, ,,....... 

Yorkshîre 

Flamboroug (Yarkâhîre} (1) . 

Est de l'AnglcIeire (au sud de 
York?) 

Cumberland et Lancashire . . 

Sud-est de rAnglelerre . . . 

Nord et centre de rAuglelerre. 

Xord de rAnglelerre 

Centre , . . , . 

Ouest et sud- ouest . * . . . 

Sud . . . 

Anglais en généml . . . 



BEDDOEa»*) 






m 
n 

100 
86 

77 

m 



548 



15 
11 

90 

:io 

10 
37 

3o 






7,S,7 
78,3 
78,1 

7*j,8 
78,5 
77.8 
77 J 
77,(5 
76,8 



77, t3 



628 



77,8 
78 ;2 
79,3 

78, H 
77,5 

78,3 

77.7 



VENN 



no H un E 



77.8 



123 

5ti 
189 
103 



m m\ flf.ciis 



BiOMBAE 



1847 



79 
78,3 

78,2 
7S,6 
78,3 



78,4 



ies3 



m 



lin mcE 
rrpbilliviir. 



ïilo 



78,9 
78,7 



78/2 



il) LVapiTS Pitt-llivere, 



! 



Ce qui ressort avec évidence de ce tableau, c'est l'uDiforraité du type 
crânien des Anglais modernes, autant que ce type peut être exprimé par 
l'indice céphrtlique, bien entendu. Celui-ci ne varie en effet suivant les 
localités, qu'entre 76,8 (WiUshire, ouest de Somerset) et 79,3 (village de 
Flamboroug, dans !e Yorkshire). Et si Ton exclut ces trois régions, la 
variation se trouve resserrée entre les indices de 77,5 (Cumberland et 
Lancasbire, mais sur 10 sujets seulement) et 78,9 (est de l'Aûgleterre), soit 
un écart de %k à peine. D'ailleurs, à part la région compacte qui se 
compose du Wiltsbire (1), du nord de Somerset et du sud de Gloucestcr, 

{1^ U dolicb<K:"éphalie du Wiitshire et des régions a voisina nies est d'autant plus wti- 
rçssynte qiie It^s crânesi lîc h période iaxntinf^ ûe ces rÈKiûns ont un indice beaucoup pin- 
m-vé : 77 ,& (79,5) [Hùrtdn-Smith, [BBj]. 



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J. DENIKER. — LES RAGES DE l'eUROPB. — INDICE GÉPHALIQUE 4S 

ainsi que de la région douteuse (vu le nombre infime de mensurations) de 
Lancashire et de Cumberland, toute l'Angleterre n'est peuplée que de sous- 
dolichocéphales dont les indices ne varient guère qu'entre 78,1 et 78,9, 
Aussi sur ma carte, ce pays apparaît-il presque uniformément colorié 
de la teinte des sous-dolichocéphales. L'indice moyen des Anglais trouvé 
par Beddoe (77,8) diffère à peine de celui que donne le D' Venn (78,4), ou 
qui ressortent des séries de la British Association, citées par Beddoe, (94), 
78, 78,3 et 77,7. La moyenne de tous ces chiffres est 78. 

2® Pour le pays de Galles, Beddoe (94) donne l'indice de 78 (sur 66 
sujets) et celui de 79 pour 16 Gallois du sud et du comté de Monmouth- 
shire ; D' Venn, cité par Beddoe (94), arrive d'après ses 68 mensurations 
presque au chiffre moyen entre ces deux (78,7). La moyenne générale 
de l'indice des lôO Gallois reste donc à 78,8, chiffre presque égal à 
celui des Anglais. 

S** Quant à Y Ecosse, voici les seuls chiffres que j'aie pu recueillir. Les 
habitants des îles de Islay et de Colonsay, sur la côte sud-ouest de l'Ecosse, 
ont les indices respectifs de 79,3 (série de 88 sujets) et de 77,2 (28 sujets) 
(Maclean, cité par Beddoe (93), p. 104). Beddoe (93 et 94) donne l'indice de 
trois séries d'Écossais : l'une (30 sujets), du comté de Berwick (dans le 
sud-est du pays, près de la frontière anglaise), dolichocéphale (76,8) ; 
l'autre, de 58 Highlanders du nord du pays dont l'indice est de 76,1 ; enfin 
la série de 38 individus de la côte est de l'Ecosse (76,4). Ces chiffres s'éloi- 
gnent un peu de l'indice d'une série de 64 Écossais des « classes instruites » 
(77,3), et de celui de 130 étudiants écossais (78,6), donné par Venn 
(Beddoe, 93). La moyenne de tous ces indices (au nombre de 436), pour 
les Écossais, serait de 77,8, inférieure à celle des Anglais. 

Dans Vile de Man, entre l'Angleterre et l'Irlande, Beddoe {87 et 94) 
a trouvé, sur 32 sujets, un indice moyen de 77,9, et Venn, sur 3 sujets, 
78; moyenne de 35 sujets : 77,9. 

4** Pour VIrlande, Beddoe (94) donne les indices moyens des séries sui- 
vantes : 38 sujets du comté de Kerry (77,7), 49 sujets du reste de la 
province de Munster (77,3), et enfin 14 sujets du reste de l'Irlande (76) ; 
la moyenne de ces 101 Irlandais est de 77,2. Le D' Venn (cité par 
Beddoe, 94) donne une moyenne de 78,7 (rectifié) pour ses 98 étudiants 
irlandais. La moyenne des 199 Irlandais de toutes les classes réunies 
est de 77,9, chiffre presque identique à celui des Écossais. Mais si l'on 
examine la population de l'Irlande plus en détail, on découvre une 
certaine variété dans les types crâniens, suivant les localités. C'est ce 
qui ressort des chiffres publiés par le comité ethnographique du Trinity 
Collège, à Dublin, comité qui a commencé tout récemment ses explo- 
rations en Irlande. 

Pour le comté de Tipperary, Browne (93) donne une moyenne 



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46 ASSOGUTION FRANÇAISE POUR l'aVANOBMENT DGS SCIBNCSS 

(augmentée de 2 unités) de 78,S) d'après une série de 12 crânes ; ce chiffre 
est un peu plus élevé que celui de toute la province de Munster (17,4 
d'après les séries précédentes de Beddoe). 

Pour la province voisine, celle de Connaught, on a les données suivantes : 
27 hommes vivants (77,1) et 13 crânes (77,2) de Tlle Aran et de la cote 
située en face, appelée Aranmore (côte ouest du comté de Galway), se sont 
révélés â Haddon (93, a, b) comme dolichocéphales. Un peu plus au 
nord, sur la même côte du comté de Galway, dans les lies d'Inishbofin 
et Inishark, à rentrée de ia baie de Killary, Browne (94) a trouvé, sur 
une série de 40 hommes vivants, Tindice mésocéphale de 80,4 ; et 
Haddon (94), sur 33 crânes, l'indice (augmenté) de 78,2 ; la moyenne de 
ces 73 mesures est de 79,6, encore sous-dolichocéphale. 

Dans la province située plus au nord, celle de Mayo, sur certains 
points dans Textréme nord-ouest du pays (MuUet, îles Inishkea, Portacloy, 
île Clare, etc.), la population est sous-dolichocéphale (78,8) (d'après Browne, 
93 et 98) ; tandis qu'un peu plus au sud, aux environs de Ballycroy , le 
même savant (96) a trouvé une population mésocéphale. L'indice moyen de 
50 hommes était de 80,5 (28 sur 50 étaient brachycéphales). C'est, d'après 
Browne, une colonie d'une autre portion de l'Irlande qui ne s'est pas 
mêlée avec les habitants des environs. En tous cas, c'est le seul district 
du Royaume-Uni où Ion ait constaté la présence de mésocéphales. 

Récapitulons, pour terminer, dans l'ordre croissant, les indices cépha- 
liques des différentes populations de la Grande-Bretagne : 

436 Écossais 77,8. 

2475 Anglais 78,2. 

422 Iriandais .... 78,5. 

i50 Gallois 78,8. 



Iles Fâr-oêr. 

Les insulaires de l'archipel danois des Fâr-oër, étudiés par le D"* Arbo 
(93-94), présentent une variété remarquable de formes crâniennes. Ceux 
des îles du nord sont hyperdolichocéphales (75,2); ceux des îles centrales 
sont sous- dolichocéphales (77,4); tandis que les indigènes des îles du 
sud sont sous-brachycéphales (83,2) (i). Cette disparité remarquable va 
d ailleurs de pair avec les différences dans la taille, dans la couleur des che- 

(1) Ce sont les chiffres moyens des observations sur des séries respectives de 20, 
60 et 20 hommes; des séries de même force numérique pour les femmes donnent 
les indices de 78,2 dans les îles du nord, de 78,7 pour les îles moyennes et de 83,7 pour 
les îles du sud. On voit donc que dans tout Tarchipel, les femmes ont la tête un peu plus 
arrondie que les hommes. 



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J. DENIKER. — LES BACES DE l'eUROPE. — INDICE GÉPHALIQUE 47 

veux et même dans le caractère moral, que Ton constate chez ces insu- 
laires en allant du nord au sud. 



Norvège. 

Ce pays a été étudié à fond au point de vue anthropologique par le 
D*" Arbo l7o à 98}^ dont les travaux ne le cèdent en rien, comme étendue, 
exactitude et méthode scientifique, aux œuvres des Collignon, des Houzé, 
des Oloriz, des Livi, etc. 

Ce savant a publié une note préliminaire sur Tindice céphalique en 
Norvège (87)^ puis une série de notes (91, 94, 95, 97, 98) {[) qui n'ont pas 
encore épuisé tous les matériaux recueillis par ses soins, sur plus de 
6.000 sujets. 

Voici comment on peut résumer tous ces mémoires. La population de 
la Norvège paraît présenter, sur un fond général sous-dolichocéphale, 
plusieurs îles et flots de dolichocéphalie plus ou moins accentuée et de 
plus, une région riche en sous-brachycéphales et en mésocéphales sur la 
côte sud-ouest. 

Les îlots dolichocéphales ne sont pas situés régulièrement d'après le 
relief du sol. Ainsi dans la vallée de TOesterdalen, la partie haute est 
occupée par des sous-dolichocéphales presque mésocéphales (79,9 d après 
40 hommes mesurés) et la partie basse par les dolichocf^phales très pro- 
noncés (77,5 d'après Ho hommes mesurés). Par contre, la vallée presque 
parallèle à la précédente, mais située un peu plus à Touest, celle de 
Guldbrandsdalen est occupée par les dolichocéphales (SI individus du 
district de Vaage, 76,5 ; 20 de la vallée de Lom, 77,8) (2) en haut, par les 
mésocéphales (78 sur 141 sujets) en bas. Une de ses vallées latérales (celle 
de Lesje) est cependant sous-dolichocéphale (78,6 diaprés 14 mensura- 
tions). La zone dolicliocéphale du bas Oesterdalen se prolonge dans le dis- 
trict de Solor (77,8 d après 134 sujets), limitrophe de la Suède, tandis que 
la même zone du haut Guldbrandsdalen semble se prolonger avec celle 
du district Nordmore, voisin de la côte ouest. 

En somme, on peut distinguer sur le fond commun sous-dolichocéphale 
de la Norvège trois chapelets d'îlots dolichocéphales disposés parallèlement 
du nord au sud. Le chapelet central, situé plus près de la Suède que de 

(1) Je n'ai pas pu utiliser le dernier travail (98) du savant norvégien, ne l'ayant pas 
encore reçu au moment de la correction des épreuves. 

(2) Ces chiffres, comme plusieurs autres, ne concordent pas avec les indications de la 
carte d'Arbo publiée en 1887, car ils sont tirés des mémoires de l'auteur parus depuis 
et basés sur un plus grand nombre d'observations. Aussi pourra-t-on constater que la 
distribution des indices sur ma carte n'est pas une simple copie de la carte d'Arbo, mais 
l'exposition des résultats obtenus depuis, da moins pour certaines parties de là Norvège. 




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** 48 ASSOCUTION FRANÇAISE POUR l'aVANCBMKMT DES SUENGES 

i; la côte ouest, s'étend depuis Trondhjem au nord jusqu'à Kragerô sur k 

côte sud-est. Il comprend, du nord au sud, le district de Nord-Trondhjem, 
le haut Guldbrandsdalen avec le val de Lom; la haute vallée du Valders 
(dolichocéphalie peu prononcée); le district de Krodsherred avec les vallées 
de Sigdal et de Numedal assez élevées; enfin les districts deLanderer et de 
Skien par lesquels les dolichocéphales arrivent en un seul et uuique 
point de la côte norvégienne entre le SkienQord et la ville de Kragerô. 
Quelques îlots dolichocéphales situés dans la province de Telemarken 
unissent ce chapelet dolichocéphal central à un autre, situé plus à l'ouest, 
qui se forme du pays avoisinant le Hardanger Fjord (60® lat. N.) au nord, 
du district de Bykle (haute vallée de TOtter) au centre et de l'îlot Exen 
Grinden entre les hautes vallées du Kwinn et du Mandai au sud. Quant au 
chapelet Oriental, il est formé par la vallée moyenne et inférieure d'Oester- 
dalen, par le district de Solor et par l'îlot de Tydalen (au sud-est de 
Trondhjem) plus au nord. 

n me reste à dire quelques mots de la région méso et sous-brachy- 
céphale. Elle s'étend sur les côtes depuis la ville de Lillesand au sud 
jusqu'au 63® parallèle environ au nord avec une seule interruption : la 
zone sous-dolichocéphale de la côte de la province de Sud-Bergen, entre le 
Sogne Fjord et le Hardanger Fjord. La mésocéphaUe est peu prononcée 
au nord de Sogne Fjord (80,5), quoique la population des provinces situées 
près de l'extrémité de ce Qord (Lister, Hafslo, Sogndal) se distingue du 
reste des Norvégiens par une teinte plus foncée et par son caractère 
plus agile au physique comme au moral. (Arbo, S7,) Mais l'indice 
augmente surtout dans le sud-ouest de la Norvège : les districts de Sta- 
vanger (36 examinés) et de Ryfylke (646 examinés) sont mésocéphales à 
80,3 et 81,4, tandis que le district de Dalerne est déjà sous-brachycéphale 
(82,2 d'après 347 mensurations), et la région côtière connue sous le nom 
de Jaederen est presque brachycéphale (83,2). 

On peut grouper ainsi qu'il suit, d'après l'indice croissant, les popu- 
lations de la Norvège : 

Nomb. de sujets lad. c. moy. 

337 habitants du bas Oesterdalen, Solôr, et du haut 

Guldbrandsdalen 77,6 

i41 habitants du bas Guldbrandsdalen 78 

65 habitants du haut Oesterdalen et du Trysil .... 79,7 

4505 habitants du sud-ouest de la Norvège 81,9 

2048 



Comme on le voit, les différences ne sont pas, en somme, très notables 
(4,3 d'unité) suivant les régions, et l'indice moyen des Norvégiens est 
probablement aux environs de 78,3 ou 79. 



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J. DENIKER. — LES RAGES DE l'eUROPE. — INDICE GÉPHALIQUE 49 



Suède. 

Jusqu'à ces derniers temps on n'avait qu'une seule série de mensurations 
de têtes sur le vivant faites en Suède : c'est celle de Beddoe (85, p. 232). 
Malheureusement elle ne comprend que 33 individus sans indication de 
provenance. L'indice moyen de cette série est de 79,2, voisin de celui des 
Norvégiens. J'ai pu constituer une série de SO crânes, d'après les 
descriptions d'EcKRR (78), de Van der Hoeven (60), de Dusseau (65), de 
Welcker (8S), dô Pruner-Bey, Retzius (45), Davis et Thurnam (65) (cités 
par QuATRSFAGES et Hamy dans les Cranta Ethnica). Cette série (formée de 
crânes des deux sexes) offre un indice moyen de 76, soit 78 sur le vivant, 
chiffre un peu inférieur au précédent. Comme la plupart de ces crânes 
viennent de la Suède centrale (Svealand) et surtout des environs de 
Stockholm et dXIpsale, j'ai reporté provisoirement cet indice sur ma carte 
en le limitant aux régions énoncées ci-dessus. 

Mais un grand mouvement s'est accompli dans ces derniers temps en 
Suède, comme dans beaucoup d'autres pays de l'Europe, en faveur des 
études anthropométriques du vivant. A la suite de beaux travaux du 
D' HuLTKRANTz (97), qui a obtenu les premiers résultats relatifs à l'indice 
céphalique en Suède (1), une commission a été instituée pour élargir le 
champ de recherches, mais ses travaux ne sont pas encore terminés. 
Pour le moment on n'a que les données sur deux provinces de la Suède 
moyenne, le Vesternorrland (78,6) et le Jemtland (77,3) d'après les mensu- 
rations exécutées sur plus de 1.200 individus par Hultkrantz avec l'aide de 
0. Andersson et de J. Nordlander. Si t'on considère à part la région 
côtière de la première de ces provinces (Angermanland 79,1 et côte de 
Medelpad 78,8), on s'aperçoit qu'elle est sous-dolichocéphale, tandis que 
l'intérieur du pays (Medelpad intérieur) est franchement dolichocéphale 
(77). La province de Jemtland, située plus encore dans l'intérieur, a 
l'indice de 77,3, sans variations notables suivant les régions. En somme, 
ici comme en Norvège, les formes crâniennes, dolichocéphales dans l'inté- 
rieur, tendent à s'arrondir vers les côtes. 

Danemark. 

Grande pénurie de documents pour ce pays. Le professeur Schmidt de 
Copenhague avait mesuré 27 crânes de Danois de Jutland et 56 crânes de 
Danois des îles. Il a communiqué ses chiffres au professeur Ranke (73-80) 

(1) Dans mes notes préliminaires j^ai annoncé seulement les résultats provisoires 
qu'avait bien voulu me communiquer dans une lettre le savant suédois. Actuellement 
je donne les chiffres. d*après son travail imprimé. 

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50 ASSOCIATION FRANÇAISE POUR l'aVANCEMENT DfiS SCIENCES 

de Munich, qui ne donne que la sériation des crânes sans la moyenne; 
en calculant approximativement cette dernière d'après les chifiCres de la 
sériation, j^obtiens un indice moyen de 74,4 (76,4 sur le vivant) pour la 
première série et 7S,1 (77,1) pour la seconde. D'autre part Beddoe (70 et 
8^) a mesuré 28 « Danois », dont 5 Sleswigois et 23 Danois de Jutland et 
des îles sans autre indication de provenance. Cette série de 28 ofiOre un 
indice moyen de 80,5. La moyenne de ces trois séries est de 77,8, 
presque la même que celle des Norvégiens (78,3) et des Suédois (78). 

Allemagne. 

A part quelques rares exceptions, il n'existe pas de mensurations sur la 
tête du vivant pour des régions tant soit peu étendues de TEmpire Alle- 
mand ; les mesures des crânes modernes sont également assez rares, toute 
l'attention des anthropologistes allemands s'étant portée sur les crânes 
préhistoriques ou protohistoriques, ils ont bien défini le type des 
Reihengrâber (tombeaux en rangées) qui datent du iv® ou v* jusqu'au vu*' 
ou viii® siècle; ils ont assimilé ce type à celui des Germains primitifs et 
ne cherchent, dans la plupart des études, qu'à dégager ce type ou suivre et 
expliquer ses modifications à travers les âges. Le mémoire de Virchow (76) 
sur l'anthropologie des Allemands, cité partout, n'a pour base que des 
séries de 5, 7, 10 crânes, rarement plus, se rapportant à toutes les 
époques, depuis l'âge de la pierre jusqu'à nos jours. 

En glanant à travers la volumineuse littérature anthropologique alle- 
mande, on finit tout de même par reconstituer quelques données. Je vais 
donc résumer le résultat de mes recherches dans cette direction en notant 
toutes les corrections que j'ai dû opérer afin d'obtenir des chiffires 
concordant avec ceux que j'ai donnés pour les autres populations (1). 

Je divise TAllemagne, au point de vue de la répartition de rindice 
céphalique, en quatre grandes régions qu'il faut considérer à part : 
septentrionale, centrale, orientale et méridionale. 

a) Allemagne septentrionale. 

Dans le coin extrême du nord-ouest de l'Allemagne, dans la Frise 
orientale (Ost-Friesland), Virchow (76, p, 230) fit connaître le fameux 
crâne néanderthaloïde trouvé dans les tourbières de Friedbôurg, et Davis 
(67) publia les mesures d'un crâne féminin d'Emden (80) ; tandis qu'à 

(1) D'une façon générale je retranche 0,5 d'unité de l'indice obtenu par la méthode 
Ihering ou d'après l'ententa de Francfort ; les chiffres de Welcker sont donnés d'après 
ses mesures corrigées, publiées en 1885, dans lesquelles le diamètre transverse est 
pris comme partout ailleurs {diamètre moacimum). 



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J. DENIKER. — LES RAGES DE l'eUROPE. — INDICE CÉPHALIQUE 51 

Textréme limite du pays frison actuel, déjà sur le territoire de la princi- 
pauté d'Oldenbourg, à Brandt, près Jever, Tinfatigable professeur Via- 
CHow (76) exhuma, des « cercueils de pierre », 6 crânes ayant un indice 
céphalique moyen de 71,8 (79,8) (i). La moyenne des sept crânes en 
question de la Frise orientale est de 78,1, ce qui correspond à 80,1 sur le 
vivant, Beddoe (85, p. 43), dont on retrouve les observations disséminées 
un peu partout en Europe, a mesuré 13 hommes « du Hanovre et de la 
Frise orientale » ; il leur a trouvé Tindice moyen de 79,2. 

En réunissant toutes ces observations, on peut admettre comme fort 
probable Tindice de 79,5 sur le vivant pour la Frise orientale et pour la 
région avoisinante du Hanovre (district de Meppen) ainsi que pour 
rOldenbourg, 

Quant au reste du Hanovre, on est un peu mieux renseigné. Jusqu*à 
présent on donnait couramment comme indice céphalique pour ce pays, le 
chiffre de 76,7, emprunté à Touvrage de Welcker (66). On peut voir ce 
chiffre cité par Virchow (73'74)j Houzé (82), et autres. Malheureusement 
les mesures que prenait Welcker (2) ne correspondent nullement à celles 
que Ton prend aujourd'hui, et si Ton veut les utiliser, il faut se reporter 
au tableau qu'avait publié cet auteur dans un autre ouvrage (Welcker, 83, 
p, 1 et 12), où, à côté des anciennes données, on trouve les chiffres rectifiés 
pour le diamètre transverse. Je vais donc citer toujours les indices de 
ce tableau, presque inconnu de la plupart de ceux qui citent Welcker. 
Ainsi les 1 1 crânes hanovriens se trouvent dans ce tableau avoir l'indice 
de 79,3, ce qui correspond à 81,3 sur le vivant. Ce chiffre concorde beau- 
coup mieux que le précédent (76) avec ceux que donnent les autres séries : 
8 crânes d'Hanovriens sans indication de provenance (78,8, soit 80,8) 
décrits par Virchow (76); 2 crânes de Hanovre, mesurés par Spengel (76) 
dont les indices sont de 78,9 et 88,9 d'après mon calcul (3). Ecker (78) 
décrit 2 crânes du Hanovre ayant chacun le même indice : 78,7 ; enfin 
E. ScHMiDT {92) fournit les indices de 3 autres crânes : 75,9, 76,9 et 
82,6. Réduisant ces derniers chiffres (obtenus d'après les procédés Ihering) 
d'une demi-unité comme le propose Ammon (96) et en les ajoutant aux 
chiffres précédents, j'obtiens une série de 15 crânes du Hanovre dont l'in- 
dice céphalique moyen est de 79,5, c'est-à-dire presque le même que 
celui des 11 crânes de Welcker. Avec ces derniers, on a une série de 

(1) Tous ces indices sont calculés d'après les mesures prises suivant le système Broca* 

(2) Il prenait le diamètre antéro-postérieur à partir de Tophrion et son « diamètre trans- 
verse» n'était pas la plus grande largeur, mais la «distance entre les bosses pariétales». 

(3) Dans son catalogue Spengel donne les mesures d'après le système de Ihering ; heu- 
reusement Schaafhausen y joint les mesures du diamètre antéro-postérieur d'après le 
système généralement adopté, ce qui m'a permis de rétablir le véritable indice céphalique. 
Dans le reste de mon exposé je ne citerai d*après Spengel que les indices ainsi obtenus 
par moi-même. 



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52 ASSOGUTION FRANÇAISE POUR l'aVANGEBIENT DES SCIENCES 

26 crânes du Hanovre (sans autre indication détaillée) dont l'indice est 
de 79,4, ce qui correspond à 81,4 sur le vivant. 

En ce qui concerne le Hanovre méridional, je n'ai trouvé qu'une série, 
celle de IS crânes recueillis dans le cimetière de Roringen près Gôttingue 
datant, paraît-il, de la guerre de Trente ans et comprenant aussi des crânes 
suédois (Spengel). Je donne donc à titre de document Tindice céphalique 
corrigé de cette série (77,9 79,9) comme chiffre provisoir pour les dis- 
tricts de Gôttingue, d'Einbeck et d'Osterode. 

Pour le Slesioig-Holsteiny en réunissant les 3 crânes décrits par Spengel 
(7<SJ ayant les indices de 79,4, 81,7 et 82,1, aux 24 crânes de la série 
Welckbr (85) dont la moyenne est de 79,8, j'obtiens un indice moyen de 
79,9, soit 81,9 sur le vivant, ce qui me paraît être un peu au-dessus delà 
vérité. En effet, Meisner (89), qui a mesuré 377 soldats de cette province, 
donne la répartition suivante de leurs indices céphaliques : 

Dolichocéphales (indices de 70 à 74,9) : 23 0/0. 

Mésocéphales (indices de 75 à 79,9) : 52 0/0. 

Brachycéphales (indices de 80 à 84,9) : 25 0/0. 

Si Ton considère les différents districts du Sleswig-Holstein, on voit la 
proportion des dolichocéphales varier de 17 0/0 (région Saxonne du Sles- 
wig et côte ouest du Holstein) à 38 0/0 (région Danoise du Sleswig); celle 
des mésocéphales de 44 0/0 (Holstein moyen) à 61 0/0 (côte est du 
Holstein) ; enfin celle des brachycéphales, de 13 0/0 (région Danoise 
du Sleswig) à 31 0/0 (Holstein moyen et région Saxonne du Sleswig). 

Suivant la déplorable habitude d*un grand nombre d'anthropologistes 
modernes, surtout en Allemagne, M. Meisner ne donne pas de moyennes. 
En les calculant approximativement (d'après un pourcentage des diffé- 
rentes formes crâniennes), Findice céphalique moyen du Sleswig-Holstein 
serait de 77,6 environ, variant, suivant les districts, de 76 (partie 
Danoise du Sleswig) à 78 (partie Saxonne du Sleswig et côte ouest du 
Holstein. 

b) Allemagne centrale. 

Je suis obligé, pour cette partie du vaste Empire, de me contenter de 
quelques bribes de renseignements se rapportant à des régions très res- 
treintes. 

Voici les données que j'ai pu recueillir pour la partie ouest de l'Alle- 
magne centrale. 

Province Rhénane. — 14 crânes de Bonn et de Cîologne 82,2 (1), mesurés 
Welcker (85); 8 crânes de la province Rhénane, série très homogène, 

(1) Mesures augmentées de deux uoités comme toutes les suivantes, à moins d'une men- 
tion contraire. 



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J. DENIKER. — LES RACES DE l'eUROPE. — INDICE CÉPHALIQUE 53 

mais sans autre indication 81,7 [E. Schmidt (92)]. Moyenne des 22 obser- 
vations réunies : 82. 

Grand-duché de Hesse. — 20 crânes de Giessen 83,9, mesurés par 
Welcker (85) ; 2 crânes de Hesse, sans plus de détails, 83,7 (E. Schmidt 
92), Moyenne des. 22 observations réunies : 83,9 (1). 

Prcmnce de Hesse- Nassau (Prusse). — Mensuration de 13 sujets vivants 
par Beddoe (85, p. 233) : 84. 

J'accepte ces chiffres provisoires et les reporte sur ma carte ; ils font 
ressortir la différence entre le pays de Hesse, brachycéphale, et la province 
Rhénane presque mésocéphale. 

Pour le pays Saax>n, je me sers d'une excellente petite étude de Uexkul(7^j 
qui a passé presque inaperçue même en Allemagne. Ce savant a mesuré 
452 soldats du régiment de chasseurs à pied de Cobourg provenant des 
différents petits États saxons ; malheureusement il ne donne pour chaque 
district que l'ordination des indices (1). 

Voici les chiffres que j'ai obtenus en calculant les indices moyens d'après 
l'ordination. 



NOMBRE 
DB SUJETS 


PAYS 


INDICE 
CÉPHALIQUE 


104(1) 
100(1) 
162 

19 

13 


Duché de Saxe-Cobourg 


84 

84 

82,1 

81,5 

82,1 


Duché de Saxe-Meiningen 


Duché de Saxe-Gotha 


Duché de Saxe-Weimar-Eisenach 

Thuringe prussienne (piys d'Erfurt) (2) 


(1) Il y a une erreur d'addition dans le mémoire d'UEXKUL (p. 34), il donne 108 et 
96 au lieu de 104 et 100. 

(2) C'est la partie de la Thuringe prussienne située au nord du Thuringerwald, 
c'est-à-dire à Texclusion du district de Suhl-Schleusingen. 



On voit d'après ce tableau que les Thuringiens des duchés Saxons situés 
en grande partie au nord du Thuringerwald (Weimar-Gotha, Thuringe 
prussienne) sont sous-brachycéphales 82 (2), tandis que les Franconiens 
des duchés qui se trouvent presque en entier au sud du Thuringer- 
Wald (Cobourg, Meiningen) sont brachycéphales (84). La crête de cette 
chaîne forme donc un véritable partage entre les formes crâniennes. De 

(1) L'auteur n'indique pas son procédé opératoire; mais comme son travail est anté- 
rieur à « l'entente de Francfort » il est à présumer que ses mesures sont prises d'après le 
sytème Broca. 

(2) Ueikul dit par erreur dans son travail : 82,25. 



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1 



54 ASSOGUTION FEA19ÇÀIS1 POUR l'aTàMCBMBNT DBS 6GIENCXS 

plus, immédiatement à l'ouest de la chaîne, la zone mésocéphale de Saxe- 
Weimar-Eisenach (81,5), c'est-à-dire la vallée moyenne de la. Wena, 
branche maîtresse du Weser, resserrée entre les régions brachycéphales à 
Fouest (province de Hesse, 84), et i Test (Franconie Saxonne et Bava- 
roise, 84 et 86), touche presque au nord la région sous-dolichocéphale de 
Gôttingue (79,9) et se continue au sud par la zone mésocéphale de la basse 
Franconie bavaroise (voyez plus bas). C'est donc une trouée, percée par 
j les mésocéphales le long de la vallée de la Werra en plein pays brachyoé- 

j phale. Cette partie de l'Allemagne, ainsi que le plateau du Harz, situé plas 

r au nord et encore inexploré au point de vue anthropologique, méritent 

toute l'attention des savants qui s'occupent de la somatologie des races 
i européennes. 

i En dehors des chiffres d'Uexkul, je ne puis citer pour les pays Saxoos 

que la série de 20 crânes de « Thuringiens » des environs d'Iena (Saxe- 
Weimar) décrite par Welckkr (85) et dont l'indice (81,6) se rapproche toot 
à fait de celui que je viens de calculer pour le Saxe-Weimar-Eisenach 
(81 ,5). Je le reporte donc avec d'autant plus de confiance sur ma carte. 

Pour les pays Saxons situés plus à Test, pénurie presque complète de 
documents. 7 crânes du royaume de Saxe donnent à Sghmu>t (92) on 
indice 81,1, soit 83,1 sur le vivant (2 crânes saxons de Mehnert (96) ont 
presque le même indice 81,4, soit 83,4); Ecker (78) donne les indices d'un 
crâne de Halle sur la Saale (province prussienne de Saxe) 80,8, et d'uD 
crâne de Dresde (84,7). La moyenne des indices de ces 10 crânes est de 
81,4 (rapportée au vivant). Elle est légèrement inférieure à celle (82,5) 
qu'avait fournie à Wklcker (85) une belle série de 60 crânes des environs 
de Halle sur la Saale. En somme, j'accepte ce dernier chiffre pour toute la 
partie sud de la province prussienne de Saxe, située à l'ouest de l'Elbe. 

c) Allemagne orientale. 

Les seuls chiffres que je puisse donner pour cette partie de l'Allemagne 
sont empruntés à Lissauer (74-78). Ils se rapportent aux habitants des pro- 
vinces de Prusse orientale et de Prusse occidentale. 206 crânes d'hommes 
accusent un indice céphalique moyen de 79,2; 63 crânes de femmes, 
l'indice 78,95 et 13 crânes de sexe indéterminé, 79,3. La moyenne des 282 
crânes est de 79,18, ce qui, réduit de 0,5 d'unité (pour la concordance avec 
notre système) et rapporté au vivant, donne l'indice de 80,65, c'est-à-dire 
mésocéphale. 

Pour les indices des Polonais, Lithuaniens et Vendes de l'Allemagne, 
voyez plus bas (Slaves). 



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J. DENIKER. — LES RACES DE L'eUROPE. — INDICE CÉPHALIQUE bS 



d) Allemagne méridionale. 

Grand-duché de Bade. — Il y a bien longtemps, Ecker (65) publia une 
belle étude sur une série de 200 crânes du Schwarzwald et plus parti- 
culièrement sur 98 crânes du Schwarzwald méridional, l'ainsi nommé 
Hotzenwald, correspondant à l'ancien comté de Hauenstein. Il a trouvé 
pour cette série Tindice céphalique moyen de 83,5, soit 85,5 sur le vivant. 
On peut admettre ce, dernier chiffre pour tout le district de Waldshut où se 
trouve actuellement la ville de Hauenstein (1). Plus récemment. Mies (96) 
a publié les mesures de 178 crânes des cadavres de l'Institut anatomique 
de Heidelberg, pour la plupart des sujets natifs de cette ville ou de son 
district; l'indice céphalique de cette série est de 83,1 sur le Mvant. 
Pour Je reste du pays je me suis servi des mesures sur le vivant fournies 
par O. Ammon dans son ouvrage (93, p. 86-87) et des notes manuscrites 
que ce savant a bien voulu me communiquer. Ces notes renferment des 
mesures au cadre allemand, qui ont été réduites par moi, de 0,5 d'unité, 
afin de pouvoir les comparer aux autres. De plus, mon ami le D** CoUignon 
a mis à ma disposition les mesures prises sur sa demande par M. Ammon 
au compas-glissière, d'après la méthode Broca sur des sujets vivants des 
différents points du Grand-Duché (2). 

Voici le résumé de toutes ces données. La moyenne générale de l'indice 
pour tout le pays, d'après environ 7.000 conscrits mesurés par 0. Ammon 
est de 83,6. Les cercles (Kreise) méridionaux (Lorrah, Waldshut, Cons- 
tance, Villingen) offrent un indice de 83,6 ; le cercle de Mosbach, au 
nord-est du pays, a un indice de 82,8 ; enfin le reste du pays et les cercles 
du centre (Heidelberg, Karlsruhe, Baden, Offenburg et Fribourg) ont un 
indice de 83,8 (3) ; mais ici il y a lieu de distinguer trois régions natu- 
relles. En effet, dans la vallée du Rhin, 1.321 hommes donnent un indice 
moyen de 83,8; dans la région de collines entre cette vallée et le 
Schwarzwald et au nord de cette région l'indice s'abaisse à 83,3 (d'après 
923 mensurations) ; enfin dans le Schwarzwald, il se relève de nouveau à 
84,2 (d'après 1.360 mensurations). Le district le plus brachycéphale du 
Schwarzwald est celui de Wolfach (86). 

Conformément à ces données, je représente sur ma carte la distribution 
des indices ainsi qu'il suit : 

(1) La plus petite cité de TAUemagne (200 habitants), dont les habitants se distinguent 
par leur costume particulier. 

(2) Ces lignes ont été déjà revues en épreuves quand a paru Touvrage d'AMMON (99) 
consacré au grand-duché de Bade ; mais j'ai reporté ses indications sur ma carte. 

(3) Les chiffres de Wilser pour le cercle de Mannheim, dans le nord-ouest du pays, 
ne sont pas encore calculés par l'auteur. (Note manuscrite de 0, Ammon en 1898.) 



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56 ASSOCIATION FRANÇAISE POUR L AVANCEMENT DES SOENCES 

ObservateuB 

Cercle de Mosbach (nord-est du pays) 82,8 Ammoû. 

— Mannheim (nord-ouest du pays) 82 (?) 

— Heidelberg 83,1 (Mies) 

^ , , ^ , ^ / Vallée du Rhin 83,8 ^ 

Cercles de Karlsruhe, i ^ „. , ,, . ^ , 

1 w> j j»/^«. . J Collines entre celle-ci et le 

de Baden, d Offenburg < « u i j oo o v a 

^ , ' ., y Schwarzwald 83,3 > Ammon. 

etdeFnbourg. ( gchwarzwald 8*/ 

Cercles de Lorrah, Constance s . 83,6 

Cercle de Waldshut 85,8 Ecker 

— Villingen 84 (i) Am??o'n% 

Tout en n'ayant pas de chiffre exact pour le cercle de Mannheim, je le 
marque quand même sur la carte d'une teinte affectée à la sous-brachycé- 
phalie, attendu qu'il est entouré de tous côtés par les régions sous-bra- 
chycéphales : cercle de Heidelberg et de Mosbach à l'est, cercle de Karls- 
ruhe au sud, PalatincU Rhénan à .l'ouest. Pour ce dernier pays j'ai les 
mesures de Beddoe (85^ p. 233) sur 13 individus vivants (83,1), et celles de 
Mehnert (96) sur 6 crânes des deux sexes 80,8(82,8). Moyenne des 19 
observations : 83. Cependant je n'ai aucune indication sur la Hesse-Darms- 
tadt, qui se trouve au nord du cercle de Mannheim. Est-il aussi sous-brachy- 
céphale que le district de Giessen du grand-duché de Hesse, ou aussi 
brachycéphale que la province de Hesse-Nassau, c'est ce que décideront 
les recherches ultérieures. 

Pour le Wurtemberg^ l'indice céphalique moyen, sans distinction 
de régions, est voisin de celui de Bade : 82,7, d'après les mesures de 
0. Ammon (93^ p. 88), sur 98 conscrits, ou 83,6 d'après Beddos 
(93, p. 63). L'indice céphalique des Souabes de Tubingen est de 
84,2 d'après Welcker (*5), Dans son travail sur les formes crâniennes des 
Wurtembergeois, Hoelder (76) reconnaît trois types principaux : germa- 
nique (dolichocéphale), touranien (brachycéphale) et sarmate (intermé- 
diaire), avec des subdivisions et des combinaisons (49 en tout). Ses 
déductions ont pour base les mesures sur 962 crânes, dont 66 préhisto- 
riques, 170 de Reihengrâber et 178 modernes, provenant des cadavres des 
hôpitaux. Hoelder ne donne pas de moyennes, mais la carte jointe à son 
ouvrage représente la distribution des trois formes crâniennes déjà men- 

(1) D'après Ammon la région méridionale où se trouve ce cercle a an indicede 83,6 seu- 
lement; mais 5 crânes de Donaueschingen et de Tryberg, localités situées dans le cercle de 
Villingen, offrent un indice de 85,2 (^7,2) d'après Ecker C 55 j, et le district voisin, celui 
de Wolfach (cercle d'Offenburgj a 86; donc il est raisonnable de prendre le chiffre de 84 
pour cette partie du Schwarzwald. 



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J. DENfKKR. — LES RAGES DE l'bUROPE. —- INDICE GÉPHALIQUE S7 

tionnées suivant la prodéminance de Tune d'entre elles. Le type germa- 
nique du crâne domine dans le pays de dialecte franconien, au pied de 
TAlb et dans TAlgau; le type brachycéphale prédomine entre TAlb et la 
rive gauche du Danube, puis' sur la frontière de la Bavière autour dii lac 
de Constance, et aussi près du pays de Bade dans les contreforts du 
Schvirarzwald. Le reste du pays est au type mixte. En comparant ces 
données avec celles que j'ai recueillies sur les pays limitrophes (Bavière, 
Bade^ etc.), ainsi qu'avec les indices céphaliques moyens des crânes wur- 
tembergeois cités plus haut, je me crois autorisé de transporter les indi- 
cations de Hôlder sur ma carte, en assimilant sa zone germanique occu- 
pant le centre et le nord du pays à une région mésocéphale (80-81) et sa 
zone brachycéphale, qui borde le Wurtemberg de trois autres côtés, à la 
région brachycéphale (84-8S). Le reste du pays peut être compris dans la 
zone sous-brachycéphale (82-83). 

Cette distribution fait encore plus nettement ressortir l'îlot brachycé- 
phale du Schwarzwald habité par les Souabes qui se dresse à Test de la 
vallée sous-brachycéphale du Rhin. 

En Bavière une première indication sur la répartition des formes crâ- 
niennes fut donnée par le travail de J. Ranke (73-83) se rapportant aux 
2.000 crânes provenant des ossuaires situés sur différents points du pays. 
Voici le résumé de ce travail, ainsi que d'une note de Hofler (S^), suppo- 
sant valable pour toute une province le résultat de l'étude des crânes pro- 
venant d'un seul ou de deux points de cette province. 

Les Bavarois proprement dits (provinces Haute et Basse-Bavière, Haut- 
Palatinat) sont fortement brachycéphales (88,2); mais la bachycéphalie est 
surtout accusée vers les limites nord et sud du pays (ossuaire de Bfichel- 
feld vers la frontière de la Haute-Franconie, 8S,5 ; ceux de Priem 85,6 et 
de Tolz, 87, sur Ja frontière du Tyrol), tandis que dans fa vallée du Danube, 
dans celles de l'Inn et de Tlsar, elle est un peu atténuée (de 84,3 dans 
l'ossuaire de Chamraunster sur la frontière de la Bohême à 85,2 aux envi- 
rons de Munich). Les Franconiens sont très brachycéphales dans le Jura de 
Franconie (ossuaire de Waischenfeld, 87,5) comme leurs voisins de Saxe- 
Meiningen (voy. p. 53) et de la Bohême du nord- ouest (voy. p. 66); ils sont 
mésocéphales dans la partie est de la Basse-Franconie (ossuaire d'Ebrach, 
80,9), comme leurs voisins de Saxe-Weimar au nord et ceux du Wurtem- 
berg septentrional au sud ; enfin dans l'ouest de la Basse-Franconie, réap- 
paraissent les sous- brachycéphales (ossuaire d'Aschaffenburg, 83) au voi- 
sinage des brachycéphales de Hesse et de Wurtembei^. Quant aux Souabes 
de la Bavière, ils sont très brachycéphales (ossuaire de Welleshausen 87,3) 
comme leurs congénères du reste de l'Allemagne du Sud. 



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S8 ASSOCIATION FRANÇAIS! POUR l'aVANCEMBNT DBS SCIENCES ' 

Alleiaands Autrichiens. 

Les AUemandsde l'Empire Austro-Hongrois, sauf les Tyroliens ger- 
manophones que je vais décrire à part (voy. p. 39), ont été étudiés au 
point de vue anthropologique par Weisbach (92-98) dans quatre mémoires 
successifs consacrés aux mensurations de 5.855 soldats des provinces sui- 
vantes : Haute-Autriche (94), Basse-Autriche f92J, Salzbourg (95) etStyrie 
(98). On trouve aussi quelques renseignements sur les crânes allemands de 
la Styrie et de la Carinthie dans les mémoires de Zuckerkandl (84 et 89). 
Seulement cet auteur ne donne que les chiffres collectifs pour chaque 
groupe d'indices (d'après le système quinaire), et j'ai dû calculer, approxi- 
mativement, d'après ces données, les indices moyens qui, naturellement, 
sont entachés de ce fait d'une légère erreur, ne dépassant cependant pas 
une unité dans chaque sens. 

Les Allemands autrichiens offrent une uniformité remarquable dans la 
configuration de leur tête. Les quatre provinces qu'ils occupent presque 
exclusivement (Salzbourg, Styrie, Haute et Basse-Autridie) forment une 
zone sous-brachycéphale où l'indice ne varie guère de district à district 
qu'entre 82,1 et 83,9. Quatre petites régions font cependant exception à 
cette r^le : a) Deux régions brachycéphales : le coin nord-ouest de la 
Basse- Autriche, sur la frontière de la Bohême (districts de Zwettl et de 
Waidhofen avec des îlots de population tchèque) où l'indice s'élève à 84,3 
et à 84,8; et les deux districts (Deutsch Landsbei^ 84,5 et Feldbach) de la 
Styrie voisins de la partie de ce dernier pays occupée par les Slovènes* 
b) Deux régions mésocéphales ; l'une formée par le district deMurau (81,9) 
dans le sud-ouest de la Styrie; l'autre dans le sud-est de la Haute- 
Autriche, autour de Vienne et sur la frontière de la Hongrie (districts : 
Vienne, Baden, Hemals, Sechshaus, Bruck (de 80,8 à 81,8). 

Le peu de variation de l'indice est cause que sur ma carte les trois 
provinces se trouvent teintées presque en entier de la même couleur. Si 
j'avais pu y distinguer les différences d'unité en unité, on s'apercevrait 
que les indices les plus faibles (82 avec fractions) se trouvent presque tous 
dans les districts situés sur les deux rives du Mur, affluent de la Drave, et 
sur celles du Danube et de sesgçands affluents de droite. Parmi ces derniers 
il faut noter à part le Traun, qui prend sa source dans les monts de 
Dachstein, où se trouve la célèbre station préhistorique de Hallstatt (1). 

(1) Le district de Gmunden, où se trouve cette station, présente un indice moyen de 
82,2 seulement ; l'unique district où Tindice s'abaisse encore davantage est celui de Zell, 
(82,1) qui comprend la vallée de Pintschgau, prolongement de la zone sous-brachycé- 
phale du Zillerthal (voy. p. 61). Les quelques crânes préhistoriques de Hallstatt (17 en 
tout, je crois), conservés au Hofmuseum de Vienne sont très dolichocéphales (7Î,7, soit 
74,7 sur le vivant). 



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J. DENIKER. — LES RAGES DR l'EUROPE. — INDICE GÉPHAUQUE 59 

Cet abaissement de Tindice est dû peut-être au mélange des formes bra- 
chycéphales des anciens Boyouvares avec les formes dolichocéphales des 
peuples préhistoriques de Hallstatt. Ceux-ci, mineurs et marchands, se sont 
maintenus le long des cours d'eaux, laissant aux envahisseurs, pasteurs ou 
agriculteurs, les coteaux et les montagnes, riches en prairies naturelles 
où nous trouvons en effet les indices plus élevés (83 et fractions), quoique 
moins élevés que ceux de la Bavière (88), toujours à cause des mélanges. 

ZucKBRKANDL (84 dtSO) a trouvé parmi 1.400 crânes allemands de Styrie 
4,2 0/0 dolichocéphales, 19,2 mésocéphales, 83,4 brachycéphales et 23 
hyperbrachycéphales. J'ai calculé approximativement d'après ces données 
un indice céphalique moyen de 82,1, soit 84,1 sur le vivant. Il diffère de 
1,2 de celui que donne Wiesbach dans le travail cité plus haut (98) 
comme moyenne (82,9) pour ses 2.797 soldats styriens allemands. Zucker- 
kandl a mesuré également 1.546 crânes à! Allemands de la Carinthie et a 
trouvé parmi eux : 5,7 0/0 de doUchocéphales, 29,3 de mésocéphales, 48 
de brachycéphales et 17 d'hyperbrachycéphales. Je calcule d'après ces don- 
nées un indice moyen de 81,3, soit 83,3 sur le vivant, ce qui rapproche 
ces Allemands de ceux de la Haute-Autriche et aussi des Slovènes de la 
Styrie et de la Carinthie. 

Quelques données encore sur les Allemands de la Moravie. D'après les 
mesures de Himmel sur 38 soldats du district de Znaim, mises en œuvre par 
Weisbach (89), ils auraient un indice de 84, un peu supérieur à celui des 
autres Allemands autrichiens. 



Tjrrol et Vorarlberg ; Ladins et Frioulans. 

Le Tyrol mérite d'arrêter l'attention un moment, comme terrain de 
passage entre le monde germanique et l'Italie. Les données concernant la 
craniologie de ce pays ne manquent pas. Environ 8.500 crânes ont été 
décrits et mesurés par Tappkinkr (80, 83 et 94), Holl (84-87), Zuckerkandl 
(84), Ranke (80), Rabl-Ruckhard, (78-81), Moschen (90-92); les indices de 
3.300 individus vivants ont été pris par Tappeiner (ibid.). Malheureusement 
les résultats des observateurs principaux, Holl, Tappeiner et Moschen, ontété 
présentés sous la forme de sériation soit des indices individuels, soit des caté- 
gories d'indices (brachycéphales, mésocéphales, etc., d'après la nomen- 
clature quinaire). Told (94) a même résumé dans un grand tableau les 
résultats des recherches de ces deux auteurs, mais toujours en donnant 
seulement le pourcentage de chaque catégorie d'indices. 

Dans ces conditions, il m'a fallu calculer les indices céphaliques moyens 
d'après les sériations. J'ai pris pour base de ces calculs les sériations indi^ 
vidueUes des mesures sur le vivant de Tappeiner, et Je les ai complétées 



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60 ASSOCIATION FRANÇAISE POUR L'AVANCEMENT DES SCIBNGB8 

(pour les localités pour lesquelles il n'y avait pas de mesures sur le 
vivant) par les indices (majorés de deux unités, comme toujours), déduits 
des mesures crâniennes des registres de Holl ou du mémoire de Told (1). 
J'ai pu donner ainsi un tableau des indices moyens pour 43 régk)ns du Tyrol 
et du Vorarlberg (1), et transporter ces données sur une carte à grande 
échelle, dont la réduction figure sur la carte jointe à ce mémoire. Il fauî, 
dire tout de suite que dans leurs grandes lignes, les résultats que j'ai 
obtenus sont conformes à ceux que formulent les auteurs cités plus haut. 

Si l'on examine ma carte, ou même sa réduction, on est frappé tout d'abord 
de la différence entre le Tyrol allemand et le Tyrol italien. Le premier est une 
région où labradiycéphalie est la règle. Sauf le bassin du Zill et les vallées 
de quelques affluents de gauche de la Drave, tout le Tyrol de langue alle- 
mande (y compris le Vorarlberg) est peuplé de brachycéphales . Sur un 
fond général de brachycéphalie franche (84 et 8S) se dessinent même deux 
régions hyperbrachycéphales : 1® le nord-est du Vorarlberç (Bregenzerwald, 
86,1 et Walserthal, 86) prolongement probable des pays brachycéphales 
Souabes et Bavarois (voyez p. S7); 2® les deux vallées latérales de l'Adige : 
celle de Passeyer à gauche, 86,9 et celle d'Ultenthal avec Tisens à droite, 
86,4) (2) ; et, plus au sud, le petit district de Deustch-Nonsbei^ (87,5) 
à population mixte italo- allemande. A part cette dernière r^on, 
toutes celles que je viens de citer sont peuplées, d'après Tappeiner (83), 
par les descendants des Bayouvares, plus ou moins mélangés aux Ladins, 
Dans le reste de la partie brachycéphale du Tyrol, les vallées peuplées par 
les descendants des Boyouvares (llnterinnthal 85, Eisakthal, 8^), sont plus 
brachycéphales que celles où la population descend des Alemanni (vallée 
duLech 84,2, Ober-Innthal 84,1, Oet^thal 84,6, Haute-VaUée de l'Adige 
ou Ober-Vintschgau, 84,5, etc. ) (3). 

Mais le trait le plus caractéristique de la répartition de l'indice cépba- 
lique dans le Tyrol allemand, c'est l'existence dans l'extrême est de ce 

(1) Je ne puis publier ce tableau faute de place; on verra cités dans mon exposé les 
principaux chiffres quUl renferme. Je me contenterai d'ajouter que sur 43 séries des diffé- 
rentes régions (pour la plupart des yallées diverses) de ce tableau, 40 se composent déplus 
de 20; sujets ou crânes' (souvent plus de 100) ; 3 séries seulement (c^es de Stanzerthal, 
d'Alpachthal et de Silberthal avec Montafon) ne comptent que 17 ou 18 individus. Les 
séries les plus fortes sont de 406 sujets (Unter- Vintschgau) et de 512 crânes (Rheinthal). 
L'indice le plus faible est de 81,6 (Fleimsthal et Cavalese), le plus fort 88 (Stanzerthal). 

(2) L'hyperbrachycéphalie s'accuse encore davantage au point de renconlre des deux 
vaUées mentionnées, autour de la ville de Meran, dans ce qu'on appelle le cerde de 
Burggraffenamt (87,2). Le fait est à noter, car c'est là, ainsi que dans l'Dlthental que l'on 
trouve le plus des faces arrondies et des nez concaves, le reste du Xyrol étant caracté- 
risé par les faces allongées [Told (94), p. 29] . 

(3) L'élévation relative de l'indice dans ces deux dernières vallées est peut-être due à un 
mélange avec les Ladins. dépendant la vallée moyenne de l'Adige, peuplée d'Alemanni les 
plus purs donne Tindice de 85. 



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J. I>ENIKER. — ' LES RAGBS DB L'bUBOPB. — INDICE GÉPHALIQUE 61 

pays d'une zone où la brachycéphalie s'atténue considérablement. Je veux 
parler du Zillerthal ou val de Zill avec ses vallées latérales (Gerlosthal, 
Taxerthal) et du pays de Vindisch Mattrei, arrosé par les tributaires de 
gauche de la Drave, c'est-à-dire 111 et ses affluents, le Kaiser et le Defer- 
regen. Dans la première de ces régions, l'indice céphalique ne monte 
guère qu'à 8â,4 ; dans la seconde il est de 83,5, tandis que dans les 
districts environnants, il se maintient entre 84,2 et 83. 1 Ni HoU, qui 
le premier avait constaté ce fait, ni Tappeiner, ni Told ne lui trouvent 
d'explication plausible. Cela provient de ce que tous ces auteurs ne 
considèrent que le Tyrol pris à part. Si on envisage au contraire ce pays 
en connexion avec la distribution de l'indice dans le reste de l'Europe, 
on s'apercevra (voyez la carte) que la région Zillerthal -Vindisch 
Mattrei n'est que la terminaison occidentale d une vaste zone sous- 
brachycéphale couvrant le territoire des Allemands d'Autriche (voy. p. 58) 
descendants probables de la race de Hallstatt. 

Le Tyrol italien se distingue du Tyrol allemand, comme je l'ai déjà dit, 
par sa brachycéphalie très modérée. En effet, l'indice y tombe à 83,5 et 
au-dessous. Même la région mixte de Neumarkt-Truden (vallée moyenne 
de l'Adige), où l'on parle les deux langues, est atteinte : sa population est 
sous-brachycéphale (83,4), comme celle de la haute vallée de la Sarca ou 
Judicarien (83,5). Dans la basse vallée de l'Adige et dans le Val Sugana, 
l'indice céphalique diminue encore d'une unité (82,4 et 82,5), pour attein- 
dre son minimum dans le Fleimsthal ou Val di Fiemme (81,6). C'est le 
seul district mésocéphale de tout le Tyrol (1). 

D'ailleurs, la zone sous-brachycéphale avec des îlots mésocéphales se 
prolonge plus au sud, en Italie, dans la vallée de l'Adige (province de 
Vérone 83,4, de Rovigo 83,6, etc.). Cette zone italo-tyrolienne, dont la 
population descend peut-être d'une seule et même souche à tête méso- 
céphale, à stature basse, aux cheveux foncés (voyez Livi (93, p. 145) se 
rallie au sud par le Bolonais au territoire sous-dolichocéphale des anciens 
Étrusques et au sud-ouest à la Ligurie mésocéphale, contournant à l'est ■ 
et à l'ouest le massif brachycéphale moyen de la Haute Italie (voyez p. 29;. 

Passons aux Ladins du Tyrol. Tappeiner (83) considère comme Ladim 
occidentaux les habitants de la commune de Taufers dans la vallée du 
Munster ; ils n'ont abandonné en effet l'usage de leur idiome que depuis 
un demi-siècle seulement. Leur indice céphalique (85) ne diffère presque 
pas de celui des Ladins orientaux, cantonnés à l'est de l'Adige (85,3) et 

(1) Il est intéressant à noter que des deux vallées dites Val-di-Non ou Nonsberg, celle 
qui est formée par la rivière Noce (Welsch Nonsberg), peuplée des Italophones a un 
indice de 81,8, tandis que celle de Romedio (Deutsch Nonsberg), afûuent de gauche du 
Noce, peuplée de Germanophones, a l'indice de 87,5, comme je Tai déjà dit plus haut. 



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1 

fi 

M 



62 ASSOGIATIOII FRANÇAISB POUR L'àVANGEMBIIT DES 8GIBNGBS . 

se rapproche de Tindice des Roumanches qui parlent la même langue (86 
et au delà, voyez p, 33). 

Mais l'indice céphalique des Ladins orientaux en bloc, n'est qu'une 

expression arithmétique. Si l'on examine la population de chaque vallée 

à part, on s'aperçoit qu'il y a dans la population parlant l'idiome ladin, 

des variétés de formes crâniennes aussi grandes que dans le reste du Tyrol. 

Ainsi, les habitants du Grôdenthal se distinguent par tine hyperbrachy- 

céphaUe très marquée (87,6), tandis que ceux du Gaderthal, plus rapprochés 

de la zone sous-brachycéphale des affluents de la Drave, ne sont que bra- 

chycéphales (85,8). Dans la vallée voisine, celle de Passa, l'indice est 

presque le même (85,4), mais il s'abaisse considérablement plus au sud, 

I dans la vallée du Buchenstein (un des vais latéraux du Gordevole) où 

I il passe dans la catégorie des sous-brachycéphales (83,6). 

] Les Frioulam de l'Italie (province d'Udine) et de Tlstrie, que ron 

^ compte parmi les Ladins pour des raisons linguistiques, ne se distin- 

^ guent pas beaucoup,* comme indice céphalique, des Ladins en général. 

^^ Cependant je ne possède que des renseignements indirects à ce sujet. 

Zuckerkandl donne dans le t. X de I'CHSsterrbighisghe, Monarchie (P/j la 

sériation par groupes quinaires (brachycéphales, mésocéphales, etc.) d'une 

collection de crânes des Frioulans de l'Istrie, dont il n'indique pas la 

force numérique. J'ai donc calculé approximativement l'indice céphalique 

moyen d'après cette sériation ; il est de 82,6, soit 84,6 sur le vivant, 

c'est-à-dire presque le même que l'indice céphalique moyen de la pro- 

i vince d'Udine, 84 d'après Livi (95), peuplée presque exclusivement de 

Frioulans, parlant cependant aussi presque tous l'italien (1). 

Populations slaves. 

Je vais traiter ensemble les Slaves de l'Allemagne, de l'Autriche- 
Hongrie, de la Russie et de la presqu'île Balkanique, ne serait-ce que pour 
montrer combien est différent le type physique de ces populations malgré 
la parenté des langues. Mon opinion sur la diversité des types slaves, 
formulée il y a déjà quelque temps (voyez par exemple, mon article 
« Slaves » dans le Dictionnaire de géographie, de Vivien de Saint-Martin, 
tome YI, p. 985 Paris, 1890-92), vient d'être confirmée jusqu'à un certain 
point dans le travail de premier ordre, que vient de publier L. Niderlk 
(96), Et cependant, le savant tchèque cherche encore à établir un « type 
slave » ou une a race slave » spéciale, tandis que tous les matériaux dont 
il s'est servi (et dont je me suis servi également en les complétant de 
quelques autres) parlent contre cette hypothèse. 

(1) U serait intéressant d'avoir les mesures céphaliques des TchUcha, ladins slaviséi 
du nord de llstrie. 



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J. DENIKER. — LES RACES DE LBUROPE. — INDICE CÉPHALIQUE 63 

Pour la facilité de l'exposition, je divise les Slaves en trois groupes lin- 
guistiques . et géographiques en même temps : occidental, méridional et 
oriental. 

I. — Slaves Occidentaux. 

Les Vendes, Sorobes ou Loujilchans de la Lusace prussienne paraissent 
être brachycéphales , du ^ moins d'après le seul document existant : 
mesures de 7 hommes (84) et de 7 femmes (84,9) du village de Sahsow, au 
nord-ouest de Cottbus, prises par Virchow (75). Les deux séries réunies 
donnent une moyenne de 84,5 qui range les Vendes parmi les brachycé- 
phales. Les H crânes vendes exhumés d'un cimetière de Musckau, près de 
Halle (Saxe prussienne) datant du siècle passé et mesurés par Broesike 
Anthropol. Samml, V. (80) offrent, d'après mes calculs, un indice moyen 
de 81,2 (83,2 sur le vivant), un peu supérieur à celui des Thuringiens 
leurs voisins. Dans le Catalogue du Musée deGôltingue de Spengel(7^) on 
trouve les mesures de 6 crânes de Vendes du district de Luchow (rive 
gauche de TElbe, Hanovre) où actuellement encore les Vendes repré- 
sentent 2 0/0 de la population totale. L'indice moyen de cette série, 
calculé par moi, est de 82,7, soit 84,7 sur le vivant. 1 crâne Vende du 
Muséum de Paris a l'indice de 93,4 (De Quatrefages et Hamy.) Rappro- 
chant ces données sur les 18 crânes et celles que je viens de citer sur 
le vivant (14 sujets), on peut provisoirement fixer à 84,6 l'indice cépha- 
lique moyen des Vendes en général. 

Les données sur les Polonais de la Prusse sont rares et incomplètes. 
Lissauer (7i) décrit une série de 13 crânes de Poméraniens, ou de 
Ka^hxyubes Qihxxmè^ d'un cimetière du xvii® siècle dans le cercle de ,Car- 
thaus (district de Dantzig, Piusse occidentale). L'indice céphalique moyen 
de la série est de 80,2 (82,2), c'est-à-dire mésocéphale. Je ne connais pas 
d'autres mesures de crânes modernes ou des Polonais vivants ni en J^os- 
nanie ni dans le reste de la Prusse. 

Pour les Polonais de la Russie, on est un peu mieux renseigné, 
Olechnowicz (93) a mesuré 384 Polonais du a gouvernement » ou pro- 
vince de LubUn (182 hommes et 202 femmes). Il les groupe en trois classes 
(nobles, petits bourgeois, paysans). L'indice céphalique moyen varie peu 
suivant les classes (82,S chez les petits bourgeois, 84 chez les femmes de 
la noblesse) et encore moins suivant les sexes (hommes de toutes les 
classes 83,5; femmes id. 83,8). Je reporte donc le chiffre moyen général, 
pour les deux sexes, 83,7, sur ma carte dans la partie ouest de la province 
de Lublin (la partie est étant peuplée de Petits Russiens). Le même auteur 
(9S) a mesuré les Mazoures de la commune de Grâbovo (district de 
Chtchoutchin ou Szczuczyn, dans le nord de la province de Lomja) en les 



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64 ÀSSOGIATlOll FRANÇAISE POUR l'aYANCEIIENT DBS SCIENCES 

divisant en deux classes : les c Chliakhta » ou petite noblesse (100 hommes 
et 4S femmes) et les paysans (38 hommes et 9 femmes). Les premiers ont 
Tindice plus brachycéphale (82,6 pour les hommes, 82»8 pour les femmes) 
que les seconds (81,3 pour les hommes, 80,7 pour les femmes) (1). La 
moyenne générale, sans distinction de classes, est de 82,2 pour les hommes, 
de 82,4 pour les femmes ; indices très voisins de ceux des Kachoubes, et 
que j'adopte provisoirement pour tous les Mazoures du nord de la province 
de Lomja. 

Le sud-est de cette province, ainsi que les districts avoisinants des pro- 
vinces de Souvalki, de Siedlets et de Grodno (l'ancien Poliecié) sont habités 
par les PodUmens ou PoMiachanes (Polonais mélangés aux anciens Yat- 
viagues ?), pour lesquels Talko-Hrincbwigz (93) donne un indice moyen 
mésocéphale [81,8 d'après 20 (ou 47?) hommes vivants]. 

Pour les autres provinces de la Pologne russe, c'est-à-dire pour toute 
la Pologne russe située à l'ouest de la Vistule, j'admets provisoirement 
le chii&e de 80,9 que dohne Elkind (96) d'après ses mesures sur 375 
ouvriers. Cet indice céphalique mésocéphale est sur la limite de la sous- 
dolichocéphalie (2). 11 sera bon de noter que la plus grande partie des 
Polonais mesurés par cet auteur sont originaires de la province de Varsovie 
(156 sujets); viennent ensuite ceux de la province de Plotrokov (16 sujets) 
et de Kalich (14 sujets). Les autres provinces ne sont représentées que 
par des séries variant de 1 (Souvalki) à 8 sujets (Plotsk et Radom) ; celless 
de Lomjà et de Lublin ne sont pas représentées du tout. ' 

En somme, les Polonais à l'ouest de la Vistule, de même que les 
Mazoures et les Kachoubes sont mésocéphales (80,1 à 82,2), tandis que 
ceux du sud-est de la Pologne russe (Lublin) sont brachycéphales (83,7) 
probablement par suite des mélanges avec les Petits-Russiens (voyez plus 
bas). 

Polonais de la Galicie. — Dans leurs remarquables travaux sur les 
populations galiciennes, Majer et KoperniIcki (77 et 85) ont donné un 
tableau anthropologique suffisant des Polonais del'Autriche.En 1877, ils ont 
mesuré 1.078 hommes de 20 à 25 ans et leur ont trouvé l'indice céphalique 
moyen de 84,4, concordant bienavec ce qu'avait dit, à propos du crâne polo- 
nais A. Retzius (42) et Wkisbach (74) d'après les mesures sur 40 crânes 

(1) La sériation confirme ces données : 63 brachycéphales et 10 dolichocéphales chex 
les nobles contre 60,5 brachycéphales et ti dolichocéphales chez les paysans. Ainsi donc, 
contrairement aux idées d'AMMON et de V. de Lapodge, les classes dirigeantes sont plus 
brachycéphales ici que les classes dirigées. (Voyez mon analyse du travail d'Olechnowicz 
dans VArUhropologiey 1896, p. 351.) 

(2) Elkind a mesuré aussi 149 femmes, pour la plupart (140) ouvrières de la province 
de Varsovie. Leur indice céphalique moyen est de 81,4 l^èrement supérieur à celui des 
hommes. 



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J. DENIK£A. — LES RACES DE L*EUROPE. — INDICE CÉPHALIQUE 6S 

(82,9, soit 84,9). Le fait a été confirmé d'ailleurs depuis par Tétude de 
KoPERNiCKi (87) sur 28 crânes de deux sexes d'un faubourg de 
Cracovie, datant du xvu^-xviii® siècle (82,6, soit 84,6). En examinant 
en 1885 plus en détail une nouvelle série de 1.401 Polonais galiciens 
(1.187 hommes et 214 femmes), Majer et Kopernicki (8^) oui pu établir 
la distribution géographique des différents caractères anthropologiques 
de cette population. L'indice cépbalique moyen trouvé par les savants 
polonais sur leurs compatriotes était cette fois un peu inférieur (83,5) à 
celui que donna la série de 1817 (1) . 

Quant à la distribution géographique des indices, nous la donnons dans 
le tableau suivant : 





MENSURATION 1877 


MENSURATION 1885 1 


RÉGIONS 




"— — - 




.— i— . 




NOMBRE 


INDICE 


NOMBRE 


INDICE 




de 


cépha- 


de 


cép ba- 




sujets. 


lique. 


sujets. 


nque. 


' HOMMES 










1. Montagnards des Beskides occidentale et 










orientale 






159 


83,1 


2. Montagnards de Podhale (Tatra, district 










Nowoterk) 






164 


85,3 


Montagnarde en général (4+ 2) , . . . 


85^ 


84,6 


3^3 


84,% 


3. Habitants des avant-monts (distr. scol. 










Jaslo, Cracovie, etc.) 






356 


81,9 


4. — des plaines (distr. scol. Rzeszow. 










Robczyc, etc.) 






413 


82,9 


5. — de la basse région (à droite de la 










Vistule) 






39 


82,1 


6. — de la Galicie orientale (dispersés 










parmi les Ruthônes) 






84 


81,9 


Habitants de la plaine en général (4 + 5 + 6) 






536 


««,5 


Les Liakhs de la plaine et des avant-monts (3 à 6) 


7316 


83,8 


894 


83 


FEMMES 










Polonaises en général 






190 


81,4 


— delà montagne (Goralki) 






135 


82 


— de la plaine (Laszki) 




153 


81,3 



On voit par ce tableau que les Polonais de la montagne (Gorali) sont 

(1) Voici la comparaison des deux séries par groupes d'indices : 

En 1877 7,5 0/0 dedolicho.' ll,4demésoet83,4 de brachycéphales 

En 1885 7,6 — 20—71 — 

Cette comparaison ne dit pas autre chose que les moyennes, savoir : la prédominaiice 
des brachycéphales en général, et çlus forte dans la première série que dans la seconde. 



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66 ASSOCIATION FRANÇAISE POUR l'aVANGEMENT DES SaENGES 

en général plus brachycépbales que ceux de la plaine (Lachi). Les 
Podhaliens du massif du Tatra, le plus élevé des Karpathes (2.663 mètres), 
se font surtout remarquer pour leur brachycéphalie extrême, signalée aussi 
par Lbbon (Sf, p. -237) qui leur attribue un mdice céphalique de 83,8, 
d'après les mesures sur oO sujets (avec des variations individuelles allant 
de 80,5 à 94,2). Le tableau montre aussi que les Polonais de la plaine gali- 
cienne sont presque aussi sous-brachycéphales que ceux du sud-est de 
la Pologne russe. D'une façon générale l'indice céphalique diminue en 
Galicie en allant des régions montagneuses vers la plaine en même 
temps que de l'ouest à l'est. 

Tchèques, Moraves et Slovaques. — Grâce aux travaux de L. Nibderle 
(92 à 96} et de Matieg&a {9i à 98)^ on commence à connaître un peu ces 
populations, sur l'indice céphalique moyen desquelles on n'avait jusqu'à 
ces derniers temps que des données générales : les indications sommaires 
de Gregr {ëS) et de Zuckerkandl (84) qui donnent les indices de 85,8 et 
de 84,7 sur les séries de 25 et de 39 crânes; puis les chiffres tirés par 
Weisbach (67-74) de ses mesures personnelles sur 40 crânes tchèques de 
la Bohême et de la Moravie (83,1, soit 85,1) et (^^Pj des mesures de Himmel 
sur 37 soldats tchèques du district de Znaïm (Moravie) qui donnent 
l'indice céphalique moyen de 83,6 (1). 

Profitant des travaux des savants que je viens de citer, on peut dire ce 
qui suit sur Tindice cépalique des Tchèques et des Moraves. Dans l'est de la 
Bohême où l'on parle tchèque, on constate une forte brachycéphalie: Nie- 
DERLE (92 et 96) a trouvé sur 60 crânes (sexes mêlés) de Zamber ou 
Senftenberg l'indice céphalique moyen de 84,6 (86,6), tandis que le 
même auteur (92) et Matiegka (92), opérant sur 395 écoliers de Lobositz ou 
Lowosilz (au nord de Prague, près de la limite linguistique entre Tchèques et 
Allemands), sur 126 écoliers du village de Neu-Paka (près Jitchin) et sur 
65 du village Pouchov (près Kôniggratz), dans la Bohême orientale ont 
trouvé les indices variant de 87 à 87,2, correpondant à 86 ou 86,5 chez 
les adultes (2). Enfin les 296 crânes tchèques des ossuaires de Melnik, 
de Trebivlicich et de Budyn (près Kôniggratz) tous en Bohême orientale, 
mesurés par Matiegka (96), lui ont donné un indice céphalique moyen 
de 83,3 soit 85,3 sur le vivant (les deux sexes mêlés, les hommes ayant 
85,2 et les femmes 85.6). 

Ainsi donc, pour toute la partie nord-ouest, nord-est et est du terri- 
toire tchèque, on peut admettre les indices céphaliques hyperbrachycéphales 
aux environs de 86 ou 86,6 ; pour le reste du territoire, je retiens, en 
attendant mieux, le chiffre de Weisbach (85,1). 

(1) On trouvera chez Matiegka (98) la liste complète des travaux craniologiques moins 
importants sur les crânes tchèques ou slovaques. 

(2) Voy. aussi à ce propos CEsterreich.-Unq, Monarchie t. xiv, p. 3ô8. 



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i. DENIKER. — LES RAGES DE l'eUROPE. — INDICE GÉPHALIQUE (i7 

Quant aux Moraves ou Tchèques de la Moravie, le D*^ Obolensky 
(88) a mesuré S3 crânes de « Hanaks » (villages de Petrovice et de Duhro- 
vice, dans Touest de la Moravie) et 32 crânes de « Podhoraques » (villages 
de Nakle-Priva et d'Olomouck, est de la Moravie). Il a trouvé pour lt?s 
premiers Tindice de 86, pour les seconds 8o,3» U est curieux d'opposer à 
ces indices hyperbrachycéphales, la sous-brachycéphalie des Tc^ièquesde 
Znaïm (.Woravie du sud) cités plus haut (83,6). Serait-ce Tinfluence de 
mélanges avec leurs voisins les Allemands de la Haute et de la Basse- 
Aulriche? On pourrait le croire si cependant on n'avait pas ces faiLs 
contradictoires; les Allemands du même district de Znaïm ont un indice 
brachycéphale (84), d'après Weisbach (89) et ceux du noni-ouest de la 
Haute- Autriche, mêlés de Tchèques, ont aussi l'indice brachycéphale 
(voy. p. 58). 

En ce qui concerne les Slovaques, voici quelques chiffres: 18 crânes 
(sexes mélês) de « Valaques » d un ossuaire du xvni® siècle à Ticha, pris 
Frankenstadt, (cercleNew-Bitschein, prèsdelafrontièreSilésienne, Moravie), 
et 9 crânes slovaques d'Altstadt ou Stare-Mesto, près Ungarisch Hradist 
(Hongrie occidentale), mesurés par Niederle (95), donnent respectivement 
les indices céphaliques moyens de 83,7 (8o,7) et de 84,9 (86,9). Une série 
de 20 crânes de « Slovaques de la Hongrie nord-occidentale et de la Mora- 
vie » décrite par Weisbach (74) accuse un indice céphalique moyen de 
83.5 (83.5). Réunissant tous ces chiffres, nous trouvons une moyenne de 
8S,9 comme indice des Slovaques en général. 

II. — Slaves méridionaux. 

Les Slovènes. — Je n'ai pu trouver que deux indications relativee à 
l'indice céphalique des Slovènes. Weisbach (74) leur assigne Tindicfî 
moyen de 81,3 (83,3) d'après ses mesures sur 19 crânes de Slovènes de la 
Styrie méridionale (Steiermark) et du Carniole (Krain). Cependant la série 
est peu homogène : on y trouve lo 0/0 de dolicho, 9 de méso, 48 de 
brachy et 27 d'hyperbrachycéphales (d'après la nomenclature quinaire). 

Dans une série de ^00 crânes Slovènes du Carniole (Krain), mesurés par 
Zlckerkandl (89), ce savant a trouvé 0,8 0/0 de dolicho, 19,5 de 
méso, 37,2 de brachy et 42,5 d'hyperbrachycéphales (d'après la nomen- 
clature quinaire). Malheureusement il ne donne pas de moyennes, et il 
m'a fallu les calculer d'après sa sériation avec une chance d'erreur, bien 
entendu. L'indice que j'ai obtenu est de 83,5, soit 85,5 sur le vivant. 

J'admets donc provisoirement le chiffre de 85,4 (moyenne des deux ob- 
servateurs) comme indice céphalique moyen des Slovènes en général (sauf 
ceux du sud-est de la Carinlhie sur lesquels je n'ai aucun renseignemeni). 

Serbo-Croates. — Presque tout ce que l'on sait sur l'indice céphalique de 
cette population, on le doit aux travaux de l'infatigable D"* Weisbach. 



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68 ASSOCIATION FRANÇAISE POUR L* AVANCEMENT DES SCIENCES 

Il a examiné d'abord (74) une série de 7i crànes provenant presque par 
moitiés égaies, d'une part des Dalmatiens (34 crànes) et, d'autre part 
des Croates de l'Istrie, de Tancienne frontière militaire, de la Slavonie et 
de la Croatie (38 crânes). L'indice cépbalique moyen de cette série est de 
84, soit 86 sur le vivant. Comme l'indice cépbalique moyen des Dalmatiens, 
déduit des autres documents (1), est sensiblement le même, on peut 
admettre, sans grave erreur, pour les autres Serbo-Croates de rAutriche- 
Hongrie l'indice cépbalique moyen de 86 (2). 

Quant aux DalmatienSy voici leurs indices par provinces d'après les 
mesures sur 73 crânes (ramenées par moi au vivant), publiées par Weisbach 
(84) et d'après les mesures de Zabipa (86) sur une série de 22 crânes 
du district de Raguse (82,2), sur 30 vivants du même district (83,1) et 
sur 30 vivants du district de Zara. 

Les îles du nord, Loussin, Cberzo et Veglia (10 crânes de Weisbach), 
ont une population très bracbycépbale (87,9) ; l'indice cépbalique s'abaisse 
à Zara (83,6 d'après Zampa), et surtout dans les districts situés plus au 
sud, Sebenico, Spalato et Makarska, avec les îles Zlarin et Brazza (83,5 
d'après 9 crânes de Weisbach). La bracbycéphalie reprend ses droits dans 
les districts de Lésina et de Curzola (avec Sabioncello) situés au voisinage 
de Makarska (86,1 d'après 8 crànes de Weisbacb). Pour Raguse, l'indice 
cépbalique du district (84,8 d'après 19 crânes de Weisbach) est un peu 
plus élevé que celui de la ville (83 d'après Hi mesures de Zampa), mais 
néanmoins la moyenne des 71 mesures pour le district et la ville (83,5) 
est encore dans les limites de la sous -bracbycéphalie. Le district le plus 
méridional de la Dalmatie, celui de Cattaro, accuse une hyperbrachycéphalie 
(87,2 d'après 17 crânes de Weisbach) aussi forte que les îles situées à l'ex- 
trême nord du pays. Je n'ai pas de renseignements pour les districts 
intérieurs, non côtiers, de la Dalmatie (Knin, Demis, etc.). 

En somme, en Dalmatie on remarque Thyperbrachycéphalie extrême aux 
deux bouts du pays, puis au milieu, alternance de régions brachycéphales 
(Zara et Lesina-Curzola) avec des contrées sous-brachycépbales (Raguse et 
Spalato, Sebenico-Makarska). 

Les Serbes de la Bosnie- Herzégovine ont été l'objet d'une étude spéciale 
très complète (3j de la part de Weisbach (95-96). L'indice cépbalique 
moyen de 3.803 soldats bosniaks est de 8d,7 avec de très faibles variations 

(1) Weisbach (89) donne l'indice cépbalique moyen de 87 sur 50 Dalmatiens vivants, et 
la moyenne de la série que j'ai composée (voyez plus bas, p. 68) est de b5. 

(2) Voici, à titre de complément, les cbiffres extraits d'un autre travail de Weisbach 
(84): 6 crânes d'istrie: 85,1 (87,1); 6 crânes de Fiume (côte croate), 84,6 (86,6). 

(3) Cette étude a été faite, non seulement par régions, mais encore par confessions. 
Disons à ce propos que les différences, non seulement pour l'indice cépbalique, mais pour 
plusieurs autres mesures sont minimes entre les Serbes catholiques, musulmans et 
orthodoxes. 



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J. DENIKBR. — LES RACES DE l'eUROPE. — INDICE CÉPHALIQUE 69 

suivant les six provinces. Les deux provinces de Test offrent les plus grands 
écarts : la province de Serajevo au sud, avec un indice relativement bas 
(84,6) et celle de Tusla au nord avec un indice relativement haut (86). Les 
autres provinces offrent des indices variant à peine de quelques décimales, 
Bihac 8S,2, Travnik 83,3, Mostar (ancienne Herzégovine) 8S,5 (1) et Ban- 
jaluka, 83,7. Si Ton considère la distribution pour cent des brachy et des 
dolichocéphales, la répartition changerait un peu : les provinces les plus 
brachycéphales seraient celles du sud-ouest (Mostar 87 0/0 de brachycé- 
phales, Travnick 86 0/0), et celles de Test, les moins brachycéphales 
(Serajevo, 81 0/0, et Tusla, 83 0/0). 

Les Bulgares, qui forment le passage des Slaves méridionaux aux Slaves 
orientaux, méritent un exposé un peu détaillé, car nulle part jusqu'à pré- 
sent on n'a traité la question d'ensemble de leur indice céphalique. 

Longtemps les mesures de o crânes par Scheiber (73), de 2 crânes 
par Hovelacque (7 5} y de 11 crânes par Kopernicki f75j, de 2 crânes par 
Beddoe (79) et de 31 crânes par Tikhomirop (79) étaient les seules données 
que Ton possédât à ce sujet. Virchow (86) y ajouta la description de 
3 crânes. Un crâne bulgare du cimetière ancien de Sofia, faussement 
indiqué comme provenant d'un dolmen, a été décrit par Scorpil (89) [Voir 
aussi Virchow (89)]. Enfin tout récemment parurent les premiers travaux 
d'anthropométrie sur le vivant concernant les Bulgares: le mémoire de 
Ghinkoulof (98) et surtout l'ouvrage de Bassanovitch (91). 

Les 23 crânes décrits par Scheiber, Hovelacque, Kopernicki, Beddoe, 
Virchow et Scorpil offrent deux types différents, dolichocéphale et bra- 
chycéphale. En les triant d'après leur provenance, je me suis aperçu que 
les sept crânes de Plevna, Choumla et Rouchtchouk, c'est-à-dire de la 
plaine de la Bulgarie proprement dite, ont des indices respectifs de 78,7, 
76,6, 73,9, 77,4, "7 et 88,8, soit en moyenne 78,6 ; tandis que ceux de la 
Macédoine, de Sofia et de Kôstendil (région montagneuse de la Bulgarie 
voisine de la Macédoine) ont les indices 83,7, 74,2 et 82,9 ; moyenne 
80,3 (82,3 sur le vivant). Enfin les crânes de Kazanlyk et de 
Slivno (Roumélîe orientale) ont les indices de 76,7 et de 76,4. Les 
13 autres crânes ne portent aucune indication sur leur provenance, 
mais comme tous ceux de la série de Kopernicki (sauf un qui est d'Andri- 
nople), proviennent de l'amphithéâtre anatomique et d'un cimetière de 
Bukharest, on peut supposer qu'ils appartenaient aux Bulgares de la partie 
est de la principauté, voisine de la capitale roumaine, probablement du pays 
entre Rouchtchouk et Choumla. L'indice moyen de ces 1*2 crânes est de 

(1) Dans un travail précédent WeisbacH('^9j avait trouvé l'indice de 87,2 sur 180 soldats 
dont 59 étaient de la Bosnie et 121 de l'Herzégovine. Gluck (91) a trouvé un i ndice invrai- 
semblable de 76,9 (!) sur 140 Bosniaks ; il doit y avoir une faute d'impression, car Tordi- 
nation quMl donne accuse seulement 18 0/0 de dolichocéphales (au dessous de 75). 



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70 A^SOGUTIOM FRANÇAISE POUR l'aVANGBMENT DES SCIENCES 

76,6 (78,8). Les 10 crânes de « Bulgares modernes » mesurés par Tikbomirof 
sont indiqués comme provenant de la « Bulgarie Danubienne t> et ont été 
recueillis par Korotnef à Bukharest. On peut donc les considérer comme 
venant à peu prés de la même région que les précédents ; ils sont aussi 
dolichocéphales à 78,8, (77,8) d'indice. Quant aux 21 crânes, (ou plutôt 
20, car les mesures manquent pour un) des « cimetières anciens » (xvii® 
siècle), mesurés par le même auteur et provenant de la Bulgarie balka- 
nique (des environs deSlivno etc.) c'est-à-dire de la Roumélie orientale, ils 
ont le même indice moyen (75,9 soit 77,9) (1). En définitive, on peut 
résumer les renseignements que je viens de signaler, en disant que les 
23 crânes de Mac^oine et de la partie montagneuse de la Bulgarie sont 
sous-brachycéphales (80,3 soit 82,3) que ceux de Test de la Roumélie 
(Tikbomirof et Scbeiber) ont Tindice de 78,9 (77,9 sur le vivant) tandis 
que les 26 crânes de T.est de la Bulgarie proprement dite (Kopernicki, 
Hovelacque, Tikbomirof, Virchow, et Scbeiber), sont un peu moins doli- 
cbocépbales (76,7 soit 78,7). Un crâne sans provenance qui reste a Tindice 
de 83,4 (88,9). 

Le D"^ Bassanovitch (9f) a opéré sur une base beaucoup plus lai^e. D a 
mesuré 2.116 hommes et 167 femmes du district de Lom-Palanka, dans le 
coin nord-ouest de la Bulgarie sur la frontière serbo-roumaine. Cet 
excellent observateur a trouvé une grande diversité de types crâniens 
suiyant les sexes. Tandis que les hommes sont bracbycéphales (85; propor- 
tion de dolichocéphales 19,9 0/0), les femmes sont sous-dolichocéphales 
(79,7; proportion de dolichocéphale 67 0/0) (1). La moyenne des deux 
séries réunis est de 84,7. Ceci confirme l'existence de deux types parmi les 
Bulgares. A supposer que les femmes proviennent des familles venues de 
la partie est de la Bulgarie, où, comme je Tai déjà dit, prédomine la doli- 
chocéphalie, les hommes seuls représenteraient le véritable type crânien 
de la Bulgarie du nord-ouest (2) et se rapprocheraient des Bulgares 
de la Macédoine (de Debr, Vêles, Bitolia, Kostour). En effet d'après les 
mesures inédites sur 45 hommes de cette région, que M. Bassanovitch a 
bien voulu me communiquer, ces « Macédoniens » sont sous-brachycé- 
phales (82,9 approximativement) comme les rares crânes de ce pays et de 
la région avoisinante de la Bulgarie (82,3). Mais n'y aurait-il pas lieu de 
soupçonner dans ce pays les mélanges avec les Serbes, tous bracbycéphales? 

(1) Rappelons à ce propos que la même différence suivant les sexes s'observe aussi dans 
les deux petites séries de crânes de Tikhomirof citées plus haut : les 6 crânes viriles de 
la Bulgarie Danubienne ont Tindice moyen de 77,2 (79,2) et les 4 féminins 73 (75), tandis 
que la proportion est renversée pour la série de la Roumélie : 12 crânes viriles 74,'> 
(76,5) et 8 féminins 78 (80). 

(2) Le Dr Bassanovitch m'écrit que les mesures prises sur les habitants du district de 
Lom-Palanka peuvent se rapporter également à trois ou quatre districts avoisinants 
dont la population a absolument le même type. 



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J. DENIKER. — LES RACES DE l'eUROPE. — INDICE CÉPHALÏQUE 71 

La dolichocéphalie des Bulgares est confirmée par Tétude de Ghinkoulof 
(93) sur 53 hommes de la colonie Marfovka (district de Théodosie, Crimée), 
fondée par des Bulgares . émigrés de la <f Bulgarie danubienne » au xix^ 
siècle. 47 de ces individus sont dolichocéphales à divers degrés, et Tindice 
céphalique moyen de la série est de 75 environ. 

Je ne crois donc pas commettre une erreur en marquant sur ma carte 
comme région brachycéphale (84,7) le coin nord-ouest de la Bulgarie (district 
de Lom-Palanka et les trois districts voisins jusqu'au fleuve Iskra à Test) ; 
puis comme région sous-brachycéphale (82-83) la partie de la Macédoine 
pe^uplée en majorité par des Bulgares, et comme région sous-céphale (78,7), 
lar partie est de laRoumélie; enfin, comme région dolichocéphale (77,9) 
la Bulgarie orientale (à Test du fleuve Iskra) et peut-être le centre de la 
Roumélie. 

III. — Slaves orientaux. 

Ruthènes ou Petits-Russiens. — Les données anthropométriques relatives 
à cette branche des peuples a russiens » sont assez abondantes, aucune des 
nationalités slaves n'ayant été plus et mieux étudiée que celle-là. Majer 
et KoPERNicKi d'abord (77 et 85), puis Kopernicki seul (69-70 et 89) ont 
mesuré et examiné plus d'un millier de Ruthènes ou Rousniaks-Galiciens ; 
Weisbach (74) donne les mesures crâniennes des Ruthènes de la Galicie et 
du nord-ouest de la Hongrie et de la Bukovine. Ces derniers ont été aussi 
l'objet d'études de la part de Himmel (88). Quant aux Petits-Russiens ou Ma- 
lorousses ou Ukrainiens de la Russie, ils ont été étudiés par Diebold (86), 
Ikof (90), Erckert (82-83) Krassnof fpy j, Emme {82 k 90), Protsenko(72), 
Popov (90) et Talko-Hryncewicz f90 et 96). Enfin les Cosaques de Rouban, 
dans la Ciscaucasie, descendants des anciens Ukrainiens dits Cosaques des 
Zaporogues, ont été décrits au point de vue anthropologique par 
Ghiltchenko {97), 

Le tableau ci-joint résume les données de tous ces auteurs, quant à 
l'indice céphalique et à sa répartition suivant les différentes populations 
ruthènes (tous les indices sont ramenés à ceux du vivant). 

Un examen rapide de ce tableau sufiît pour démontrer une certaine 
homogénéité de la forme crânienne parmi les Ruthènes-Ukraïniens, en 
tant que cette forme est" exprimée par Tindice céphalique. La grande 
majorité de ce peuple est sous-brachycéphale avec les indices variant de 
82,1, (Cosaques de Kouban), à 83,6 (montagnards galiciens en général). 



L 



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72 



ASSOCUTION FRANÇAIS! POUR l' AVANCEMENT DES SCIENCES 









0/0 DES 


INDICES 






KOMBllS 


1N:iICE8 


au- 


au- 




POPULATIONS 


de sujeU 


céph. 


dessous 
de 


dessus 
80 


OB^KRVATEORS 


Ruthènes Galiciens en général (hommes) . 


1395 


83,4 


25.6 


74,4 


Majer 


— — (femmes) . 


H7 


83,4 


37,5 


72,5 




Ruthènes de la plaine «•• et S' séries) . . 


993 


83,4 


33.5 


76.5 


et 


— (3* série) 


SU 


83,9 


37,9 


72,1 




Ruthènes, (les trois séries réunies) .... 


1t07 


8i.3 


24,3 


75,3 


Kopernicki 


— de la montagne en général 












fflorali) 


188 


83,6 


35,5 


74,5 




Ruthènes de la montagne : les Lemki ii) . 




83,1 


14.5 


83.5 




— — Boïkl . . . 


33 


88.9 


34 


76 


> Kopemicki 


_ — Toukhollsi . 


3« 


84,6 


14,5 


85,5 




— — Polinincy . 


35 


83,6 


30 


80 




— — Rouzoules • 


48 


84,5 


13,5 


87,5 




Ruthènes de la Bukovine (soldats) .... 


200 


84,1 


— 


— 


Himmel 


Crânes de Ruthènes de la Bukovine, Gali- 












c\p pt Honcrie .......... . 


30 


84, 3(") 








Weisbach 


Lie cl nuiifjiic ........... . 

Ukrainiens du dislr. d'Ouman (gou.Kiev). 


300 


84,6 


24 


76 ' 


Diebold 


— du gouv. Kiev, princip. distr. 












Zvenigorod, Ouman, etc. (hommes). . . 


1055 


«3,2 


33,2 


76,8 


Talko- 


Ukrainiens du gouv. Kiev, princip. distr. 










> 


Zvenigorod, Ouman, etc. (femmes). . . 


237 


83,4 


19,4 


80.6 


Hryncevicz 


Ukrainiens du gouv. de Poltava 


393 


82,7 


42 


58 


Ikov-Emmé 


— du distr. de Kharkov (crânes) . 


151 


83,5(«) 


— 


— 


Popov 


— de la prov. de Kharkov .... 


753 


83,1 (*) 


13 


87 


Krassnof 


— delaPodolie. 


351 


82, 2(») 


24,7 


75,3 


Talko- 












Hryocewicz 


— de la Russie en génér. (crânes). 


137 


82,9(«) 


— 


— 


Protsenko, Emmé 
etKopemicIci 


Cofaques de Kouban (principalement du 












district d'Ekaterinodar) 


61 


82,1 


31,2 


6^,8 


Ghiltchenko 



L'indice ne s'élève jusqu'à la brachycéphalie modérée que dans quelques 
districts isolés (Toukholtsi et Houzoules des Karpathes, 84,6 et 84,5, 
Ruthènes de la Bukovine, 84,1, Ukrainiens du district de Ouman, 84,6), 
mais dans aucune fraction il ne dépasse le chiffre de 81,6, de même qu'il ne 
s'abaisse jusqu'à la mésocéphalie que dans le sud de laPodolie (80,6) (5). En 
Galicie même le contraste entre les gens de la plaine et ceux de la mon- 
tagne est imperceptible: 0,3 d'unité pour l'indice moyen ou 1,2 dans le 
pourcentage. En Russie, la différence entre les habitants de la rive droite 
du Dniepr (Kiev, etc., 83,5) et ceux de la rive gauche (Poltava, Kharkow, 

(1) La saccession de ces popalations est donnée dans Tordre géographique, en allant 
de Fouest à l'est. 

(2) Indice augmenté de 2 unités. 

(3) S2)6 dans le nord, 80,6 dans le sud. 

(4) Calculé par moi d'après la sériation. 

(5) ËRCKERT (82-83) a trouvé aussi chez les Ukrainiens de la province de Kharkoï, 
Tindice moyen de 80,5. 



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i. DENIKER. — LES RACES DE l'eDROPE. — INDICE CÉPHALIQDE 73 

etc. , 82,6) (1) est plus sensible, quoiqueassez faible encore (0,9 d'unité). Quant 
à la Podolie, le contraste est frappant entre la partie nord de ce pays (districts 
deKamenetz, Yampol, Ouchki, etc., 82,6) relativement élevé continuant 
les Rarpathes à Test (plus de 200 m.), et la partie sud (Olgopol, Balty, Haï- 
cinsky 80,6) c'est-à-dire la plaine arrosée par le Bough. D'ailleurs, d'autres ca- 
ractères notamment la pigmentation, différencient aussi les deux populations. - 

Les Bieloroasses ou Blancs-RiLssiens ont été étudiés au point de vue 
anthropologique par Ikov (90), Yantchouk (90), Talko-Hryncewicz (93) et 
EiGHHOLTz (96), Le premier de ces auteurs donne l'indice céphalique 
moyen (82,4) de 290 Bielorousses vivants sans indication détaillée de pro- 
venance, mais qui se rapportent probablement aux provinces de Minsk 
et de Vitebsk les seules où il a opéré. Yantchouk, qui a pris des mesures 
sur 99 hommes et sur 34 femmes Bielorousses du gouvernement ou 
province de Minsk (districts septentrionaux de Minsk, Ihoumen, 
Bobrouïsk et Sloutsk), ne donne que les chiffres proportionnels des diffé- 
rentes catégories des indices. L'indice approximatif que je calcule d'après 
cette sériation est de 82,7. Eichholtz n'a décrit que 100 hommes du dis- 
trict de Roslavl (S.-O., du gouvernement de Smolensk); l'indice moyen 
de cette série est un peu moindre (81,1). Enfin Talko-Hryncewicz fit une 
étude complète des trois branches de Bielorousses sur plus d'un millier de 
sujets (961 hommes et 141 femmes) trouvant comme indice moyen 82,9 
pour les hommes et 82,2 pour les femmes, chiiBfres très voisins des 
précédents. 

Si l'on veut voir la distribution des indices par provinces et par fractions 
du peuple Bielorousse, on arrive à ceci : d'après les auteurs précédents et 
surtout d'après Talko-Hryncewicz, les Bielorousses occidentaux (provinces 
de Vilna, Grodno, Souvalki, la moitié nord de la province de Minsk) ont 
la tête la moins arrondie, presque mésocéphale (369 hommes 82,1, 60 
femmes 81,3, d'après Talko-Hryncewicz; environ 82,7 d'après Yantchouk); 
la proportion de dolichocéphales à divers degrés parmi eux (sexes mêlés) 
est de 360/0 suivant Talko-Hryncewicz, de 43 0/0 suivant Yantchouk! Les 
Bielorousses orientaux (provinces de Vitebsk, et de Mohilev ; districts de 
Souraj, de Starodoub et de Horodnia dans le N.-O. de la province de 
Tchemighov ; districts de Bielsk et de Porietchié dans le N.-O. de la 
province de Smolensk) un peu plus mêlés aux Vélikorousses, offrent un 
indice légèrement supérieur: 82,4 pour 390 hommes, 82,1 pour 36 femmes 
d'après Talko-Hryncewicz. Ceux du district de Roslavl (gouvernement de 
Smolensk), encore plus mélangés, ont l'indice de 81,1 d'après Eichholtz. 
En somme les différences entre les deux divisions sont minimes. Il n'en est 
pas de même pour les Bielorousses méridionaux ou Poliechtchouki qui occu- 

(1) Pour la province de Tchemighov je n'ai que les mesures de Kopernicki (69-70, 
p. 625), sur 7 sujets, 82,3. 



\t. 



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74 ASSOCIATION FRANÇAISE POUR L'AVANCEMENT DES SCIENCES 

pent le sud de la province de Minsk, la partie nord de la Volhynie et 
probablement le sud du Grodno). Leur indice céphalique moyen est fran- 
chement brachycéphale : 85,1 pour les 202 hommes, 83,7 pour 45 femmes, 
d après Talko-Hryncewicz. La proportion de dolichocéphales parmi eui 
n'est que de 17,9, tandis qu'elle varie de 28 à 43 dans d'autres fractions de 
Bielorousses. Il est possible que, comme le font déjà pressentir les renseigne- 
ments linguistiques, les Poliechtchouki des marais de Pinsk, d'entre le 
Bough et le Dniepr, ne sont autre chose que des Ukrainiens parlant un 
dialecte bielorousse. Dans ce cas leur brachycéphalie s'expliquerait par 
l'indice assez élevé de certains Ruthènes ou Ukrainiens ; cependant les 
voisins Ruthènes les plus proches des Poliechtchouki, connus anthropo- 
logiquement (Galiciens de la plaine, Ukrainiens de Kiev, etc.) sont moins 
brachycéphales qu'eux. L'habitat dans une région reculée, basse (moins de 
100 mètres d'altitude), marécageuse et forestière, seraitril pour quelque chose 
dans la production de la forme arrondie de la tête ? Je ne le sais, mais le 
fait est assez remarquable pour être signalé. 

(jvandS'Russiens ou Vélikorausses, — Les renseignements anthropo- 
métriques sur cette fraction de Russiens sont très incomplets et épar- 
pillés. Voici ce que j'ai pu glaner à grand'peine. A. Tarenetsky (84i 
énumère dans son excellent travail tout ce qui a été publié à ce sujet 
jusqu'en 1884. Il suit de cette énumération que Blumenbach, Reizi\xs(451, 
Baer (59), Kopernicki (6i), Welcker (66 et 85), Landzert (67) (1), Prot- 
SESKO (7^-72), Ihering, de QuAXREFAGEset Hamy (82) ont décrit des « crânes 
russes » sans autre indication de provenance, et que Bogdanof et en 
partie Wolkenstein se sont occupés des crânes russes préhistoriques ou 
protohistoriques. Seul, Malief (74) a donné la provenance détaillée des 
22 crânes sur la série de 56 qu'il décrit; la série de 25 crânes dont il 
parle dans un autre travail (82) provient du cimetière d'une église 
russe des xvii^-xviii® siècles à Kazan. Tarenetsky soupçonne les mélanges 
Tatars (néophytes chrétiens?) dans cette série. Il convient d'ajouter que 
Tchougounof (78) a décrit aussi 18 crânes russes du xvii« siècle, 13 crânes 
du xviii® et 9 du xix® siècle, des cimetières de la ville de Simbirsk. Malheu- 
reusement, il ne donne pas de mesures de leur largeur, de sorte que le 
calcul de l'indice céphalique est impossible. Enfin Tarenetsky lui-même a 
donné les mesures de 160 crânes masculins et de 24 crânes féminins 
avec provenance exacte (par districts), pour chaque pièce. Ses mesures sont 
prises d'après le système d'Ihering et seraient inutilisables pour mon 
travail si par bonheur l'éminent professeur russe n'y avait ajouté celles 
du diamètre antéro-postérieur d'après le système de Broca (glabelle — 

(1) Les crânes (tous masculins) décrits par Landzert proviennent exclusivement des 
provinces de Moscou, laroslav, Tver et Novgorod M™» Koulikova (79), élève de Landzert, 
a publié aussi les mesures de 26 crânes féminins de cette série. 



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J. DENIK£R. — LES RACES DE l'eUROPE. — INDICE CÉPHALIQUE 7S 

point le plus proéminent de rocciput, (n ohne Rûcksicht auf die allge- 
meine Horizontale »). Cette mesure m'a permis de calculer les indices 
céphaliques comparables avec ceux dont je me sers dans mon travail. 
Voici d'abord sous forme de tableau les indices et les sériations des 
crânes russes d'après quelques-uns des auteurs cités plus haut (je ne 
prends que les séries assez fortes et comparables). 



OBSERVATIONS 



HOMMES 

Landzert 

Protsenko 

Wolkenstein . . . . 

Malief 

Tarenetsky . . . . 

Kopernicld 

Quatrefages et Hamy 

Moyenne . . 



Tarenetsky etKoulikova 

Protsenko, Wolkenstein 

Malief 

Moyenne . . . 

SEXES MÊLÉS 

Malief 



NOMBRE 

de 

CRANES 


INDICE 

CÉPHAL. 

moyen 


INDICE 

CKPHAL. 

moyen 

ramené 

au 
vivant 


40 
32 
13 
78 
160 
20 
8 


82 

80,7 

80,9 

80.6 

80,7 

80,9 

8i,6 


84 

82,7 

82,9 

82,6 

82,7 

82,9 

83,6 


351 


80,8 


82,8 


80 
14 


79,8 
81,6 


81,8 
83,6 


Si 


80,5 


82,5 
82,7 


121 


80,7 



NOMBRE DE CRANES A INDICES (0 



80 

el au- 
dessus 



au- 


"*^-^ 


—^^ 


dessous 


75-77.9 


78-79,9 


de 75 






2 


3 


8 


f> 


5 


9 


JD 


2 


o 


4 


13 


21 


8 


19 


37 


)) 


» 


t 


» 


» 


)) 


14 


42 


80 



27 
18 
6 
40 
96 



187 



(1) Sur un total de 323 crânes. 



On voit d'après ce tableau que Tindice céphalique moyen des Russes ne 
varie presque pas d'une série à l'autre : il est toujours à peine sous-bra- 
chycéphale et oscille entre 82,6 et 83,6, si l'on exclut ta série de Landzert, 
la seule dont l'indice moyen soit brachycéphale. Les diJBférences sexuelles 
sont aussi très minimes (0,3). Les documents qui ont paru depuis la publi- 
cation du travail de Landzert sont les premières tentatives de mesures 
sur le vivant (<). Ils confirment d'ailleurs ce que je viens de dire. Ikov 

(1) Il faut rappeler toutefois que dès 1869 Kopernicki (69-70) a publié les mesures sur 
6 Russes des provinces centrales (Moscou, Tambov, Riazan, Kalouga); l'indice moyen de 
cette petite série est de 77,1. 



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76 ASSOOATION FRANÇAISE POUR l' AVANCEMENT DBS SCIENCES 

(90) donne pour 126 Vélikor(ms8es en général, Tindice de 83,1 ; A. Zocraf 
(9i) (1) pour 188 Grands-Russiens (hommes) des trois provinces cen- 
trales, larosi lav, Vladimir, Kostroma), l'indice céphalique de 82,8, 
ÂNOUTGHiN (9i) pour 133 hommes de la province de Moscou, Tindice de 
82,7; et Vorobief (98) pour 325 hommes de la province de Riazan, 81,5. 
La moyenne de ces 772 individus est de 82.4, très voisine de la précédente. 
D'ailleurs la constance des indices ehtre 81,1 et 82,9 est remarquable pour 
les têtes russes; ainsi Pantioukhof (95, p. 120) signale l'indice céphalique 
moyen de 82,9 sur 13 Russes nés à Tiflis et celui de 82,7 sur 10 Russes 
de Pensa et de Viatka émigrés au Caucase (2). Les femmes grand- 
russiennes paraissent être plus dolichocéphales que les hommes. 400 
sujets de toutes les provinces, mais surtout de celles de Saint-Péters- 
bourg, Novgorod et Tver ont donné à M"*« Tarnovsky (89) un indice cépha- 
lique moyen de 80, sans différence notable suivant les catégories (150 
prostituées 80, 130 femmes honnêtes 79.7, 100 voleuses 80.3). 

Quant à la répartition suivant les différentes provinces et districts, je la 
présente sous forme du tableau que j'ai composé à l'aide des données de 
Tarenetsky, Malief, Pantioukhof, Anoutchin, Vorobief, Tamowsky et 
Zograf(3). 



(1) De graves critiques formulées contre Touvrage de ce savant russe par Ivanovoiy et 
RojDESTVENSKY (94) Commandent une certaine circonspection dans l'emploi des documents 
quMl fournit. Cependant comme les chiffres individuels des indices donnés p. 115 à 120 
ne présentent aucune anomalie apparente, et comme les moyennes ont été recalculées 
par moi-même, j'ai cru pouvoir me servir de ce travail. Je dois dire toutefois que j'ai 
corrigé les fautes suivantes de l'auteur : p. 117, moyenne générale du gouvernement de 
Vladimir: 82,3 au lieu de 82,1; même page n* 102: indice individuel : 81,05 au lieu 
de 81,68; p. 118, moyenne générale du gouvernement de laroslav : 82,2 au liea de 
82,7 ; p. 120, moyenne générale du gouvernement de Kostroma 84,2 au lieu de 85,2. 

(2) Cependant les Grands-Russiens schismatiques qui se sont maintenus purs de mé- 
lange grâce à leur isolement, sont un peu plus brachycéphales. Les 232 de ces < SU- 
roobriadtsi » exilés en Transbaïkalie depuis 1733 ont donné l'indice de 83,1 à Tal- 
ko-Hrynciewicz (98). 

(3) 11 ne faut pas oublier que mes indices sont calculés autrement que ne le fait 
Tarenetsky, et que ceux des crânes sont augmentés de deux unités. 



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J. DBNIKER. — LES RACES DE l'eUROPE. —INDICE CÉPHAUQUE 77 





NOMBRE 

de 


INDICE 




LOCALITÉS 


CRANBS 


CBPHALIQUB 


OBSERVATEURS 




OU 

d'individus 


du Vivant 




Gouv. Arkhangel (sauf les districts de 




81,7 




Kola et de Mezen) 


18 




— Olonetsk (sauf districU du sud : 








Ladéinopolé, etc.) 


15 


83,3 




- Vologda(district8occid.:Kadnikov, 








Velsk-Griazov ; et orient.: Oust- 








Solevytchegodsk) 


17 


83,3 


Tarenetsky. 


— Tver (sauf districts du sud-ouest 








Rjev et Zoubov), sexes mêlés . 


29 


83,9(1) 




— Novgorod (sauflesdistrictsdunord- 








est:Tihvin, Oustioug,Bielozersk). 


17 


83,1 




- Saint Pétersbourg (sauf le district 








de Novo-Ladoga), sexes mêlés . 


26 


83,9 




— Saint-Pétersbourg (district Tsars- 








koïé-Selo), femmes 


50 


79,5 


Tarnovsky. 


— Pskof (districts Pskof, Ostrov, No- 








vorjev, Veliki-Louki) 


16 


84,2 ; 




- Kostroma ( districts Tchoukhlom , 




( 


Tarenetsky. 


Kologriv, Galitch, Soligalitch) . 


22 


82,2 ; 




— Kostroma(districtsTchoukhlom84;, 






Zograf. 
Tarenetsky. 


Galitch 84,2, Kinechma 85,2) . 


47 


84,2 


— laroslav (sauf le distr. de laroslav) . 


22 


81,5 


- laroslav (districts de laroslav 81, 








Ouglitch 81,6 et Romanovo-Bori- 








soglebsk 82,5) 


60 


82,2 


Zograf. 


— Vladimir (districts Pokrovsk 82,1 . 




■ 


Vladimir 83,1. lourief 83,8) . . 
— Viatka 


8. 
12 


82,3 

82,7 


MaliefetPan- 


— Kazan 


30 


83,2 


tioukhof. 


— Moscou (principalement distr. : 


Bronnitsi, Bogordsk, Dmitrof, 








Moscou, Sarapoul), hommes. . 


133 


82,7 


Anoutchin. 


Id. femmes 


87 


81,7 




— Riazan (princip. distr. : Pronsk, 


Riazan, Mikhaïlovsk) femmes. . 


32,5 


81,5 


Vorobief. 


(1) Lasérie de 7 femmes, provenantdes districts d 


e Bejetsk, Vyc 


tiné-Volotchol 


L et Tver, occupés 


en grande partie par des Karéliens, accuse un ind 


ce beaucoup p 


lus faible (82, 


Dquela série des 


hommes (84,3) provenant des autres districts. 












L'étude par provinces et districts amène au même résultat que celle 
de la population en bloc, c'est-à-dire à l'extrême homogénéité de l'indice 
céphalique dans la population Grand-Russienne. A part la moitié ouest de 
la province de Pskov (la seule connue), et la plus grande partie de la pro- 



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87 ASSOGUTION FRANÇAISB POUR l'aVAMCEMBNT DES SGUNGIS 

vince de Tver (sauf les districts Karéliens), à part aussi les trois districts 
(Tchoukhiom, Galitch, Kinechma), de la province de Kostroma (1), qui 
sont modérément brachycéphales (84,2 à 84,3), la population russe, dont 
l'indice céphalique est connu, est sous-brachycéphale, avec des variations 
minimes : (de 82,2, (laroslav, Kostroma) jusqu'à 83,3 (Vologda), (2) si Ton 
excepte la province de Saint-Pétersbourg, où Tindice est de 83,9, grâce 
surtout à l'immigration de tous les coins de l'Empire. Quelques districts 
mésocéphales dans la province de laroslav (81 à 81,6) de Riazan (81, S) 
et d'Arkhangel (81,7) sont les seules exceptions à la règle. 

Les Cosaques de Terk (Ciscaucasie), formés en majorité (6S 0/0) de 
Vélikorousses ont un indice relativement faible 81,1, d'après 400 mesures 
de Ghiltchenko {92), (avec de légères variantes suivant les réginients 
de 80,1 dans le régiment de Volga, Corme presque exclusivement de Veli- 
korusses, à 82,4 dans le régiment de Gorsko-Mozdok, dans la composition 
duquel entrent des Petits-Russiens et 7 0/0 d' « Allogènes » pour la plu- 
part Koumyk et Tchétchènes, très brachycéphales (Voyez page 93 et 9^). 

Hongrois. 

Les Hongrois, comme les autres peuples Danubiens ou Balkaniques 
(Roumains, Albanais, Grecs) dont je vais m'occuper, vivent au voisinage 
des Slaves orientaux ou méridionaux. Les renseignements sur l'indice 
céphalique de cette nation sont peu nombreux et contradictoires. 

D'après les mesures de Steinberg (75), 54 Székely du district 
d'Udvarhelyé (Transylvanie) seraient mésocéphales (81,4), tandis que 69 
Maghyars, busards de Szegedin (Roumanes ?) sont hyperbrachycéphale« 
(87,8). La moyenne de la série donne 84,7. C'est à peu près le même 
chiffre (83,3) qu'obtient Weisbach (74) d'après ses. mesures sur 40 
crânes hongrois (sans autres détails sur la provenance) ; Janko (93} 
donne les mesures sur 83 Székely de Torda-d'Aranyos et de Torcko (du 
distr. Torda en Transylvanie), desquels il résulte un indice céphalique 
moyen de 84,8, toujours brachycéphale. 

Roumains. 

Je n'ai pu trouver nulle part de documents sur les Roumains du 
royaume. Indirectement Bassanovitch (91, p. 37j donne les mesures de 
106 Roumains émigrés dans la Bulgarie nord-occidentale au commen- 
cement de ce siècle. Comme il est probable que c'est de la partie du 

(1) Il est à remarquer que tous ces territoires se trouvent entre 56" et 59' lat. nord. 

(2) On remarquera que la moyenne de ces extrêmes est de 82,8, juste Pindice moyen 
général des Vélikorousses. 



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J. DBNIKER. — LES RACB8 DE L^BUROPE. — INDICE UÉPHALIQUE 79 

royaume de Roumanie la plus proche, c'est-à-dire de celle située à Touest 
de la rivière Oltu, que sont venus ces émigrants, on peut assigner à cette 
région l'indice céphalique moyen très bas (77,5) trouvé par Tauteur bul- 
gare. Sous ce rapport les Roumains se rapprocheraient donc des Bulgares 
orientaux de la Principauté. Quant aux Roumains de VAutriche-Hongrie, 
ils paraissent être au contraire hyperbrachycéphales, comme leurs voisins 
les Hongrois et les Ruthènes des montagnes. 200 soldats roumains de 
la Bukovine mesurés par Himmel (89) accusent l'indice céphalique moyen 
de 86,3 ; tandis que 26 Roumains de la Transylvanie et du comitat hon- 
grois voisin, celui de Bihar ont un indice céphalique encore plus élevé 
(87,2) d'après Weisbach (78). L'indice relativement modéré (82,4. soit 
84,8 sur le vivant) obtenu par le même auteur (74 et 78) d'après les 
mesures sur 40 « crânes roumains » sans provenance exacte, peut tenir à 
ce que la série fut composée de crânes de la Roumanie et de l' Autriche- 
Hongrie. 

Albanais. 

Jusqu'à ces derniers temps on ne possédait comme document sur l'in- 
dice céphalique des Albanais que les mesures de 5 crânes de Scutari 
(3 masculins, 1 féminin et 1 incertain) donnés par Zampa {85, page 632) et 
de 1 crâne sans indication de provenance ni de sexe (supposé de Scutari) 
donné par Virchow. L'indice céphalique moyen des 3 crânes masculins est 
de 89,3, celui de la femme 90 et des 2 crânes sans indication de sexe 91,5. 
La moyenne de ces 6 crânes d'Albanais du nord, par conséquent de la 
tribu Gège ou Ghègue, est de 90,1, hyperbrachycéphale. 

Mais tout récemment le premier pas vers l'étude tant soit peu sérieuse 
des Albanais a été fait par Gluck (96), Il mesura 30 Albanais du nord 
(Gèges) vivants, musulmans. L'indice céphalique moyen qu'il a trouvé est 
de beaucoup inférieur au précédent : 82,6, mais la sériation accuse un 
mélange d'éléments dolichocéphales (au-dessous de 80) qui représentent 
36,S 0/0 du total et d'éléments hyperbrachycéphales (86 et au-dessus) qui 
en représentent 26,5 0/0. 

L'étude de 9 crânes d'Albanais, provenant de Delbinichte (6 crânes) et 
deKavaja (1) (3 crânes) (Albanie moyenne) a donné au même auteur (96), 
les résultats suivants : Indice céphalique moyen 87,1 (soit 89,1 sur le 
vivant) (dont 87,9 pour 3 crânes de femmes et 86,6 pour 5 crânes 
d'hommes et 85,1 pour 1 crâne indéterminé). 

En réunissant l'indice de ces 9 crânes (87,1) à celui des 6 crânes de 
Scutari cités plus haut, j'obtiens une série de 15 crânes d'Albanais de la 
province Scutari dont l'indice moyen est de 88,1 (soit 90,1 sur le vivant; . 

(1) Cette localité est située à 20 kilomètres à peine au nord de la Skumbi, c'est-à- 
dire de la limite extrême vers le sud des Albanais Gèges. 



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80 ASSOGUTION FRANÇAISE POUR l' AVANCEMENT DES SCIENCES 

Attendant donc des renseignements plus précis, j'admets le chiffre de 90,1 
comme indice moyen des Albanais-Gèges du sud et du nord de la pro- 
vince de Scutari et 82,6 comme indice des Âlbanais-Gèges du reste de la 
presqu'île Balkanique. 

Grecs. 



Pour la Grèce on trouve quelques renseignements sur les crânes anciens 
chez NicoLucci (67), Virchow (93), Zaborowski (8^), de Quatrefages et 
Hamy (8%, page 497), et sur les crânes modernes chez Weisbach (8i)^ Nico- 
Lucci(tf7J, de Quatrefages et Hamy (8i), qui décrivent aussi 2 crânes de 
rUe de Crète, (81,6, soit 83,6). Les mesures sur les vivants n'ont été 
exécutées que par Apostolides (83) et Clon Stephanos (84). Mais le pre- 
mier n'a mesuré que 17 individus des différentes parties de la Grèce, et le 
second n'a publié que quelques chiffres de sa riche série de mensurations 
sur 366 sujets. 

Laissant de côté les crânes anciens qui, tout en étant dolichocéphales en 
masse (moyenne des 90 crânes ; 75,7, soit 77,7 sur le vivant), offrent 
cependant, si on les met en série, 11 0/0 de brachycéphales, je ne 
m'occuperai que des crânes et des têtes des Grecs modernes. 

Voici, exposés sous forme de tableau, les renseignements de différents 
auteurs cités; je suppose la série de 366 sujets de Clon Stephanos, divisée 
par parties égales entre les 6 chiffres qu'il a publiés. 



RÉGIONS. 



iNSTOUBES. 



Cl. snraisos 



a: •£ 

^ a 




Épire 

Thessalie 

Roumélie (Grèce continentale) . 

Péloponèse 

Iles Ioniennes 

Ile Eubée 

Iles de l'Archipel 

Crète 



79,6 
90 



76,8 

81,5 

82 

82,4 

82.5 



84,V 
80,9 



Côte septentrionale de la Propon- 
tide (Silivria et environs) . . . . 

Grecs de Constantinople 



80,3 



85,9" 



85,8 
79,4 



90,4 
83,4 
81,1 

78,6 

78,2" 
83,6 



88,1 
76,9 
81,6 
81,7 
82,3 

82,4 
82,2 



(1) Cyclades. 

(2) Sporades. 



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J. DENIKSR. — LES BACES DE l'eUROPE. — INDICE CÉPHALIQUE 81 

D'après Stéphanos, la sous-brachycéphalie domine dans r« Orient hellé- 
nique ». Elle est marquée en Péloponèse (surtout aux environs deMantinée 
et en Laconie), tandis que la brachycéphalie et rhyperbracbycéphalie sont 
répandues dans les contrées où il y a beaucoup d'Albanais, comme en 
Argolide et Corinthie. En Thessalie, dans les îles Ioniennes, sur un fond 
général sous-brachycéphale, on observe des îlots brachy et hyperbrachycé- 
phales, tandis que dans Tîle de Crète ils sont rares. En Thrace tous les 
degrés de brachycéphalie s'observent avec une fréquence presque égale ; 
mais c'est dans TÉpire que l'hyperbrachycéphalie domine : à elle seule 
elle prend plus de la moitié des crânes et des têtes mesurés. Indice le 
plus fréquent des Epirotes et des Albanais : 89. La dolichocéphalie (et 
surtout l'hyperdolichocéphalie), d'ordinaire très rare en Grèce, est au con- 
traire fréquente en Thessalie ainsi que dans le nord-ouest de l'Asie Mineure. 
En Péloponèse et dans l'île Eubée le maximum dans la sériation tombe 
à 83. 

En somme, si les crânes grecs d'aujourd'hui sont tous sous-brachycé- 
phales, tandis que les anciens crânes mesurés jusqu'à présent sont pour la 
plupart sous-dolichocéphales, il ne faut pas oublier que l'étude des crânes 
connus de la Grèce classique, très peu nombreux et appartenant presque 
tous à l'Attique, n'autoriserait aucune conclusion générale, et que, d'après 
les témoignages mêmes des auteurs anciens et des monuments de l'art grec, 
une très grande partie de l'ancienne population de la Grèce était bra- 
chycéphale et surtout sous-brachycéphale. 

En appelant à mon aide ces considérations générales de Cl. Stéphanos, 
le tableau que je viens de dresser et les souvenirs que j'ai gardés de l'exa- 
men attentif d'une carte manuscrite, encore inédite, de Cl. Stéphanos, qui 
a figuré à l'Exposition universelle de 1889, j'ai pu répartir ainsi qu'il suit 
les indications sur ma carte : 

Epirotes et Albanais y hyperbrachycéphalie (indice céphalique 88) ; 
Thessalie, dolichocéphahe (indice céphalique 77) ; Aetholie et Acamanie, 
sous-brachycéphalie (indice céphalique 83,6) ; Attique et Photide, sous- 
dolichocéphalie (indice céphalique 79,6) ; nord de VArcadie et est de ta 
Laconie, sous-dolichocéphalie (indice céphalique 78) ; Argolide et Messénie, 
brachycéphalie (indice céphalique 84) ; te reste du Péloponèse, mésocéphalie 
(indice céphalique 81) ; îles Ioniennes, sous-brachycéphalie (indice cépha- 
lique 82,3) ;ile d' Eubée, sous-brachycéphalie (indice céphalique 82) ; Grecs 
des environs de Silivria (Tuj^quie), brachycéphalie (indice céphalique 85,8). 

D'une façon générale, en dehors des colonies albanaises, les Grecs de 
l'est du royaume sont dolichocéphales, ceux de l'ouest brachycéphales. 

Voilà tout ce qu'on peut tirer jusqu'à présent des séries suffisantes pour 
les Grecs de l'Europe. 

Ouant aux Grecs de l'Asie Mineure, on en possède une série de 

6 



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■1 1 



82 ASSOCUTION FRANÇAIS! POUR l'aVAMGEMBNT DES SCIENCES 

45 crânes provenant de la côte nord, à Test du Bosphore (entre Izmid, 
Brousse et Sangaria), étudiée par Weisbach (8é), et des séries d^obser- 
vations sur 162 sujets vivants (142 hommes et iO femmes) de la ville de 
Kérassunde et de son district (prov. de Trébizonde), par le D" Néophytes. 
(90 et 9/J. 

La première série donne Tindice moyen de 80,7 (soit 82,7 sur le vivant); 
dans la seconde, 143 hommes offrent un indice céphalique moyen 
très brachycéphale (87,2). 

Letto- Lithuaniens . 

Les Lithuaniens proprement dits ou Lithuaniens orientaux de la Russie 
ont été étudiés par Olechnowicz {95), Talko-Hryncewicz (95), Brennsohn 
(83) et Yantchouk (90 a). Les deux premiers ont en plus étudié les 
Lithuaniens occidentaux autrement dit Jmoudes ou Jmoudines (anciens 
Yatviagues ?), de Kovno et de la Pologne russe. 

Le tableau ci-joint résume les données relatives à Tindice céphalique 
que j'ai pu tirer des mesures de ces auteurs. 





HOMMES 


FEMMES 




POPULATIONS 


• 


INDICE 


— ■*-' 


INDICE 


OBSERVATEURS 




NOMBKE. 


eéphiliqae. 


NOMBRE. 


céFhaUqae. 




Lithuaniens des pfovinces de 












Vilna et de Kovno 


158 


82 


18 


81,4 


Talko-Hryncewici. 


Lithuaniens delà prov.de Kovno 


60 


81,8 


40 


83,4 


Brennsohn. 


— delà prov. deVilna 


64 


80,2 


34 


80,5 


Olechnowicz. 


— du sud de la pro- 












vince de Grodno 

Moyenne. . . . 

Jmoudines des provinces de 


33 


81,7 


18 


82,2 


Yantchouk. 


315 


81,5 


110 


82 










Kovno (2/5) et de Sou- 












valki (3/5) 


260 


81,6 


60 


81,7 


Talko-Hryncewicz. 


Jmoudines de la province de 












Souvalki (Pologne russe). . 
Moyenne. . . . 


83 


82,2 


72 


81,7 


Olechnowicz. 


343 


81,7 


132 


81,7 



En combinant ces données d'après les provinces, on s'aperçoit que les 
variations suivant les localités sont très limitées. Les 166 Lithuaniens de 
Kovno (106 de Talko-Hryncewicz et 60 de Brennsohn j sont mésocéphales 
à la limite de la sous-brachycéphalie (81,9) ; les i 16 de Vilna (52 de Talko- 
Hi^ncewricz et 64 d'Olechnowicz) sont franchement mésocéphales (81j; 



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^ 



J. DINIKBK. — LBS RAGES DE L^EUROPl. ^* INDIGS GÉPHALIQUE 83 

enfin les 33 de Grodno occupent une situation intermédiaire (81,7). Quant 
aux femmes, les Si de Kovno (12 de Talko-Hryncewicz et 40 de Brenn- 
sohn) sont sous-brachycéphales (82,9), comme celles de Grodno (82,2) ; 
mais les 40 Lithuaniennes de Vilna (6 de Talko-Hryncewicz et 34 d'Olech- 
nowicz) sont plus mésocéphales que les hommes est sur la limite de la 
soua-dolichocéphalie (80,3). 

Parmi les Jmoudines, ceux de Kovno (100 de Talko-Hryncewicz) sont 
mésocéphales (81,6), tandis que ceux de Souvalki (150 de Talko-Hryn- 
cewicz et 83 d'Olechnowicz) sont faiblement sous-brachycéphales (82) ; 
les femmes Jmoudines des deux régions ont exactement le même indice 
mésocéphale (81,7). 

En somme, à part les femmes de Lithuaniens orientaux qui sont sur la 
limite de la sous-brachycéphalie , les deux fractions de Lithuaniens 
rentrent dans la catégorie des mésocéphales et n'ofifrent que des différences 
minimes dans leurs indices céphaliques. 

En ce qui concerne les Lithuaniens de la Prusse, on est moins bien 
renseigné. Virchow (9i. p. 775) a étudié 12 Lithuaniens vivants : 2 du 
district de Heydekrug et 9 des villages de Loburtçn (au sud-est de Memel), 
de Forst von Szernen et du district de Memel ; il leur a trouvé Tindice 
sous-brachycéphale de 82,3. En ajoutant à cette série les mesures du 
même savant sur 10 crânes de Lithuaniens de la province de Gumbinen 
(77,9, soit 79,9) et sur 5 crânes masculins de Kinten et de Windenburg, 
cote lithuanienne du Kurischer Haf (79,6, soit 81,6), j'obtiens une série 
de 27 indices dont la moyenne est de 81,3 (mésocéphale). Pour les femmes, 
les mêmes séries donnent les chiffres suivants : 2 femmes de Memel 79,6, 
4 crânes féminins de Gumbinen, 78,2, soit 80,2, et 4 de Kurischer Haf, 
79,5, soit 81,5 ; la moyenne de ces 10 indices est de .80,6, également 
mésocéphale. 

En définitive, les Lithuaniens de la Prusse ont presque le même indice 
céphalique (81,3) que ceux de la Russie (81,6) et, comme ceux-ci, ils se 
placent parmi les mésocéphales francs. 

Les LeUes ou Lettons, apparentés aux Lithuaniens par leur langue, le 
sont également par la structure de leur tête. Ils sont mésocéphales comme 
ces derniers, mais peut-être avec une tendance vers la dolochicéphalie. 
D'après les travaux de Talko-Hryncewicz (93), de Waeber (79), de 
ViRCHOw (77-94) et de Lissauer (74-78), les Lettes de la Courlaude russe 
et ceux de la Prusse ont presque le même indice céphalique (80,6 et 80,2, 
sexes mêlés), qui les place sur la limite entre les sous-dolichocéphales et 
les mésocéphales. En eJBfet, 60 Lettes du Norder et OberBartan (Courlande) 
ont rindice de 80,o ; 40 femmes lettes de la même localité, Tindice de 79,6 
(Waeber). La moyenne de ces 100 sujets est de 80,1. En y ajoutant Tindice 
céphalique moyen de 6 crânes de Courlande, mesurés par Stieda (cité 



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84 ASSOCIATION FRANÇAISE POUR L'AVANCEMENT DBS SCIENCES 

par Waeber, p. 38) = 77,3, soit 79,3 sur le vivant, et celui de 3 crânes 
de Terwerten (Courlande) mesurés par Virchow (77), qui est de 75,2 
(77,2; comme l'a montré Waeber (p. 39), et non de 74,8, conmie le 
dit Virchow, je trouve la moyenne générale de 109 indices = 80. 

Quant aux Leltes de la Prusse, voici les données de Virchow (9^) : 4 crânes 
d'hommes de Tîle Helva (district Neustadt, Prusse occidentale, au nord 
de Danzig), descendants probables des Letto-Lithuaniens, mais parlant 
allemand : indice céphalique, 80,7 (82.7) ; 6 crânes d'hommes de Nidden 
et de Schwarzort (dans le Kurische Nehring), descendants des Koures- 
Lettes : indice céphalique 81 ,6 (83,6) ; 6 crânes de femmes de la même 
localité : 82,1 (84,1) ; soit une moyenne de81,8 (83,2) pour les 10 honames 
et 82,1 (84,1) pour les 6 fenmies. A ces données assez maigres, je ne puis 
ajouter qu'une belle série de Lettes « purs » de la partie sud du Kurische 
Nehring, publiée par Lissauer (74-78), et dont les résultats ont été repro- 
duits dans le Catalogue du musée de Konigsberg, par Kupfer et Besselhagen 
Anthropologische Saiimlungen,/F). Cette série comprend : 32 crânes mas- 
culins (77,7, soit 79,7) et 12 crânes féminins (79,6, soit 81,6); son indice 
(sexes mêlés) est de 78,1, soit 80,1 sur le vivant. Réunissant cçtte série 
à la précédente, on a pour les Lettes prussiens les chiffres suivants : 42 
hommes 79,9 ; 18 femmes 82,4, les deux sexes réunis (60 sujets). 80,7. 
indice mésocéphale. 

Les Lettes de la province de Vitebsk sont, au contraire, sous-dolicho- 
céphales. 58 hommes ont donné à Talko-Hryncewicz un indice moyen 
de 78,5, et 23 femmes, l'indice de 78,6 ; moyenne de 81 sujets, 78,3. En 
leur ajoutant les 100 Lettes vivants de la Courlande, dont il a été question 
plus haut, on a les moyennes suivantes pour tous les Lettes russes : 118 
hommes 79,5 ; .63 femmes 79,3 ; moyenne des 181 sujets 79,4. 

Finnois occidentaux et Lapons. 

Aucun travail d'ensemble n'existant • sur les Finnois occidentaux ou 
Suomi, j'ai entrepris de réunir tout ce qui a été publié sur cette popu- 
lation, et voici le résumé de mes recherches, que le manque de place ne 
me permet pas de publier in extenso. 

Les premières mesures des crânes finnois-suomi, au nombre de 6, ont 
été publiées par A. Retzius (42), et donnèrent comme indice céphalique 
moyen 80,8 (82,8). C. von Haartman (45) a mesuré plusieurs centaines 
de Finlandais, mais ces mesures, indiquées en pouces, sans explications 
sur le procédé opératoire ni sur le nombre de sujets, amènent à des indices 
invraisemblables (exemple : 75,1 pour les Karéliens et 89,6 pour les 
Tavastes), et ne peuvent être utilisés. Si l'on ajoute à ces renseigne- 



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J. DENIKER. — LES RACES DE l'eUROPE. — INDICE GÉPHÀLIQUE 85 

ments la note de Virchow (70) sur « 3 crânes finnois » (80,3, soit 
82,3), on aura épuisé tout ce que Tont savait à ce sujet avant les 
l)eaux travaux de G. Retzius (78), de Loven et de Nordenson (76). Je 
résume plus bas, dans un tableau, les chiffres tirés des publications de 
ces savants (avec les indices céphaliques moyens calculés par moi-même 
et le groupement géographique des sujets) (1), à côté de ceux que j'ai 
trouvés dans le Catalogue (78) de l'Université d'Helsingfors et dans 
les « Matériaux » réunis par H allsten {8i êi 93) et ses collaborateurs (2), 
pour le crâne ; et pour le vivant, dans le mémoire, peu connu, d'ELissiÉEF 
(90) et dans les notes manuscrites mises obligeamment à ma dispo- 
sition par le professeur Tigerstedt (76-96), 

On voit, d'après ce tableau, que les Finnois occidentaux offrent peu de 
différences suivant les tribus et les localités. Presque tous sont sous- 
brachycéphales, avec des indices variant entre 82 (Tavastes) et 83,7 
(Kvènes). Dans quelques provinces (Tavastheus, Kuopio) les Tavastes 
sont mésocéphales (à 81,6 et 81,8), dans une province (Saint-Michel), les 
Savolakes sont brachycéphales (84,2). La brachycéphalie des Kvènes du 
nord et des Karéliens d'Arkhangel est probablement due aux mélanges 
avec les Lapons. Quant aux Karéliens, ils diffèrent peu, pour l'indice cépha- 
lique, des vrais Finnois occidentaux. 



(i) Ce n'était pas chose facile que de faire rentier dans les limites administratives et 
ethnographiques toutes les localités mentionnées par G. Retzius; j'ai dû pour cela faire 
de longues recherches dans les dictionnaires géographiques et sur les cartes à grande 
échelle . 

(2) Voici les séries publiées dans les « Matériaux » et le groupement que j'en ai fait : 

l* 13 crânes de l'Ile Pyhàmaa et 5 crânes de l'île Putsaari (près Nystad) ; en tout 18 crânes 
de Tavastes d'Abo (cahier n* 1 ) ; 

2* 24 crânes de Kvènes de Muonioniska (province de Vesterbotten, Suède, tout près de 
la frontière russe) (cah. n° 1) ; et 37 crânes Ostrobothniens ou Savolaks (mêlés de Lapons) 
de Paldamo (gouvernement d'Uléaborg) (cah. n» 2), en tout 61 crânes Kvènes du nord de 
la Finlande ; 

3" 14 crânes Savolaks de Leppâvirta (province de Kuopio) (cah. n» 2) ; 

4« 25 crânes karéliens des bords du lacSaïma et 21 des bords du lac Ladoga (cah. n^ 1), 
en tout 46 Karéliens du gouvernement de Viborg. 



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ASSOCIATION FRANÇAISE POUR L AVANCEMENT DES SCIENCES 





MESURES SUR VIVANTS 




CRANES 

( 4- 1 nïiTts) 


VIV. ET CR. 
RÉONIS 

S«xes Bélugés 


IMMS 


rmnM 


SeiM léltBiéi 


S«lMBléUlf«S 




'-^^— ^-- 


.. 


-^- 


'^ — ^ 


— 7 


-^^ 


.— — 


Tavastes de la prov. de Tavaslheus 


ROUU 


1. C. 


xoMie 


1. C. 


UMIII 


1. C. 

82 


ROUU 


1. C. 


HOIBU 


I. C. 


75 


82 


38 


81.9 


113 


47 


80,7 


160 


81 6 


- Abo. . . . 


36 


82 


25 


82,3 


61 


82,1 


36 


82,3 


97 


82,2 


— Vasa . . . 


iO 


82,5 


2 


83,9 


12 


82.6 


- 


- 


12 


82,6 


— Nyland . . 


9 


83,0 


- 


- 


9 


83,6 


2 


85,8 


11 


84 


— Kuopio . . 


12 


81, t 


10 


82.3 


22 


81,8 


- 


- 


22 


81,8 


— Viborg . . 
Tavastbs en général . . . 

Savolaks de la prov. de Kuopio . . 


23 


82,8 


- 


- 


23 


82.8 


85 


81,3 


23 


82.8 


i65 


82,2 
84,9 


75 


82,1 


240 
9 


82,2 
84,9 


325 


82 


9 


27 


81,9 


36 


83.3 


— Si-Michel . 


10 


84.3 


- 


- 


10 


84,3 


1 


83,8 


11 


84,2 


— Viborg . 
Savolaks en général . . . 

Oslrobolhniens de Vasa 


9 

28 

6 


83,8 
84,3 

84,3 


- 


- 


9 

28 

6 


83,8 
84,3 


28 
13 


- 


9 


83,8 
83,5 


- 


81.7 
81,8 


56 


— 


84,3 


19 


82,6 


Kvènesdu sud de la prov. Uléab . 


iO 


85.3 


— 


— 


10 


85,3 


38 


81,4 


48 


82,2 


— nord de la Finlande et 






















de la SeuliMTie . 

KVÈNES BN GÉNÉRAL .... 

Karéliens de Kuopio 


24 


86,5 


- 


- 


24 
40 

22 


86,5 
86.1 

80,1 


24 

75 


84.6 


48 


85,6 
83,7 

80,2 


40 


86,1 


- 


- 


82,5 


115 


i7 


80,4 


5 


79,8 


3 


82,6 


25 


Viborg 

Karéliens de la Finlande en 


21 


82,5 


2 


82,3 


23 


82,5 


54 


83,4 


77 


83,4 






GÉNÉRAL 


38 


81 3 


7 


80,5 


45 


81 2 


57 


83,4 
80,6 
83,2 


102 


82.8 


KARÉLiENsd'Arkhangel (Kvènes?). 
Karéliens en général . . 


4 


86.5 




4 


86,5 


2 

59 


6 
108 


84,5 
82,8 


42 


81,6 


7 


80,5 


49 


81,5 



Les Vespes ou Vessiens ou Tchouds de la vallée de TOyat, tributaire du 
lac de Ladoga (province d'Olonetsk), ont été mesurés par Maïnof (77) qui 
donne, pour 17 hommes, Tindice de 83,5 et pour 6 femmes 8,23, donc 
moyenne 83,2 pour les 23 sujets. Rappelons à ce propos que les cr^es 
tchoud anciens de la province de Tver et de l'ancien district ou « Piatina » 
de Vod (province de Novgorod), mesurés par le même auteur, qui n'en 
donne pas le nombre, offrent des indices beaucoup plus bas 77,3 (79.3) 
pour les Tchouds et 76,"2 (78,2) pour les Vods; de même les l"î crânes 
vespes anciens (x® siècle) et modernes de la province d'Olonetsk ont donné 
à Haellsten (81-93, \^^ cahier), un indice céphalique moyen de 77, 6, 



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J. DENIKER. — LES RACES DE l'bUROPE. — INDICE CÉPHALIQUE 87 

(79,6), toujours sous-dolichocéphale. Il faut donc croire que la brachy- 
céphalie relative des Vespes actuels est due aux mélanges. 

Les Esthoniem ou Esthes sont également sous-dolichocéphales : 79,3 
d'après les mesures de Grube {J8) sur 100 hommes de la province d'Es- 
thonie ; 78,6 d'après les mesures de Virchow {77, p. 387) sur 6 individus; 
moyenne des 106 : 79,2. Les 10 crânes esthoniens de xvi^ siècle, provenant 
de Saddokûlle et décrits par Meyer (75) ont un indice moyen de 79,5 (81,5) 
les 4 crânes d'Esthoniens modernes de Broca {68), Tindice de 80,6 (82,6) 
les 3 crânes de Tile Oesel décrits par Virchow (77) un indice de 74,1 (1) 
les 14 crânes de Maïnov (79), l'indice de 76,6 et les 40 de Stieda (cité 
par de Quatrefages et Hamy), 78,4 ; enfin Witt (79) donne les chiffres sui- 
vants (xvn® siècle) pour les crânes anciens et modernes, n'offrant d'ailleurs 
aucune différence entre eux : 475 hommes 79,9, 39 femmes 77,8, sexes 
réunis 77,3 (79,3). Moyenne des 158 crânes : 77,2, soit 79,2 sur le vivant, 
chiffre absolument semblable à celui que donne l'observation directe. 

Les Lives, de l'extrémité septentrionale de la Livonie, les derniers restes 
d'un peuple jadis nombreux, se rapprochent beaucoup des Esthoniens par 
la conformation de leur tète ; leur indice céphalique est à peu près le 
même.. 89,9 d'après les mesures de Waldhauer (79). 

Les lAipons, que l'habitat et la parenté de langage rapprochent des Fin- 
nois occidentaux, en diffèrent de tout au tout comme type. Ils sont en 
majorité hyperbrachycéphales. Mantegazza et Sommier {80) ont mesuré 
91 Lapons Norvégiens et leur ont trouvé l'indice céphalique moyen de 
87,5 (64 hommes 87,6; 27 femmes 87,-2); Virchow f7p; (2) en a*mesuré 10 
(y compris 2 enfants) et a trouvé un indice presque identique 87,4 
(7 hommes 87, 3 femmes 88,2); Sommier {89) et Garson (85) fournissent 
ensemble un chiffre analogue : 87,8 pour 9 mensurations (6 hommes 88; 
2 femmes 87). Pour les Lapons de Suède je n'ai que les chiffres de Vir- 
chow (7»5 et 9) : 13 sujets (y compris 4 enfants), indice céphalique 85 ; 
10 hommes 83 ; 3 femmes 84. Les 150 à 200 Lapons Scandinaves et russes 
mesurés par le prince Roland Bonaparte (85) ont les mômes indices que 
ceux de la Norvège : 87,6 pour les hommes, 86,2 pour les femmes. 
On peut donc admettre le chiffre de 87,6 comme moyenne générale des 
hommes Lapons Scandinaves et 86,3 comme celle des femmes de cette 
peuplade (3). 

Quant aux Lapons russes, ils sont beaucoup moins brachycéphales (peut- 

(1) Les chiffres de Schôler (75) sont inutilisables, car il a prii le diamètre transverse 
d'après la méthode Welcker. 

(2) Les mêmes individus semblent avoir été aussi mesurés par Schaafhausen et Ecker. 

(3) Les 49 crânes (sexes mêlés) mesurés ou cités par Ten Kate {82) ont des indices 
variant de 82 (Ten Kate) à 84,9 (Hamy) et une moyenne de 84,8 soit 86,8, sur le vivant, 
chiffre assez près de celui du vivant. 



L 



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88 ASSOCIATION FRANÇAISE POUR L'AVANCEMENT DES SCIENCES 

être par suite de mélanges avec le^ Russes 7). 20 hommes mesurés par 
Kelsief {79 et 86) n'accusent qu'un indice de 83,9, et 10 femmes un indice 
encore plus faible (82,7) ; la moyenne de la série (83,5) est, comme les 
deux chiffres précédents, dans les limites de la sous-brachycéphalie. 



Ougiiens ou Finnois orientaux. 

Je vais passer rapidement en revue les populations non européennes de 
la Russie orientale, dont le type a exercé certainement une influence sur 
celui des Russes. 

Les Zyrianes du nord-est de la Russie ont été étudiés par Sommier (87), 
qui en a mesuré 24 hommes et 13 femmes à Muji sur l'Obi. Il est plus 
que probable que ces gens venaient de la r^on est de la province d'Ar- 
khangel. Aussi ai-je reporté sur ma carte, dans les limites de l'Europe, la 
coloration correspondant à leur indice céphalique : 82,4 pour- les hommes, 
83,3 pour les femmes, 82,7 comme moyenne générale. Elle concorde 
d'ailleurs assez bien avec celle que donne Virchow i^7) pour 6 soldats 
Zirianes mesurés en Esthonie (81,5). 

Les Permiaks, qui vivent au sud des Zyrianes, ont à peu près les mêmes 
indices céphaliques que ces derniers : . 82,2 d'après les mesures sur 
100 hommes prises par Malief (87) (1). C'est encore à Malief (74) que 
l'on doit tout ce que Ton connaît sur le type physique des Votiaks. 
100 hommes du distriet de Glasov (gouvernement de Viatka) accusent 
l'indice céphalique moyen de 81,9, et 20 hommes du district de Mama- 
dych (gouvernement de Kazan) un indice un peu plus élevé 82,3. Je reporte 
ces deux indications sur ma carte, tout en observant que les deux séries 
réunies donnent Tindice moyen de 82, très voisin de ceux des Permiaks 
et des Zyrianes, identique au chiffre que donne Virchow (77) pour 
6 Votiaks (82,1). 

Les Tcher émisses se distinguent de tous les autres peuples Ougriens, qui 
sont en général sous-brachycéphales, par leur sous-dolichocéphalie assez 
marquée. 

RiTTiCH (70) donne aux Tcheremisses l'indice céphalique de 79, sans 
indiquer le nombre de sujets examinés. On retrouve le même chiffre dans 
le travail de Malief (74) comme moyenne de 48 « Tcheremisses des 
prairies » du district de Tsarevokokchaïsk (gouvernement de Kazan) ; 

(1) 14 crânes d'hommes ont fourni au même auteur l'indice céphalique de 84,1 (86,1) et 
12 crânes de femmes, l'indice de 80,1 (82,1). Le chiffre assez élevé de la première série 
est dû uniquement à la présence d'un crftne exceptionnellement brachycéphale (95) ; en 
l'excluant, la moyenne s'abaisse à 82,8 (84.8) et la moyenne générale des 26 crânes ressort 
à 81,6 (82,6) chiffre voisin de celui que l'on observe sur le vivant. 



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■saàm 



J. DENIKER. — LES RAGES DE l'eUROPE. — INDICE GÉPHALIQUE 89 

Tindice de 29 femmes de la même provenance, donné par le môme auteur 
csl de 78,6; la moyenne des deux séries est de 78,9. Sommier (89) a trouvé 
l'indice de 79,4 sur 38 hommes et celui de 80,2 sur 16 femmes Tche- 
remisses, du district de Rrasnooufimsk (province de Perm); moyenne de 
54 sujets réunis : 79,7. A rapprocher de ces données les chiffres fournis par 
NiKOLSKY(ar) pour 37 hommes (78,6) et pour S femmes (79,9) « Tcheremisses 
orientaux » du même district. Les deux observations réunies donnent les 
indices suivants : 79 pour 2o hommes, 80,1 pour 22 femmes et 79,2 
comme moyenne générale des 97 sujets. 

Un Tcheremisse mesuré par Virchow (77) a l'indice de 78,4 ; un autre, 
natif de Yaransk (prov. de Viatka), mesuré par Kopernicki (69-70) l'indice 
de 78. Réunissant toutes ces observations sur le vivant, j'obtiens Findice 
de 79 pour 153 hommes, de 79,2 pour 50 femmes et 79,1 pour les sexes 
réunis. Une série de 17 crânes de Tcheremisses sans provenance exacte a 
presque le même indice : 76,8 (78,8) d'après Malief (74). 

Les seules indications que je possède sur l'indice cépbalique des Mord- 
vines ou Mordva sont les mesures de Maïnof (83), se rapportant à une 
série de 168 hommes et de 87 femmes, Mordvines-Ersia. La moyenne 
générale des indices est de 83,3 pour les hommes, de 81 ,3 pour les femmes ; 
c'est le chiffre des hommes que j'indique sur ma carte. Mais si l'on con- 
sidère la reparution des indices suivant les régions, on s'aperçoit d'une 
grande diversité. Ainsi les 20 Mordvines (sexes mêlés) de la province de 
Nijegorod ont l'indice céphalique moyen de 83 ; les 45 de la province de 
Simbirsk, 83,5, les 60 de la province de Samara, 83 ; tandis que les 30 de 
la province de Pensa, écartée du Volga, présentent l'indice mésocéphale 
81,2 (1). Si au lieu de la répartition par provinces, on prend celle par 
districts, on voit la même disparité. Dans la province de Nijegorod, les 
Mordva du district d'Arsamas sont mésocéphales81,8 (sexes mêlés), tandis 
que ceux des trois autres (Kniaghinin 83,8, Nijegorod 83,5 et Ardatof 82,8) 
sont franchement sous-brachycéphales. De même dans la province de 
Pensa, le district de Saran (80) est mésocéphale, tandis que celui de^Goro- 
dichtché (82,3) est sous-brachycéphale. Dans la province de Simbirsk, 
le district de Korsoun (81,6) est mésocéphale, celui d' Ardatof est au con- 
traire brachycéphale 84,5. Deux femmes de la même province du district 
de Syzran mesurées par Sommier (89) ont les indices de 77,7 et 79. Seule la 
province de Samara offre des indices sous-brachycéphales dans les deux 
districts (Samara 83,5, Stavropol 82,5) (2). 

(1) Dans toutes les séries, les femmes ont l'indice inférieur à celui des hommes; ainsi 
pour la province de Nijegorod : 81 hommes, 83,5 ; 39 femmes 82,3 ; province de Pensa, 
18 hommes 81,3; 12 femmes 80,8. 

(2) Rappelons que les séries (sexes môles) sont toujours de 15 à 30 sujets par district. 



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90 ASSOCIATION FRANÇAISE POUR l'aVANCEMENT DES SCIENCES 



Saxnoyôdes. — Vogoules-Ostiaks. 

Je donne comme complément aux chiffres précédents les indices de 
deux peuples habitant moitié en Asie, moitié en Europ». 

Les Samoyèdes de l'Europe sont sous-brachycéphales ; 47 sujets de la 
Toundra de Kanine (district de Mézen, gouvernement d'Arkhanghelsk), 
examinés par Zograf (79, supplément, p. 16), accusent Tindice cépha- 
lique moyen de 82,6 pour 34 hommes, de 82,4 pour 13 femmes. 
KoLLMAifN {84} donne les indices de 82,4 pour un homme et de 83,1 pour 
3 femmes Samoyèdes de Tîle Varandaï (à l'est de l'embouchure de la 
Petchora). La moyenne générale des deux observations est ; 35 hommes 
82,6, 16 femmes 82,4, moyenne des 51 réunis : 82,5. 

Les Samoyèdes de l'Asie (vallées de 1 Obi) ont un indice un peu plus 
élevé : 84,4 pour 66 hommes et 83,9 pour 38 femmes, mesurés par Som- 
mier {87), Les 15 crânes samoyèdes de l'Obi examinés par le môme savant 
ont un indice céphalique moyen de 82,3, ce qui correspond à 84,5 sur le 
vivant, chiffre identique au précédent. 

Les Vogoules, connus à Test de l'Oural sous le nom d'Ostiaks, ont été étudiés 
par Malief (73), Sommier (87) et Zograf (79), 14 hommes Vogcmles de la 
vallée de Losva (district de Verkhotourié, prov. de Perm et prov. de 
Tobolsk), mesurés par Zograf (un sujet) et Malief (13 sujets), ont l'indice 
y céphalique moyen de 77,6. Une femme et une fillette mesurées par Zograf 

ont les indices de 80,4 et 78,8. 
^ 106 hommes Ostiaks de la vallée de l'Obi, mesurés par Sommier, accu- 

il sent une indice céphalique moyen de 79,3 et 30 femmes, 79. 37 crânes 

^ ostiaks de Mouji et de Pougorski (sur l'Obi) ont donné au même auteur 

I l'indice céphalique de 74 (76), sans différence pour la série d'hommes ei 

I de femmes. D'après Tchougounof (90) 115 Ostiaks de l'Obi ont l'indice 

moyen de 79,4, c'est-à-dire presque le même que chez Sommier. 



I 

I' 



Peuples Turcs d'Europe (y compris le Caucase). 

Comme pour les Ougriens, je résume brièvement les résultats de mes 
travaux sur l'indice céphalique des populations parlant la langue turque 
et dont une partie habite aussi l'Asie. 

Les Tchouvaches, qui sont peut-être des Ougriens turquisés, se rappro- 
chent par leur forme crânienne des Tcheremisses autant que l'on peut en 
juger d'après les matériaux suivants : 4 crânes de la prov. Simbirsk me- 
s urés par Tchougounof (78) (78,6, soit 80,6 sur le vivant) ; 2S crânes anciens 



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J. DENIKER. — LES RACES ÛE l'EUROPE. — INDICE CÉPHÀLIQUE 91 

d'hommes (77,3, soit 79,3), 25 de femmes (77,1, soit 79) des provinces 
Simbirsk et Kazan, mesurés par Zograf (7 9, a) ; 3 crânes Tchouvaches de 
Kazan décrits par Malief (74, tabl. III et IV) 78,S, soit 80,5, et 5 Tchou- 
vaches vivants mesurés par Kopernicki (69-70, p. 245) : 77,4. La 
moyenne de ces 62 mensurations est de 79,2, la même que celle des 
Tcheremisses. 

Les Bachkirs et leurs congénères les Mechtcheriaks doivent probable- 
ment aussi leur origine au mélange des éléments ougriens et turcs. En 
effet si Tindice céphalique de cette population prise en bloc est sous-bra- 
chicéphale (83 d'après 289 individus mesurés), il offre des variations assez 
sensibles suivant les tribus. Voici d'ailleurs les chiffres avec les indications 
bibliographiques : 



PROVENANCK. 



BACHKIRS 

De la province d'Orenbourg (soldats) 
Idem 



Du districtdeTcheliabinsk (province 
d'Orenbourg) 



Des différents districts d'Orenbourg, 

Du district de Belebei (province 
d'Oufa). . 



D'Ourman-Koudei (province d'Oufa) 
(dits Turkmènes) 



Sans provenance (crânes ang. de 2 unités) 



MECHTCHERIAKS 



Du district deTcheliabinsk (province 
d'Orenbourg) 



De la province de Perm 



Si 

H 0< en 



85,7 

8J,5 

83,5 
82,5 

82,2 

79,1 
83,2 



82,8 
81,5 



POUR CENT 



16,5 
14,5 

18 
22 

40 

70 



20 
30 



83,5 

85,5 

82 

78 

60 
30 \ 



80 
70 



OBSERVATEURS. 



Ujfalvy {80, p. 63) 
Sommier (84). 

Weissenberg (9f). 
Nazarof (9^). 

^Malief (76). 



Ten Kate(«^) et An- 

THR.SAMML.Il.IVetV, 



Weissenberg (92), 
Zograf (79 a, p. 1), 



Notons enfin que 8 crânes anciens du district de Belebeiï (Oufa) décrits 
par Malief (76) ont un indice céphalique moyen de 84,2 (86,2), et 27 crânes 
des sépultures (peut-être Nogaï) des provinces d*Oufa et d'Orenbourg 
décrits dans ['Exposition Anthropologique, Moscou, t. III, f. 1, p. 279, ont 
rindîcede81,2. 

Les Tatars de la Russie n'ont pas été étudiés suffisamment. Ceux de 
Kassimof (gouvernement ou province de Riazan) sont sous-brachycéphales: 
indice céphalique moyen 82,8 d'après 30 individus mesurés par Benzengr 



V 



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^ 92 ASSOCIATION FRANÇAISE POUR l'aVANCEMENT DBS SCIENCES 

l (79), Pour les Tatars de Kazariy on n*a que les raesures de Halief (74) (1) 

s sur 13 crânes (sexes mêlés) (81,8, soit 83,9), et celles de 8 crânes 

; décrits ou mentionnés par de Quatrkfagbs et Hamy (8i) (80,7 ou 82,7). 

1 La moyenne de ces deux séries est de 83,4, également sous-brachy- 

céphale. Les Tatars-Nognï des sleppes et des montagnes de la Criniée 
I sont au contraire mésocéphaies (80,8) d'après S3 individus mesurés par 

l Lygin (0^). Cependant les Tatars de Crimée émigrés en Bulgarie sont 

; brachycéphales à 85 d'indice d'après Bassanovitch f.9/, p. 38). Notons 

aussi que Merejkovskt (8^) avait trouvé l'indice de 84,5 sur 82 Tatars de 
steppes vivants, mais son chiflfre n'est pas comparable au nôtre car il pre- 
nait le diamètre antéro-postérieur à partir de la racine du nez. Réduit à 
nos mesures son indice serait probablement de 83. En tout cas je ne 
reporte sur ma carie que l'indice donné par Lygin, tout en le trouvant 
trop faible. Les Criméens ou Tauridiens méridionaux de la cote n'ont pas 
le type turc et rappellent plutôt la race Adriatique ; ils sont hyperbrachycé- 
phales : 86,1 d'après 35 hommes mesurés par Kharouzin (90), ou 86,2 
d'après 81 hommes (94) mesurés par Ikov. 

Les Kirghiz de la liorde de Boukei (province d'Astrakhan), les seuls qui 
nomadisent en Eun.pe, sont de bons représentants de la race turque ; ils 
sont franchement hyperbrachycéphales (86,3) d'après 141 hommes mesu- 
rés par Kharouzin (89-91), Les Kirghiz de la « petite horde », apparentés 
aux précédents et dont on rencontre les représentants dans la province 
d'Orenbourg et dans le pays des Cosaques d'Oural sont également hyper- 
brachycéphales (87,2), autant que l'on peut juger d'après la faible série 
de 11 hommes des bords du lac d'Aral observés par Ujfalvy (80 p. 9 et 
tabl. des mes.) (2). 

Les Turcs Osmanli de la Turquie d'Europe n'ont pas été étudiés en dé- 
tails. Weisbach (73) a trouvé un indice céphalique sous-brachycéphale 
82,8 (84,8) sur une série de 70 crânes turcs d'un cimetière de Constan- 
tinople, tandis que Ivanovsky (91) donne un indice céphalique doHcho* 
céphale 75,4 (77,4) pour ses 30 crânes (15 hommes 76,3 et 16 femmes 
74,5) de Slivno, c'est-à-dire de laRoumélie orientale) dans la zone dolicho- 
céphale bulgare. Les deux séries réunies (100 crânes) donnent l'indice 
moyen de 80,6 et, dans la sériation, deux maxima, (à 74 et à 80), avec 
40 0/0 de crânes au-dessous de 80, et 60 0/0 au-dessus (3). 42 Turcs de la 

(1) Le même auteur a mesuré 23 crânes des deux sexes d'un cimetière tatar ancten 
^ dans le district de Laïchef (gouvernement de Kazan) et leur a trouvé un indice céphalique 

moyen de 77,3 (19,3). 

(2) Les Kirghiz de la a grande horde » sont sous- brachycéphales 83,3, d'après la série 
de 30 hommes de Matsieevsky et Poyarkof (88) et ceux de la horde moyenne, hyperbra- 
chycéphales (89,4) d'après les 126 hommes étudiés par Ivanovski (93). 

(3) 137 Turcs de l'Asie Mineure étudiés par Élissiéef (90-94) donnent un indice céphalique 
moyen approximatif de 84. Le nombre croissant de dolichocéphales et de mésocéphaies, 



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J. DENIKEH. — LES RACES DE L*EUROPË. — INDICE CÈPHaUQUE 93 

Bulgarie occidentale ont donné à Bassanovitch (94, p. 37) un indice cépha- 
lique moyen beaucoup plus élevé (84,6). En somme, comme tant d'autres 
populations balkaniques (Bulgares, Roumains, Grecs), le Turcs offrent un 
mélange de formes dolicho et sous-brachycéphales. 

Il ne me reste qu'à dire deux mots des Turcs du Caucase. Les Tatars 
des montagnes (dits Kabardes montagnards) du Daghestan sont sous-bra- 
chycéphales 83,5. [Vyroubof (90) d'après 170 hommes] ; tandis que les 
KouMYKs du nord de ce pays (de Kazi-Yourt, Kostek, etc.), près de la 
frontière de la province de Terek (^Tarki près Petrovsk etc.) sont brachy- 
céphales à 84,7 [24 hommes d'ËRCKERT (90-94, p. 334), 20 hommes de 
PANtiouKHOF (96)] et ceux du sud(deKaraboudaghkent, de Kayakent, près 
Derbend, etc.) sont hyperbrachycéphales à 87, d'après Svidersky (98). Les 
Turcs du district d'Akhaltsikh (Transcaucasie) ont le même indice, 84,7. 

D'après Pantioukhof (93), les Karatchaï du haut Kouban et du Manytch 
sont mésocéphales (81,1 d'après 13 observations). Quant aux Nogaï de la 
basse vallée de la Kouma, ils sont presque hyperbrachycéphales [85,8 
d'après 16 hommes mesurés par Erckert (89-94)]. On remarquera la diffé- 
rence entre ces Nogaï et ceux de la Crimée, qui sont presque sous-dolicho- 
céphales. 

Les Tatars d! Aderbaidjan ne sont Turcs que parla langue qu'ils parlent. 
Leur type et leurs mœurs sont ceux des Iranoïdes. En effet, ils sont sous- 
dolichocéphales ou à peine mésocéphales, sans distinction de provenance, 
comme on peut se convaincre par le tableau suivant : 



112 Aderbaïdjanis de la Transcaucasie . 78,2 Chantre /'i92 et 95J 

34 — — . 79,4 Erckert. (89-90) (1) 

18 — — . 80,6 

10 du nord de la Perse 80 



Pantioukhof (93). 



34 de la Perse 76 Danilof (9^). 

La série de 18 femmes Aderbaïdjanis de Chantre ("9^- 95 J accuse l'indice 
moyen de 77. 

Caucasiens. 

Je comprends sous ce nom les peuples indigènes du Caucase que l'on ne 
rencontre nulle part en dehors des versants de la chaîne caucasique 
et qui parlent (s^auf les Ossètes) les langues spéciales, apparentées entre 

depuis les Turcomans nomades (3,5 0/0) jusqu'aux citadins (32 0/0) indique la modifica- 
tion du type turc brachycéphale par les mélanges des éléments dolichocéphales (Iranoïdes, 
Sémites, etc.) 

(1) Erckert ne donne pas dans son grand travail les moyennes des indices cépha- 
liques individuels qu'il publie ; j'ai dû les calculer tous moi-même. 



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4 



i 



94 ASSOGUTION FRANÇAISE POUR l' AVANCEMENT DES SCIENCES 

elles et formant une famille différente de toutes les autres familles lin- 
guistiques. On peut les grouper sous quatre chefs : les Tcherkesses au nord- 
ouest, les Lesghi au nord-est, les Kartvel au sud-ouest et les Ossètes au 
centre de la chaîne. Les Tcherkesses sont en général sous-brachycéphales, 
mais rindice diminue chez eux en allant de. l'est à Vouest comme le montre 
le tableau suivant : 

40 Kabardiens de la plaine ou Adhigés de Test. 83,7 Vychogrod (93). 

125 — — . . 83,8 Vyroubof (9/j. 

lôAbkhases 82,1 Pantioukhof f 95) 

22 Adighés ou Tcherkesses proprement dits. 81,8 Erckert f<99-â0j. 

Notons que Bogdanof et Tikhomirof (79) ont trouvé les chiffres suivants 
pour les crânes des Tcherkesses: Abkhases: 10 hommes 83,6 (8o,6), 
13 femmes 86,6 (88,5), 23 de sexes mêlés 85 \81), chiffre supérieur au 
précédent; Adighés: tribus de Natoukhaï : 14 hommes 75,3 (77,3); 
6 femmes 75,8 ; tribu des Chapsoughes : 28 hommes 78,3 (80,3); 
25 femmes 77 (81). Ensemble 42 hommes 77,5 (79,5) ; 31 femmes 78,3 
(80,3); 73 crânes de sexes mêlés 78, soit 80, indices mésocéphales. 

Les Lesghi sont en général brachy ou hyperbrachycéphales (moyenne 
86) et si Ton considère les différentes peuplades, et dans ces peuplades 
les diverses tribus, on voit que l'indice céphalique y diminue presque 
régulièrement de l'est à l'ouest, comme le montre le tableau suivant dressé 
d'après mes calculs sur les mesures d'Erckert (89-90) et d'après les 
données de Chantre (85-87) pour les 5 Avares, de Pantioukhof (9Sj 
pour 9 Lakhs et d'ARouiiNOF (97) pour les 25 Oudines. 



NOMBRE 

de 

SUJETS 



157 



25 
130 



peuplades et tribus 



Kourines, dont (disposés de l'est à Touest) : 
43 Kourines proprement dits. . . . 

18 Djek et Krys. ' 

18 Ghinalougb et Boudoukh .... 
23 Tabassaranes 

14 Agoules 

22 Artchi 

20 Routoules et 7 Zakhour 

Oudines ou Oudes 

Dargha, dont (disposés de lest à Touest) : 
33 Darghi preprement dits 

15 Koubatchi 



0/0 

INDICE 

M-4e8SMS 

de 80 



9,9 



0,0 
3,9 



DJDICB 

cépha- 
lique 
moyen 



SS,9 

86,8 
85,1 
82,2 
85,8 



85,6 

86y6 

86 
85 
86,8 



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J. DENIKER. — LES RACES DE l'euROPE. — INDICE CÉpHALIQUE 9S 



NOMBRE 

de 

SUJETS 



44 
75 

59 



53 



PEUPLADES ET TRIBUS 



72 Akoucha 

10 Varkoun 

Lakhs ou Kazykoumyks 

Avares (principalement du nord) 

Andi, dont (disposés de l'esl à Touest) : . . . 

10 Karatines (85.6) et 10 Andi (95,5) . 

10 Tindi (86,1) et 9 Botlich (86,6). . . 

^ 10 Hihatl (85,8) et 10 Godoberi (85,6) 

Dido, dont (disposés de l'est à Touest) : . . . 

20 Kapoutchines 

53 Dido proprement dits 

10 Chvarchines 



0/0 

INDICE 

aa-deisona 

de 80 



INDICE 

cépha- 

lique 

moyen 



11 
3 

5,8 



18,4 



86,7 
83,7 

85,2 
85,9 
85,6 
.86,3 
85,7 

8Ay6 

80,1 

85,7 
86,2 



Les Tchétchènes^ que Ton rattache aux Lesghi, habitent entre les 
Lesghi hyperbrachycéphales et les Tcherkesses sous-brachycép haies. 
Aussi leur indice est-il intermédiaire : brachycéphale (84), avec, comme 
pour les autres groupes, la diminution allant de Test à l'ouest. En effet 
voici les trois séries que j'ai constituées. 



43 Tchétchènes proprement dits ou Orientaux . 
43 Aouch ou Tchétchènes du centre . . . . 
10 Ingouches ou Tchétchènes occidentaux. . 



84,8 Erckert (89-90), 

84.2 Chantre (85) Erckert 

81.3 id. 



Les Kartvels ou Géorgiens offrent une assez grande variété dans leurs 
indices crâniens, mais toujours les populations les plus brachycéphales se 
trouvent à Test et les plus dolichocéphales à l'ouest. Ainsi 100 Grouzines 
ou Géorgiens propremenent dits ont un indice de 8S,4 d'après Pantioukhof, 
et 39 d'une autre série, pour la plupart de la ville de Tifïis [8 de Chantre (85) 
et 21 d'Erckert (89-90)], l'indice de 84,8 (1), tandis que 40 Grouzines des 
campagnes accusent l'indice de 85,2 d'après Norio et Martkoli, cités par 
Pantioukhof [93), Les Imères ou Imérétiens sont mésocéphales, à 81,6, 
d'après S2 hommes mesurés par Pantioukhof 81,3, 6 hommes mesurés 
Erckert (83,2) et 4 hommes mesurés par Chantre (82,96). Les Mingréliens 
ont à peu près le même indice (81,7) d'après 51 individus mesurés par 
Pantioukhof (81,5), Erckert (81,2) et Chantre (83,2). Enfin les Goi^ne/i^ 
ont l'indice le plus faible : 80,5, d'après 11 hommes mesurés par Erckert 
(77,9), Chantre (80,6) et Pantioukhof (81,5). Les Lazes, que l'on ratta- 

(1) Cet indice est presque le même que celui des 20 Géorgiens de Tiflis, retirés de la 
série de 100 par Pantioukhof (84,5). 



L 



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I 96 ASSOCIATION FRANÇAISE POUR l'aVANCEMENT DES SCIENCES 

I che aux Géorgiens, sont au contraire très brachycéphales 87,4 d'après 31 

I mensurations d'Erckert (87,2) et de Chantre (87,5) (1). 

\ Les Ossètes, qui sont des Iranoïdes par leur langue, doivent être comptés 

* parmi les indigènes du Caucase, car on n'en trouve nulle part ailleurs. 

! 200 Ossètes de la vallée de Terek ont donné Tindice de 82,6 à Ghiltchenko 

! (90-92) et 18 autres, de la même provenance, 83,1 à Chantre (85-87). 

l Les 16 Ossètes d'Abaghi (près Vladikavkaz, province de Terek), mesurés 

! par Erckert, ont Tindice de 81,1 et 4 sans provenance exacte, dont je 

trouve les mesures chez Khanikof (66), 83,8. Enfin, 16 Ossètes de Gori 

ont un indice de 84,6, d'après Pantioukhof (93). La moyenne générale 

de tous les 234 ressort à 82,S. 



Iraniens et Iranoïdes. — Kalmouks. 

Pour terminer, voici quelques chiffres sur les peuples Iraniens, Iranoïdes 
et Mongols que Ton trouve en Europe (y compris le Caucase). 

27 Ta tes des bords de la Koura, au confluent d'Araxe (Transcaucasie) 
mesurés par Chanthe (9^) ont un indice céphalique moyen de 79. En leur 
ajoutant les 4 Tates mesurés par Erckert (89-90) auprès de Derbent 
(Ciscaucasie), à l'indice plus élevé (82,3), on a la moyenne des deux séries 
encore sous-dolichocéphales 79,4. 

Les Kurdes de la Transcaucasie sont également sous-dolichocéphales : 
les 156 hommes mesurés par Chantre (95 et 97), Pantioukhof (93) el 
Nassonov (90) accusent un indice céphalique moyen de 78,6, variant 
suivant les provinces de 77,2 (province de Kars) à '8,9 (province d'Erivan). 
3S femmes, mesurées par M"»« Chantre, ont Tindice céphalique de 
76,t^ [Chantre (97)]. Les Kurdes de la Turquie sont un peu moins doli- 
chocéphales [79 d'après 104 hommes et 80,3 d'après 14 femmes, sujets 
mesurés par M. etM"*« Chantre (95 et 97) et Pantioukhof (93)]. Les tribus 
Kurdes de la Perse sont mésocéphales ; 81,7 d'après 71 hommes mesurés 
par Chantre (95), Danilov (94.), Duhousset (63) et Pantiolkhof (93). 

Les Arméniens sont au contraire très brachycéphales. 60 Arméniens du 
Caucase, mesurés par Pantioukhof (93), offrent un indice céphalique 
moyen de 86,9. 75 Arméniens de la province de Tiflis ont donné 
le même indice de 86,9 à Tvarianovitch {97), 212 Arméniens du 
Caucase, de la Perse et de la Turquie d'Asie ont l'indice de 85,^ 
d'après Chantre (95-97), identique à celui (85,6) qu'avait trouvé 
Erckert (89-90). 

(1) Parmi les autres tribus Kartvels je n'ai que des chiffres insuffisants pour les Adjars 
(4 sujets, 84,6, Erckert) et les Khevsoures (5 sujets, 84,2 d'après Erckert et Pantioukhof). 



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J. DENIKER. — LES RAGES DE l'eUROPE. — INDICE GÉPHALIQUE 97 

Quant aux Kalmouks du Volga (provinces d'Astrakan et de Stavropol), 
les seuls représentants de la race Mongole en Europe, ils sont sous-brachycé- 
phales. 69 hommes mesurés par Chantre (85-87), Sommier (89), Kollmann 
(84), Erckert (89-90) et Deniker (88-84) ont Tindice céphalique moyen de 
82; et 28 femmes, l'indice de 82,3. Moyenne générale des 97 (sexes mêlés) 
82,1 Les 37 crânes des Kalmouks volgaïques (sexes mêlés) dont je fais 
mention dans mon travail (84, p. 283 note) offrent l'indice céphalique moyen 
de81j9, soit 83,9 sur le vivant (1). La série de 83 crânes de Kalmouks vol- 
gaïques des deux sexes décrits par Ivanovsky (93) a un indice se rappro- 
chant davantage de celui du vivant : 81,4 soit 83,4. Notons que les 
Kalmouks du Kouldja et de la Dzoungarie sont brachycéphales 84,S 
d'après les mesures dlvANOvsKvfSSf, Matsiébvsky-Poyarkof (83) et Ujfalvy 
(78 et 80, Tabl. memurat.). 



Conclusion. 

De tout ce qui vient d'être écrit il ressort un groupement assez net des 
indices céphaliques en Europe suivant certaines régions délimitées. En effet, 
si Ton jette un coup d'oeil d'ensemble sur la carte jointe à ce mémoire, 
on s'aperçoit que les indices céphaliques sont groupés en qiuUre grandes 
régions assez bien délimitées: une région dolichocéphale avec des enclaves 
mésocéphales, au nord; une région plus fortement dolichocéphale, au sud ; 
une région très brachycéphale au centre de l'Europe occidentale ; enfin une 
région sous-brachycéphale dans l'est du continent. Entre ces régions on 
ne trouve que des zones d'indices intermédiaires ou des taches blanches 
indiquâmt le manque absolu de documents. La zone sous-braehycéphale 
est bordée par une zone très brachycéphale au sud-est et comporteilés îlots 
dolichocéphales à l'est et au nord-est; mais ces zones et îlots appar- 
tiennent à des races moitié asiatiques ; turque, finno-ougrienne, etc. De 
môme, la tache hyperbrachycéphale formée par les Lapons, dans l'extrême 
nord de notre continent, est attribuable à une race spéciale, probablement 
non européenne. 

Examinons d'un peu plus près chacune des quatre régions que je viens 
d'énumérer. 

La première ré^w (doUcho-mésocéphale) comprend les îles Britanniques, 
la Scandinavie, le littoral de la Manche et de la mer du Nord, ainsi que 
tout le pourtour de la BaJMque. C'est le territoire des dolichocéphales du 
nord (indice céphalique 76 à 79 sur le vivant avec de nombreux cas 

(1) Si ron joint à cette série les 9 crânes (83,3, soit 85,5), choisis et décrits par Sommier 
(sè, p. 84) et dont l'origine n'est pas toujours certaine, on voit Tindice s'élever à 82,2 
(84,2) pour les 46 crânes réunis. 

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98 ASSOCIATION FRANÇAIS! POUR l'aVANGBMBNT DIS SGUNGBS 

de mésooéphalie, surtout en France et en Finlande; ces dolichocéphales 
diffèrent, par plusieurs autres caractères (haute taille, pigmentation blonde, 
etc.), des dolichooéphales du sud^ groupés dans la région suivante. 

La deuxième région (dolichocéphale) comprend la péninsule ibérique, le 
sud de ritalie, les lies de la Méditerranée occidentale et se prolonge, par 
taches isolées, reliées entre elles ou simplement entourées par des zones 
mésocéphales en Aquitaine, sur le littoral du golfe du Lion et de la mer 
Ugure, ainsi qu'en Grèce, dans la plaine du bas Danube (Bulgarie- 
Roumanie, et presque dans toute la Transcaucasie. Les populations de 
cette région sont franchement dolichocéphales (indice céphalique de 7è à 
78) et pour la plupart brunes et de taille peu élevée, comme oa le verra 
par mes travaux qui vont faire suite à ce mémoire. 

La troisième région (très brachycéphale) (indice céphalique 84 à 88), se 
présente sur la carte comme un immense triangle, dont le sommet, quelque 
peu tronqué, s'appuie sur le pays Basque et dont la base se trouve an 
voisinage du 10^ degré de longitude est, entre les monts de la Thurioge 
au nord (près d'Erfurt), et le point où les Apennins se rapprochent le 
plus de TAdriatique au sud près d'Ancone. Cette région triangulaire, 
entamée par places, vers sa base (en Bavière, dans le Wurtemberg, en 
Tyrol, dans la Haute Italie), par des îlots mésocéphales, envoie à Test deux 
appendices, deux bandes trèsbrachycéphales, dont Tune couvre la Bohème, 
les Carpathes et la Transylvanie, tandis que Taulre se dirige au sud-est, 
comprenant la Yénétie, la Slavonie-Croatie, la Bosnie, la Dalmatie, et 
probablement l'Albanie, car ses éclaboussures ont été constatées jusqu'en 
Ëpire et dans le Péloponèse oriental. Entre ces deux appendices du nord-^ 
et du sud-est, se trouve une région qui n'a été explorée, au point de vue 
anthropologique, que dans sa partie occidentale (Autriche allemande). 
Là, on constate une zone sous-brachycéphale (indice céphalique 82-83) qui 
s'enfonce comme un coin (dont la pointe serait au voisinage d'Innsbruck), 
. dans le triangle brachycéphale et détermine, en quelque sorte, la 
direction initiale de ses deux appendices. Cette zone est délimitée approxi- 
mativement par le cours du Danube au nord, par celui de la haute Drave 
au sud. Les recherches ultérieures^ si désirables, en Hongrie et en Rou- 
manie, nous diront s'il faut voir dans les habitants de cette zone les 
descendants mélangés des hyperdolichocéphales de la période hallstattienne 
(car c'est là que se trouvent Hallstatt et tant d'autres stations du premier 
âge du fer) ; ou bien si ce sont des frères de race, aux caractères atténués, 
des dolichocéphales de la Bulgarie danubienne ; ou bien encore s'ils sont 
des sujets à formes crâniennes analogues à celles de la Russie. 

Quatrième région (sous-brachycéphale). La Russie, avec la Galicie trans- 
carpathienne, mais sans le pourtour de la Baltique et le Caucase, est 
habitée, autant que le permettent de juger les documents fort insufBsants 



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J. DENIKER. — LIS RACES DE l'kUROPE. — INDICE CÉPHALIQUE 99 

encore, presque exclusivement par des populations sous-brachycéphales, 
dont les indices ne varient guère qu'entre 82 et 83. 

Dans Test et le nord-est de la Russie, apparaissent quelques tribus 
finnoises ou turques par la langue (Tchérémisses, Vogoules, Ostiaks, 
Tchouvaches, Mechtchériaks), qui sont plus ou moins dolichocéphales, 
tandis que dans le sud de ce pays, parmi les Kirghiz et sur le pourtour de 
la Caspienne où siègent diverses tribus turques et lesghiennes, on ren- 
' contre une forte brachycéphalie. 

Dans le Caucase, la grande chaîne axiale sépare les brachycéphales du 
nord des dolichocéphales du sud : mais si Ton ne considère que les Cau- 
casiens proprement dits (groupes Lesghi, Ossète, Tcherkesse ou Adighé, 
et Kartvel ou Géorgien), on constate la diminution progressive et très 
régulière de la brachycéphalie, en allant de Test à Touest, de la Caspienne 
vers la mer Noire, partant des Darghis, Kourines et Lakes hyperbrachycé- 
phales pour arriver aux Mingréliens et aux Abkhases presque doUchocé- 
phales. 

Ce tableau général me permet déjà d'indiquer l'existence d'au moins 
quatre races dans les populations européennes. L'examen des autres carac- 
tères physiques fournit le moyen d'établir, par la combinaison de ces carac- 
tères, six races principales et quatre secondaires, que l'indice céphaliqueà 
lui seul est incapable de révéler. [ Voy. mes notes préliminaires (97 et 98).] 



Note supplémentaire 



Au moment de donner le bon à tirer des dernières pages, je reçois Tardcle 
de ScHWALBE (97) sur la somatologie des Alsaciens-Lorrains. J*en extrais les 
chiffres suivants (indices des cadavres des deux sexes) : 38 Lorrains 82,9; 
73 Haute-Alsace 83,3; 775 Basse- Alsace 82,5; (Strasbourg- ville 81,8; Strasbourg- 
campagne 81,7; Erstein 84,4; 5 autres districts 82 à 83,2). Je transporte ces indi- 
cations sur ma carte, en même temps que les données d'AMMON (99) relatives 
au grand duché de fiade. On remarquera ainsi le prolongement en Alsace 
(distr. de d'Ersteinj du massif brachycéphale badois, qui va de la Forêt-Noire 
jusqu'à la partie du Rhin située entre Kehl et Kaiserstuhl. 



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BIBLIOGRAPfflE 



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ASSOCIATTON FRANÇAIS! POUR L'ATANGIinilT DIS SGRNOBS 



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t. XXI, Budapest, 1893, fasc. 8 à 10. Chap. 3 ; Anthropologie. 

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manus. 1893 (publié depuis, à Bastia, 1896). Voy. Zaborowski. 

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note précédente) : AHTponoAoru^ecKiâ o«iepKi», e(c. (Esquisse antrh. des Lapons); 
même recueil, t. XLli (formant t. IV de ÏExpos. Anthr.) 1886, fasc. 1, p. 2. 
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le 4^eeHUKîi, etc. (Journal de la Seeti<m Anthropologique, 1890, n^ 2, 3, 7 et 
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ASSOGIATIOlf FRANÇAISE POUR l'aYANCMBIIT DIS SGIRNCtfS 



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giques sur les Tatars Tauridiens ; Haerbcmin, etc. (BuU, Soc. Amis Se. naU 
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p. 6). 

BIaImop, IIpioaTCKafl Hyjih [Les Tchoud du fleuve Oyat (Vepses et Vessiens)] ; 
4peeHaH u Hoe. Poccia {La Russie antique et moderne), n9 5, St-Pétersb., 
1877 (Cf. Rev. Anthr., 1884, p. 748). [Les résultats de ces mesures sont repro- 
duits sans indication de source par de Ujfalvt, (80), tabl. !]• 

BiAlNOF, (V.-N.) PeayjttTaxN aHxponojiorHH, etc. (Résultats des recherches anthr. 
parmi les Mordvines-Erzianes) ; St-Pétersbourg, 1883, in-8o (tirage à part du 
t. XI des « Zapiski 9 de la Soc. russe de Géogr., section d^ethnogr.). 

BfAîNOF, MaTepiajiLi, etc. (Mater, p. l'anthr. des Mordva-Ersia de Nijegorod ; 
Heerbcmiji, etc. Bull. Soc. Amis Se. nat., t. LXXI, 1891 (formant le AneenuK^ 
ou Joum. Sect. Anthr, n^ 4. C'est une partie des. observations déjà contenues dans 
l'ouvrage qui précède. 

Majbr (D^) et KopBRNiGKi (0' J.), Charakterystyka ûzyczna ludnosci galicyj- 
skiéj (Caractères physiques des populations de la Galicie) ; Zbior wiadomosd do 
AfUropologii krajowej, etc. ( Recueil de documents pour l' Anthr. locale, édité par 
VAcad, des Se. de Cracovie) (1« série), t. 1, 1877, p. 1; et 2« série, t. 1X,11885, p. 
[I] (Le premier article est analysé dans la Remte d'Anthropologie, 1878, p. 54ft;. 
Maubf (N.-M.). Ki> yneniio o cxpoeniH ^epena (Contribut. à l'étude de la 
structure du crâne et l'anatomie comparée des races, suivi de MaxepiajiBi, etc.). 
(Mater, p. anthr. comparée; Les Votiaks de la prov. de Eazan); Tpydu Odttj. 
Ecmecme. (Trav. Soc. naturalistes à rUnivers. de Kazan), t. IV, fasc. 2, 1874. 
Màlibp (N.-M), AHTponojiorH^ecKiii OnepH-L BamKHpi> (Esquisse anthropolo- 
giques des Bachkirs); Tpydhi Oôu^, Ecmecme, y etc. (Travaux Soc. naturalistes. 
Univers de Kazan), t. V. fasc 5, 1876 (Résumé: Arch. f. Anthr., t. X, p. 434. 
Màlibf (N.-M.), O cxpoeniH pyccKaro ^epena (De la structure du crâne 
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ASSOaATION FRANÇAISE POUR L AVANCEMENT DES SCIENCES 



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Lugduiii 
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1877 ; HelsingffKrs, 1878, p. 33. Ne contient que l'énumération des localités où 
ont (Hé prises les mesures, maisjoas/e« mesures elles-mêmes. Ces dernières m'ont 
été gracicuscmont communiquées en 1890 par Fauteur, en manuscrit, avec 
périiussifïn di^ h^ mettre en œuvre et de les publier. 

TiKiioMiKOF, 'lepena BojirapT> (Les Crânes des Bulgares) ; Jfaerbcmi^, etc. 
(BuîL Sûc. amis Se. naL Moscou), t. XXXV, 1879 (formant le t. III de VEoe^- 
sitiùn Ânihr, de Moscou), p. 371. Cette étude fait suite au travail de Bogdânof 
sur les crilnes exhumés à Bolgari, même recueil et vol. p. 363. 

ToLD [€.), Ziir Somatologie der Tiroler ; Mittheil, Anthr. GeselL Wien, t. XXIV 
(neue FùI^q \l\% Hefl 6, 1894 (Sitzungsberichte, p. 77). 

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Kohisto», etc. 1878; t. III, les Bachkirs et les Vépses, Paris, 1880. 

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Athandi. K. Akad. d. Wissenschaften zu Berlin, 1876, p. 1). 

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B^L (Jest'îl. Anthr., 1889, p. 25. (Voy. à la p. 421 du même recueil, la note 
dans laquelle IL Scorpil, le découvreur du crâne, dit que celui-ci provient d'un 
cimeLîère do Solîa et non d'un « monument mégalithique », comme il a pensé 
avant)* 

ViKCHow (ll*u Die Altpreussische Bevôlkerung, namentlich Letton und 
Litauerj savvie dcren Hàuser ; Verh. Berl. Gesell. Anthr., 1891, p. 767. 

ViRcruAv {W.}, Ueber die . . . . ausgestellten Lappen; Verh. Berl. GeseU, Anthr.,, 
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118 ASSOCIATION FRANÇAISE POUB L*AVANCSMENT DES SCIENCES 

Yantchouk (N.-A.), K-b Bonpocy, etc. (A propos du type anthropologique des 
Lithuaniens); Maeihcmiffy etc. (Bull. Soc, amis Se, nat. Moscou), t. LXVIII 
(^HeGMUKS, 1890 (b)y col. 201). 

Zaborowski, Sur seize crânes d'un tombeau grec etc. ; BuU, Soc, ArUhr.y 
1881, p. 234. 

Zaborowski, Rapport sur le concours pour le prix Godard, en 1893; Bull. 
Soc, Anthr,, 1893, p. 755. [Contient le résumé, avec chiffres pour la taille 
et rind. céph. du Mém. manuscr. de Jadbert (L.) ; Étude médicale et anthro- 
pologique sur la Corse (publié depuis).] 

Zampa (D»^ Raphaël), Anthropologie illyrienne, Rev. d'Anthr,, 1886 (a)y 
3^ série, t. Il, p. 625. 

Zampa (D>^ Raphaël), Vergleich. Anthropol. Ethnographie von Apulien; 
Zeitschr. f, Ethnol. 1886 (b), p. 167 et 201. 

Zannetti (A.) Note antr. s. Sardegna, Archivée p, VAnlr, 1878 p. 51. 

ZoGRAF (N.), AHxponojiorHqecKiâ oqepKX etc. (Esquisse anthr. desSamoyèdes); 
llaerbcmia (Bull. Soc. amis Se. nat, Moscou, t. XXXI, 1878-79 p. 258-278-279 
formant le t. II de VEocpositùm anthr. de Moscou ; et Suppl. à ce vol., p. 62). 

ZoGRAP (N ), AHTponojiorHHecKiû depR-b, etc. (Esquisse anthr. des Mech- 
teheriaks ; Haerhcmi/iy etc. (Bull. Soc. Amis Se. nat. Moscou, t. XXXV, 1879 a, 
(t. III de VExposit. Anthr.), p. 7. 

ZoGRAF (N.), Hepena nat ^ysamcKaro KJia^iÔHma (Crânes d*un cimetière 
Tchouvach); Maerhcmin, etc. (Bull. Soc. amis Se. nat. Moscou), t. XXXV, 1879 b, 
(formant le t. IH de V Exposition Anthr. de Moscou), p. 376 (à la suite des travaux 
de BoGDANOF et de Tikhomirof). 

ZoGRAP (N.), Boryjiu (Les Vogoules); HasmcrniH, eU^ (Bull. Soc. amis Se. 
nat. Moscou), t. XXXV, 1879 c, (t. III de VExpos. Anthr.), p. 278. 

ZoGRAF (N.), AHTponoMexpHHecKiH uscu-kjioBSimsi BejiHKopyccKaro nacejieHifl, 
etc. (Recherch. anthropom. de la popul. velikorousse mâle des prov. Vladimir, 
laroslav et Kostroma) ; Haerbcmin (BuU. Soc. amis Se. Nat. de Moscou), t. LXXVl, 
1892. (Voy. Comptes Rendus Congr Anthr. Moscou, 1892 et Ivanovsky). 

ZucKERKANDL (Em.), Craulologische Untersuchungen in Tirol und Innerôster- 
reich ; Mittheil. Anthr. Gsell. Wim, t. XIV, 1884, p. 117. 

ZucKERKANDL (Em.), Ucbor die physische Beschaffenheit der Innerôsterrei- 
chischen Alpenbevôllterung ; Miith. Anthr. Gesell. Wien, t. XIX, 1889, 
Sitzungsberichte, p. 125. 



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TABLE DES MATIÈRES 



Introduction , 1 

France 4 

lies normandes. — Basques . . . ^ 14 

Espagne ; 11 

Portugal . , . . 23 

lies Açores et Madère . . , . 25 

Italie , , , . , 26 

Iles de la Méditerranée occidentale 31 

Suisse . 32 

Alsace-Lorraine. 35 

Belgique, . 37 

Pays-Bas 38 

Grande-Bretagne et Irlande . h . 43 

UesFàr-Oër 46 

Norvège 47 

Suède. — Danemark 49 

Allemagne 50 

Allemands, Autrichiens 58 

Tyrol et Vorarlberç. Ladins et Friouîans . , , . 59 

Populations Slaves 02 

Slaves occidentaux 63 

Slaves méridionaux . 67 

Slaves orientaux . 71 

Hongrois. — Roumains 78 

Albanais 79 

Grecs 80 

Letto-Lithuaniens 8i 

Finnois occidentaux et Lapons ....*, 84 

Ougriens ou Finnois orientaux SS 

Samoyèdes, Vogoules-Ostiaks, peuples Turcs de l'Europe 90 

Caucasiens 1>2 

Iraniens et Iranoïdes. Kalmouks •...,.... 90 

Conclusion 97 

BiWiôgraphie 101 



IMPRIMERIE CHAIX, RUE BERGERE, 20, PARIS. — 25802-11-98. 



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Les racd de l'Eorape ... 

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